Actualisation de  l’article : « Le parallélisme entre le peuple "Bantou" et "Nilotique" de l'Afrique »

 

Editeur : Habigenza Yves - Economiste et spécialiste du développement rural.

 

 

Bien concevoir une idée serait le résultat d'une forte discipline riche en esprit. Ce qui se passe aujourd'hui dans le monde et plus particulièrement en Afrique des Grands Lacs plonge pas mal d'intellectuels dans des réflexions infinies  pour en savoir plus sur les origines du mal  qui trouble la tranquillité des gens dans l'Afrique des grands lacs. Le dernier article qui suscite plus mon attention est celui du Dr. Phil. Innocent Nsengimana sur " Ethnisme et violence ou antithèses à la cohabitation et au dialogue communautaires: Le cas du Rwanda précolonial et colonial". Un article paru sur le site "www.inshuti.org". L'auteur met à la disposition du lecteur une analyse détaillée sur la genèse d'un conflit ethnique et sociopolitique entre Hutu et Tutsi durant la période précoloniale. Un conflit qui aurait été consolidé par cette idéologie hamitique durant la période coloniale. Selon l'auteur cet ethnisme bloque jusqu'aujourd'hui, tout dialogue sincère entre les composantes de la société rwandaise, dialogue qui, aurait pourtant pu aboutir à un projet de société fondé sur les valeurs reconnues par la déclaration universelle des droits de l'homme qui sont le fondement de toute société moderne.

 

Dans mon article sur le parallélisme entre le peuple bantou et nilotique, j'ai comme Dr I. Nsengimana analysé les origines du peuplement du Rwanda dès les temps anciens. Quiconque lirait ces deux articles en parallèle comprendrait mieux la configuration anthropologique de chaque peuple qui communément les rwandais appellent Hutu, Tutsi et Twa et qui dans d'autres pays selon leur dialecte se retrouvent sous une autre appellation ou plusieurs subdivisions selon les territoires conquis.

 

De tout ce qui a été dit par plusieurs historiens, on comprend que deux peuples se sont toujours confrontés dans leurs mouvements migratoires. L'un usant de cet esprit de domination pour s'approprier du territoire du premier occupant et dans le cas du Rwanda les colonisateurs sont venus trouver cette réalité en face où le tutsi est considéré comme seigneur, et le hutu son esclave. Selon Le Dr Innocent Nsengimana, d'une part il est  hors de question d'attribuer aux colonisateurs et aux missionnaires l'origine de l'ethnisme au Rwanda et de l'autre part et  d'une manière ou d'une autre ils ont appuyé politiquement, socialement et économiquement les tenants de la dynastie Nyiginya.

 

De mon point de vue il convient de signaler que si le FPR s'en prend surtout aux missionnaires, c'est que le changement qui s'est opéré dans les années qui précédèrent l'indépendance du Rwanda en 1962, fut l'œuvre des  leaders Hutu qui étaient sortis des écoles des missionnaires et aux missionnaires sans lesquels  le référendum n'aurait pu  lieu et remporté par la majorité populaire.

 

Toujours pour conforter  cette position dominatrice des seigneurs Nyiginya sur les hutus, à propos du Twa, selon ce qui est écrit dans l'article du Dr. Nsengimana, Van DER Burgt précise que Twa est le dérivé du verbe kuta qui devient à la forme passive Kutwa et qui signifie jeter, rejeter. Ainsi Watwa= Rejetés. Monsieur Roy prétend également que Twa est le passif du verbe "ta". S'agissant des bahutu, ils seraient dérivés de "umanutu" qui signifie esclave.

 

Or d'autres tel que révélé dans mon article pensent que bahutu vient du mot bantu, ce qui est tout à fait logique car on aurait remplacé le n par hu par simple commodité et ce qui est tout à fait logique encore c'est que les hutu ont peuplé le Rwanda bien avant les tutsi. Ils auraient été esclaves de qui? Et si les Twa ont peuplé le Rwanda avant les Hutu et Tutsi, ils seraient alors rejetés par qui alors que ce sont les premiers habitants. La signification aurait été donnée par ces gens même qui sont venus pratiquer l'exclusion faisant comprendre aux concernés que les hutus  sont nés pour être des sujets de ces seigneurs de guerre.

 

De ces  deux articles, on retiendra que   les Cwezi après plusieurs tentatives sont parvenus à conquérir le  Rwanda et pays voisins. D'aucuns les prennent pour des  Abanyiginya qui ont  conquis le royaume des bantous dans cette  région des grands lacs mais il faut également considérer que parmi les peuples nilotiques, des guerres d'annexion se livraient entre eux. C'est le cas des Abanyiginya et des Abega. Ailleurs au Kenya, Les Turkanas, les nomades d'origines Nilothiques chassèrent les Masaï des territoires compris entre le lac Turkan et Rifty Valley au début du  19è siècle vers le milieu du  19è siècle.

 

Aujourd'hui bien que la victoire de la vérité est quasi-totale, l'on constate néanmoins qu'il y a des gens mal intentionnés qui transforment une vérité connue de tous en mensonge. L'article qui est apparu dans Paris Match N° 374 du 6-12 novembre 2008 met un accent particulier sur l'élection de Barack Obama. Tout au long de ses premiers pages, l'auteur retrace une courte description sur sa vie, son enfance et son parcours scolaire, universitaire et professionnel. De tout ce qui a été relaté, Il est tout à fait logique de croire que  Barack Obama est l'homme qu'il faut pour unir les peuples désunis dans ce monde déchiré par les conflits. Il est le symbole de l'union entre différents groupes ethniques en Afrique  et au delà des frontières il est le dénominateur commun qui permettrait aux extrémistes de comprendre que l'inégalité raciale n'a pas de perspectives dans un monde moderne respectant les valeurs humaines et les principes de la démocratie.

