“SOS TABARA – HELP, asbl.”
Rue de Belgrade, 134
1060 Bruxelles
VICTIMES SANS DEFENSE :
LES REFUGIES HUTU RWANDAIS LANCENT UN
S.O.S.
I. Introduction.
Les Africains en général, les Rwandais et les Congolais en particulier, attendaient beaucoup de la signature de l’accords de paix de Pretoria intervenu le 30 juillet 2002 entre la RDC et le Rwanda. L’une des grandes clauses de cet accord de paix, tel que parue dans le Rapport Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en République Démocratique du Congo du 10 septembre 2002, est « le retrait des troupes rwandaises de la RDC et le démantèlement des ex-FAR et des Forces Interahamwe en RDC. ». Tout un processus a été élaboré, à savoir « les DDRRR : Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation, Réinsertion », pour être exécuté conformément à la Convention de Genève relative au Statut des Réfugiés, notamment sur base de volontariat.
Malheureusement, le processus tel qu’il a commencé au Congo est en contradiction flagrante avec l’esprit de cet accord. Dans sa mise en application, des réfugiés ont été
kidnappés, le camp de Kamina qui était sous la protection de la Communauté internationale par le biais de la MONUC, a été militairement attaqué et beaucoup de victimes sont à déplorer. Une partie des rescapés ont été embarqués de force pour Kigali et aujourd’hui personne n’a connaissance de leur sort. D’autres qui ont pu échapper errent dans les forêts, à la merci de la faim, de la vermine, de la maladie, et de Billy Masethla, un émissaire sud-africain responsable du TPVM1, qui, selon ses déclarations dans le journal belge « Le Soir », a juré d’en finir avec les réfugiés rwandais qu’il considère comme une menace pour le régime de Kigali.
D’aucuns pensaient que le comportement de Billy Masethla au Congo était un cas isolé ; malheureusement, il semble se généraliser un peu partout en Afrique. Selon les informations à notre disposition, des rafles auraient déjà commencé en Zambie et en Tanzanie, et des menaces du même genre planent sur les réfugiés rwandais au Bénin et au Togo. Même dans les pays démocratiques, la menace n’est pas à écarter : ainsi par exemple aux Pays Bas, des réfugiés rwandais se sont vu retirer les documents de séjour…
Dans cet accord de paix, l’Afrique du Sud a été choisi comme pays vérificateur de la bonne marche de son application. Ce choix a probablement été motivé par un certain nombre de raisons dont :
Sa position de leadership politique et économique dans la région ;
Sa très riche expérience qui l’a fait passer d’un Etat d’Apartheid à une République démocratique, en passant par une période de transition délicate ;
En sa qualité de Président en exercice de l’Union Africaine et de Facilitateur.
On s’attendait à un règlement définitif de ces conflits de manière pacifique et dans la perspective de la construction politique et socio-économique des peuples de la région. Mais malheureusement, ce n’est pas le cas, puisque l’Afrique du Sud est en train de mettre de l’huile sur le feu, au lieu de s’attaquer aux problèmes de fond qui sont à l’origine de la crise et de sa pérennisation.
II. Contenu du Rapport du Secrétaire Général de l’ONU sur la RDC.
Le rapport donne un certain nombre de directives concernant le retrait des troupes et le démantèlement des groupes armés. Le démantèlement comprend tout un programme : Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation, Réinsertion (DDRRR), le tout sur base du volontariat. Il énonce les tâches à accomplir au titre de l’accord de Pretoria, ainsi que des recommandations concernant les mesures que l’ONU pourrait prendre afin d’aider les parties à appliquer l’accord. Comme il ressort des alinéas suivants tirés du rapport, le rapatriement des réfugiés doit se faire conformément à la Convention de Genève de 1951 et au Protocole de 1967 relatifs au Statut des Réfugiés (article 33, alinéa 1).
Alinéa 22 :
« Les parties devront absolument apporter la preuve de leur attachement à l’accord de Pretoria en faisant en sorte que les conditions de sécurité soient réunies non seulement au fin du déploiement de la MONUC, mais aussi pour le désarmement volontaire des groupes armés. Il faudra également que les parties usent de leur influence auprès des intéressés pour qu’ils déposent les armes et entreprennent une opération volontaire de DDRRR (Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation, Réinsertion). »
Alinéa 34 :
Point C : « Le désarmement, la démobilisation et le rapatriement des groupes armés seront entrepris sur une base volontaire. La MONUC n’essaiera nullement de désarmer les combattants par la force.
