Réseau Provincial des Organisations Non Gouvernementales des
Droits de l´Homme de la République Démocratique du Congo
« REPRODHOC/SUD-KIVU »
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« A trop crier au loup, il finit par surgir »
Alerte
Danger d'extension imminente de la guerre déclenchée au Nord-Kivu
sur l'ensemble de l'Est de la RDC
Des hommes et des femmes, apparemment sincères, ont longuement
fait croire à tout le monde qu'un génocide se préparait contre eux à l'Est de la
RDCongo. Avec le temps, il s'avère plutôt qu'ils préparent un sale coup contre
la Transition politique en cours en RDCongo et planifient à GOMA et à BUKAVU un
génocide contre une population spécifique du Sud-Kivu.
Jamais la fragile Transition politique, en cours depuis le mois
d'août 2003, n'a été autant menacée de mort aussi bien par des forces internes
que par des forces externes.
Après la publication à Goma du document intitulé « LE NORD-KIVU A
LA DERIVE » par la Société Civile du Nord-Kivu, document d'analyse contextuelle
de la situation qui prévaut au Nord-Kivu, une lumière a laissé apparaître les
dessous de l'hostilité manifestée, par un groupe d'activistes
ethnico-politiciens, contre le processus de réunification du pays et la
continuation de la transition politique. Ce groupe d'identité confuse n'a pas
caché sa sympathie envers KIGALI dans son acharnement à en découdre avec la
RDCongo et affiche son adhésion complète aux différents prétextes que brandit
KAGAME pour saper les efforts tant congolais qu'internationaux de stabilisation
de la RDCongo et de la Sous-Région des Grands-Lacs.
Les animateurs de la Société Civile du Nord-Kivu pour avoir sorti
le document sont aujourd'hui traqués par le groupe, connu à GOMA à travers les
multiples assassinats politiques opérés
impunément depuis le début de la transition politique en RDCongo.
Le danger de la transposition en RDCongo, des tragédies du Rwanda,
court depuis la création à Goma par le pouvoir Rwandais d'un escadron de la
mort dénommé AGT «Anti Genocid Team». Cet escadron est dirigé par le sinistre
major CLAUDE (nom de code), agent des opérations noires des services spéciaux
de la garde présidentielle ruandaise, le même qui aux côtés du Colonel SMITH
dirige aujourd'hui les opérations militaires sur la ligne de front à
KANYABAYONGA.
Aujourd'hui, des menaces sérieuses pèsent sur la fragile sécurité
observée à BUKAVU et dont la manifestation tant dans la ville que sur tout le
long de la rivière RUZIZI jusqu'à UVIRA présente des signes visibles parmi
lesquels :
1. Des embarcations
militaires tentent, à trois reprises déjà, de percer le dispositif militaire
positionné aux côtes congolaises de la rivière RUZIZI pour surveillance; bluff ou volonté d'énerver la dixième région
militaire ?
2. Des informations
concordantes signalent le recrutement des jeunes congolais, cadres aigris et
déserteurs de l'ancienne armée de MOBUTU, qui s'opèrent au Rwanda sous la direction militaire et politique de
Monsieur BARAMOTO (ancien général de MOBUTU dont il était beau-frère) et de
Monsieur KENGO WA DONDO, tous deux en mouvement entre Bruxelles et Bujumbura.
3. Il s'observe à UVIRA
depuis le 10 janvier 05 une émigration curieuse des populations BANYAMULENGE
qui repartent, avec de léger colis de survie, au Burundi nonobstant les appels
à la contribution de tous et de chacun à la pacification de la Province.
4. Tout le long de la
frontière avec la plaine de la RUZIZI du côté ruandais, une ceinture militaire
inhabituelle et fortement garnie impressionne tout observateur et la
composition des troupes, visiblement d'origines diverses, reflète une
importation des mercenaires.
5. Des réunions
clandestines sont signalées par-ci et par-là à Bukavu qui regroupent les caciques
de la vielle époque d'occupation ruandaise, cadres politico-militaires formés
dans les centres d'entraînement du Rwanda ou membres de la triste milice de
l'ancien Gouverneur CHIRIBANYA. Ce dernier est réputé pilote d'un autre
mouvement de libération « messianique » dénommé FLEC (Front de Libération de
l'Est du Congo). Certains cadres surpris dans des réunions de conspiration sont
déjà sous surveillance policière à Bukavu.
6. Curieuse coïncidence
qu'au moment où Kigali reprend ses vielles plaintes d'inaction congolaise face
aux INTERAHAMWE, il s'observe un
énervement dans le camp TSHISEKEDI avec l'organisation des manifestations
monstres à Kinshasa relayées par le MLC, composante à part entière de la Transition
politique en RDCongo qui adresse une mise en garde au Président de la
République et menace de claquer la porte des institutions de la Transition.
7. Surprenante absence,
non signalée, d'un certain nombre des cadres de direction provinciale du
Sud-Kivu qui sont repérés dans les capitales
voisines en route vers d'autres capitales plus au Sud.
8. Ceux qui ont inondé
l'Internet et les grands salons des milieux d'affaires internationales et
espaces diplomatiques de graves accusations contre le commandement provincial
de l'armée, l'église Catholique et la Société Civile du Sud-Kivu présentés
comme de dangereux extrémistes et planificateurs d'un génocide potentiel,
s'accordent aujourd'hui à légitimer les insurrections au Nord-Kivu et à
intégrer le meurtrier concept RWANDOPHONE dans le vocabulaire courant.
