CENTRE DE LUTTE CONTRE L’IMPUNITE
ET L’INJUSTICE AU RWANDA
BP
141 Bruxelles 3
Bruxelles, le
8 septembre 2005
1030 BRUXELLES
Tél/Fax : 32.81.60.11.13
GSM: 32.476.70.15.69
COMMUNIQUE n° 83/2005
Rwanda :
La politique revancharde de décapiter, de terroriser et de neutraliser l’Eglise
Catholique.
« Mentez, mentez toujours, il en restera
quelque chose ». Ce proverbe illustre bien la stratégie utilisée par
le Front Patriotique Rwandais (FPR) dans sa politique de délation,
d’intimidation et d’exploitation du génocide rwandais pour des fins
sociopolitiques et socio-économiques. Ayant appris que le père Guy THEUNIS est
en réalité pris en otage par le système judiciaire rwandais paralysée par
l’armée, le Centre de Lutte contre l’Impunité et l’Injustice au Rwanda (CLIIR)*
dénonce et condamne la politique revancharde contre l’Eglise Catholique qui a
caractérisé le FPR depuis le déclenchement de sa lutte armée pour prendre le
pouvoir au Rwanda.
Selon des sources
proches du FPR, l’arrestation de ce missionnaire, reconnu comme militant des
droits humains qui a toujours milité pour une presse indépendante et objective,
pourrait servir de monnaie d’échange
dans deux agendas cachés du FPR. A savoir :
-
Faire chanter la communauté internationale en
vue de négocier l’impunité des 69 officiers supérieurs du FPR accusés d’être
impliqués dans l’assassinat de neuf espagnols (six missionnaires et trois
travailleurs humanitaires) ainsi que dans les massacres des populations
rwandaises et congolaises entre 1990 et 2004. En effet, le 8 avril 2005
l’Audience Nationale Espagnole a jugé recevable la plainte déposée à Madrid le
22 février 2005 par le Forum International pour la Vérité et la Justice dans
l’Afrique des Grands Lacs contre de hauts fonctionnaires de l’Etat Rwandais.
-
Forcer la Belgique et les pays de l’Union
Européenne à signer des accords d’extradition entre eux et le Rwanda. Or, dans
ce pays, la magistrature et toutes les institutions officielles de l’Etat
Rwandais sont contrôlées et paralysées par la junte militaire du Président Paul
KAGAME impliquée dans les crimes de génocide et des crimes contre l’humanité
commis au Rwanda et en République Démocratique du Congo (RDC) avec un bilan de
près de 7.000.000 de personnes tuées dans les deux pays.
En effet, le père Guy Theunis, de nationalité belge, membre de
Le père Guy THEUNIS a travaillé au Rwanda
de 1970 à 1994 et y a exercé, de 1989 à 1994, diverses activités à Kigali en
particulier dans le domaine des médias. Il a été Administrateur délégué du
bimensuel « DIALOGUE » de 1989 à 1992 au Rwanda et de 1994 à 1995 il
a continué à diriger ce bimensuel qui s’est exilé à Bruxelles pour pouvoir
garder son indépendance. Entre 1992 et 1994, c’est un rwandais, monsieur FUNGA
François, qui l’a remplacé à ce poste. Monsieur FUNGA François a été tué par un
militaire Hutu qui l’a abattu à bout portant sur une barrière où, avec ses voisins, il veillait à la
sécurité de leur quartier. Rappelons que DIALOGUE était qualifiée à tort comme
une revue pro-FPR par les
extrémistes hutu en 1994. Aujourd’hui certaines autorités rwandaises et
membres du FPR la considèrent à tort comme une revue des exilés Hutu. Pour
saboter la revue DIALOGUE, éditée momentanément à Bruxelles, certains anciens
membres de son comité de rédaction proches du FPR ont tenté de publier leur
« propre revue DIALOGUE » à Kigali mais sans aucun succès. Après
1994, Guy THEUNIS a contribué à la mise en place de Radio AMAHORO dont les
émissions étaient préparées à Bruxelles et diffusées par une Radio africaine.
