INFO DH N°32/RODHECIC/RDC/2002
Interpellation intempestive des activistes des droits de l’homme à KISANGANI par le RCD-Goma
Le Réseau d’organisations des droits humains et d’éducation civique d’inspiration chrétienne (RODHECIC) dénonce les menaces de répression policière dont sont victimes actuellement les activistes des droits de l’homme à Kisangani, de la part des services de sécurité du RCD-Goma.
L’opinion se souviendra que lors des massacres des populations civiles à Kisangani le 14 et 15 mai 2002 par l’armée du RCD-APR la société civile locale avait été pointée du doigt comme manipulatrice des événements par l’autorité administrative locale et que promesse avait été faite de réduire « les capacités de nuisance » de cette dernière. Plus de six mois après ces événements de triste mémoire qui avaient fait l’objet des rapports de plus d’une organisation internationale dont le Human Right Watch et le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme, incriminant l’armée du RCD, les membres du Groupe Lufalanga, organisation de défense des droits de l’homme basée à Kisangani, sont dans le collimateur des services de sécurité du RCD-Goma à propos des événements du 14 et 15 mai 2002.
Le samedi 14 décembre 2002, Monsieur Jean Baptiste Bosongo, activiste des droits de l’homme et Président du Groupe Lufalanga a été interpellé par les services de sécurité du RCD-Goma. Les autorités du RCD lui reproche entre autre les faits suivants :
Le 18 décembre Mr. Jean Baptiste Bosongo a été encore interpellé pour les mêmes causes.
Le 19 décembre Mr. Jérôme BATONGELI, secrétaire exécutif adjoint du Groupe Lufalanga a été à son tour interpellé pour les mêmes accusations.
Le RODHECIC observe que le comportement actuel du RCD-Goma à propos des événements du 14 mai à Kisangani est un signe avant coureur qui prépare le terrain à d’autres opérations du genre ou tout simplement une volonté de bâillonner à jamais la société civile
Le RODHECIC réitère son appel à la communauté internationale pour qu’elle sécurise les activistes des droits de l’homme dans les territoires occupés sans lesquels beaucoup des violations des droits de l’homme seront occultées à jamais.
Fait à Kinshasa, le 23 décembre 2002
Le Secrétariat du RODHECIC