Union des Forces Démocratiques Rwandaises (UFDR)
Communiqué de Presse nº 23
Bruxelles
17.04.00
A la veille de la commémoration du génocide qui a suivi le nettoyage de Hutus de service du gouvernement dit d'unité nationale, le Général Paul Kagame a accordé deux interviews exclusives, l'une au journaliste belge C. Braeckman publiée dans le journal Le SOIR du 6 avril 2000, et l'autre au journaliste anglo-saxon de l'agence IRIN de Nairobi publiée le 7 avril 2000. Les deux méritent une attention particulière.
Le Général Paul Kagame et la Révolution rwandaise de 1959
Répondant à la question du journaliste belge sur le retour au Rwanda de l'ancien roi, mwami Kigeri V, le désormais dictateur attitré précise: "Si Kigeri veut rétablir la monarchie, il faudra demander l'avis des Rwandais via un référendum. Je n'imagine pas une victoire de ceux qui voudraient revenir à la monarchie .... Il y a eu une révolution, en 1959, qui a été mal orientée, puisque, au lieu d'abolir la monarchie les ethnies se sont affrontées et les Tutsis ont été chassés du pays". Ici, le Général Paul Kagame reconnaît bien la révolution populaire de 1959 et ne la qualifie pas de "génocide".
Le Général Paul Kagame et l'assassinat du Président Habvarimana
A la question posée par le journaliste de l'agence IRIN sur le mémo établi par un enquêteur des Nations Unies, qui le met en cause comme commanditaire de l'attentat contre l'avion du Président Habyarimana; l'homme fort du Rwanda se défend, en disant notamment que: "Les Nations Unies devraient savoir ce qui s'est passé... La question n'a jamais été élucidée chaque fois qu'il s'est agi de l'attentat contre l'avion de Habyarimana. Il est stupide que certaines personnes disent que le génocide a été le résultat du crash de l'avion de Habyarimana. Ceux qui le disent ignorent l'histoire du Rwanda. Le génocide a commencé en 1959. Il a continué les années après -1963, 1967, 1973. Evidemment il y a eu aussi des massacres lorsque notre lutte était en cours..."
Dans la première interview, l'UFDR constate que le Général Paul Kagame est un républicain par intérêt politique. Elle condamne son double langage, prenant la révolution de 1959 comme une réalité et ensuite comme un génocide. Dans la deuxième interview, le Général Paul Kagame ne nie pas les accusations portées contre lui. Il se cache derrière la planification du génocide pour nier que celui-ci serait déclenché par l'assassinat du Président Habyarimana dont il serait le commanditaire.
Sans justifier clairement cette planification, il se réfugie dans un amalgame de «génocides» de 1963,1967, 1993 dans "Le Soir", et de 1959, 1963, 1967, 1973, 1993 dans l'"IRIN". Pour lui, le génocide de 1994 n'est pas spécial; il est une suite logique des autres génocides.
Cependant, le fait qu'il y a eu un génocide rwandais en 1994, n'innocente nullement pas l'auteur de l'assassinat du Président Habyarimana et son homologue burundais. Et c'est la raison pour laquelle l'UFDR recommande une enquête internationale neutre et impartiale pour connaître les responsabilités du Général Kagame dans cette tragédie qui fut, malgré lui, le détonateur dudit génocide.
Quant aux autres représailles chronologiquement relatées et qualifiées par lui même de "génocides", le Général Paul Kagame n'ose pas dire qu'elles étaient chaque fois provoquées par les réfugiés tutsis dans leurs tentatives de reconquête du pouvoir perdu justement lors de la révolution populaire de 1959 comme il l'avait lui même rappelé avant de se contredire.
Faustin TWAGIRAMUNGU
Président de l'UFDR et Ancien Premier Ministre du Rwanda.