TEMOIGNAGE d’Aloys RUYENZI

 

(texte original en Anglais, traduction reprise, extraits du témoignage)

 

Paul KAGAME responsable de l’attentat contre l’avion de HABYARIMANA

 

 

 

1 – d’un témoin oculaire : … Je considère nécessaire d’informer les Rwandais et la Communauté internationale dans son ensemble, des crimes dont j’ai été témoin dans l’espoir que M. KAGAME cesse de tromper tout le monde. J’ai mis un certain temps avant de décider de rendre public ce rapport parce que j’étais en OUGANDA et que M. KAGAME y a beaucoup d’agents secrets qui auraient pu m’éliminer. Je le connais très bien parce que j’ai travaillé avec lui dans l’Armée Patriotique Rwandaise depuis sa création. De plus, j’ai servi dans son escorte  pendant près de 10 ans jusqu’à ce que je me sois sauvé du pays.

 

2 – Mon nom est Aloys RUYENZI. Je suis né le 1er Mars 1971 à MBARARA de parents Rwandais réfugiés. J’ai donc grandi en OUGANDA et j’ai rejoint, en 1987, l’Armée Nationale de Résistance du Président Ougandais Yoweri MUSEVENI. J’ai eu une formation militaire de base pendant six mois après quoi j’ai suivi durant six mois un cours d’intelligence militaire. Après la formation, j’ai été affecté au 23ème bataillon, basé dans le nord de l’OUGANDA comme personnel d’intelligence. Un an après, je fus appelé de nouveau à KAMPALA et ai été affecté à la Direction de l’Intelligence Militaire (DMI) où KAGAME était un officier aîné. A la DMI j’ai été choisi pour une autre formation appelée « l’Intelligence et l’Individu-Défense » et, quand je me suis sauvé du pays, je travaillais dans la Garde Républicaine, une unité spéciale de l’Armée Patriotique Rwandaise qui fournit des éléments pour l’unité présidentielle de protection. J’étais le 2ème Lieutenant et mon matricule dans l’Armée était OP1460. J’ai

 rejoint le FPR dès sa création.

 

3 – Quand le RWANDA a été attaqué par le FPR le 1er Octobre 1990, j’étais parmi les combattants. D’abord avec le 4ème Bataillon  opérant dans le Parc National de l’Akagera jusqu’à ce que nous ayons été refoulés en  OUGANDA avant de commencer la guérilla. D’abord dans la force mobile, j’ai ensuite rejoint l’unité supérieure de commandement dont le rôle principal était d’escorter KAGAME , principal puis chef du FPR ; de l’unité de missile, j’ai donc été nommé dans l’escorte de KAGAME.

 

4 – Quand j’ai rejoint cette escorte, j’ai repris mes fonction en tant qu’Officier d’intelligence et étais donc la majeure partie du temps près de KAGAME en tant que membre de l’équipe des gardes du corps rapproché. Dans cette situation, je savais, en détail, ce qu’il disait ou demandait que ce soit fait. Par conséquent, mon témoignage n’est pas un monceau de rumeurs mais bien le témoignage d’un témoin oculaire.

 

5 – Après la prise du pouvoir par le FPR, j’ai suivi à nouveau des cours d’intelligence militaire et de protection de VIPS. J’ai donc pris des fonction en tant que garde du corps présidentiel. Quand l’invasion du Zaïre a commencé, j’ai été envoyé là  en tant que confident de KAGAME pour suivre et faire l’exposé détaillé de n’importe quelle opération militaire ayant lieu. C’était afin de s’assurer qu’il ne manquerait aucun détail lors de l’envoi de ses propres escortes. Les crimes dont j’ai été témoin là sont si nombreux que je ne peux pas les détailler ici… je le ferai sur un autre document quand j’en aurai le temps. Ce que je peux simplement dire pour le moment, c’est que les nombreux crimes commis par l’APR, ont été commandés par KAGAME.

 

6 – Les gens ont été tués à très grande échelle sur les ordres de KAGAME et les officiers qui n’ont pas exécuté les ordres pour tuer ont été démis de  leurs fonctions ou ont disparu. KAGAME ne tolère pas quiconque désobéit à ses ordres. De même quand l’APR combattait les prétendus « envahisseurs » au nord du RWANDA dans RUHENGERI et GISENYI, beaucoup de civils hutus, non armés, ont été tués dans ce qui a ressemblé à un véritable nettoyage ethnique. Je me suis opposé à ces atrocités  jusqu’à ce que je sois désigné comme collaborant avec l’ennemi alors que mes raisons de combattre étaient l’amour du pays.