Après le génocide
rwandais (d’avril à juillet 1994), le père THEUNIS a regagné
Depuis son arrestation,
des sources locales assurent que le père Guy THEUNIS se porte bien et qu’on lui
a trouvé un avocat qui va le défendre. D’après le journal « Le Soir »
du jeudi 8 septembre 2005, le chargé d’affaires et le consul de l’Ambassade de
Belgique à Kigali lui ont rendu visite. A Bruxelles,
le ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Karel De Gucht,
a exprimé son étonnement et a demandé des explications à Kigali. Il a rappelé
qu’aucun dossier concernant le père Guy THEUNIS n’avait été transmis par le
Rwanda et que dans le passé toutes les personnes impliquées dans le génocide
avaient été poursuivies par la justice Belge. Le nom de Guy THEUNIS ne figure
par sur les différentes listes officielles des suspects du génocide établies
par le gouvernement rwandais depuis 1996.
Le missionnaire, qui avait milité dans
divers organismes de défense des droits de l’homme, dans des mouvements contre
la violence et dans divers médias durant les 23 années passées au Rwanda, a en
effet été entendu à plusieurs reprises par des autorités politiques et judiciaires
internationales (comme la commission d’enquête de l’Assemblée nationale
française ou le Sénat belge) en qualité de témoin.
L’arrestation de ce missionnaire a
surpris tous ceux qui le connaissent mais ce n’est pas la première fois que la
junte militaire du président rwandais, le Général Paul KAGAME, s’attaque à des
religieux de l’Eglise Catholique. Nous reprenons dans ce communiqué les noms
des évêques Hutu et congolais ainsi que ceux des religieux européens assassinés
par les militaires du Front Patriotique Rwandais de 1994 à 2000.
1)
Les évêques et
prêtres catholiques assassinés le 5 juin 1994 par les soldats du
FPR : Monseigneur Vincent NSENGIYUMVA, archevêque de Kigali, Monseigneur
Joseph RUZINDANA évêque de Byumba, Monseigneur
Thaddée NSENGIYUMVA, évêque de Kabgayi et président
de la Conférence épiscopale du Rwanda. Les neufs prêtres assassinés sont tous de la diocèse de Kabgayi sauf
l’Abbé Denis MUTABAZI du diocèse de Nyundo et le Supérieur
Général des Frères Joséphites, Jean Baptiste NSINGA.
Les prêtres sont Monseigneur Jean Marie Vianney RWABILINDA, vicaire général,
Monseigneur Innocent GASABWOYA, ancien vicaire général ; les abbés
Emmanuel UWIMANA, recteur du petit séminaire de Kabgayi,
Sylvestre NDABERETSE, économe général, Bernard NTAMUGABUMWE, représentant
préfectoral de l’enseignement catholique, François Xavier MULIGO, curé de la
paroisse Kabgayi et les vicaires Alfred KAYIBANDA et
Fidèle GAHONZIRE (qui est en même temps aumônier de l’hôpital de Kabgayi). C’est tout le staff du diocèse de Kabgayi qui a été massacré et le diocèse fut ainsi
décapité. Les auteurs de ces crimes sont tous connus mais protégés par la junte
militaire du Président Kagame. Le 30 novembre 1996, Monseigneur Phocas NIKWIGIZE, Evêque
de RUHENGERI, a été enlevé par les militaires de l’Armée Patriotique Rwandaise
à la frontière de GISENYI lors de son retour au Rwanda et il a disparu
jusqu’aujourd’hui. Monseigneur Christophe MUNZIHIRWA, archevêque de BUKAVU au
Sud Kivu en RDC, a été assassiné le 29 octobre 1996 à Bukavu par le FPR.
