Insécurité et impunité au Sud-Kivu à l’approche du dialogue inter-congolais


RODHECIC
INFO DH Nº 16/RDC/RODHECIC/2002
Kinshasa, RD Congo
23.03.02

Le Réseau d’organisations des Droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne (RODHECIC) dénonce la recrudescence de la violence sur la population civile du Sud-Kivu à l’approche et pendant les assises du Dialogue inter-congolais.

En effet, depuis l’annonce de l’ouverture des assises du Dialogue Inter-congolais pour le 25 février 2002, les populations du Sud-Kivu vivent des nuits cauchemardesques. Des plaintes viennent de partout pour dénoncer des assassinats, des actes de vol, de pillage, et de viol. De Kaziba à Walungu et de Walungu à Kabare, Kalehe en passant par Ninja et Katana, les populations pleurent. Aujourd’hui, c’est la ville de Bukavu qui est dans les collimateurs des escadrons de la mort qui, à coup de fusils et de baïonnettes, tuent des paisibles citoyens. En moins de deux semaines la ville de Bukavu vient de compter ses morts dont la liste illustrative ci-après :

Nous en passons les plus graves.

La rumeur persiste selon laquelle ces actes sont planifiés par l’APR/RCD ou se font avec sa complicité. Pour preuve, le 27/02/02, un vieux papa a été pris la main dans le sac, grâce à la vigilance de la population, entrain de placer une mine anti-personnelle à côté de l’ISDR-BUKAVU. Ce dossier a été couvert par les autorités du RCD. Plus la violence monte, plus la tendance des autorités du RCD est de renforcer la sécurité des populations rwandophones, et plus les militaires de l’APR se font plus présents. Mais les victimes des atteintes aux droits humains ne se comptent que parmi les populations non rwandophones, qui sont du reste non

sécurisées, abandonnées à elles-mêmes. Tel est la situation aujourd’hui au Sud-Kivu ; ce qui pousse la rue à dire que c’est l’APR et ses alliés du RCD qui montent ces opérations pour justifier le renforcement de la présence de l’armée rwandaise à l’Est de la RDC.

Par rapport à ce qui précède, le RODHECIC demande aux autorités du RCD de sécuriser toute la population sans distinction de race ni d’ethnie. Il demande en outre à la communauté internationale d’exiger la démocratisation de l’espace politique rwandais et la réconciliation des hommes politiques du Rwanda, autant qu’elle les demande à la RDC pour ne pas donner à l’APR l’occasion d’éterniser sa présence qui est devenue synonyme de viol, assassinat et autres crimes contre l’humanité au Congo-Kinshasa.