9. Les forces
d'influences rwandaises au Nord-Kivu dévoilent leur stratégie d'épuration
ethnico-tribale dans l'armée, l'administration territoriale et l'espace des
affaires en s'attaquant sur la place publique à une catégorie des
ressortissants du Sud-Kivu qui est prise à partie. Le rééquilibrage des
rapports des forces pour une aliénation des belles terres et autres espaces
économiques en constitue l'enjeu.
10. L'apparente prise de conscience d'un groupe des BANYAMULENGE,
pour ne citer que les populations TUTSI des hauts plateaux du Sud-Kivu,
convaincus maintenant qu'ils ont longuement joué aux dindons de la farce au
regard du coût humanitaire très accablant dans leurs rangs, quand seul PAUL
KAGAME et ses acolytes pénètrent le secret de l'aventure dans laquelle ils sont
embarqués et dont les dividendes ne sont partagés qu'entre initiés, pousse le
patron de KIGALI à composer désormais avec d'autres congolais à l'esprit
extraverti.
11. Toutes les preuves confirment désormais l'établissement du
sanctuaire des FNL burundais au BURUNDI. N'empêche que le porte-parole de
l'armée burundaise déclare que la dernière attaque menée par cette branche
armée contre l'armée burundaise serait partie de la RDCongo. Comme pour
prévenir qu'ils sont en préparation d'une contre-attaque : légitime défense ou
droit de poursuite. Stratégie de digression, BUJUMBURA étant devenue la
capitale des réunions des réseaux hostiles à la stabilisation de la RDCongo.
Point n'est donc besoin de répéter que les élections dans notre
pays ne sont ni du goût de nombreux dirigeants des institutions de la
Transition, ni de celui de certains leaders politiques de la sous-Région des
Grands Lacs africains, défenseurs de la démocratie appropriée.
Le rôle ambigu du Gouvernement de la Transition dans ce qui se
trame contre l'Est de la RDCongo et l'assurance qu'affiche le Pouvoir de
KIGALI, conforté par l'indifférence des Chefs d'Etats africains au sort des
congolais, galvanisent la révolte des victimes des guerres à répétition à l'Est
et devraient pousser la population à s'organiser en Force de résistance contre
toutes les velléités internes et externes à freiner le processus qui nous
conduit vers la paix.
Pour ce faire :
Nous sollicitons auprès de toute la Société Civile Congolaise :
1. Une adhésion totale
à l'idée de pousser tous les acteurs politiques de la Transition vers le train
qui doit nous conduire dans les délais
aux élections libres, démocratiques et transparentes;
2. De manifester
publiquement, par une marche pacifique, notre ras-le-bol contre l'agression
ruandaise en RDCongo et notre soutien à la position des Parlementaires
européens contenue dans leur récente déclaration sur la situation en RDCongo ;
3. De féliciter
Monsieur TONY BLAIR qui vient enfin de réaliser le coût humain de la guerre
imposée à la RDCongo par ses voisins et
l'encourager à évoluer vers des prises de position concrète de nature à
sanctionner les Etats bellicistes hostiles à la stabilité de la Région des
Grands-Lacs africains ;
4. De décourager toute
tentative des familles politiques et biologiques des lugubres BARAMOTO et KENGO
WA DONDO, à les suivre dans leur
aventure suicidaire tant leur passé apparemment n'attend pas les libérer avant
de les détruire complètement ;
5. De réagir après
lecture attentive des stratégies actualisées du Rwanda en RDCongo à travers les
schémas qui se dessinent clairement :
- Primo : toutes
les personnes que le Rwanda a injectées dans les institutions de Transition
pour ses intérêts, à travers sa composante satellite le RCD, opèrent librement
sans répondre des agissements des insubordonnés et insurgés restés en place à
GOMA. Ils peuvent par conséquent manger concomitamment sur deux râteliers,
tétant à Kinshasa dans les institutions nationales sans rompre avec l'arrière
base qui nargue l'itinéraire et la vitesse de la Transition ;
- Secundo : un
groupe des HUTU et des TUTSI du Nord-Kivu coalise pour régner sur les
autochtones en prolongeant, dans les limites de la RDCongo, le spectre du
pouvoir rwandais. Son imperium produit des fruits financiers et bloque le
retour des EX-FAR et INTERAHAMWE à qui il est proposé de rester en RDCongo où
ils peuvent peser dans la filière du coltan et y imposer leur loi comme le
RWANDA n'offre pas des alternatives économiques plus juteuses ;
- Tertio : le
Rwanda maintient la RDCongo et la Communauté Internationale dans la distraction
pendant qu'elle a la main basse sur les ressources naturelles du Nord-Kivu qui
financent son budget public, oh combien disproportionné !
6. Défendre la thèse de
la nécessité d'un dialogue entre
rwandais et de l'émergence d'un nouveau leadership politique au RWANDA qui oeuvre
en faveur de la coexistence pacifique des peuples de la Région, condition pour
la relance d'une confiance mutuelle entre tous les peuples pour une reprise de
l'interaction économique régionale et une lutte commune contre les causes de la
pauvreté.
Fait à Bukavu, le 12 janvier 2005
Pour le Réseau ;
Jean Bosco MUHEMERI
(Sé)