2)
Les religieux
espagnols catholiques assassinés par le FPR sont : le père Joacquim VALLMAJO SALA né le 21 mars 1941 et arrivé au
Rwanda le 27 juin 1965 et tué le 26 avril 1994 à Byumba
au nord-est du Rwanda, Le père Isidro UZCUDUN Pouso né le 24 janvier 1931 et tué à Mugina
le 10 juin 2000. Les frères maristes tués par le FPR à Nyamirangwe
(Congo) le 31 octobre 1996 sont : Servando MAYOR
Garcia né le 20 juillet 1952 et arrivé au Rwanda en 1995, Julio RODRIGUEZ Jorge
né le 20 octobre 1956 (14 ans dans la région), Miguel Angel ISLA LUCIO né le 8
mars 1943, Fernando DE LA FUENTE né le 16 décembre 1943.
3)
Les coopérants
espagnols tués par le FPR le 18 janvier 1997 à Ruhengeri
(nord-ouest du Rwanda) sont : Maria FLORS SIRERA FORTUNY (33 ans) né le 25
avril 1963, Manuel MADRAZO OSUNA (42 ans) né le 14 septembre 1954 et Luis
VALTUENA GALLEGO (30 ans) né le 7 février 1966.
4)
Les pères
canadiens tués par le FPR : Le père
Claude SIMARD tué le 17/10/1994 était Curé de la paroisse Ruyenzi
à Butare et le père Guy PINARD, curé de la paroisse Kampanga, tué en pleine messe le 2 février 1997 à Ruhengeri
5)
Le père croate Curic VIJEKO tué le 31/01/1998 à Kigali par un
militaire FPR. Il était économe général du diocèse de Kabgayi
à Gitarama.
Les
missionnaires d’Afrique (ou Pères Blancs) sont persécutés par les extrémistes
tutsi et leurs nouveaux médias de la haine depuis la victoire du FPR en 1994 :
a) Depuis la prise du pouvoir
par le Front Patriotique Rwandais (FPR), les extrémistes tutsi, véritables
détenteurs du « pouvoir occulte »
n’ont jamais cessé de s’attaquer à l’Eglise Catholique en général et plus particulièrement à la Société des
Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs). Ce « pouvoir occulte », qui constitue une sorte de « gouvernement parallèle » au
gouvernement officiel, contrôle et paralyse toutes les Institutions de l’Etat
Rwandais (Gouvernement, Parlement, Magistrature et Armée). C’est ce pouvoir qui gèrent les massacres, la terreur d’Etat, les
assassinats politiques, les enlèvements, la torture, les emprisonnements
arbitraires, le squattage et le pillage des biens publics et privés. Les
Pères blancs sont les cibles de ces extrémistes à travers les nouveaux médias
tant publics que privés et surtout dans le journal gouvernemental « La Nouvelle Relève » édité par l’ORINFOR (Office Rwandais d’Information).
b) Dans
« La Nouvelle Relève n° 361 du 15 juin 1998 à la page 5, plus de
30 rwandais dont 14 députés ont adressé, en mai 1998, une lettre ouverte très virulente
aux Supérieurs de la Congrégation des Missionnaires d’Afrique pour les accuser
en six points suivants :
- D’avoir systématisé et accentué les divisions
ethniques;
- D’avoir, de connivence avec le pouvoir colonial,
fait massacrer des tutsi en 1959 sous le couvert d’une prétendue révolution
sociale hutu (pourtant elle fut acceptée et reconnue par le FPR dans son Manifeste
politique de 1991 après que 25 hauts cadres du FPR aient été convaincus par
leur nouveau recrue Monsieur Seth SENDASHONGA!) ;
- De protéger abusivement des prêtres religieux
accusés du crime de génocide;
- D’empêcher l’Eglise du Rwanda de reconnaître sa
culpabilité dans le génocide;
- D’avoir inventé la propagande de la persécution de
l’Eglise au Rwanda;
- De ne pas reconnaître que l’évangélisation du
Rwanda est un échec;
En conclusion, les signataires de la lettre déclarent
: « Nous vous suggérons de vous
retirer momentanément de ce pays, quitte à y revenir plus tard avec un
personnel ayant l’avantage de n’avoir jamais été mêlé au drame rwandais ».