Point D : « Le processus de DDRRR prévoira aussi le rapatriement librement consenti des ex-combattants ainsi que les membres de leur famille. Il est essentiel que les pays en question fournissent la garantie que les ex-combattants et les personnes à leur charge pourront rentrer dans les conditions de sécurité. A cet égard, il faudra mettre en place les mesures de confiance requises, notamment prévoir la fourniture d’une assistance internationale pour les activités de contrôle et de réinsertion. Il convient aussi de tenir compte des membres des « familles mixtes » (par exemple les ex-combattants rwandais ayant des épouses congolaises). »
Point E : « La question des ex-combattants qui ne souhaiteraient pas rentrer dans leur pays d’origine doit être examinée avant le lancement des opérations de DDRRR. La MONUC et le HCR mèneront avec les parties et avec d’autres gouvernements de nouvelles consultations pour arrêter diverses solutions durables, y compris l’octroi de l’asile en RDC et la réinstallation dans les pays tiers pour les personnes pouvant prétendre au statut de réfugié qui ne désirent pas regagner leur foyer. »
Point H : « Il faudra parvenir avec les gouvernements de la RDC et du Rwanda à un accord sans équivoque sur leurs responsabilités et rôles concrets respectifs ainsi que ceux de la MONUC, du HCR et des autres organismes compétents des N.U. pour ce qui est des opérations de DDRRR des ex-combattants et les tâches qui y sont associées. »
Alinéa 47 :
« Un contrôle international des ex-combattants et des personnes à leur charge qui rentrent au Rwanda est une mesure de confiance essentielle. Il est prévu que le HCR s’acquittera des fonctions de contrôle qu’il remplit normalement pour les réfugiés regagnant leurs pays. Par ailleurs, des consultations sont en cours pour définir le moyen le plus efficace de contrôler les ex-combattants qui sont rapatriés en passant par des « camps de solidarité » avant de revenir dans leur communauté d’origine. L’expérience de Kamina a montré que des mesures propres à renforcer la confiance sont indispensables pour faire en sorte que les ex-combattants puissent bénéficier des garanties de sécurité données par le Gouvernement rwandais. »
III. Exécution du processus des DDRRR.
Billy Masethla qui dirige l’équipe sud africaine chargée de faire appliquer l’accord de paix de Pretoria, dirige aussi ce qui s’appelle le TPVM (Mécanisme de Vérification de la Tierce Partie), un groupe composé de Sud–Africains et de deux représentants du Secrétaire Général de l’ONU. L’émissaire sud-africain, selon ses déclarations rapportées par le journal « Le Soir » du 13 décembre 2002, a annoncé les couleurs dès le départ. On se demande si ce qu’il fait aux réfugiés Hutu rwandais constitue une simple bavure ou s’il s’agit d’une mission politique lui confiée. Dans ce dernier cas, l’article de Colette Braeckman, auquel la présente étude se réfère, aurait alors tout son sens : « Les Hutu réfugiés au Congo sont pris au piège de l’accord de Pretoria ».
L’émissaire sud-africain se réjouit visiblement de commencer l’application de l’accord par le Ratissage des rescapés réfugiés Hutu en RDC, pour « lever la menace pour la sécurité du Rwanda ». Avant d’exposer ses déclarations, faisons d’abord un bref rappel de l’origine de cette prétendue menace pour le Rwanda.
III.1 Bref historique des réfugiés Hutu rwandais.
Le calvaire du peuple rwandais débute le 1er octobre 1990 lorsque des troupes de l’armée ougandaises (la NRA : National Resistance Army), sous le couvert du Front Patriotique Rwandais (le FPR)2, attaquent le Rwanda. L’un des motifs avancés est le retour des réfugiés Tutsi dans leur pays. Pourtant, le 30 juillet 1990, un accord venait d’être signé entre l’Ouganda et le Rwanda, sous les hospices de l’ONU (le HCR) et de l’OUA, sur le retour des anciens réfugiés Tutsi rwandais dans leur pays et sur les modalités de mise en œuvre de l’opération dans toutes ses phases. Dans les dispositions de cet accord on peut lire notamment :
« le comité ministériel conjoint prévoit la tenue de ses prochaines assises à Kampala en janvier 1991, pour recevoir et examiner le rapport final du Comité des experts ».
« La réunion a noté avec satisfaction les progrès réalisés à ce jour en vue de trouver une solution durable au problème des réfugiés rwandais vivant en Ouganda. »
Une solution pacifique était donc imminente et justement la guerre fut lancée pour neutraliser cet accord, en violation flagrante du droit international. Même le Premier Vice Premier ministre Ougandais de l’époque, Monsieur KATEGAYA, dans sa déclaration du 3 octobre 1990 devant le Parlement de son pays, est assez explicite sur l’état d’avancement qu’avaient atteint les pourparlers :
« I would like to repeat the position of the movement and Government to find a political solution to the huge population of Rwanda Refugees who have stayed in this country for over 30 years. The last meeting which was held at Kigali from 27th to 30th July 1990, had come up with promising ways of solving this long outstanding political problem. ».
Le motif qu’ils avaient avancé n’était donc qu’un simple prétexte pour lancer une guerre de conquête du pouvoir qui allait ravager tout le pays pendant quatre ans, avec des conséquences incalculables.
