EN
REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO R.O.D.H.E.C.I.C.
RESEAU D’ORGANISATIONS DES
DROITS HUMAINS ET D’EDUCATION CIVIQUE D’INSPIRATION CHRETIENNE

L’ÉNIGME DE LA PRÉSENCE DES TROUPES RWANDAISES EN RDC
Le camouflage des
troupes des Forces de Défense du Rwanda (RDF) ([1]) au sein des
troupes du RCD remonte de loin. Il répond à la stratégie politico-militaire
Rwandaise pour perpétuer sa présence en RDC, continuer le pillage des
ressources naturelles et miner le processus de paix. La guerre actuelle de Kanyabayonga, comme celle de Mutebusi
et Laurent Nkunda de juin à Bukavu ne sont que
quelques épisodes de cette stratégie.
1. Rappel de quelques faits.
- Le 17 mai 1997, l’AFDL chasse Mobutu du
Pouvoir. Le chef d’Etat major de l’armée Congolaise, le colonel James Kabarebe est un sujet Rwandais.
- Le 2 août 98 quand commence
la deuxième guerre, ses principaux animateurs sont des officiers Rwandais et
des sujets tutsi dit « banyamulenge ». Le RCD comme mouvement
politique n’a pris naissance que plusieurs semaines après le déclenchement des
hostilités.
-
L’opération Kitona ([2]), par exemple, était conduite par James Kabarebe,
actuel chef d’état major de l’armée Rwandaise.
- Malgré ces
faits, le Rwanda avait toujours juré que ses troupes n’étaient pas en RDC.
2. L’armée du
Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD).
La mise en place des brigades des troupes
du RCD participera à la même stratégie militaire. A l’origine le RCD avait d’énormes difficultés pour
former ses troupes. Il fera recours à son parrain, le Rwanda, pour que les
officiers de l’APR (Armée Patriotique Rwandaise)
s’occupent
de la formation des recrus et du
recyclage des officiers. Beaucoup
seront formés à Gako, Kami, Cyangugu
et Gisenyi ([3]) au Rwanda.
Plus d’une fois à la fin de la formation
des troupes et des officiers, ils étaient accompagnés d’une mise en place et un
déploiement élaboré par le chef d’Etat Major de l’armée rwandaise, le Général
James Kabarebe.
De façon général :
- le commandement des brigades était
confié en majorité aux officiers rwandais ou à des hommes de confiance du
Général James Kabarebe. Ceux-ci n’obéissaient qu’à ses ordres.
- Parmi les hommes de troupes, on
incorporait des démobilisés de l’armée rwandaise, des ex- FDRL (interahamwe) et ex-FAR recyclés.
3. Confirmations des sources
indépendantes
Ces informations sont confirmées par
plusieurs rapports indépendants dont entre autres celui confidentiel de M.
Kassem : « Le panel a des informations et des documents qui
indiquent que les forces de la défense du Rwanda continuent a jouer un rôle
important dans les Opérations de l’ANC,
y compris dans ses structures de commandement et le contrôle de ses structures.
Ceci est fait à travers plusieurs officiers rwandophones
qui sont des commandants de Brigades de l’ANC et des officiers de liaison au
sein même du bureau du chef d’Etat major de l’ANC qui coordonne avec le
RDF »([4])
4. Déploiement des troupes au Nord-Kivu
La répartition géographique des brigades
et leur commandement au Nord-Kivu répondront donc de
cette même logique.
- La 5ème
Brigade :
La ville de Goma
qui fait partie de la cinquième brigade était commandée par le Major connu sous
le prénom de Claude, sujet rwandais (ex sergent en chef de l’APR). Celui-ci a la triste réputation d’être un
truand. Il a été cité comme responsable
des multiples tueries, assassinats, arrestations arbitraires et autres
violations des droits de l’homme enregistrés à Goma
quelques semaines avant l’offensive de Kanyabayonga.