 

7 – Comme je l’ai déjà dit, j’ai rejoint  et servi le FPR depuis sa création. J’ai sincèrement cru alors que je luttais pour en finir avec l’injustice à l’égard de nos frères, de nos parents et de notre mère-Patrie avec le souhait de pouvoir ensuite retourner à la maison. De toute façon, c’est ce qu’on nous a dit. Je n’ai jamais envisagé que notre retour puisse mener aux massacres et à l’expulsion de la population que nous avons trouvée à l’intérieur du pays. A ma grande consternation, je me suis rendu compte que notre chef et Président actuel du RWANDA, Paul KAGAME, avait un plan caché et pour rendre des sujets plus mauvais, il ne tolérait aucune voix discordante et l’opposition à ses ordres pouvait entraîner la disparition.

 

8 – J’ai eu le malheur de travailler dans l’escorte de M. KAGAME où le climat est abominable, un climat permanent de terreur et de méfiance, tout le monde regarde et se méfie de tout le monde. J’étais Officier d’Intelligence mais savais très bien que moi-même j’étais surveillé.

 

9 – Ici, les officiers d’Intelligence ne font pas les travaux ordinaires d’intelligence militaire pour lesquels ils sont payés, ils sont en fait un peloton de criminels installé par KAGAME pour servir ses propres desseins et son unique mission  est de consolider son régime meurtrier. Il est donc très difficile de travailler avec lui en tant qu’officier d’intelligence sans adhérer à ses politiques criminelles. Mon but est maintenant, avant d’être éliminé, de rendre public la liste des assassinats commandés personnellement par KAGAME, liste très longue !

 

10 – J’ai déserté parce que je me rendais compte que nous devenions une troupe de tueurs…11 – Cela a pris du temps avant que je puisse me sauver dans la crainte d’être arrêté et tué en tant que déserteur, c’est-à-dire passé par la houe comme le faisait le FPR pour briser les têtes des personnes condamnées à mort. Je pense regrettable d’avoir continué à travailler délibérément avec un homme dont le casier judiciaire est si affreux.

 

12 – S’opposer aux atrocités programmées et commandées par KAGAME était considéré équivalent à la trahison. Déjà on me suspectait et des menaces et des tentatives ont été faîtes pour me supprimer et j’étais classé dans les prétendues « forces négatives », une étiquette donnée aux milices d’interahamwe du Zaïre.Jj’ai même été accusé d’avoir libéré un interahamwe dans NKAMIRA-GISENYI et mis en  état d’arrestation. C’était monté de toutes pièces car non seulement  il n’y avait là aucune prison d’interahamwe mais je n’ai de plus jamais libéré quiconque, ne pouvant d’ailleurs avoir de pitié pour les personnes impliquées dans les massacres. Je souligne cependant que je ne parle pas de ces Hutus innocents qui ont été déclarés interahamwe uniquement parce qu’ils sont Hutus .

 

13 – J’ai été arrêté le 8 Juin 1999 et me suis retrouvé avec des gens suspectés et d’autres détenus pour des crimes de droit coutumier la plupart du temps pour des conflits liés à la terre ou au bétail. Ceux qui m’ont arrêté, tout honteux, ont ensuite obtenu ma libération et j’ai pu reprendre mes fonctions dans l’escorte de M.KAGAME.

 

14 – Après ces allégations de connivence avec l‘ennemi, des tentatives ont été faîtes pour se débarrasser de moi dans des embuscades. La première fois, l’embuscade était dans GISENYI et j’ai survécu grâce à KABAYA, un ami qui m’avait averti.

 

15 – Le 15 Mai 2001, j’ai échappé de peu à une deuxième tentative mais mon escorte a péri (James Kabera, un soldat privé, Hodari et un Mugogwe de Gisenyi. Retournant à GISENYI pour une mission spéciale, une nouvelle embuscade m’attendait dans les montagnes de Buranga (RUHENGERI). Je n’avais pas été averti du tout et ne m’imaginais que quelque chose puisse m’arriver dans une mission que même si j’avais su, je ne pouvais pas refuser. Le véhicule Toyota dans lequel j’étais depuis KIGALI  a été pulvérisé par des tirs de balles et deux de mon escorte ont été tués sur le coup et je ne sais pas comment j’ai survécu.

 

16 – la dernière tentative date du 18 Novembre 2001. Deux groupes avaient été désignés pour que cette fois je n’échappe plus… ce même jour, je me suis sauvé en OUGANDA.