 

A l'opposé, il m'a semblé choquant de constater que dans les derniers pages (104) l'auteur du journal vante la bravoure du rebelle tutsi Nkunda en ces termes: "L'ex- officier de l'armée rwandaise qui a toujours un œil sur l'est du Congo, Laurent Nkunda est un Tutsi, communauté qu'il estime être persécutée dans son propre pays."  Il est impossible aux Tutsi de circuler normalement, dit-il. A Kinshasa ils peuvent être arrêtés. Même chose sur les barrages de l'armée car, leur ethnie apparaît sur leur carte d'identité. C'est un génocide, puisque ici on tue les gens à cause de leur origine. Pourtant les Tutsi sont congolais comme les autres. On dit que Nkunda les protège c'est vrai. L'officier se considère comme le guide de son peuple, le berger qui conduit son troupeau, m'avait –il confié l'an dernier." Fin de citation. C'est le journaliste qui rapporte ces mots. Il suffit de lire la suite pour comprendre cette complicité qui existe entre ce journaliste et le rebelle Nkunda.

 

Si Nkunda fut un officier de l'armée de Kagame, automatiquement il est Rwandais. Il ne peut pas défendre un peuple d'une nation à laquelle il n'appartient pas. Et puis considérer que les tutsi où qu'ils puissent être soient menacés c'est prêcher l'ethnisme qui a toujours hanté les esprits de ces hommes ségrégationnistes. Dans tous les pays africains il y a plusieurs ethnies qui cohabitent dans la paix. Ce  n'est pas celui qui sème les troubles qui doit prétendre être le sauveur de ce même peuple qui aspire à la paix.  Il n'y a que des aveugles ou des gens animés de mauvaises intentions qui peuvent s'allier à ce macabre destin.

 

Seule la justice pourra  trancher. L'arrestation de Rose Kabuye est un premier pas. Nous ne sommes pas dans l'antiquité pour croire à toutes ces légendes de supériorité raciale ou ethnique. Tous les Tutsi comme tous les hutus ne sont pas mauvais. Les années d'après l'indépendance l'ont démontré. Il y a eu cette entente qui a abouti aux mariages entre ces deux peuples. Seule la guerre de 1990 est venue perturber cette harmonie. Par conséquent le conflit a dépassé les frontières. Plusieurs millions de personnes sont mortes et sans que cela inquiète les acteurs principaux, Ils continuent de tuer au vu et au su de la communauté internationale. Si l'ONU n'en prend pas garde, ces aventuriers risquent d'embraser tout le continent africain avec comme conséquences la pauvreté, la crise qui n'épargneront  pas même les pays développés. De la cohérence du propos naît la force de l'argumentation, seule la justice pourra sauver ce monde.

 

Comme je l'ai toujours dit seule l'union permettra à ce peuple de se débarrasser de ce mal. L'heure a déjà sonné car trop c'est trop!!!

 

 

Constatations actuelles en rapport avec cet article qui date du mois d’août 2005

 

    • Pour la première fois cet article a été publié en 2005. La vérité telle que dégagée est très sensible compte tenu des événements qui se déroulent actuellement, lesquelles constituent un trouble fait pour le régime sanguinaire de Kigali.
    • Ce qui se passe dans le monde notamment en Afrique centrale n’est que le reflet de l’esprit hégémonique de ces leaders nilotiques assoiffés du sang du peuple bantou. En analysant les derniers événements qui se sont déroulés au Kenya, il y a fort lieu de constater que les traits caractéristiques de ce peuple nilotique se confirment car rien n’exclut l’hypothèse d’un complot contre les Kikuyu, nos frères jumeaux. Cette clique de génocidaires au pouvoir à Kigali constituerait dans cette tragédie Kényane, l’élément catalyseur.
    • De même, certains pays comme le Zimbabwe, comme je l’ai dit le berceau du peuple bantou en l’occurrence hutu sont pointés du doigt par ces ennemis de la paix comme si leur objectif est d’embraser tout pays où les bantous sont majoritaires. Il est regrettable qu’en plus de ce qui s’est passé au Rwanda, au Burundi, en Uganda, en RDC, ces dictateurs ne veulent pas baisser l’épée mais l’histoire finira par les rattraper et se tourner contre eux.
    • La vérité vient de triompher par la publication de deux rapports d’enquête, j’avais écrit cet article avant la publication du rapport du juge français et les Espagnols viennent de mettre à nu ce mensonge longtemps dissimulé par Kagame et ses co-équipiers. Point n’est besoin de douter que ce pouvoir sanguinaire est au bout du gouffre, n’en déplaise à ses détracteurs qui continuent aveuglement de le soutenir. Dieu est le plus  puissant de tous.

