SOS Droits de l'Homme en Catastrophe
Uvira, RD Congo
09.01.03
Des informations à notre possession et des sources militaires RCD, le samedi 04/01/2003 toutes les positions militaires dans le territoire d'Uvira devaient subir un relèvement afin de remplacer les militaires de la rébellion qui sont dans le territoire d'Uvira par ceux basés dans le territoire de Fizi au côté des alliés rwandais et burundais entrain d'exploiter les nouveaux gisements de coltan.
Nous basant sur les dires d'un militaire de la rébellion RCD/Goma, présent au moment de fait, les nouveaux soldats venus relever les anciens ont voulu sonder les positions FAP afin de s'assurer de la stratégie à prendre en cas d'une attaque de ces derniers. C'est ainsi que certaines positions ont tiré des coups de balles en direction des moyens plateaux, respectivement bases des Mai Mai (FAP).
Se croyant face à une attaque imminent de la rébellion RCD, les FAP ont vite fait appel à toutes leurs garnisons y compris celle de monsieur Pacifique MASUNSU, un cogolais munyamulenge.
Dimanche le 05/01/2003, à 3 heures du matin, les Forces d'Autodéfense Populaire coalisées ont attaqué sans excéption aucune, et à la même minute, toutes les positions des troupes RCD et leurs alliés à partir de Kamanyola jusqu'à Makobola.
C'est vers 14 heures 30 minutes que les populations assisteront à une accalmie. Bilan de cet affrontement: de source d'un soldat de la rébellion qui a participé au transport des morts et blessés, car étant chauffeur, se leve à 83 soldats morts sur le champ, 26 blessés graves dans un état critique et plusieurs blessés legers.
De source des populations habitant près des positons militaires RCD, telle que la position militaire de Kalundu/port sur la colline de COJERU (COJERU est une association asbl de reboisement) disent que tous les militaires RCD ont été tués. Il en est de même pour la position militaire de Kasenga, quartier de la ville d'Uvira vers le Nord, où monsieur AMISSI Gabriel, communément connu sous le code militaire de TANGO FORT, pris de colère et de panique a menacé de bruler tout le quartier de Kasenga et de passer toute la population au canon.
Dans la nuit du 05 au 06/01/2003, les soldats de la rébellion RCD ont investi le quartier de Kasenga et tuant plus de 8 personnes qui dormaient paisiblement dans leurs pauvres maisons et plus de 20 personnes portées disparues, tous des civils sans défense aucune, suivi de pillage systématique et de viols des femmes.
C'est ainsi depuis ce lundi 06/01/2003, et la population de Kasenga prise de panique s'est vidée. Les gens ont pris toutes les directions afin d'échapper au courroux de monsieur Tango Fort, actuellement général et chef d'Etat major chargé des operations. Il accuse les populations d'être en complicité avec les Mai Mai.
Il vit expressément à Uvira afin de réprimer tout soulèvement et toute tentative de défense des droits humains. Il a dit qu'il ferait d'Uvira un second Kisangani afin de réprimer l'orgueil des peuples du territoire d'Uvira.
Cependant, le RCD déclare que se sont les Mai Mai qui ont attaqué leurs positions en premier lieu et nie le bilan, parle de quelques soldats blessés legèrement.
Par contre les FAP ne laissent pas filtrer le bilan de ces affrontements de leur côté mais des sources des certains membres proches et sympatisants des Mai Mai on parle de 17 morts et de 14 blessés graves.
Enfin, il est à signaler que le mouvement de la rébellion RCD continue à prendre comme bouclier humain les populations civils sans défense qui fuient les combats. Il est arrivé à la frontière, alors que les gens sont en débandade et veulent chercher réfuge dans les pays voisins. L'autorisation de sortie est seulement accordée à une personne seule et sans bagage et systématiquement tous les enfants sont interdits de sortir, pourtant se sont les enfants qui doivent être éloignés des zones de combats. La rébellion fait cela pour empêcher aux parents de s'exiler car il est difficile à un ou une, père, mère, de fuir et laisser son enfant, d'où les parents sont obligés de rester dans les zones de combat avec leurs enfants. Ainsi les Mai Mai ne peuvent pas directement lancer des attaques sur eux.
Le SOS DHC demande à la communauté internationale d'user de leur pouvoir auprès des autorités de la rébellion RCD afin que cesse les tueries, les exécutions sommaires, les viols, les pillages dont sont responsables les éléments de la rébellion RCD.
Nous lançons aussi un SOS à toute personne de bonne volonté et éprise de paix capable de persuader les autorités de la rébellion pour un changement de poste de monsieur Tango Fort, de son vrai nom AMISSI Gabriel, afin de mettre un frein à la souffrance des peuples dans les territoires de Fizi et d'Uvira, car c'est depuis l'apparition de ce monstre dans ces deux territoires que la recrudescence des combats et de toutes sortes d'actes de violations des droits humains ont atteint les points les plus culminants.
Le SOS DHC demande aux autorités tant civiles que militaires de la rébellion RCD et celles des Forces d'Autodéfense Populaire coalisées de respecter les conventions de GENÈVE sur les droits humanitaires concernant les civils non armés qui se trouvent dans les zones des combats dont le Congo Démocratique est signataire.
Pour le SOS DROITS DE L'HOMME EN CATASTROPHE
Le Secrétariat Général