INFO DH N° 34 /RODHECIC/RDC/2003

 

Le cannibalisme : dernier acte de la tragédie Congolaise ou début du chaos en Afrique des grands lacs ?

Le Réseau d’Organisations des Droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne (RODHECIC) attire l’attention de la communauté internationale sur la montée de la barbarie sur le territoire de la RDC.

La République Démocratique du Congo fait l’objet d’une guerre dite d’agression qui dure depuis Août 1998 et qui, à son tour, n’est qu’une continuation de celle dite de libération qui a porté Laurent Désiré Kabila au pouvoir le 17 mai 1997 en mettant fin à 32 ans de règne en maître du régime du Maréchal Mobutu sur l’ex-zaïre.

Depuis août 1998 jusqu’aujourd’hui les populations du Congo ont souffert toutes les violations possibles de leurs droits. Même le viol systématique des femmes en public et la profanation des églises ont été adoptés comme stratégies de guerre pour soumettre les populations locales en détruisant leurs repères morales et spirituels.

Aujourd’hui la situation s’est empirée. Ils décident de manger la chair de leurs victimes, mais dans un contexte particulier : l’avancement du processus du Dialogue Inter congolais. En effet, c’est au moment où se profilent les lueurs d’espoir par le processus de signature de l’accord global et inclusif, que la situation militaire connaît les rebondissements encore plus tragiques et barbares à l’Est de la RDC.

Si l’on a parlé abondamment du cannibalisme par les troupes du MLC de Jean Pierre BEMBA à Mambasa, il sied de faire remarquer que cette pratique a déjà plutôt pris de l’ampleur si l’on considère la distance qui sépare Mambasa (Province orientale) et Ankoro ou Malemba Nkulu (Province du Katanga). Ceci montre bien que Mambasa n’est pas un fait isolé .

Selon des sources locales, le Nord-Katanga est aussi victime de cannibalisme de la part d’un chef de bande incontrôlé qui sème la terreur dans le territoire sous contrôle gouvernemental. Cet homme est connu sous le nom de Kabale. Il dirige une horde de hors la loi, autoproclamés abusivement « Maï Maï » qui opèrent dans le territoire de Malemba Nkulu (Nord-Katanga). En voici quelques cas :

De tout ce qui précède, le RODHECIC fait des observations ci-après :

  1. La République Démocratique du Congo est vaste. Compte tenu des difficultés de communication, et de la dispersion des populations, il est possible qu’il y ait des faits dramatiques qui se passent quelque part dans ce pays dans le silence total ;
  2. Autant la culture du génocide exportée en RD-Congo par les agresseurs doit être combattue, autant le cannibalisme, là où il existe, le doit aussi ;
  3. L’on a parlé du cannibalisme pendant que le processus du Dialogue Inter congolais commençait à atterrir . Et c’est pendant cette même période que les affrontements armés se sont multipliés à l’Est de la RDC. Ne peut-on pas craindre à ce rythme l’escalade d’un chaos programmé ?

C’est pour cela que le RODHECIC fait des recommandations ci-après :

  1. Qu’une mission d’enquête mixte soit diligentée pour identifier les auteurs du cannibalisme sur tout le territoire national;
  2. Que des sanctions sévères soient appliquées à l’endroit de toute personne responsable de ces actes pour décourager des récidivistes ou des imitateurs avant que le phénomène ne se propage en RDC et ailleurs ;
  3. Que tout soit mis en œuvre pour protéger les populations civiles principales victimes des appétits barbares.

Fait à Kinshasa, le 12 mars 2003

Le Secrétariat du RODHECIC