 

Bref, j’ai écrit cet article avec l’intention de faire une analyse sur l’origine des maux dont le peuple majoritaire continue de souffrir. Ce peuple ambitieux et guidé par ce sentiment de supériorité sur les autres peuples devrait comprendre que le monde a changé. Comme pas de règles sans exception, parmi le peuple nilotique il y a pas mal qui sont guidés par de bonnes intentions, il faudrait que le bon grain s’écarte du mauvais pour construire un monde où peuple bantou et nilotique cohabiteront dans un environnement paisible et harmonieux. Il n’est jamais tard pour sauver la face. Seules l’union et la vérité triompheront à jamais.

 

Du 6/2/2008.

 

Neuf mois après

 

Nkunda continue à narguer le peuple des grands lacs. Il commet son 3ème génocide avec le soutien des puissances extérieures. Comme c'est toujours le cas, il veut négocier avec lui-même car s'il prétend que les FDLR sont les ennemis du peuple congolais ou plus précisément les tutsi congolais alors qu'un dialogue franc est celui qui se tient entre deux belligérants sous l'égide des nations unies afin de chercher un consensus sur leur différent.

 Il faut que les pays comme la France, la Belgique, le Royaume  Uni, les Etats-Unis d'Amérique, le Représentant du secrétaire de l'ONU,  la Chine, la Russie, le Rwanda, le Burundi, le Kenya, l'Uganda, l'Angola, le Zimbabwé, les délégués ou représentants des forces rebelles, le diaspora rwandais et congolais en exil voire même les parties d'opposition interne du Rwanda et de la République démocratique du Rwanda soient représentés.

 

Le vieux Obasanjo ne peut pas à lui seul résoudre le conflit d'une grande ampleur. Les tutsi ne veulent que négocier entre eux ou avec leurs marionnettes. Il faut une personnalité neutre qui puisse objectivement proposer une solution durable. Ses accolades avec le meurtrier Nkunda ont choqué pas mal de ceux qui connaissent la face cachée de ce génocidaire déguisé en libérateur.

 

Beaucoup de ces acteurs politiques qui sillonnent la région sont animés de mauvaises intentions. L'actuel ministre des affaires étrangères de la Belgique, l'homme qui a un franc parler contrairement à son prédécesseur n'a pas mâché ses mots en lançant des critiques sévères à l'encontre de Nkunda, Kabila et  Louis Michel (ancien ministre des affaires étrangères) sur www.africatime.com du 19/11/2008. Karel De Gucht reproche également à Charles Michel (actuel ministre de la coopération, fils de l'ancien ministre des affaires étrangères) une attitude déloyale pour s'être entretenu avec le président Kabila.

 

 Difficile de porter foi à cette apologie, ce qui est certain, bon nombre de gens commencent à comprendre  que les choses doivent évoluer dans le sens positif  au lieu de chercher à pérenniser le conflit en vue de sauvegarder leurs intérêts personnels dans la région.

 

En revenant sur le président Kabila, Il ne faut pas oublier qu'une partie de la population congolaise l'accuse de laxisme dans le conflit. Il doit restructurer son armée et opérer de changement politique au sein de son équipe et à travers le pays. Doter l'armée  des moyens matériels pour défendre l'intégrité territoriale et la population. Des vrais soldats à l'image de Mbuza Mabe, l'incorruptible,  ne manquent pas sinon les pro- FPR continueront d'user de cette corruption au sein de cette armée affamée pour vaincre sans péril même si à vaincre sans péril on triomphe sans gloire. Ce fut le cas du Rwanda.

 

Somme toute, l'idéologie de Nkunda n'est pas différente de celle de Kagame. Pour eux, il faut se débarrasser de tous les hutus qu'ils soient d'origine congolaise, burundaise ou rwandaise. Les poursuivre partout en Afrique ou ailleurs dans le monde. Pourtant comme l'histoire contemporaine nous le dit ce peuple bantou a des racines à travers toute l'Afrique, continuer à les chasser pourraient amener d'autres acteurs africains dans le conflit et les conséquences seront catastrophiques.

 

Aujourd'hui même si un pas dans la justice internationale vient d'être franchie avec l'arrestation de Rose Kabuye le peuple attend que d'autres mandats également soient mis en exécution. A l'heure où je termine ces pages je viens d'apprendre que Rose Kabuye vient d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire. Seuls les juristes comprennent mieux l'impact de cet acte posé. En tout état de causes, je crois et sans risques de me tromper que le bien finira par remporter sur le mal.

 

                  Ce 20/11/2008.

 

 

 

Le parallélisme entre le peuple «Bantou» et «Nilotique» de l’Afrique

 

Préambule 

 

L’écrivain Wole Soyinka, l’homme qui par ses idées n’a cessé de féconder mes pensées, de les nourrir d’un pain dont la faim n’est pas encore apaisée aussi par l’humour, l’intérêt passionné et la tendresse malicieuse du concept que l’auteur porte sur la culture africaine, sur le comportement des hommes en général, sous- tendent un univers, où les personnages que l’on aurait pu croire les plus éloignés se révèlent liés par les mêmes origines. Seules leurs contradictions, leur rouerie mais aussi leur capacité limitée du concept de la pensée et le milieu dans lequel ils évoluent, les opposent les uns et les autres. Beaucoup d’hommes sages lui sont reconnaissants d’avoir décrit de façon généreuse tous les aspects d’une civilisation africaine à laquelle on reste attaché avec un réalisme qui ne refuse rien de ce qu’il y a d’éternel dans l’homme.