Pour mettre fin à cette guerre de conquête du Rwanda par les envahisseurs venus d’Ouganda, les accords de paix d’Arusha furent signés le 4 août 1993 par les deux belligérants sous les hospices de la Communauté internationale, mais ils ne furent jamais appliqués. En effet, non seulement les agresseurs ont fait fi de ces accords de paix, mais, pire encore, ils auraient assassiné les Présidents du Rwanda et du Burundi et ont repris les hostilités, refusant tout accord de cessez le feu et tout arrangement pour arrêter l’hécatombe. Effrayés par des actes horribles de carnages innommables, près de trois millions de personnes ont dû fuir vers les pays limitrophes où elles furent entassées tant bien que mal dans des camps de fortune. Leur retour pacifique, selon la convention de Genève relative au Statut des Réfugiés, ne fut jamais envisagé.
En fait, tout se passa comme s’il y avait un plan pour exterminer tous les réfugiés rwandais. En effet, en avril 1995, après avoir massacré systématiquement des milliers de Hutu dans les camps de déplacés à l’intérieur du pays (Kibeho, …) devant les représentants de la Communauté internationale, les camps de réfugiés Hutu rwandais au Burundi furent attaqués et détruits à l’arme lourde. En novembre 1996, ce fut le tour des camps de réfugiés rwandais au Zaïre, et en décembre de la même année, celui des camps de réfugiés en Tanzanie. Au Zaïre, la campagne militaire avait une double mission : l’extermination des réfugiés Hutu rwandais et la conquête du pouvoir à Kinshasa. D’après les médias, près de 500.000 réfugiés rwandais furent massacrés ; le rapport de MSF ne cite que de 200.000 morts. On s’imagine le sort qui fut réservé aux réfugiés forcés de rentrer au Rwanda sans une moindre garantie de sécurité ; beaucoup ont été soit assassinés, soit emprisonnés, d’autres ont tout simplement été portés disparus. Les rescapés de la chasse à l’homme dans les forêts équatoriales lors de la première invasion du Congo, ont élu refuge dans certains pays limitrophes (Centrafrique, Congo Brazzaville, Zambie,..).
Lorsque le divorce entre le Président Laurent Désiré Kabila et ses mentors Rwandais et Ougandais fut consommé et provoqua la seconde invasion du Congo par l’APR, la NRA et l’armée mono ethnique burundaise, une partie des rescapés rwandais, répondant à l’appel du gouvernement de la RDC, se sont organisés en unités d’autodéfense et sont intervenus aux côtés des Forces Armées Congolaises pour faire face aux visés exterminatrices et hégémoniques des troupes du Général Paul Kagame3.
De son côté, le chef de la junte militaire au pouvoir au Rwanda a enrôlé de force dans son armée, l’APR, plusieurs milliers de rapatriés Hutu rwandais pour les envoyer au front en RDC comme bouclier humain. La guerre s’enlisa.
Après la signature de l’accord de Paix de Lusaka sur la RDC, et pour montrer leur bonne volonté de ne pas entraver sa mise en oeuvre, les rescapés rwandais devenus combattants ont été présentés officiellement à la Communauté internationale et ils ont accepté le processus de désarmement et de démobilisation pour contribuer au retour de la paix en RDC et dans la région. Une grande cérémonie de remise des armes à la MONUC a eu lieu à Kamina le 26 avril 2002. Une cérémonie de destruction de ces armes fut organisée à Kinshasa le 30 avril 2002 en présence d’une délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU et des corps diplomatiques occidentaux accrédités à Kinshasa, pour clôturer le processus de désarmement et de démobilisation.
En contrepartie, ils ont formulé un certain nombre de revendications politiques en direction du Gouvernement rwandais et de la Communauté internationale représentée pour la circonstance par la MONUC. Pour pouvoir faire le suivi de leurs revendications, ils se sont organisés avec des réfugiés civils au Congo et dans divers pays du monde en un mouvement politique auquel ils ont donné le nom de « Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda » ; « FDLR » en sigle. Le régime du FPR n’a jamais répondu à ces revendications.
Dans ce même cadre de recherche d’une solution qui puisse arrêter définitivement le cycle de violence qui déchire le peuple rwandais, les FDLR avec deux autres mouvements politiques essentiellement Tutsi (l’ARENA - Isangano et la Nation – Imbaga Nyabutatu) ont mis en place une plate-forme politique : l’Alliance pour la Démocratie et la Réconciliation Nationale (ADRN – Igihango).
L’alliance propose notamment « la mise en place d’une Démocratie Consensuelle, seule forme susceptible de conduire le Rwanda vers l’instauration d’un Etat de droit à même de réconcilier durablement un peuple désespéré ; de le conduire sur la voie du développement social et économique effectif, d’assurer la coexistence pacifique entre toutes les communautés rwandaises en mettant fin aux cycles de violences politico-ethniques et en prévenant de nouvelles tragédies humanitaires »4.
