Mathias Ikem
06.12.03
Après Rwandatel, Rwandacell, Bankor, le Rwanda vient de créer une société d'assurances et de réassurances à Goma et Bukavu dénommée société congolaise d'assurances et réassurances, en sigle Scar. Et ce, sans suivre le régime des assurances qui commande le respect du marché interne de chaque pays. En clair, le Rwanda assure des véhicules congolais depuis son territoire. Ce qui est anormal et interdit.
Depuis le 3 septembre 2003, la Scar a été installée à Goma et prône le libéralisme contre le monopole accordé à la société congolaise d'assurance, la Sonas entreprise publique. La Scar a bénéficié pour ce faire de la décision n°018/RCD/C.U.PSG/2003 du 28 mars 2003 portant libéralisation du marché des assurances et réassurances. Selon son directeur général, le rwandais Jean Pierre Mubiligi Kanamugire qui n'est autre que l'ancien directeur de Service Transport et Aviation de la Sonarwa s.a., Scar a un capital de 200 mille dollars U$ contrairement au million annoncé à la cérémonie d'inauguration.
La stratégie du Rwanda dans les territoires qu'il occupe encore est de dessaisir la Sonas (Société nationale d'assurances) à travers la Sonarwa de tous les marchés les plus juteux afin de les soustraiter par la Sonarwa s.a. contre 10% de remise. Dans une machiavélisme sans égal, le Rwanda répartit les risques à couvrir de la manière suivante : 70% pour la Sonarwa s.a. et 30% pour la Sonas. La Sonas ne devant obtenir aucun marché au Rwanda. Cette convention avait été établie le 22 septembre 2000 à Goma et, toute honte bue, elle portait les en-têtes de la Sonarwa s.a.
Comme on peut le constater, toutes ces décisions ont été prises au moment où le Congo tente la réunification et qu'Azarias Ruberwa est l'un de vice-présidents de la République avec résidenc à Kinshasa.
Le Rwanda emploie la même stratégie en remettant en scelle des tutsi «congolais» qui avaient déchiré leur carte d'identité de zaïrois à l'entrée du FPR au Rwanda.
Tel est le cas de M. Alphonse Sebananira, ancien technicien de l'ONPTZ à Kinshasa qui a déserté pour Kigali en 1994. Ce dernier avait été nommé le 30 janvier 2000 (Réf : 01/CAB/ DPTM-TPT/CD/099/01/2000) comme directeur provincial de l'OCPT Nord-Kivu en remplacement de Shauri Tata Kulu qui avait déserté pendant 120 jours pour Butembo. A la nomination d'Alphonse Sebaranira, Rwandatél créa une direction parallèle pour gérer les cables souterrains qui servaient de distribution aux 24 lignes qu'il venait de s'octroyer sur le dos de l'OCPT/Goma. C'est le même Alphonse Sebananira qui mena les négociations avec Rwandatél (recommandation de la sécurité n°réf/060/RCD/DSR/HT/ 99 le 7 août 1999 et de Moïse Nyarugabo n°RCD BVP/M.V/0069/99 du 13 juillet 99)
Il en est de même de l'entreprise SEP Congo qui est dirigé à Goma par un directeur général, ancien de SEP/Kinshasa et qui avait fui à la guerre d'agression pour Kigali. Le Rwanda a cru que le Congo faisait partie de son administration. En robotisant les rebelles, il s'est attaqué ouvertement aux intérêts congolais sur le sol congolais.
En 2001, le Rwanda interdit à la Banque Internationale de Crédit (BIC), une banque congolaise d'opérer à Goma et Bukavu alors que celle-ci a tous les papiers qu'il faut. A la place, le Rwanda ouvre une Banque dénommée Bankor qui sera emportée par les laves du volcan. Jusqu'à ce jour, la BIC reste fermée sans raison. En 1999, en pleine guerre, le Rwanda installe à Goma et Bukavu, Uvira . une société de télécommunication appelée sans se gêner Rwandacell avec comme code d'appel 00250 et avec des messages en kinyarwanda. Rwandacell va se transmuer en Supercell à la signature des accords de Sun City.
Revenant à la société d'assurances Scar, il y a lieu de noter que la Sonarwa s.a. en est l'actionnaire principal avec 700 actions sur 2000 pour un montant déclaré de 70 mille U$ dont on dit 35 mille dollars U$ déjà libérés.
Ces quelques cas abordés ne sont qu'un échantillon mais ont l'avantage de montrer comment le Rwanda tenait mordicus à occuper indéfiniment le territoire congolais mais pis encore que l'argument de l'insécurité créée par les interahamwe n'est à dire vrai qu'un fond de commerce.
Le gouvernement de transition doit passer certains de ses membres à un exercice de purge car ils ont vendu le pays et lié les congolais dans des contrats d'expropriation. Le silence des rebelles traduit la peur d'être découvert d'une manière ou d'une autre dans leur responsabilité dans l'aliénation de certains biens du pays.