 

La science sans conscience n’est que ruine de l’âme. Sur les bancs de l’école, la littérature négro–africaine m’a inspiré cette vision critique que je portais sur certaines tares de la société dans laquelle j’évoluais. Il est tout à fait logique d’affirmer que la pensée et la personnalité mûrissent et se consolident sur les bancs de l’école secondaire et les études supérieures ne font que perfectionner ces acquis de base.

 

Ma vision sur le comportement des Africains en l’occurrence des Rwandais en exil m’accable, le plus agaçant c’est ce comportement indifférent de nos jeunes gens face à la tragédie qui secoue le peuple des grands lacs voilà une quinzaine d’années. Bon nombre sont devenus délinquants, alcooliques--- que sais-je encore !!! C’est le Rwanda de demain qui risque de disparaître.

 

Je me souviens que quand j’étais sur les bancs de mes humanités, je n’ai jamais cessé de critiquer par mes écrits cette délinquance juvénile et cette corruption qui entrait dans les mœurs des Rwandais. L’article qui a retenu l’attention de mon entourage fut celui que j’ai intitulé «qui sera le père de cet enfant». C’était une période où tout était florissant et où la joie de vivre se lisait  sur le visage de la jeunesse. Des années de paix d’avant la guerre d’octobre 1990 que je qualifie d’invasion par les forces extérieures. Ce fut une période où hutu et tutsi vivaient comme des frères et sœurs. Maudite soit cette terrible guerre qui a ravivé les séquelles et conflits ethniques des années qui précédèrent l’indépendance du  Rwanda en 1962 et ces attaques sporadiques dans les années 65 menées par  ceux qui avaient fui la victoire par les urnes du peuple hutu.

 

Tout au long de ma jeunesse jusqu’à nos jours j’ai consacré quelques temps à la lecture quotidienne  de la Bible, ce qui dans des situations plus graves m’a aidé à retenir mes états dépressifs causés par cette fameuse tragédie de la fin du 20è siècle. Il est difficile dans la vie de l’homme de continuer à encaisser les massacres organisés par le gouvernement actuel du FPR, un régime qui a décimé presque tous les membres de ma famille, mes amis et connaissances, qui continue à tuer tout hutu et tutsi qui s’oppose à leur idéologie génocidaire et destructrice du peuple bantou.

 

La philosophie apprise au cours de mes études de 3è cycle a aiguisé également mon esprit critique me permettant d’accepter la vie telle qu’elle se présente car tout a une fin. Aujourd’hui quand je vois que ce peuple meurtri se laisse corrompre par ce régime en dehors du commun dans le but de vouloir trop gagner au détriment de cette masse populaire, innocente, je me dis que le peuple « bantou » n’est pas déterminé dans leur lutte contre le mal. L’argent, ce doux petit diable les aveugle sans penser aux conséquences qui en résulteraient. Certaines gens ignorent que   beaucoup de Rwandais parmi les traîtres qui avaient amassé toute une bagatelle de biens sont morts ne laissant derrière eux que le désarroi et désolation. Ces gens à double face ont quitté ce monde en regrettant d’avoir vendu les leurs alors que ceux qui sont morts vaillamment leurs bonnes actions resteront dans les mémoires du peuple rwandais et seront récompensés par le tout puissant.

 

Le vif du sujet

 

Le peuple africain doit travailler ensemble pour asseoir la démocratie sur leur continent. Au moment où nous assistons à une sorte de mondialisation comme modèle de développement conçu par les pays industrialisés, nous assistons par ailleurs à une désintégration de l’Afrique. Partout et surtout en Afrique centrale, les guerres tribales font rage. Le peuple africain est abandonné à leur sort. Ceux qui luttent pour la paix sont considérés comme les ennemis de leur propre peuple en quête de liberté. La loi de la jungle en Afrique irrite davantage les cœurs meurtris par l’injustice et fragilise les rapports humains entre les peuples qui jadis partageaient le même destin. Ce peuple « bantou » pacifique et humble qui se caractérisait par la charité née d’un cœur pur, d’une conscience droite, d’une foi sincère et solidaire se retrouve aujourd’hui sans culture et désuni. Meurtri, voué à l’esclavagisme comme dans les temps anciens la lutte pour le survis est devenue leur première préoccupation ils se trouvent sans terre sur la terre de leurs ancêtres. Il attend l’aide des organisations humanitaires pour trouver quelque chose à mettre sous la dent.

 

Les usurpateurs du pouvoir profitent de ces guerres pour s’enrichir et dévier l’attention de l’opinion internationale sur la réalité de la situation. Par conséquent la masse populaire s’absorbe dans sa tristesse, glisse peu à peu dans un abîme d’où aucune consolation ne la retirerait plus. Ceux qui désespèrent le plus, sont ceux qui refusent de se confier à Dieu, lui qui est miséricorde, bonté et amour. Les maîtres de ce monde devraient une fois pour toutes reconnaître que Dieu ne veut pas qu’un seul de ses enfants périsse, soit jugé injustement, tombe dans l’impénitence qui est le plus grand des péchés et dans le blasphème qui est impardonnable. Les hommes devraient se partager dans la paix les fruits de ce monde au lieu de semer à travers le monde et en particulier en Afrique centrale cet incendie qui ravage les hommes innocents et sans défense.

 

L’on se demande aujourd’hui si l’Afrique longtemps considérée comme le berceau de l’humanité peut un jour retrouver la patience, l’humilité et la charité pour conserver son unité. Ces deux peuples diamétralement opposés qui l’habitent, en référence les bantous et nilotiques seront capables de vivre ensemble sans méfiance, sans cet esprit de domination des uns envers les autres.