 

17 – J’y ai d’abord été gardé sous haute surveillance par la CMI (Chieftaincy d’intelligence militaire), soi-disant pour ma propre sécurité. Quand ils ont eu assez d’informations pour confirmer que j’étais bien un demandeur d’asile, j’ai pu sortir et rechercher un abri. Très vite je me suis rendu compte que je ne pourrais pas rester en OUGANDA car les services d’intelligence rwandais y sont là plus actifs que les services ougandais et c’est ainsi que de très nombreux Rwandais, chercheurs d’asile, ont été sélectionnés et sont repartis au RWANDA où ils ont été torturés et tués. C’est pourquoi, j’ai décidé d’aller loin du RWANDA pour rechercher asile et je suis maintenant dans un endroit d’où je peux dénoncer les atrocités commises par le Général Paul KAGAME et ses partisans. J’ai voulu donner tous ces détails afin d’expliquer les difficultés rencontrées par un soldat de l’APR qui ne soutient pas ce que KAGAME veut. J’espère que, peu à peu, disparaîtra dans les esprits l’idée et la tendance de considérer tous les officiers tutsis comme des tueurs. Le Général KAGAME a fait et est responsable de beaucoup d’atrocités et il doit en répondre.

 

18 – Le Général KAGAME a un caractère exécrable. Il est extrêmement nerveux… il ne tolère aucune voix discordante et ce qu’il dit est « parole d’Evangile ». J’ai travaillé longtemps avec lui ; il n’accepte aucun conseil et a la gâchette facile. Si l’un de ses alliés lui signale que vous êtes suspecté de déloyauté, c’est assez pour justifier votre mort.

 

19 – KAGAME peut passer tout un mois sans sourire… il n’épargne personne et bat au hasard… c’est une personne sanguinaire. Quand j’ai travaillé avec lui, il entrait très tôt le matin  pour visiter des endroits de détention de DMI  et d’autres fois pour diriger le massacre. Je me rappelle qu’une fois, dans Muhura, alors que nous combattions pour prendre KIGALI, il est allé personnellement avec un 12.7 mm AAC (anti métier d’air) et, monté sur une jeep de son escorte, a tiré sur une foule paisible de paysans rassemblés sur un marché. C’était en 1994. Il a alors commandé à ses soldats d’utiliser toutes les armes disponibles pour anéantir le marché. C’est attristant de voir un chef,  ironique et riant, participer ainsi au massacre de personnes sur un marché…

 

20 – Le Général KAGAME dirige l’armée en suivant tout dans le plus petit détail ; il suit même, avec les radios talkie-walkie,  les conversations entre les soldats dans les patrouilles militaires. 

 

21 – Chaque matin, il appelle son officier de signalement et lit les rapports d’opérations et les messages courants de l’armée pour s’assurer qu’il ne manque rien et il courcircuite ses officiers commandants militaires ebn donnant des ordres directs aux commandants de champ sans passer donc par la chaîne normale de commandement. Je veux simplement dire qu’il n’y a rien qu’il puisse feindre d’ignorer. Rien ne peut se faire dans l’APR sans qu’il le sache et hormis les incidents isolés causés par de petits criminels, toutes les atrocités commises par l’armée dans les secteurs opérationnels sont contrôlées par lui. Les officiers détenus pour de prétendues gaffes opérationnelles sont en fait détenus parce qu’ils n’ont pas tué comme KAGAME le voulait. Par contre celui qui tue le maximum et fait place nette, sera, de toute évidence, favorisé.

 

22 – Le Général Paul KAGAME contrôle l’armée rwandaise comme ses propres miliciens. L’armée entière est devenue un large réseau d’intelligence. Quand il y a officiellement 5 officiers d’intelligence, vous  pouvez être sûr qu’il y en a encore 20 non déclarés…Dans ce réseau d’intelligence, il n’y a pas de chaîne de commandement qui soit claire ; tout le monde épie tout le monde et rapport sur les personnes est fait au Général KAGAME. KAGAME est quelqu’un de prudent, très rugueux et en quête de sécurité. Il a un réseau de criminels qui sont de fait intouchables et prêts à mener à bien n’importe quelle salle mission que KAGAME leur assigne. Ils sont  si tueurs que personne n’ose se sauver du pays par crainte d’être dépisté n’importe où et tué. KAGAME ne craint personne il ne s’inquiète pas même de sa santé, il se couche à 2 h.30 du matin et se réveille à 4 h. Il fait ce qu’il veut, quand il veut ; il est très têtu et arrogant. Il n’hésite pas à  s’entourer de personnes stupides parce qu’il pense qu’il est l’homme le plus intelligent. Il ne fait confiance à personne et est très imprévisible…

 

23 – Le Général Paul KAGAME a personnellement commandé d’abattre l’avion du Président Juvénal HABYARIMANA.

