RESEAU D’ORGANISATIONS DES DROITS HUMAINS ET D’EDUCATION CIVIQUE D’INSPIRATION CHRETIENNE EN REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

R.O.D.H.E.C.I.C.

 

INFO DH N°41 / RODHECIC/ RDC /2003

SCANDALE

LES BOURREAUX DE KISANGANI GRATIFIES

Des officiers impliqués dans le massacre de Kisangani à la tête des régions militaires

Le décret n°019/2003 du 19 août 2003 portant nomination des commandants des régions militaires et de leurs adjoints vient de nommés Général de Brigade et Commandant de régions militaires, les commandants :

Ces personnes sont les principaux commanditaires des massacres de Kisangani.

1.- Rappel des faits.

Le matin du 14 mai 2002 un groupe de militaires s’était emparé de la Radio et Télévision du Congo (RTNC) Kisangani. Dans un discours plus ou moins décousu en Lingala, Swahili et Français ils demanderont aux « rwandais » de quitter le pays.

Cet événement qualifié de « mutinerie » sera réprimée dans le sang de façon disproportionnée pendant deux jours faisant plus de 200 morts parmi la population civile et militaire.

Les civils seront mitraillés tandis que les militaires et policiers seront égorgés et jetés dans la rivière Tshopo.

2.- Réaction des Nations Unies.

La gravité de ce pogrome sera reconnue par le conseil de sécurité le 24 mai 2002. En effet du 14 au 30 mai les sections locales des Nations Unies chargées des droits humains, avaient conduit une enquête minutieuse sur ces événements et transmis en documents confidentiels le résultat qui à Genève, qui à New-york.

Le sérieux de la situation exigea l’envoie en mission d’enquête spéciale d’une « expert-level inquiry » en la personne de Madame ASMA JAHANGIR rapporteuse spéciale, chargée des exécutions sommaires et extra – judiciaires. Elle conduit son enquête du 16 au 22 juin 2002.

Le rapport présenté par Madame Robinson au Conseil de sécurité le 23 juillet 2002 assume le rapport de madame ASMA et d’autres informations supplémentaires parvenues à son bureau. Il évalue a plus de 103 civils massacrés et plus de 60 agents de la police exécutés.

« At the same time, a plane with a high-level military delegation arrived from Goma, including the actual Commander of the Seven Brigade in Kisangani, commander Laurent Kunda, who had been visiting Goma, his predecessor Commander Gabriel Amisi (also known as Tangofort") and Commander Bernard Byamungu of the seventy-second Brigade).

Madame la Haut commissaire chargée des droits de l’homme avait récommandé dans son rapport au conseil de sécurité que « the authorities should take immediat steps to arrest those emonggst them who ordered or were involved in the actuel massacre of civilains, soldiers and policeman »(Récommandation n° 2).

Faisant suite à cette demande le conseil de sécurité se prononcera le 23 juillet 2002 en ces termes :

« Le Conseil de sécurité rappelle la gravité des événements qui se sont produits à Kisangani le 14 mai 2002 … Il réitère sa condamnation énergique des meurtres et des attaques perpétrés contre des civils, des soldats et des membres de la police le 14 mai 2002 et par la suite à Kisangani. Le Conseil de sécurité souligne que le Rassemblement congolais pour la démocratie-Goma (RCD-Goma) est responsable des massacres qui se sont produits lorsqu’il a repris contrôle de la station de radio de la ville le 14 mai. Le Conseil de sécurité exige que le RCD-Goma prenne les mesures nécessaires pour traduire en justice les auteurs de ces actes et ceux qui ont ordonné le massacre ou y ont participé. »

3.- Rapport de Human Right Watch.

Le rapport de cette ONG internationale confirmera les mêmes noms en ces termes :

« Selon les témoins que nous avons interrogés, Bernard Biamungu commandant de la cinquième Brigade ; Gabriel Amisi, également connu comme Tango fort, chef d’Etat-major adjoint chargé de la logistique ; et Laurent Nkunda, commandant de la septième Brigade, se trouvaient parmi les officiers du RCD-Goma qui arrivèrent de Goma avec mission d’écraser la mutinerie. Ces officiers semblent avoir été présents sur beaucoup de scènes de massacres, en situation d’en informés et, dans certains cas démontrés ci-dessous, les ont dirigés ou y ont participé. De nombreux autres officiers du RCD-Goma basés à Kisangani ont également joué rôle direct dans les violations exposées dans ce rapport.»

4.- Rapports des ONG locales

Une lecture attentive des rapports des ONG Locales, des interviews avec les témoins oculaires et rescapés de ces massacres nous avons reconstitué la liste suivante des commanditaires principaux du massacre de Kisangani le 14 et 15 mai 2003.

Les Commandants :

    1. Laurent Nkunda 
    2. Gabriel Amisi
    3. Bernard Byamungu
    4. Richard Mungura.
    5. Franck Kamindja.
    6. Sadam-Ngongo-Makuba.
    7. Charles Kansimpiri.
    8. Claude Drakelema – Kazini .
    9. Christian Ndayabo
    10. Alexi Munyakazi
    11. Muhindo Santos
    12. Clémence
    13. Bizimana
    14. Mulolo – Chimeshuma
    15. Mulunda Mpiana
    16. Innoncent.

Jusqu’à ce jour aucune des exigences du Conseil de sécurité à ce sujet n’a été suivie par le RCD. Pire, deux de ces officiers viennent d’être désignés par ce mouvement pour diriger deux régions militaires lui accordées. Il s’agit de :

Cette proposition a été acceptée par le chef de l’Etat et rendue officielle par décret n° 019/2003 du 19 août 2003 portant nomination des commandants des régions militaires et de leurs adjoints, en son article premier.

Le Réseau d’Organisations des droits Humains et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne (RODHECIC) est donc indigné de voir ces personnalités hissées à la tête des régions militaires de la République et exprime sa protestation contre ce qui est une prime accordée à des criminels.

Le RODHECIC demande aux ONG nationales et internationales des droits de l’homme d’exprimer leur protestation en adressant une lettre aux autorités de la transition.

Le RODHECIC demande au Représentant du Secrétaire Général des Nations Unies en République Démocratique du Congo de veiller à l’application des recommandations du Haut Commissaires aux Droits de l’homme et décisions du Conseil de Sécurité du 23 juillet 2002 qui demande,nt explicitement que les bourreaux de Kisangani soient arrêtées et traduit en justice.

Le RODHECIC demande que ces officiers soient remplacés par d’autres qui ne seraient pas impliqués dans ledit massacre. Car Faire le contraire serait pêcher contre l’éthique et la décence, profaner la mémoire des victimes, des massacres de Kisangani, et faire injure aux multiples veuves et orphelins qui n’ont pas encore fini le deuil des leurs.

 

Fait à Kinshasa , le 20 août 2003

Le Secrétariat