Après avoir enregistré plusieurs plaintes
à sa charge, le général Obedi de la 8ème
région militaire sur dit-on ordre de James Kabarebe a
fini par le muter au 126ème bataillon où il est à la tête des
opérations sur le terrain des affrontements à Kanyabayonga.
Cette 5ème brigade est appuyée dans ses opérations par le
« local defense milice » du Gouverneur du Nord-Kivu, monsieur Eugène SERUFULI.
- La 11ème Brigade :
Cette brigade couvre les territoires de
MASISI et WALIKALE et est commandée par le Colonel BONANE qui est de l’ethnie
Hutu. La grande partie des démobilisés de l’armée rwandaise sont
des Hutu est se trouvent dans la 11ème Brigade.
Lors de l’attaque de Bukavu, au Sud-Kivu, au mois de juin 2004, le Général Laurent NKUNDA
était à la tête des hommes issus de cette brigade. Aujourd’hui, c’est la même brigade qui s’affronte avec les
éléments Mai Mai dans la localité de NYABYONDO à
MASISI et à WALIKALE. En préparation aux
affrontements, le colonel BONANE avait distribué des
armes aux civils de l’ethnie Hutu de MASISI.
La composante Rwandaise de la 11ème brigade est chargée d’assurer la sécurité des compagnies aériennes
rwandaises qui font la navette entre les zones minières du Nord-Kivu
et Kigali. On les retrouve aussi dans les carrières de mines de Walikale. Ici, les ex-FDRL et ex-FAR recyclés par le
Rwanda sont utilisés comme creuseurs.
Une économie de guerre est donc installée
et un partage des rôles est fait : les hutu sont creuseurs dans les
carrières d’or et de coltan, et les
acheteurs sont les officiers de l’armée rwandaise. D’où l’alliance objective
des fameux « rwandophones » du Nord-Kivu.
-
La 12ème Brigade :
Celle-ci couvre l’axe RUTSHURU-LUBERO . Cette
partie du Pays est frontalière au Rwanda et à l’Ouganda. Le commandement de cette brigade est confié au colonel Smith GIHANGA, officier
Rwandais de père Tutsi et de mère Hutu. Toute sa famille selon nos sources se
trouve en Afrique du Sud et aux Etats-Unis d’Amérique. Cette Brigade est
éléphantesque. Elle peut se gonfler, chaque fois que c’est nécessaire, des
éléments qui arrivent du Rwanda. C’est cette brigade qui a facilité la récente incursion Rwandaise en
RDC.
5. Présence des troupes Rwandaises en
RDC : secret de polichinelle
La présence massive des troupes
Rwandaises en RDC est connue de tous les observateurs de la scène congolaise.
Elle est visible ou invisible, augmente en nombre ou diminue selon l’objectif
du moment. Ni la Monuc,
ni les chancelleries occidentales, ne peuvent prétendre ignorer cette réalité.
6. Tentative de solution.
L’on a fait miroiter aux Congolais que
les troupes Rwandaises partiraient s’ils arrivent à un accord politique.
Apres le dialogue inter-congolais
durant lequel cette question de la présence des troupes étrangères était fort
débattue, non seulement que le troupes Rwandaises ne se sont jamais totalement
retirés, mais le Rwanda a profité des accords politiques pour sophistiquer son
mode de présence en installant ses propres citoyens ou/et ses
hommes de mains au coeur du dispositif politique et militaire de
Kinshasa. Cette opération a retardé
sérieusement l’intégration de l’armée, rendu difficile l’unification du
territoire et continue aujourd’hui à miner la transition.
L’hiérarchie militaire à Kinshasa a tenté
à plusieurs reprises de rappeler à l’ordre les officiers à la solde du Rwanda (Nkunda, Mutbusi, Obedi etc…) Mais fort des
complicités à Kinshasa et du soutien du Rwanda, ces derniers ont répondu par la
mutinerie, l’insubordination et la guerre.