 

24 – J’ai été bien étonné quand je l’ai entendu le nier. Je trouve également étonnant que Radio Rwanda et quelques autres médias internationaux manoeuvrent pour l’affranchir de cet acte. J’ai même entendu des personnes civiles, tel le Ministre Charles MULIGANDE, essayer d’expliquer comment militairement c’était impossible.

 

25 – Laissez-moi vous dire : j’ai assisté à la dernière réunion où le plan a été précisé. J’étais là physiquement et je peux même citer les noms de ceux qui ont effectué le tir. Je travaillais avec eux  dans l’unité supérieure de commandement. Ce sont le Lieutenant Frank NZIZA et Eric HAKIZIMANA.

 

26 – Ce ne sont pas des rumeurs. J’étais présent quand la réunion s’est tenue le 31 Mars 1994 de 14 H.30 à 15 H.30 avec le Général Paul KAGAME et les officiers suivants : Colonel KAYUMBA NYAMWASA, Colonel Théoneste LIZINDE, Lieutenant Colonel James KABAREBE, Commandant Jacob TUMWINE, Capitaine Charles KARAMBA. J’ai entendu Paul KAGAME demander au Colonel LIZINDE son rapport au sujet de ses investigations et j’ai vu le Colonel LIZINDE donner à Paul KAGAME une carte de l’endroit choisi pour tirer sur l’avion etc… Je ne veux pas compromettre une enquête mais je veux simplement dire que je suis prêt à témoigner devant un tribunal si nécessaire. Je dirai alors toute la vérité si je suis encore vivant car Paul KAGAME a donné des ordres de mise à mort de civils.

 

27 – Dans de nombreuses occasions, il a commandé de tuer le plus possible de civils, particulièrement dans le MUTARA, BYUMBA et KIBUNGO… Il a alors employé son escorte ou a choisi des agents de la DMI pour tuer des civils.

 

28 – Malgré les résultats des négociations, le but était d’abord de préparer l’assaut final de KIGALI  avant même d’établir le plan de se débarrasser de Juvénal HABYARIMANA. A ce moment-là j’étais avec le Lieutenant Silas UDAHEMUKA (actuellement homme fort dans Kigali) et dans cette situation, je pouvais participer à toutes les réunions du commandement supérieur. Dans l’une de ces réunions, Le Général Paul KAGAME a demandé de leurrer des civils en les invitant à assister à une réunion publique sous prétexte de distributions d’approvisionnements alimentaires ou de sécurité ou de secours afin de pouvoir tous les éliminer. Ceci s’est produit de la manière qu’il avait projetée ; les massacres de masse des personnes ont donc bien eu lieu sous ses ordres. En outre, il a manifesté une haine toute spéciale à l’égard des personnes religieuses. Quand elles étaient repérées, les commandants locaux demandaient toujours au Général KAGAME que faire et invariablement il commandait leur massacre. Je me rappelle des entretiens qu’il a eus avec le Lieutenant-Colonel Fred IBINGIRA avant que les évêques aient été tués à KABGAYI. Des incidents semblables se sont produits à RWESERO, le peloton d’exécution a emmené les prêtres à KARUSHYA et les a tués…

 

29 – Tous les rapports déclaraient unanimement que, si la guerre reprenait, les Tutsis seraient éliminés … Le Général Paul KAGAME ne s’est pas inquiété de ces menaces et, récemment, quand d’anciens officiers de l’A.P.R. – qui se sont sauvés du pays – ont blâmé ces massacres des Tutsis, le Ministre Rwandais des Affaires Etrangères, Charles MULIGANDE, a tout fait pour les réfuter. Pourquoi dit-il des mensonges ? Il suffit de se rappeler que KAGAME lui-même affirmait que les Tutsis vivant à l’intérieur du RWANDA étaient des opportunistes et des réactionnaires qui avaient refusé de s’exiler ; leur mort ne le souciait donc pas. Toutes les forces employées pour tuer les civils innocents dans les secteurs libérés étaient, soi-disant, pour sauver les Tutsis, il n’en a rien été…Avec d’autres collègues, je ferai un rapport complet en ce qui concerne le nettoyage ethnique commandé par M.KAGAME car parfois il l’a même assuré personnellement. Je l’ai vu donner des instructions pour  faire creuser des fosses communes pour les personnes massacrées à BYUMBA, MUHURA, MURAMBI ; plus tard, il a commandé leur déplacement vers les centres crématoires de GABIRO, NASHO, MASAKA, NYUNGWE, KAMI et vers les casernes militaires de GITARAMA et MUKAMIRA. D’autres fois, les survivants, chargés dans des camions, étaient exécutés dans ces lieux.