Toujours dans l’esprit de ne pas constituer une entrave à la concrétisation de l’accord de paix de Pretoria, l’ADRN – Igihango a proposé, le 11 septembre 2002, un plan en 10 points dans le cas du Rwanda, et qui va dans le sens des directives du Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies ci-haut cité. Le gouvernement de Kigali n’a jamais répondu à cette main qui lui était tendue. Au contraire, au mois de septembre 2002, lorsqu’une délégation des FDLR encadrée par la MONUC, a visité le Rwanda dans le but d’évaluer la situation qui y prévalait afin de pouvoir émettre des propositions concrètes pour s’assurer d’une sécurité minimale avant le rapatriement des réfugiés, en commençant par ceux du camp de Kamina, Kigali n’a pas joué franc jeu, et une partie de la délégation a été retenue de force au Rwanda.
III.2 Mise en exécution du processus des DDRRR sur le terrain.
La façon dont a démarré le plan de DDRRR piloté par l’émissaire sud africain Billy Masethla suscite beaucoup d’inquiétudes et crée un antécédent dangereux. En effet, selon ses déclarations dans un entretien rapporté par le journal « Le Soir » :
« Il s’est chargé de ramener à Kigali 8 opposants rwandais qui se trouvaient à Kinshasa et il a fait venir un avion de l’Afrique du Sud. Ils étaient dans l’avion quand ils ont appris qu’ils se dirigeaient sur Kigali. »
Il s’agit alors d’un véritable kidnapping, une méthode plutôt utilisée usuellement par les pirates de l’air et les terroristes impitoyables sans foi ni loi.
Selon lui, « il fallait casser la chaîne de commandement ; les responsables politiques Hutu exerçant une emprise sur les combattants plus jeunes, les empêchant de décider librement de leur retour au Rwanda ».
Pourtant, cette chaîne de commandement dont il parle, était justement en négociation avec l’ONU par le biais de la MONUC, à la recherche de la réalisation des conditions minimales de garantie de sécurité au Rwanda, afin qu’ils puissent rentrer conformément à la Convention de Genève relative au Statut des Réfugiés.
« Il a supervisé le rapatriement forcé de 674 combattants Hutu qui se trouvaient sur la base de Kamina. Il reconnaît qu’à Kamina, les choses ont mal tourné ; mille combattants ont réussi à s’enfuir avec leurs armes, en direction du sud Kivu. » « Mais, je vous le promets, nous irons les chercher jusque-là, sans problème »,renchérit-il.
Il faut rappeler que le camp de Kamina se trouvait entre les mains des forces de l’ONU (la MONUC) depuis le 26 avril 2002, date où les combattants avaient officiellement déposé les armes. Dès lors, Billy Masethla a organisé une attaque surprise d’un camp de réfugiés, faisant plusieurs victimes (morts et blessés). La Communauté internationale devrait exiger un rapport complet sur cette attaque, parce que les populations (Hutu et Congolaise) ne doivent pas continuer à être massacrées gratuitement et à huis clos, sous la houlette du Général Paul Kagame et de ses sponsors. Fait encore plus grave, le Sud-Africain Masethla veut persévérer dans son initiative macabre et même s’en félicite. Signalons que les chiffres avancés par l’émissaire sud-africain convergent vers le nombre de 2000 anciens combattants, et pourtant, en avril 2002, 3000 combattants avaient déposés les armes. Et puis, même dans le cas de 2000 combattants, si on compte pour chacun une moyenne minimaliste de trois personnes par ménage (sa femme, un enfant et lui-même), le camp de Kamina aurait hébergé une population de près de 6000 âmes. La majorité était donc des civils dont surtout des femmes et des enfants, et fort paradoxalement, l’émissaire sud-africain ne parle ni de leur présence au camp, ni du sort qui leur a été réservé.
En outre, le comportement ignoble de Masethla nous rappelle un autre épisode malheureux dans l’odyssée des réfugiés rwandais en 1998, quand au Gabon, 160 réfugiés furent embarqués de force sur deux avions pour Kigali. Dès leur atterrissage, le gouvernement du FPR les fit disparaître pour la plupart ; ils furent massacrés systématiquement ou portés disparus.
L’émissaire sud-africain admet volontiers que : « ses actions musclées font des vagues au Conseil de Sécurité, et que les rapports avec la MONUC sont tendus. Il n’a pas froid aux yeux et il assume pleinement les reproches qui lui ont été adressées par les Nations Unies et le HCR. Huit ans après le génocide, il est temps de régler le problème, de supprimer la menace que représente les Interahamwe. Il faut que le job soit fait, que quelqu’un se salisse les mains. Si on était intervenu dans les camps de réfugiés rwandais en 94-95, au lieu de laisser pourrir le problème, deux guerres auraient pu être évitées. »
On croirait qu’il s’agit de Rambo, un film américain. Pourtant, faut-il le rappeler, la problématique rwandaise ne sera résolue que par un Dialogue Inter-Rwandais. Celui-ci devra mettre en place un Gouvernement de Transition reconnu par toutes les parties, et qui aura alors pour mission de préparer d’abord la Constitution nationale et ensuite les élections démocratiques libres, justes et transparentes qui marqueront la fin de la transition. Toutes les autres solutions proposées, notamment la solution armée prônée par le Général Kagame et dont l’émissaire Billy Masethla s’est fait le chantre acharné, ne sont que des palliatifs.
