KAGAME ET SES SUPPORTERS SUR LE BANC DES
ACCUSÉS
Maître Luc
DE TEMMERMAN, Belgium
07.02.2008
J'ai eu la
chance de pouvoir me rendre pendant une dizaine de jours en République Démocratique
du Congo, ce qui m'a permis de prendre connaissance de l'opinion des
politiciens, des chroniqueurs et des journalistes congolais sur la
problématique rwandaise et la situation au Kivu à travers les médias locaux.
Après cette
semaine d'observations, je prends note à mon retour du lancement de 40 mandats
d'arrêts à charge des militaires du FPR/APR par
Les
politiciens espagnols refusent de commenter l'instruction du dossier
judiciaire, comme il se doit dans un état de droit, les accusés bénéficiant de
la présomption d'innocence, mais espérons qu'enfin les responsables politiques
du monde, qui s'intéressent à la région des Grands Lacs auront compris le
message en attendant l'arrestation des personnes accusées.
Enfin, le
monde occidental découvre un état démocratique qui se substitue aux
manquements du Procureur auprès du Tribunal Pénal International pour le Rwanda,
Il est
généralement admis de parler de «génocide» quand 10 % de la population a été
victime d'une élimination systématique pour des motifs, dûment inscrits dans
les Conventions de Genève, même si c'est un non-sens juridique mais le monde a
besoin des chiffres….et un «génocide» concerne tout un peuple, et dépasse donc
le cadre individuel ou d'un petit groupe, race etc. En plus, c'est l'intention
qui compte.
Le plus
important reste néanmoins d'établir les faits et sur ce plan, la justice
espagnole est sans équivoque, nonobstant que l'enquête judiciaire n'a démarré
qu'en 2005:
«le FPR/APR a utilisé et commis à partir de 1990
un ensemble de crimes humanitaires pour prendre la totalité du pouvoir non-démocratiquement au détriment et en violant les droits
légitimes du peuple rwandais, hutu, tutsi et twa confondus, et cette
organisation politico-militaire a continué son œuvre en République Démocratique
du Congo en éliminant les réfugiés rwandais, et en s'attribuant les richesses
du sol congolais».
C'est ce qui
est justement dénoncé par les anciens responsables politiques, militaires et
économiques du Rwanda et les victimes du drame rwandais, la
population hutu, tutsi et twa confondus, et il est sans importance d'attribuer
une responsabilité à l'un ou l'autre individu, hutu, tutsi ou twa pour parler
du drame Rwandais. L'individu accusé doit comparaître devant le Tribunal
et doit se justifier.
Ceux qui
avaient le devoir de rendre justice au peuple Rwandais et aux victimes ont
fait le contraire pendant 13 ans et c'est cela qui est stupéfiant et
incompréhensible. On a choisi les individus et on a refusé de voir l'ensemble
des faits et crimes commis au Rwanda, en attribuant la responsabilité des
massacres à l'ancien pouvoir avant les investigations.
Les
Procureurs auprès du TPIR et le Procureur auprès des Tribunaux belges ont
poursuivi ceux qui sont victimes de ces crimes du FPR/APR et il n'est
pas dans mes intentions de traiter les cas individuels, mais prenons les composants
essentiels de la société rwandaise en 1994 :
Plus de
90% des personnes accusés et condamnés par la justice internationale et
la justice belge dans ce drame sont des victimes de la guerre imposée
injustement par le FPR/APR et ils n'ont pas eu la possibilité de bénéficier
d'un procès équitable parce que les professionnels qui devaient faire les
enquêtes ont refusé délibérément pour des motifs purement politiques
d'instruire correctement les faits du drame Rwandais.
Espérer que
l'action de la justice espagnole va corriger ses manquements me parait
utopique, mais nous permet d'espérer de sauver la paix et la démocratie dans
l'avenir, qui sera certainement sans KAGAME et C°. On fera bien la distinction
entre FPR/APR et tutsi et j'espère que les tutsi eux-mêmes le feront sans
équivoque, ce qui a manqué pour beaucoup jusqu'à ce jour.
Les
Congolais ont choisi une solution pratique mais efficace, ne possédant pas une
armée qui peut défier le FPR/APR et ses alliés dans
En RDC, les
tutsi congolais peuvent participer au pouvoir mais ne peuvent imposer leur
volonté contre la volonté de la majorité de la population.
Les
politiciens congolais n'ont pas peur pourtant de dire et de dénoncer les crimes
commis par NKUNDA et ses combattants et leur enlèvent tout prétexte pour faire
la guerre, mais dans le respect de
La
communauté internationale, maintenant que ce n'est plus uniquement le Juge
Bruguière qui accuse KAGAME et ses proches collaborateurs comme des criminels
de guerre, ne peut plus avoir d'autre choix que de suivre cette voie pacifique
d'imposer la paix par une application des règles démocratiques. La période des
«interahamwe» et «génocidaires» ne fera
plus recette.
Quel
politicien, digne de ce nom, peut encore s'entretenir avec KAGAME?
KOUCHNER il
y à quelques jours en France, VERHOFSTADT, MICHEL Père et fils, DE
GUCHT en Belgique et des autres opportunistes qui ont soutenu le FPR/APR, ont
en principe
signé leur arrêt de mort politique en défendant KAGAME et son régime devant
cette évidence, connu depuis 1998 par ceux qui ont vécu les évènements, mais
cachée au grand public pour des motifs politiques par ceux et celles qui
représentaient sur le plan juridique la communauté internationale, y compris
Les
journalistes C. BRAECKMAN et M.F. CROS en ce qui concerne la presse
écrite francophone belge, devront prendre leur retraite.
REYNTJENS
reviendra à la surface mais ne pourra faire oublier son implication directe
avec la promotion des «Escadrons de la mort» et «le réseau Zéro», faisant
partie de cette stratégie du FPR/APR pour prendre le pouvoir et dénoncé
également par la justice espagnole. Un jour il fera peut-être son mea culpa.
Dans les prochains
mois on fera le compte de la «crédibilité» des experts et le jugement du TPIR
dans le dossier MILITAIRES I se fait trop attendre pour encore pouvoir parler
d'une décision «judiciaire». Y-a-t-il des problèmes
«politiques» entre les magistrats pour prendre une décision?
Ce qui s'est
passé au Rwanda
restera une honte pour le monde entier, mais cette initiative de la justice
espagnole, que le gouvernement de Kigali qualifiera sans aucun doute de
«politique», permettra sans doute d'isoler KAGAME et sa bande, et le plus grand
bien qui peut arriver au Rwanda est que les tutsi non-belligérants
se distancient rapidement du FPR/APR et leur «maître» qui les conduira si non à
une nouvelle catastrophe.