 

30 – outre la guerre de 1990-1994, KAGAME a lancé deux guerres sanglantes au ZAÏRE et dérange toujours ce pays.

 

31 – Le Général Paul KAGAME a également instruit ses officiers et commandé à la colonne Kayumba Nyamwasa les massacres de civils dans RUHENGERI et GISENYI. J’ai vu moi-même les pièces d’artillerie lourde et le gunship d’hélicoptères pilonner des villages sous le simple prétexte de combattre l’insurrection… Les gens étaient sommairement exécutés après avoir été torturés.

 

32 – Il n’a pas même épargné ses frères Tutsis. Bagogwe et Banyamulenge du Zaïre ont été tués pour sauvegarder ses propres intérêts égoïstes. Il n’est pas facile de trouver les mots justes pour ce qui est indescriptible. Il a fait tuer tellement de Congolais d’origine Rwandaise , qu’ils soient Hutus ou Tutsis ! (ceci sera détaillé plus tard). Nous étions des « Inkotanyi», membres du FPR, nous connaissons tous ceux qui ont participé aux crimes et les gens doivent savoir que, tôt ou tard, tous les crimes perpétrés sur le sol rwandais seront expliqués et cela devra servir de leçon à beaucoup parce que « on peut tenter de cacher un crime mais le crime ne se cache pas ».

 

33 – Je saisis l’occasion pour inviter tout Rwandais, voulant combattre le régime du Général KAGAME, d’éviter de participer à des actions qui conduiraient à verser le sang de personnes innocentes. KAGAME a caché ses crimes pendant dix années mais le temps est venu de les révéler. Tous les criminels auront à répondre de leurs actes devant un tribunal. Pourquoi prennent-ils donc le risque d’être arrêtés un jour et condamnés à passer le reste de leur vie en prison ?...

 

34 – Je ne peux oublier les souffrances que le Général KAGAME a infligées aux Rwandais du groupe ethnique Tutsi, ses propres frères de tribu ; certains ont été tués sur ses ordres, d’autres ont été délibérément laissés à la merci d’Interahamwe sans que personne ne vienne à leur secours pour les délivrer.

 

A ce jour, il poursuit toujours la même politique répétant au CONGO ce qu’il a fait au RWANDA. Pourquoi crée-t-il ainsi la haine entre la minorité des Banyamulenge et le reste de la population du CONGO (RDC) ? est-ce dans l’intérêt des Tutsis ? Au RWANDA même, par sa politique de réconciliation obligatoire, il fait tout pour aggraver les tensions entre les groupes ethniques.

 

Il mène, inévitablement, à une nouvelle vague de conflits ethniques dont les Tutsis seront encore les principales victimes. Je le condamne ici publiquement et l’invite à cesser immédiatement de nous tuer, de nous exposer à être tués et de nous utiliser comme tremplin politique. Je le prie de laisser en paix notre pays et toute la région.

 

Comme je l’ai promis, et avec l’aide de collègues courageux parvenus à se sauver et à éviter les escadrons de la mort, nous établirons un rapport complet de toutes les atrocités dans lesquelles le Général Paul KAGAME a été impliqué. Je me suis volontairement abstenu de parler de la politique, je laisse à d’autres, plus compétents, de dénoncer  sa dictature.

 

35 – Je sais très bien que l’on peut me demander comment un Tutsi venu d’OUGANDA peut fuir et livrer de tels secrets car les gens pensent que tous les anciens réfugiés d’OUGANDA sont tous en bons termes avec le régime du Général KAGAME.

 

36 – En ce qui me concerne, je ne révèle pas seulement des secrets, je dénonce des crimes. Beaucoup désirent ardemment le faire aussi mais ne le peuvent pas parce qu’ils n’en ont pas la possibilité ou l’occasion. Dire de telles choses à l’intérieur du Rwanda ou n’importe où en Afrique mettrait la vie en danger. J’ai pu parler parce que j’ai la chance d’être dans un pays où je me sens en sécurité. Cependant, je n’exclue pas des représailles sur ma famille au RWANDA mais je le fais dans le but d’éviter davantage de souffrances à tous les Rwandais. Mon souhait est aussi que la Communauté Internationale saisisse enfin l’occasion de mettre un terme à l’appui donné au régime du Général KAGAME qui continue à décimer des populations au prétexte de protéger les Tutsis.

 

Tout est fait pour son propre intérêt.

 

                                                                         

 

                                                                                  En Norvège, le 5 Juillet 2004

 

 

 

                                                                                              Aloys RUYENZI