Le génocide rwandais qui a commencé avec la guerre du 1er octobre 1990 se poursuit jusqu’aujourd’hui. Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) devrait plutôt œuvrer à trouver les vrais auteurs de cette tragédie. Lorsque Masethla dit que huit ans après le génocide il est temps de régler le problème, il fait semblant d’ignorer la réalité et du coup, il est en train de se vanter de contribuer au parachèvement du génocide rwandais : une attitude qui ne l’honore pas et qui n’honore pas non plus les instances qu’il représente. Il est vrai que depuis la Traite des Noirs vers les Amériques, des structures anonymes occultes ont toujours su trouver des Africains pour organiser la ruine et la mort d’autres Africains, et l’image de notre continent dans le monde n’en reflète que le résultat tronqué, la réalité restant très souvent enterrée sous une chape de plomb.
Toute cette activité pilotée par la Communauté international, et dont les réfugiés rwandais sont victimes, est menée officiellement dans le but de restaurer la paix et la souveraineté en RDC, mais insidieusement aussi, dans celui de couronner la fin de la pseudo-transition politique au Rwanda qui va être marquée par un référendum sur une nouvelle constitution suivi d’élections présidentielles et législatives. C’est pourquoi il est impératif de parler de cette période de transition au Rwanda.
IV. La Transition politique au Rwanda.
Dans les Accords de Paix d’Arusha signés le 4 août 1993, on avait prévu une mise en place d’un gouvernement de transition à base élargie pour une période de deux ans et regroupant toutes les forces politiques de l’intérieur et de la diaspora, dont le FPR. Les accords prévoyaient notamment un Président issu du parti MRND, un Premier Ministre du MDR, et on avait attribué à chaque parti politique quelques ministères bien déterminés, ainsi qu’un certain nombre de députés à l’Assemblée Nationale de transition. Malheureusement, toute tentative de mise en place de ce Gouvernement de Transition fut sabotée par le FPR, un mouvement politico-militaire qui en fait avait un agenda caché. Le 6 avril 1994, il aurait assassiné le Président de la République et toute sa délégation, dont le Chef d’Etat Major de l’armée rwandaise, qui rentraient d’un sommet spécial des Chefs d’Etat à Dar es-Salam sur les conflits de la région5 6 . Au même moment, le FPR passa à l’attaque sur tous les fronts, semant le chaos et provoquant des massacres sans précédent partout dans le pays. Soutenu par des Grandes Puissances, il remporta la victoire militaire sur les forces gouvernementales en juillet 1994. Il mit alors en place un gouvernement qu’il appela « Gouvernement de Transition », mais qui était en contradiction avec les Accords de Paix d’Arusha. En effet, la réalité était tout autre, à savoir un Président de la République issu du FPR, un poste de Vice-Président non prévu dans les accords et taillé sur mesure de celui qui devait l’occuper, le Général Paul Kagame ... D’ailleurs, comme c’était prévisible, quelques années après, il devint Président de la République et le poste de Vice-Président fut supprimé. Certains grands partis dont le MRND furent tout simplement dissous et leurs patrimoines confisqués par le FPR qui du même coup occupa tous les postes qui leur avaient été attribués par les Accords d’Arusha, au Gouvernement et au Parlement. De même, un quota de parlementaires fut attribué à l’Armée Patriotique Rwandaise (APR), ce qui n’était prévu nulle part dans lesdits Accords. Les autres partis politiques n’eurent au gouvernement qu’une participation symbolique, car ils n’ont aucun pouvoir réel de contrôle, ni de décision. Prévue initialement pour durer deux ans, la transition actuelle au Rwanda se trouve aujourd’hui dans sa neuvième année.
L’International Crisis Group (ICG), a brossé un portrait exhaustif de cette transition, dans son Rapport Afrique N° 53 du 13 novembre 2002 intitulé : « Fin de Transition au Rwanda : Une libéralisation politique nécessaire ».
Selon ce rapport :
« Le Rwanda est un pays aux apparences trompeuses... » Parlant de la dérive autoritaire du régime rwandais, le rapport enchaîne comme suit. « Alors que le discours des instances dirigeantes met l’accent sur la réconciliation, l’unification nationale et le respect des droits de chacun, le Rwanda connaît depuis trois ans une dérive autoritaire dangereuse (qui correspond à l’extension de la transition). La société civile, la presse, les ONG nationales, les politiciens exilés, menacés ou emprisonnés ne cessent de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme dont ils sont les victimes.