 

Qui sont ces peuples Bantous et Nilotiques ?

 

Les bantous du Rwanda appelés communément  « hutu » et les nilotiques appelés « tutsi » ont des points communs avec ceux des pays africains. Chaque peuple se distingue par les mêmes coutumes, traditions et activités socio-économiques. Au sein de chaque peuple « bantou ou nilotique » on trouve différentes tribus ou clans qui se différencient par leur dialecte. Au Rwanda, le peuple bantou et nilotique présentent leur particularité, celle de parler la même langue qui est le Kinyarwanda. La langue kinyarwanda est une langue bantoue et présente des traits communs avec le kikuyu parlé par la majorité des Kikuyus (peuple bantou du Kenya.) La terminologie de la langue bantoue change d’un pays à l’autre et a subi des transformations au cours de leurs mouvements migratoires. Chaque peuple transforma sa langue et l’adopta à la terre conquise.

 

Au Rwanda le peuple bantou est représenté par les hutu et les nilotiques par les Tutsi. Chaque composante est subdivisée en clans. Dans le cas des Hutus : on dénombre le clan des Abungura, Abasinga, Abagesera, Abanengwe, Abazigaba, Abacyaba, Ababanda. Dans les clans des Tutsi, on trouve principalement les clans des Abega et des Abanyiginya. Il y a également les abatutsi appelés les hima et les Abagogwe de souche inférieure. Les Abahima sont des pasteurs nomades et vivent essentiellement de leur élevage. Ils se nourrissent  de lait. On les appelle aussi les hamites de la savane. Au Rwanda ils peuplaient la grande savane de Mutara. Les Abagogwe sont des gardiens des vaches des seigneurs, de petits éleveurs et vivent également du commerce de troc (échange des produits d’élevage entre autre le beurre contre les produits agricoles) ces derniers sont en étroite relation avec les agriculteurs hutu. On les trouve essentiellement dans le Nord - ouest du Rwanda.

 

L’activité principale des Abanyiginya et Abega  furent l’élevage et la conquête des territoires pour agrandir le pays. L’élevage leur servit comme un instrument d’esclavage et de domination des Tutsi sur les hutu, majoritairement agriculteurs.

 

Même si les origines des Hutu et tutsi seront analysées dans l’ensemble des mouvements migratoires du peuple «bantou et nilotique  à travers l’Afrique, il est important de souligner puisque on parle des clans,  la localisation des clans hutu à travers le pays et dans des pays voisins. Certaines sources rapportent que les Abasinga, Abagesera, Abacyaba et Abungura ont majoritairement habité la région du Nord du pays et se sont répartis dans d’autres régions du pays pour des raisons économiques. Les Ababanda ont occupé le sud du pays principalement dans la préfecture de Gitarama et Butare. Dans le clan des Ababanda on retrouve un enchevêtrement du clan des Ababanda d’origine hutu et tutsi confondus. Au nord du pays les Ababanda occupaient  une partie de la région de Rwankeri ( Ruhengeri) et de Buhoma et de l’ouest de Bushiru, au Bukonya, Cyingogo et Ndiza.

 

Les abazigaba sont venus de la région du lac Victoria peupler le Rwanda et on les trouvait également dans la région de l’Ouest de la Tanzanie, du côté de Karagwe. Les Abacyaha occupaient une partie de l’Uganda. Selon certaines sources les Abungura on peuplé la région d’Idjwi  du côté du Zaïre, dans le Masisi et dans la région de Rutchuro.

 

L’éloignement des peuples dans leur mouvement migratoire transforma cette langue bantoue en plusieurs dialectes. Si d’aucuns ont pu traverser la Tanzanie pour enfin venir habiter le Rwanda, d’autres bantous et nilotiques sont restés dans les pays voisins. Les bantous du Kenya parlent le Kikuyu, langue jumelle de la langue Kinyarwanda. Plusieurs mots de la langue Gikuyu sont empruntés à la langue Kinyarwanda et vice versa.

 

Selon le Grand Guide du Kenya (1), les historiens s’accordent aujourd’hui à penser que l’immigration bantoue, commencée durant le premier millénaire avant notre ère, fut la plus considérable des vagues de peuplement qui ont marqué l’Afrique orientale. Arrivés de l’ouest, probablement des régions du Niger et du Congo, les bantous se déplacèrent vers l’Est et le Sud par vagues successives au cours d’un processus qui durant 3000 ans. Aujourd’hui, les groupes qui parlent les langues de la vaste famille bantoue occupent une grande partie de l’Afrique centrale, méridionale et orientale

 

Points de ressemblances entre le peuple bantou du Rwanda et du Kenya

 

L’activité principale des bantous du Kenya et des hutu du Rwanda est l’agriculture. Le groupe bantou le plus important du Kenya vit au centre du pays et comprend les Kikuyu, les Kambas, les Merus ainsi que de nombreux autres sous groupes. Un second groupe est établi près du lac Victoria (d’aucuns se demanderaient s’ils ne sont pas du même arbre généalogique avec les Abazigaba du Rwanda qui ont peuplé la même région. Ce groupe est formé de divers peuples, dont les Yias, les Gusiis et les Kurias. Ces populations ont été influencées par les Kalenjins  de l’éthnie des nilotiques, tout comme les ababanda du Rwanda influencés par les tutsi. Ces peuples bantous du Kenya vivent à l’est du lac, autour des villes de Kisii, Bungoma et Kakagema. Kakagema et Bungoma ont des radicaux sur la langue Kinyarwanda.

