TABLE DE CONCERTATION SUR LES DROITS HUMAINS AU CONGO/KINSHASA

 

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Dernier rapport sur l'exploitation illégale des richesses du Congo

Les pillages doivent cesser en respect du droit!

Communiqué: 10 novembre 2003. Le dernier rapport du Groupe d'experts sur l'exploitation illégale des ressources naturelles en République Démocratique du Congo (RDC), remis au Conseil de sécurité des Nations Unies le 23 octobre dernier, devrait être suivi rapidement de mesures concrètes et énergiques de la part de la communauté internationale, du Canada notamment.

Mandaté par le Secrétaire Général depuis juin 2000, le Groupe d'experts a dévoilé et documenté les liens étroits existant entre l'exploitation illégale des richesses de la RDC et la poursuite de ce conflit, le plus meurtrier depuis la dernière guerre mondiale. Ses 3 premiers rapports ont révélé l'implication des acteurs nationaux et régionaux formant de véritables «réseaux d'élites» organisés pour piller les ressources du Congo, et, par le biais de liens plus ou moins opaques mais fort efficaces, pour écouler ces produits sur les circuits commerciaux internationaux. Les impacts du travail du Groupe d'experts sont d'importance, le premier étant d'avoir contribué à l'avancement de la paix en révélant les motifs non avoués à ce conflit ainsi que les mécanismes qui ont permis son auto-financement et surtout en identifiant les responsables : États, groupes rebelles, chefs militaires, personnages politiques ou firmes privées locales et internationales. Il a également attiré l'attention des entreprises sur leur participation directe ou indirecte au prolongement d'une des pires crises humanitaires du continent et aurait «donné un nouvel élan aux principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales»(1) seul code de conduite volontaire reconnu autant par les pays membres de l'OCDE que par les entreprises qui y résident.

Le dépôt de ce rapport devrait donner lieu à des résolutions fermes et rapides de la part du Conseil de sécurité compte tenu de la délicate évolution du processus de paix en RDC et ses répercussions pour l'ensemble de la région. Malgré la mise en place des institutions de la transition à Kinshasa et le renforcement du mandat de la Mission d'observation de l'ONU au Congo (MONUC), l'insécurité continue de régner à l'Est du pays, là où l'on trouve de l'or et des diamants. «D'après les constatations faites par le Groupe d'experts, ces liens (exploitation, trafic d'armes, conflit), qui ont été analysés en détail dans ses précédents rapports, demeurent tout aussi importants que par le passé»(2), ce qui pourrait expliquer le maintien de l'insécurité dans ces régions. Le Conseil de sécurité ne peut continuer à fermer les yeux sur ces pratiques criminelles qui continuent d'entretenir les hostilités en RDC et dans la sous-région.

Il convient d'agir de manière énergique :

Par ailleurs, même si les compagnies canadiennes, à l'exception d'une seule (3), ne sont plus inscrites sur la liste des entreprises contrevenant aux Principes directeurs de l'OCDE à l'intention des entreprises multinationales, le dialogue entrepris par le Groupe d'experts avec ces mêmes compagnies ainsi qu'avec le Comité de l'investissement international et des entreprises multinationales de l'OCDE pour recevoir leurs réactions ont démontré des lacunes importantes. En effet, l'interprétation de ces Principes directeurs, lorsqu'elle est laissée au seul soin des entreprises concernées, peut conduire à des «conduites inappropriées» comme l'ont reconnu certaines de ces compagnies.

Pour tirer les leçons du travail du Groupe d'experts, dont la mise sur pied avait été appuyée par le Canada, et pour éviter, à l'avenir, que des entreprises canadiennes ne soient associées directement ou indirectement aux souffrances des populations des pays où elles interviennent, particulièrement en zone de conflit ,

il importe que le gouvernement du Canada :

Les trois rapports du Groupe d'experts ont dévoilé et documenté comment la volonté d'accéder aux richesses naturelles du Congo pour les exploiter sans considération pour le développement du pays ou le bien être de sa population a constitué une des causes principales d'une guerre aux proportions sans précédent. Le Groupe d'experts, qui n'a aucune autorité judiciaire, s'est efforcé de départager les responsabilités. Compte tenu des millions de morts, des millions de déplacés, des destructions massives des infrastructures sociales et physiques provoqués par ce conflit, il est du devoir du Conseil de sécurité, de la communauté internationale et du Canada de promouvoir une paix durable dans l'Afrique des Grands Lacs. Cet effort devrait être fondé sur le respect du droit international et des droits humains et non sur des collusions plus ou moins obscures entre dirigeants passibles de poursuites devant les tribunaux.

La Table de concertation sur les droits humains au Congo/Kinshasa

Cette concertation rassemble, au Canada, la majorité des organismes de coopération internationale, des communautés missionnaires, des groupes d'Église et de solidarité qui interviennent en RDC.

 

Pour information : Denis Tougas (514) 270-6089

 

NOTES

  1. Paragraphe 70 du rapport.
  2. Paragraphe 47; également : «Le Groupe d'experts a rassemblé des informations et des documents détaillés indiquant la manière dont ces groupes se sont adaptés, et continuent de s'adapter, aux événements politiques récents, et en particulier à la constitution du Gouvernement d'unité nationale. Il est manifeste qu'ils appliquent des stratégies visant à asseoir et élargir leur contrôle politique et économique dans divers es parties de la RDC, et en particulier dans l'est et le nord-est du pays»
  3. Il s'agit de International Panorama Ressources Corporation connue maintenant sous le nom de Kakanda Development Corp.