L’espace public critique a été réduit progressivement à une peau de chagrin et un pluralisme factice a été instauré au niveau des institutions nationales et des partis politiques mais également sur les contre pouvoirs, la presse et de la société civile. Il n’y a aucune voie d’expression possible aux insatisfactions et aux revendications des différents segments de la population ».
Comment peut-on alors parler d’une fin de transition au Rwanda alors que le pays n’a pas connu de véritable transition, tant en vertu des Accords de paix d’Arusha qu’en passant du dictat militaro-totalitaire à la loi démocratique authentique.
Parlant de la RDC (ancien Zaïre), Monsieur Herman Cohen, ancien Secrétaire d’Etat Adjoint américain pour les Affaires Africaines, a livré son opinion en ces termes :
« L’autorité transitoire doit avoir seulement deux missions. Ceux-ci sont (1) pour préparer une transition aux élections démocratiques et (2) pour maintenir une situation macro-économique stable »7.
En clair, dans le cas du Rwanda, on est donc très loin d’un Etat de droit respectant toutes les normes politiques, démocratiques et économiques internationalement reconnues. On y assiste à un pluralisme de façade masquant la tolérance zéro du régime envers l’opposition politique et la concentration du pouvoir autour du FPR ; la presse atrophiée et muselée, l’emprise des discours parallèles, un tissus économique démantelé et une politique économique désastreuse qui consacre le pillage, le vol, le bradage, la corruption, le népotisme, l’ethnisme, l’insécurité, …
V. Le Vrai Problème.
La réalité actuelle du Rwanda est que la majorité Hutu (85 % de la population) est opprimée par la minorité Tutsi (14 %). Evoquant la solution qui lui parait la mieux indiquée pour poser les fondements d’une Afrique des Grands Lacs stable, Monsieur Herman Cohen dit que :
« Il doit y avoir la loi de la majorité au Rwanda et au Burundi combinée avec des garanties de sécurité pour des minorités. Après avoir exigé et réalisé la fin du système d’apartheid de la loi de minorité en Afrique du Sud, l’Union Africaine et la Communauté Internationale doivent exiger la fin de loi de minorité au Burundi et au Rwanda. La grande instabilité de la région des Grands Lacs depuis 1990 vient du Problème de loi de minorité dans ces deux pays. [ … ] Jusqu’à ce que la loi de la majorité s’applique au Burundi et au Rwanda, il n’y aura aucune paix dans ces deux pays et il y aura des dangers graves pour la région des Grands Lacs toute entière » 8.
Les réfugiés Hutu qui ont pris la décision de combattre, l’ont fait en vue de lutter pour leur survie, leurs droits en tant que hommes et leur droit à la vie. Comme l’a montré le rapport de l’International Crisis Group (ICG), toute opposition politique intérieur au Rwanda est laminée par le régime du FPR qui alors considère tout opposant politique échappant à son dictat comme terroriste. En lui emboîtant le pas, Billy Masethla confond sciemment « opposition politique » et « terrorisme ». Monsieur Herman Cohen déconseille fortement l’abus de cette amalgame :
« Il est important de ne pas employer improprement le mot « terroriste ». L’opposition politique, y compris ceux qui peuvent être armés, ne sont pas des terroristes, bien qu’ils doivent être poursuivis s’ils ont commis des crimes contre l’humanité. Une fois que vous commencez à désigner l’opposition comme terroriste, le mot perd toute sa signification ».
Malheureusement Billy Masethla les traite comme s’ils étaient des terroristes, alors que les vrais terroristes sont de l’autre côté, au pouvoir à Kigali. En effet, ce régime totalitaire du FPR compte à son actif plus de 3,5 millions de Rwandais massacrés au Rwanda, et plus de 3 millions de Congolais qui ont subi le même triste sort dans les zones occupées en RDC.
Billy Masethla a vite oublié le fameux procès de Rivonia en Afrique du Sud, dans lequel Nelson Mandela et Govan Mbéki, le papa du Président actuel Tabo Mbéki, furent accusés de terrorisme parce qu’ils luttaient pour les droits des Noirs et contre l’apartheid, et à l’issue duquel ils furent condamnés à la perpétuité. Au cours de ces procès, Mandela et les autres soutinrent la thèse que c’est le Gouvernement qui était coupable parce que c’est lui qui faisait du terrorisme au quotidien sur de simples citoyens innocents qui luttaient pour leurs droits. Ancien militant de l’ANC et farouche opposant de l’apartheid, l’émissaire sud-africain s’évertue à soutenir la pratique au Rwanda d’un système politique ségrégationniste honni de tous, en épaulant la minorité Tutsi au pouvoir et en l’aidant à terroriser la majorité Hutu démunie de tout.