c) Dans
« La Nouvelle Relève » n° 362 du 30 juin 1998 de la page 12 à 16, l’ancien prêtre Privat
RUTAZIBWA, Directeur de l’ARI (Agence Rwandaise d’Information, une agence
privée financée par les caisses noires du FPR et chargée de désinformer pour le
compte du « pouvoir occulte »
des extrémistes tutsi et véritables maîtres du Rwanda), s’attaque virulemment
aux Missionnaires d’Afrique appelés aussi « Pères blancs ». Dans sa
lettre du 7 Juin 1998 intitulée « Missionnaires de l’évangile ou apôtres de la
haine: Lettre ouverte aux
responsables de l’ASUMA/Rwanda », Privat
RUTAZIBWA tente de prouver que ce sont les missionnaires qui ont mis sur pied
l’idéologie ethniste, qui sont les promoteurs des
« régimes hutistes
et génocidaires », et qu’ils continuent à afficher la même complicité
surtout à travers « le
négationnisme rampant ». Privat Rutazibwa
termine sa lettre en suggérant aux Pères blancs deux choses « ...il
est temps que les missionnaires pensent eux-mêmes à s’effacer ou à s’occuper d’un apostolat réellement constructif,
sans devoir obliger les rwandais à les y contraindre ». Il estime que
« le changement des équipes serait la dernière alternative: les missionnaires, qui ont passé un
certains nombre d’années au Rwanda devraient se faire remplacer par de tout
nouveaux, sans passé idéologique et politique de compromission et de parti pris ».
Dans ce
même numéro 362, les journalistes de l’Etat s’attaquent, dans un amalgame étonnant, à
la revue DIALOGUE, à certains pères blancs et à toutes les organisations qui
osent dénoncer et condamner les crimes commis par le régime du FPR. A la page
15, même le Centre de Lutte contre
l’Impunité et l’Injustice au Rwanda y est attaqué comme toutes les
organisations des droits humains qui dénoncent les crimes du régime rwandais
tel qu’Amnesty International ou les observateurs de
l’ONU chassés du Rwanda le 31 juillet 1998 soit deux jours avant la 2ème
guerre d’invasion de la RDC déclenchée par le FPR le 02/08/1998. Tous ceux
qui critiquent le régime FPR sont qualifiés « de complices des génocidaires ou des révisionnistes et négationnistes, etc... ». Les
accusations sont nombreuses dans la lettre de Privat RUTAZIBWA: « De nombreux organes de presse proches des
milieux missionnaires rivalisent de zèle dans la diffusion des idées
révisionnistes, négationnistes et ethnistes ainsi que
dans la désinformation systématique orchestrée contre le nouveau Rwanda ».
