INFO DH N°55/RODHECIC/RDC/2006

 

« NKUNDABATWARE et alliés mettent le Territoire de Rutshuru à feu et à sang»

 

Le Réseau d’Organisations des Droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne (RODHECIC), dénonce les manœuvres des acteurs politiques dans l’ombre qui tentent de bloquer le processus électoral en RD.Congo et de miner la paix dans la sous région des grands lacs.

 

Il a été rapporté de plusieurs sources indépendantes que l’Est de la RDC a fait l’objet des attaques armées des personnes se réclamant partisans du général récidiviste Nkundabatware, pourtant radié de l’armée et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt international pour cause de violations massives des droits de l’homme commis à Kisangani en mai et juin 2002, et à Bukavu en juin 2003.

 

L’opinion se souviendra que dans sa publication INFO DH N°52/RODHECIC/RDC/2005 intitulé « LA PSYCHOSE DE LA TROISIEME GUERRE EN RDC », du 08 novembre 2005 le RODHECIC dénonçait la préparation d’une guerre à partir de Minembwe (dans les hauts plateaux du Sud-Kivu). En ce moment là les faits essentiels suivants avaient été récoltés :

 

  1. La ville de Bukavu était pleine de tracts qui décrivaient la planification d’une guerre imminente en RDC.
  2. 47  infiltrés avaient été appréhendés dans la plaine de la Ruzizi en octobre 2005 et incarcérés aux camps militaires SAIO et Nyamunyinyi.
  3. Des militaires jadis fidèles au Général MASUNZU, s’étaient retirés avec tous les moyens de communication pour rejoindre les hommes fidèles à MUTEBUSI qui venaient de traverser la frontière de la RDC en provenance du Rwanda et s’étaient positionnés dans plusieurs localités dans le Sud-Kivu dont  la localité de Mizinga.
  4. L’infiltration des mercenaires dans les hauts plateaux de MINEMBWE au Sud-Kivu.

 

Deux mois après, c’est au Nord-Kivu qu’éclatent les hostilités. Les positions de la 5ème brigade brassée à RUNYONYI à plus de 85 km au Nord de la ville de Goma dans le territoire de Rutshuru sont  attaquées mercredi 18 janvier 2006 par des assaillants venus du territoire voisin de Masisi.

 

Il y  a -t- il un lien entre ces événements et la tension observée au Sud-Kivu entre octobre et novembre 2005 ? 

 

En toute évidence la RD. Congo se prépare à amorcer le dernier virage vers l’aboutissement du processus électoral. L’année 2006 reste une année de tous les espoirs et de tous les dangers pour la population congolaise.

 

La population qui attend sanctionner par les élections les auteurs de ses souffrances et mettre fin au système de gouvernance consacré par l’accord global et inclusif, tient à l’aboutissement de ce processus.

 

Qui ont intérêt à ce que le processus échoue? Cette interrogation pourrait trouver de réponse dans les catégories ci-après :

 

  • Les acteurs politiques qui considèrent que le processus électoral risque de remettre en cause des positions politiques stratégiques qu’ils occupent actuellement;
  • Les repris de la justice qui circulent en toute liberté entre le Nord-Kivu et le Rwanda. Ils considèrent que l’étau pourrait se resserrer sur eux une fois que les élections venaient à réussir;
  • Le régime de Kigali (Rwanda) qui, en toute évidence, a tout intérêt à ce que la RDC reste dans sa situation actuelle pour continuer le pillage des ressources naturelles dans le Kivu et renforcer son armée de manière à maintenir son leadership dans la sous région et son pouvoir au Rwanda.

 

Les faits rapportés :

 

  • Le territoire de Rutshuru est infecté par des anciens militaires d’expression Kinyarwanda et qui refusent de s’intégrer au processus de brassage pour la formation d’une armée intégrée ;
  • Avant l’attaque de mercredi 18 Janvier 2006, le Commandant de la 5ème brigade brassée des forces armées de la RDC (FARDC), le colonel KASISILA a fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinats par des embuscades lui tendues sur la route qui relie Goma à Rutshuru par des ennemis de la paix ;
  • De mercredi 18  à vendredi 20 janvier, les assaillants avaient déjà occupé les villages de Bunagana, Djomba, Tongo, Bambu, Nyamilima, Rubare et Ndamugenga ;
  • Les assaillants sont lourdement armés. Ils ont leur base arrière dans le secteur des Gorilles en plein Parc  de Virunga dans son prolongement en la préfecture de Ruhengeri au Rwanda. Cette frontière n’est pas contrôlée par l’armée régulière ;
  • Ils seraient appuyés par la 82ème brigade Ruhengeri du Rwanda.

 

Après analyse, le RODHECIC :

 

  • Réitère sa recommandation à la société civile de se mobiliser pour dénoncer fortement ces attaques qui risquent de remettre en cause le processus électoral;
  • Demande aux autorités provinciales (politiques et militaires) du Nord-Kivu de cesser avec la duplicité qui les caractérise jusqu’alors et de choisir le camp de la patrie;
  • Demande au Gouvernement  de sanctionner sans réserve toutes les personnes impliquées dans ces activités meurtrières dans notre pays pour garantir la sécurité des personnes et de leurs biens à l’approche des élections;
  • Tout en félicitant la MONUC de son intervention pour repousser les assaillants et libérer l’axe Kanyabayonga, Rutshuru, et Bunagana, lui demande de continuer à prêter main forte à l’armée régulière pour barrer la route aux perturbateurs du processus électoral dont l’échec serait aussi son échec.

 

 

Fait à Kinshasa, le 26 janvier 2006

 

Le Secrétariat du RODHECIC