 

Les bantous de la côte ne présentent pas un groupe ethnique homogène. Le kiswahili, la langue parlée par ces peuples côtiers, est en effet une langue de syntaxe essentiellement bantoue. Certaines sources affirment avec probabilité à l’appui, que les premiers immigrants bantous se sont établis sur la côte au début de notre ère, assimilant les pasteurs couchitiques qui occupaient la bande littorale. La cohabitation et le métissage entre ces populations et les colons en provenance de la péninsule arabe donnèrent peu à peu naissance à la culture et la civilisation swahilie.

 

Les Mijikendas forment un autre groupe bantou établi sur une longue bande côtière s’étendant de la Tana jusqu’en Tanzanie. Ces bantous affirment venir de Shungwaya, royaume qui aurait existé durant les premiers millénaires de notre ère mais dont on a perdu la trace et qui fut situé probablement en Somalie du sud. Sa  capitale aux maisons en pierre fut le centre d’une vie paisible jusqu’à l’invasion des pasteurs couchitiques, les Oromos, en provenance du nord de la Somalie, qui chassèrent les habitats du royaume et les repoussèrent vers les régions costales du sud où les descendants vivent encore.

 

Dans le cas du Rwanda les clans Tutsi dont les Abanyiginya et Abega  sont venus comme les couchitiques désorganiser le peuple hutu qui vivait paisiblement entre eux. Le peuple nilotique se distingue par cet esprit de conquête et de supériorité à l’égard des autres peuples ce qui aujourd’hui est considéré comme un tabou à déraciner dans leur esprit  une fois pour toute.

 

De mon point de vue il est tout à fait logique de signaler que plusieurs peuples différents habitant sur un même territoire peuvent vivre en paix, cela est d’autant plus avantageux que quand ces mêmes peuples parviennent à parler la même langue. Plusieurs sources affirment que  les premiers occupants de l’Afrique centrale sont les Pygmées. Morphologiquement on les différencie du peuple bantou, bien que dans certains pays comme le Rwanda il parle la même langue le Kinyarwanda, que les Burundais appellent le Kirundi et certains rwandais vont à appeler le kinyarwanda des Batwa, le kitwa et il existe une autre race qu’on trouve dans les forêts reculées du Rwanda et du Zaïre appelée Impunyu, du mot Kinyarwanda « guhuma » pour dire les gens non clairvoyants, stupides seront les uns et les autres.

 

L’étude théorique de l’Anglais Bleek ayant conduit à la supposition de l’existence d’un noyau primitif bantou prouve que ce groupe linguistique avait maîtrisé la métallurgie. (2) Ils aiment le travail dur alors que la plupart des tutsi aiment la facilité d’où le système d’esclavagisme instauré au Rwanda dès leur intronisation au pouvoir et qui dura plus de 400 ans et qui réapparaissent sous une autre forme avec la prise du pouvoir par le FPR en juillet 1994. Les hutu ont durement souffert.

 

Les découvertes du Docteur J. Hiernaux depuis 1954 au Rwanda, dans le Kivu actuel ont permis non seulement de mettre à jour les traces de métallurgie de fer, mais surtout d’une poterie très différente de l’actuelle et caractéristique d’une autre poterie analogue, découverte au Kenya sur la rive Nord- est du lac victoria par le préhistorien anglais LSB Leakey qui l’avait nommée dimple based pottery. (2)

 

L’expansion du peuple bantou dans d’autres régions de l’Afrique.

 

La chronologie d’un « noyau bantou primitif » à partir de la Nok culture se présente comme la thèse la plus acceptable, avec une migration nord sud datant des dernières siècles (500 environ avant J.C) du néolithique, et de la formation de deux noyaux de peuplement : l’un occidental autour de l’actuel Stanley- Pool et d’autre oriental autour de la région des savanes de Maniema vers les grands lacs.

 

D’autres découvertes relativement récentes montrent que l’empire du Zimbabwe généralement connu sous l’appellation de  Monomotapa (Mwene Motapa  c’est -à –dire le seigneur Mutapa est daté au carbone 14 du IXe siècle au lieu du XVe siècle date (3) de sa découverte par les Européens, mais aussi de son apogée. Ethmologiquement, le mot « Mwene » signifie en Kinyarwanda «  fils de ---.» Pour ce, l’on croirait que Monomotapa serait le fils de Mutapa, le seigneur du peuple bantou. Avec probabilité à l’appui, les hutu trouvent également leurs origines  au Zimbabwe. Des noms comme Mugabe ont des noms communs dans la tradition rwandaise. Le mot Mugabe en kinyarwanda vient du verbe « kugaba » ce qui signifie en français « donner. »

 

Les Shana et les Matabélés qui fondèrent l’empire  de Monomotapa, autrement appelé Mwanamutapa peuplent le sud du Zimbabwe et si on revient à l’étude linguistique du mot Mwanamotapa= Mwenemotapa car mwana en kinyarwanda signifie enfant de---, tout comme mwene signifie fils de—

 

Les kikuyu qui se dispersèrent au Kenya seraient venus de cette région du Zimbabwé, les Bemba, les Ninja et les Tanga préfèrent rester en Rodhésie, tandisque les Makwas (du mot kinyarwanda « amakwa ») et les makombes du mot kinyarwanda «  ubukombe » qui signifie en kinyarwanda «  anciens » peuplèrent le Mozambique et jusqu’aujourd’hui.