Il vous souviendra que le Président H. Truman, dans le célèbre discours qu’il a prononcé devant le Congrès américain en mars 1947 relativement à la situation en Afrique du Sud, il n’y est pas allé par quatre chemins. Il a déclaré sans ambages ce qui suit :
«…Je crois que les Etats-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement par les minorités armées, ou à des pressions venues de l’extérieur. (…) Il y a un choix à faire entre deux modes de vie opposés. L’un d’eux repose sur la volonté de la majorité, et est caractérisé par des institutions libres, un gouvernement représentatif, des élections libres, des garanties assurant les libertés individuelles. (…) L’autre repose sur la volonté d’une minorité imposée à la majorité, il s’appuie sur la terreur et l’oppression des libertés individuelles … ».
Tout porte à penser que les propos et les agissements de Billy Masethla n’appartiennent qu’à lui-même, et qu’en conséquence, il est à sanctionner, et surtout à retirer du TPVM parce qu’il est en train de ternir l’image de l’Afrique du Sud et de l’ONU. Ce qu’il a fait nous rappelle un des épisodes tragiques de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, où en 1960 à Sharpeville, une manifestation légitime et pacifique fut réprimée dans le sang par les agents de l’aile raciste, extrémistes et complètement irresponsables du pouvoir de l’époque.
Cette émissaire sud-africain frise la paranoïa lorsqu’il déclare qu’il assume pleinement les reproches qui lui ont été adressées par les Nations Unies et le HCR, puisque alors dans ces conditions, il se croit au dessus de tout, voire même de ceux qui l’ont envoyé et qu’il est censé représenter.
VI. Conclusion
La problématique rwandaise ne date pas d’hier, et toute véritable solution ne peut venir que des pourparlers Inter-Rwandais, mais des pourparlers sincères et hautement inclusifs. En effet, les Rwandais ont raté le train de la paix à trois reprises au moins :
en juillet 1990, une solution définitive et pacifique allait être trouvée au problème de la diaspora Tutsi rwandaise puisque un accord venait d’être signé en ce sens entre l’Ouganda et le Rwanda sous les hospices de l’ONU (le HCR) et de l’OUA. Deux mois après, les ennemis de la paix déclenchèrent la guerre au Rwanda pour neutraliser le processus de retour pacifique des anciens réfugiés Tutsi dans leur pays d’origine.
en 1993 avec la signature des Accords de paix d’Arusha, auxquels les Rwandais croyaient profondément. La convergence commune vers les valeurs de démocratie, de partage du pouvoir, de justice équitable, des droits de l’homme, du droit à la propriété privée, … tel que définie dans ces Accords de paix, allait enfin mettre fin à la situation de désespoir dans laquelle une guerre de plus de 3 ans avait plongé le pays. Malheureusement, les Chefs de guerre du FPR en décidèrent autrement.
au mois de mai 1994, lors du sommet des Chefs d’Etats africains à Tunis, sur le conflit dans la région des Pays des Grands Lacs, une ébauche de solution réaliste fut proposée aux deux belligérants qui semblèrent l’accepter. Malheureusement, les Chefs de guerre du FPR lui réservèrent une fin de non recevoir.
On ne le dira donc jamais assez, mais toujours est-t-il qu’il y a une partie (l’ancien Gouvernement rwandais) qui n’a cessé de proposer la paix, et une autre partie (le FPR) qui a constamment répondu par la guerre, les massacres, les pillages, etc. Mais il n’est jamais trop tard pour arrêter ce cycle infernal de violence. A cet égard, il est demandé à la Communauté internationale d’aider le peuple rwandais à résoudre durablement et définitivement le conflit ethnique, et cesser de cautionner les griefs que Billy Masethla est en train de faire en RDC.
Les Rwandais se sont toujours demandés pourquoi cette Communauté internationale parle depuis près de trois ans de pourparlers Inter-Burundais et de ceux Inter-Congolais mais jamais de pourparlers Inter-Rwandais.
Il est vrai que le rapport de l’ICG, à la recommandation n°10, demande aux opposants en exil de « Participer à une conférence politique nationale à Kigali dans le but de débattre des orientations constitutionnelles de l’après transition et de leur participation aux futures élections ».
Sans doute, l’idée de participer à une telle conférence est bonne. Mais il est étonnant qu’ils proposent que le débat ait lieu à Kigali, capitale du Rwanda. Ils font semblant d’ignorer que ces opposants ont justement fui le pouvoir totalitaire du FPR, et que pour cause, ils ne peuvent pas y retourner de leur plein gré tant que les raisons politiques qui les ont jetés en exil n’ont pas changé. Bien au contraire, pour question d’éthique et de liberté des débats, ceux-ci devraient se tenir en terrain neutre. Cela a été le cas pour les pourparlers Inter-Congolais (respectivement Lusaka, Sun City et Pretoria) et pour les pourparlers Inter-Burundais à Arusha. Même pour régler le conflit actuel en Côte d’Ivoire, Lomé et Paris ont été choisis ; pourtant ce ne sont pas des villes sécurisées dans le pays qui manquent, chaque partie contrôlant la moitié du territoire national ivoirien.