Des multiples missions parlementaires et
gouvernementales dans l’Est du pays, des débats au Parlements, et au conseils des ministres, des résolutions des
ateliers de la société civile ont
proposé comme solution à cette présence massive des sujets rwandais dans les
troupes de l’ex-mouvement Rebelle, le RCD, le brassage des troupes en vue de
diminuer l’emprise du Rwanda sur certaines unités.
La guerre de Kanyabayonga
commence donc quand, unanimement, l’hiérarchie militaire, venait d’initier le
brassage des troupes pour l’unification
et l’intégration de l’armée nationale.
6. Une guerre selon un scénario connu.
La guerre de Kanyabayonga se déroule dans
le même contexte que les précédentes :
-
Le Rwanda annonce sont intention de violer l’intégrité territorial
de la RDC pour pourchasser les « interahamwe » ;
-
Quand tout le monde voit ses troupes
traverser la frontière, il nie comme toujours leur présence
en RDC ;
-
Cette fois-ci il s’agit de la guerre des « rwandophones », comme l’étaient les fois passées les
guerres des Banyamulenge.
7. L’hypocrisie de la MONUC
et de la communauté internationale.
·
Que l’on dise :
- Que
les troupes portent la même tenue que les militaires rwandais, et qu’ils sont
équipés de l’armement Rwandais, cela ne semble pas convainquant.
- Que les
officiers s’expriment en anglais et en kinyarwanda, et qu’ils ignorent les
langues congolaises, cela n’est pas
suffisant pour qu’ils ne soient pas
congolais.
- Que ces
militaires là ne sont pas en mesure de reconnaître la valeur faciale de la
monnaie congolaise, qu’ils sont dotés des armes neuves, des groupes
électrogènes et des moyens des communications inexistants au sein de la 8ème région militaire, la MONUC répond que ce ne
sont pas des preuves.
- Que
l’on signale comme en 1996, 1998, la présence des mercenaires d’origine
somalienne et érythréenne, l’on
est taxé de se faire illusion.
Mais
en privé les diplomates ainsi que les fonctionnaires moyens de la Monuc disent : « Nous savons qu’ils sont
là…mais nous ne pouvons assumer la responsabilité de le dire ». Alors la
question : qui oblige la communauté internationale à l’auto-censure ?
Cette attitude frise un complot contre la
RDC.
8. Recommandations.
-
Le Rodhecic demande aux membres du RCD
qui ont opté pour le camp de la patrie de dénoncer publiquement la présence des
troupes rwandaises au sein de leur
ancienne branche armée, et de fournir les informations à leur possession par
rapport à cette question pour aider le pays à sortir de ce piège mortel.
-
Le Rodhecic demande à l’opinion publique
de faire pression au gouvernement de la RDC et à la communauté internationale
pour que le brassage des troupes soit effectif.
-
Le Rodhecic demande au procureur de la
République de se saisir de ce dossier pour traduire en justice tous les
complices de cette situation qui risque
d’hypothéquer la transition.
Fait à
Kinshasa le 22 décembre 2004
Sécrétariat du RODHECIC
([2]) Une opération militaire aéroportée, partie de Goma (Est de la RDC) à Kitona (Base militaire à l’Ouest), avec objectif de conquérir le pouvoir de Kinshasa en contournant la difficulté de distance entre l’Est et l’Ouest.
([3]) Lire Section V of the panel’s final report (document confidentiel destine au secrétaire général des nations unies par Mr Mahmoud Kassem, chef du panel des experts sur le pillage de la richesse de la RDC).
([4]) The
panel has information and documents indicating that, …the Rwanda Defence forces
still play an important but highly ..role in ANC’s opretations, including its
command an control structures. This is accomplished…through several Rwandophone
officers who are ANC Brigade commanders and liaison officer in the office of
the ANC chief of staff, who coordinates with the RDF