 

Du côté du Congo, le noyau bantou  oriental a donné naissance aux principaux groupes ethniques  suivants (2) : Les Bakou entre le Soukou au Nord, le Kasaï à l’ouest et le Loulono au sud. Les Bakuba eux-mêmes se nomment Bushongo ou peuple du couteau de jet. Les pygmées sont appelés dans cette contrée les Twa. Les Baruba confinés dans le Katanga (Shaba) central ont formé une confédération de tribus parlant la même langue : Les Tshiluba. Leur arrivée dans la région date du XVIe siècle avec les tribus Kalonga, Kunda et Lumbu.

 

Les Luba apparentés aux Balubas sont installés au sud - ouest du Shaba actuel (ex- Katanga) à l’est du secteur Luba. Les Azandés et les Mangbétons au Nord sont deux groupes ethniques soudanais dont l’origine serait les alentours du Tchad.

 

De ce qui précède, on peut affirmer, sans risque de se tromper que de grands secteurs auraient été occupés exclusivement par des Pygmoïdes, premiers occupant protohistorique du pays. A une époque très reculée, des agriculteurs seraient arrivés, certaines sources parlent de l’an 500, ce qui est plus vraisemblable. Les hutu commencèrent à défricher la forêt, les pygmées ne cultivaient pas ils vivaient exclusivement de la chasse et de la cueillette des fruits. Cette présence Hutu datait certainement de plusieurs siècles avant la venue des Tutsi. Les hutu seraient donc aussi provenus de l’Afrique orientale que de la région congolaise. Ils constituèrent une série de petits royaumes.

 

L’ingéniosité littéraire prouve que les termes « Bahutu » en d’autres mots « Hutu au pluriel » se rattache au terme «  Bantou. » Radicalement Ba- hu –tu ; ba- n-tu  sont des mots de la même famille, il aurait suffi remplacer la lettre n par le radical  hu pour éviter toute confusion.

 

Traits communs entre le peuple nilotique du Rwanda et du Kenya.

 

Tout comme au Rwanda on distingue trois ensembles de Nilotiques kenyans : Les nilotiques des lacs, les Luos ; les nilotiques des hautes terres, constitués essentiellement des Kalenjins et des sous–groupes qui leur sont associés ; les nilotiques des plaines, auxquels appartiennent notamment les Masaï, les Samburus et les turkanas.

 

Les Luos forment la troisième tribu du Kenya, après les kikuyus et les Luiyas. Ils constituent la plus importante tribu non bantoue du pays. Originaires de la région de Bahr – El – Ghazal, dans le Soudan du sud, ils arrivèrent par petits groupes dans la partie ouest du Kenya, en passant par l’Uganda, au début du XVIè siècle. Entre 1520 et 1750, ils chassèrent ou absorbèrent les bantous locaux. Par la suite ils se répandirent vers le sud, autour du Lac Victoria, pour s’installer dans la région de Nyanza où ils vivent encore aujourd’hui.

 

Parallèlement, pour le cas du Rwanda, l’on enregistre au cours de ces périodes les mêmes mouvements et sabotage à l’encontre du peuple hutu. Force est de constater que les Abega et les Abanyiginya comparables aux Nilotiques du Kenya, les Luos et les Kalenjins sont venus en conquérant le royaume des hutu, majoritaires. Le Rwanda connut un règne sans partage des Abanyiginya et dans la suite des Abega  qui dura plus de 400 ans de 1450 à 1895 et des Abega de 1896 jusqu’à l’acquisition de l’indépendance en 1962. Ils conquirent  le sud du Rwanda comme au Kenya et appelèrent la région conquise Nyanza où ils s’installèrent des siècles durant. Le terme Nyanza chez les tutsi doit avoir une autre connotation car ils appelèrent la région conquise au Kenya, Nyanza.

 

Les Masaï du Kenya sont comparables aux Hima du Rwanda. Ce sont des peuples nilo–hamites. Les nilotiques ont passé par l’Uganda au début du XVIe siècle pour arriver au Kenya, juste après la conquête du Rwanda. Les Kalenjins et les Masaï sont venus de la vallée du Nil, tout comme les hima du Rwanda. A leur arrivée dans l’actuel Kenya, à partir du XVe siècle, ils entrèrent en contact avec les Couchitiques orientaux de la région de Turkana, à qui ils empruntèrent sans doute un grand nombre de traditions. Les Masaï poursuivirent  leur immigration vers le sud pour occuper, dès le XVIIIe siècle, une grande partie de la vallée du Rift et des Hauts plateaux adjacents, jusque dans l’actuelle Tanzanie.

 

Ce peuplement puissant et numériquement important était craint à cause des Razzias opérées par leurs guerriers, les Norans, contre d’autres tribus pour leur voler femmes et bétail. Les Turkanas, les nomades d’origines nilotiques, chassèrent les Massaï des territoires compris entre le lac turkana et Rift valley au début du XIX è siècle vers le milieu du XIX è siècle, ils se fixèrent sur les rives méridionales et orientales du lac, avant de se soumettre à la Pax Britanica au début du XXe siècle. Au cours de cette même période vers la fin du XIXè siècle plus précisément en 1896 la guerre de succession entre les tutsi des clans des Abanyiginya et Abega éclata et se solda par la prise du pouvoir des Abega, chassant les Abanyiginya au cours de ce conflit meurtrier communément appelé la guerre sanglante de Rucuncu.

