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COMMUNIQUÉ DE PRESSE Nº 3/2003

DÉCLARATION SUR LE RÉFÉRENDUM CONSTITUTIONNEL ORGANISÉ PAR LE RÉGIME KAGAME AU RWANDA

Lundi le 26 mai 2003, les Rwandais de l'intérieur du pays, terrorisés par le régime dictatorial du Front patriotique Rwandais (FPR) qui les massacre, les emprisonne ou confisque leurs biens et propriétés s'ils n'obtempèrent pas à ses injonctions, ont été massivement contraints de se présenter aux urnes à l'appel de M. Paul Kagame. Pour s'éviter de graves représailles, ils n'ont eu d'autre choix que d'approuver la nouvelle Constitution antidémocratique et liberticide élaborée sur mesure du dictateur. Selon les résultats préliminaires déclarés par le régime, 93% des électeurs et électrices auraient approuvé la nouvelle Constitution, la cinquième au Rwanda depuis 1960.

Comme tous les peuples vivant sous des régimes totalitaires, le peuple rwandais est traumatisé par la terreur, la répression continue et des massacres de masse de la part du pouvoir. Les agents du régime Kagame sont partout sur les collines rwandaises; la police secrète du régime, la « Directorate of Military Intelligence (DMI)» et sa milice, les «Local Defense Force (LDF)», quadrillent le pays, espionnent et terrorisent la population. Les citoyens ont cessé d'exprimer publiquement leurs opinions politiques de peur d'être exécutés, emprisonnés ou de voir leurs biens confisqués s'ils exprimaient des opinions différentes de celles du pouvoir. La société est atomisée, les individus vivent dans une situation d'isolement et de détresse psychologique de sorte qu'ils n'osent pas dire publiquement ce qu'ils pensent. Le vote étant obligatoire, les gens sont obligés d'aller voter et l'incitation à ne pas voter est un crime puni par la loi du régime.

La majorité des électeurs et électrices qui se sont présentés aux urnes n'ont jamais vu ni lu le texte de la Constitution et n'en connaissent aucun article, d'autant plus que la plupart sont analphabètes. Selon des témoignages diffusés par la radio BBC-Kinyarwanda au lendemain des élections, il fallait montrer à certains électeurs l'endroit où il fallait apposer l'empreinte digitale pour le «oui» ou le «non», et ce, bien entendu, sous l'œil vigilant des milices du FPR. Les médias publics, en particulier la radio et la télévision, sont le monopole exclusif du parti-Etat, le FPR. Il n'y a donc pas eu une véritable campagne référendaire, pas de véritable débat sur le contenu de la Constitution parce que le FPR a interdit toute activité des autres partis politiques depuis son accession au pouvoir sauf les réunions de leurs bureaux politiques. Cela a figé le jeu politique en coupant les dirigeants des autres partis politiques de leur base et a permis au FPR de les phagocyter pour en faire ses propres partis satellites. Les membres des bureaux politiques ou autres qui ont résisté à cette infiltration et récupération de leurs partis par le FPR ont été soit tués, emprisonnés ou contraints à l'exil.

Le régime Kagame exploite à ses propres fins politiques le génocide des Tutsis, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et autres malheurs qui ont endeuillé tout le peuple Rwandais. Il justifie les violations des principes démocratiques et les limitations des libertés civiles et politiques des citoyens universellement reconnus par la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que d'autres instruments relatifs aux droits humains ratifiés par le Rwanda, par la lutte contre l'idéologie du génocide et l'éradication des divisions ethniques et régionales. Les prétendus garde-fous introduits dans le texte constitutionnel pour éviter toute résurgence future du radicalisme ethnique consacre le statu quo du régime FPR et brime la liberté d'expression, la liberté d'association et le fonctionnement normal des partis politiques.

Le référendum constitutionnel intervient dans un espace politique déjà considérablement réduit et dans un climat tendu, notamment par l'emprisonnement des leaders du parti PDR (Parti pour la Démocratie et le Renouveau), du parti MDR (Mouvement Démocratique Républicain), des membres d'autres partis d'opposition, des journalistes, des défenseurs des droits de la personne et des leaders d'opinion non inféodés au FPR, tous injustement accusés de propager l'idéologie génocidaire et de semer la division entre les Rwandais.

La décision du régime Kagame de dissoudre le parti MDR, membre de la coalition gouvernementale depuis 1994 et injustement accusé d'idéologie génocidaire et de divisionnisme, s'inscrit dans la même stratégie du FPR d'exploiter à des fins politiques les malheurs qui ont endeuillé le peuple rwandais, en vue de perpétuer sa mainmise sur les institutions de l'Etat et ainsi garantir l'impunité des présumés criminels au sein de son régime. En effet, ces derniers ont peur de faire face à la justice, en cas de perte du pouvoir par le FPR, pour des crimes contre la paix et contre l'humanité, crimes de guerre et génocide impunis qu'ils ont commis au Rwanda depuis 1990 et en République Démocratique du Congo depuis 1996.

Le FPR a remplacé le mal par le mal. Pour assurer l'impunité à ses propres criminels de guerre présumés et pour mieux asseoir son régime totalitaire, il a joué et joue à fond sur les sentiments de culpabilité de certains membres de la Communauté Internationale pour leur incapacité à prévenir le génocide contre les Tutsis, les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis au Rwanda en 1994. La Communauté Internationale ne doit pas se faire leurrer par le régime Kagame. L'UFDR demande aux Etats-Unis d'Amérique, à tous les pays de l'Union Européenne, au Canada, à Israël, au Japon, à l'Inde, à l'Afrique du sud, aux autres pays démocratiques, aux Nations Unies et à l'Union Africaine de:

L'UFDR, comme la Concertation Permanente de l'Opposition Démocratique Rwandaise (CPODR) dont elle est membre, a fermement pris l'engagement solennel de mener ses activités politiques à l'intérieur du Rwanda et de participer aux élections, aussitôt que les conditions nécessaires seraient réunies. Il s'agit principalement de garanties de sécurité politique et juridique: la reconnaissance légale du pluralisme politique et de l'opposition, le droit à la liberté de réunions pacifiques sur tout le territoire rwandais, la libération de tous les prisonniers politiques et d'opinion.

Fait à Montréal le 01 juin 2003

Emmanuel Nyemera, Ph.D.

Porte-parole et Commissaire à l'information et communication