Dans la « Nouvelle Relève n° 330 page 16 et le Magazine français GOLIAS n°
48-49-Spécial été 1996 » la Revue DIALOGUE et son ancien Directeur le Père
blanc Guy TEUNIS sont traités de négationnistes lorsqu’ils ont osé écrire « une dictature est remplacée par une
autre dictature plus intelligente... »
CONCLUSION :
En effet, depuis avril 1994, le
noyau dur des extrémistes tutsi du FPR a décidé de se venger sur l’Eglise
Catholique du Rwanda qu’ils accusent d’avoir contribué à la chute de la
monarchie tutsi en 1959 avec l’appui de la Belgique. Pour réussir le projet de
déstabilisation de l’Eglise catholique, ils ont programmé d’exploiter tous les
voies et moyens possibles pour démanteler le clergé et surtout éliminer
progressivement tous les religieux hutu
Parmi ces moyens, l’élimination physique, l’exil et
la délation sont devenus des armes redoutables pour casser les religieux
indésirables et considérés comme des ennemis potentiels du régime actuel. Ces
moyens sont également utilisés dans l’anéantissement des intellectuels, des
hommes d’affaires et des paysans progressistes Hutus. A part les assassinats
opérés par les escadrons de la mort, la délation transite surtout par les «nouveaux médias de la haine »
sponsorisés par le régime du FPR
Pour humilier l’Eglise, Mgr Augustin MISAGO, évêque
catholique de Gikongoro, a été arrêté le 14 avril
1999 vers 12 heures à Kigali alors qu’il se rendait à une réunion des Evêques
catholiques du Rwanda. Il avait quitté l’évêché de Gikongoro
ce jour-même vers 10 heures à bord du même véhicule
que son homologue du diocèse voisin de Butare,
Monseigneur Philippe RUKAMBA. Le véhicule des deux évêques a été intercepté à
l’entrée de la capitale rwandaise Kigali, au lieu dit Giticyinyoni. Mgr Misago fut emprisonné
arbitrairement pendant plus d’une année et il fut acquitté et libéré le 15 juin
2000 après un procès fort médiatisé.
En plus de
deux prêtres (l’Abbé Edouard NTULIYE et l’Abbé Jean François KAYIRANGA)
condamnés arbitrairement à mort le 17/4/98 à Kibuye
et libérés par la suite, d’autres religieux et religieuses sont emprisonnés depuis
plus de 10 ans sans dossiers et sans enquêtes judiciaires. Parmi eux, se trouve
le Curé de
RECOMMANDATIONS : Le Centre recommande instamment :
Au gouvernement rwandais :
-
de libérer immédiatement et sans conditions le père Guy
THEUNIS ;
-
de cesser toutes les persécutions dirigées contre les
Eglises chrétiennes et particulièrement contre l’Eglise Catholique qui a déjà perdu
de nombreux prêtres ;
-
de suspendre les juridictions GACACA tant qu’elles sont
détournées de leur mission par les agents de la DMI et les
extrémistes tutsi qui paralysent toutes les institutions.
Au gouvernement belge :
-
de faire des pressions nécessaires pour faire libérer le
père Guy THEUNIS et d’autres prisonniers politiques qui croupissent dans les
prisons rwandaises ;
-
de revoir sa politique de soutien absolue au régime
dictatorial de Kigali ;
-
de conditionner toute aide au respect des droits humains et
des libertés publiques ;
-
de cesser tous ses financements des tribunaux GACACA qui ont
été détournés de leur mission par les agents de la Directorate
of Military Intelligence (DMI).
A la Société des Missionnaires
d’Afrique (SMA) :
-
de ne ménager aucun effort pour exiger la libération
immédiate du père Guy Theunis;
-
de ne pas se fier complètement aux négociations des
autorités belges et des autorités officielles rwandaises car elles sont
contrôlées et paralysées par le « pouvoir occulte » des chefs
militaires et politiques du FPR qui tiennent en otage le peuple et les
institutions officielles rwandais
-
d’insister auprès du Saint Siège afin que l’Eglise Catholique
Universelle vole au secours de l’Eglise catholique du Rwanda menacée de
destruction lente mais sûre par un régime qui a peur des témoins gênants comme
le père Guy THEUNIS ;
Pour le Centre, MATATA Joseph,
Coordinateur.
CLIIR* : Le Centre de Lutte contre l’Impunité et
l’Injustice au Rwanda est une association de défense des droits humains basée
en Belgique, créée le 18 août 1995. Ses membres sont des militants des droits
humains de longue date. Certains ont été actifs au sein d’associations
rwandaises de défense des droits humains et ont participé à l’enquête CLADHO/Kanyarwanda sur le génocide de 1994. Lorsqu’ils ont
commencé à enquêter sur les crimes du régime rwandais actuel, ils ont subi des
menaces et ont été contraints de s’exiler à l’étranger où ils poursuivent leur
engagement en faveur des droits humains.