De même, lors des négociations des Accords de Paix entre le Gouvernement rwandais et le FPR (actuellement au pouvoir au Rwanda), Arusha avait été choisi comme terrain neutre. Et maintenant que le FPR est au pouvoir, les pourparlers Inter-Rwandais feraient exception et se tiendraient à Kigali ! La Communauté internationale devrait être franche, et oser considérer que les désirs du FPR ne doivent pas toujours faire la loi au détriment de l’ethnie Hutu. La réaction de Louis Michel, chef de la diplomatie belge à l’issue d’un voyage dans les pays de la Région des Grands Lacs, et relatée dans le journal « L’Avenir » du 13 février 2002 va dans ce sens. « … on comprend dès lors que certains chefs d’Etats africains, dont celui du Rwanda, habitué à se comporter en enfant gâté de la Communauté Internationale et dont les divers caprices sont des ordres, ne puissent pas digérer cette évolution de la situation. …. ».
A la lecture du rapport spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République Démocratique du Congo, et du rapport de l’International Crisis Group, force est de constater que la Communauté internationale connaît très bien jusque dans les fins détails tout ce qui se passe dans la région des Grands Lacs en général et au Rwanda en particulier. Dès lors, il ne manque que de la volonté politique pour redresser réellement cette situation pour le moins tendue. Malheureusement, tout se passe comme si les populations Hutu où qu’elles se trouvent aient été sacrifiées par la Communauté internationale pour des raisons inconnues. A l’heure actuel, près de dix millions de victimes sont à déplorer, rien que dans les trois pays des Grands Lacs (le Rwanda, la RDC et le Burundi). Nous demandons que cette tragédie cynique et macabre prenne fin une fois pour toute, et que le FPR cesse de téléguider la persécution des réfugiés Hutu rwandais dans leurs pays d’accueil. En effet, la situation est grave ; des milliers d’autres vies humaines qui ont survécu jusqu’aujourd’hui sont en jeu, et la paix dans la région risque d’être hypothéquée pour encore longtemps si des mesures urgentes ne sont pas prises. Pour éviter cette catastrophe, les mesures concrètes suivantes devraient être prises en urgence.
Il faudrait que l’Afrique du Sud :
cesse de se salir les mains et de souiller sa réputation en soutenant un régime rétrograde du FPR qui a érigé l’apartheid et la parité ethnique en stratégie politique d’élimination systématique des Hutu, ethnie majoritaire au Rwanda ;
remplace Billy Masethla au TPVM par un représentant plus digne, intègre, responsable et respectueux des droits de l’homme.
La Communauté internationale devrait :
exiger sérieusement une enquête sur le carnage au camp de Kamina, le kidnapping et le rapatriement forcé des réfugiés Hutu rwandais placés sous la protection internationale.
rétablir d’abord un climat de confiance entre les parties et ensuite poursuivre le processus de DDRRR (Désarmement, Démobilisation, Rapatriement, Réinstallation, Réinsertion) en conformité avec la Convention de Genève relative au Statut des Réfugiés, notamment sur base de volontariat, comme il ressort dans le Rapport Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en RDC.
dénoncer et sanctionner tous les pays qui persécutent les réfugiés Hutu rwandais sans défense en les contraignant au rapatriement forcé au Rwanda où ils craignent pour leur vie et leur sécurité.
Contraindre le régime du FPR pour l’obliger d’accepter le Dialogue Inter-Rwandais qui se tiendrait dans un pays neutre. De ce Dialogue sortirait un Gouvernement de Transition reconnu par toutes les parties, et qui aurait alors pour mission de préparer d’abord la Constitution nationale et ensuite les élections démocratiques libres, justes et transparentes qui marqueraient la fin de la transition. Dans ce dialogue, un débat de fond serait mené sur la tragédie rwandaise, et il lui reviendrait de décider de la création de la Commission Vérité sur le Rwanda.
élargir le mandat du TPIR dans l’espace et dans le temps, et ainsi permettre de poursuivre toutes les personnes présumées coupables de crimes de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre, dans le camp du FPR.
1TPVM : Mécanisme de vérification de la Tierce Partie (Afrique du Sud et Secrétariat Général des N.U.) de l’application des Accords de Pretoria.
2Le FPR est un mouvement politico-militaire essentiellement Tutsi, qui a été initié en 1987 par les réfugiés rwandais vivant en Ouganda.
3FDLR ; Communiqué de presse N° 16/02 du 24 avril 2002 à Kinshasa.
4Communiqué de presse de l’ADRN – Igihango du 05 avril 2002 à Bruxelles.
5Jean Pierre Mugabe ; « Déclaration sur l’attentat contre l’avion dans lequel les Présidents Habyarimana du Rwanda et Ntaryamira du Burundi trouvèrent la mort le 06 avril 194. »
6Rapport non encore rendu public, d’un enquêteur des N.U. publié dans le journal canadien, « National Post », édition du 23 novembre 1998.
7Herman Cohen ;Interview exclusive publié sur le Web le 17 octobre 2002 par le journal Kinois « Le Phare ».
8Herman Cohen, op cit.