 

Conquêtes et localisation  du peuple nilotique à travers l’Afrique.

 

Les infiltrations des tutsi dans le Rwanda ont été surtout étudiées par Luc de Heusch dans son livre « Rwanda et la civilisation inter lacustre ». Les tutsi sont d’origine nilotique venus de l’Ethiopie et avant de s’installer au Rwanda, ils ont établi de petits et moyens royaumes dans de larges régions voisines, l’ouest de l’Uganda et le Kivu, principalement ces royaumes se seraient combattus, auraient disparu, reparu. L’un d’entre eux, le Kitara, devait être si étendu qu’il aurait été considéré comme un empire : Il était l’œuvre d’un peuple de haute culture, les Cwezi, qui disparut subitement.

 

Parmi ces divers groupes, des pasteurs nomades, également éthiopides, appelés au Rwanda des Hima, de culture inférieure et certaines hypothèses vont à confirmer que les Hima sont les premiers à s’être infiltrés dans le Rwanda actuel, par les savanes de l’est, principalement dans la région de Mutara, préfecture de Byumba, frontalière avec l’Uganda. Hima et Tutsi formèrent un royaume hamite. Ce peuple hamite s’installa dans les savanes de l’est dans les régions de Ndorwa, Bugesera, Gisaka et Mubari. Cette zone convenait à leur élevage et était peu favorable à l’agriculture.

 

Le royaume des Abanyiginya fut marqué par des batailles avec d’autres entités éthiopides autant qu’avec des roitelets Hutu. Ils agressaient d’autres ethnies ou clans mais plusieurs sources affirment que les Abega ont été plus méchants, atroces que les Abanyiginya envers le peuple hutu. Leurs  conquêtes s’étendirent dans la région du Kivu, de même que vers le Nord- ouest des volcans Virunga et au sud, des guerres d’annexion commencèrent avec le Burundi. Ces expéditions agrandirent toute fois assez peu de royaume : annexion de l’île Idjwi, quelques territoires de l’autre côté du lac Kivu. Les annexions s’arrêtèrent vers les années 1895, juste après la mort de Rwabugili.

 

Traits d’union  entre le royaume des Abega et le pouvoir actuel du FPR.

 

Bien que l’histoire du Rwanda nous apprend que avant l’arrivée des Tutsi, il y avait un royaume des Hutu, appelés Abahinza, les traditions du Rwanda admettent que (4) vers le XII è siècle Gihanga fut considéré comme le premier roi du pays. Une affirmation qui de mon point de vue est gratuite et relève de l’esprit de domination des tutsi extrémistes qui croient même aujourd’hui que les hutu ne sont pas créés pour gouverner mais pour être des esclaves des Tutsi. Ce Gihanga qui inaugura la vache et le tambour (Gihanga cyahanze inka n’ingoma) est à l’origine de la création de la dynastie des Abanyiginya qui a réussi à garder le pouvoir jusqu’à la fin du XIXè siècle. Le règne des Abanyiginya prit fin avec la mort de Rutalindwa, fils de Kigeri qui avait légitimement succédé le roi Rwabugili. Les sources concordantes rapportent  qu’il aurait tué par les Abega. Le roi Rutalindwa fut remplacé par Yuhi V Musinga vers la fin du 1896, il était âgé de 13 ans. Kanjogera du clan des Abega, devenue reine- mère,  réprima de façon atroce et féroce de nombreux frères de Rutalindwa qui voudraient venger celui-ci.

 

Le règne de Kanjogera fut le plus sanglant des royaumes qui ont existé dans le Rwanda ancien.

 

Ceux qui ont appris l’histoire n’oublieront jamais les massacres quotidiens des hutus commandités par les Abega. L’on rapporte que Kanjogera pour se lever, elle enfonçait l’épée dans le ventre d’un bébé hutu, prétextant que son arme avait soif exclusivement du sang hutu. Ce passé amer nous met en face d’une réalité qui  est vraisemblable à l’atrocité du pouvoir minoritaire de Kigali. Le peuple rwandais vit sous l’oppression avec toujours cette peur au ventre car chacun attend son tour pour être exécuté ou jeté en prison, l’enfer des hutus. Plusieurs sources affirment que Kagame est du  clan des Abega. Le contraire étonnerait beaucoup de gens.

 

Combien de bantous et nilotiques qui sont morts depuis l’invasion du Pays en 1990 et l’attaque du Zaïre par ceux qui aujourd’hui gouvernent le peuple rwandais. Jusqu’à nos jours on estime à 8.000.000 du peuple bantous, les plus visés se sont les hutu de ces trois pays qui forment la région des grands lacs, les Tutsi sont estimés à un demi-million qui auraient péri dans ces massacres interethniques arbitrés par ceux même qui se trouvent au pouvoir. Tôt ou tard le monde connaîtra la réalité et découvrira que ce peuple bantou est un peuple paisible.

 

Si on considère ces chiffres aux atrocités qui auraient été commises durant la première et la deuxième républiques dirigées par les Hutu on constate que le peuple vivait en paix et d’aucuns considéraient le Rwanda comme la Suisse de L’Europe. Hutu et Tutsi du Rwanda vivaient comme des frères, le peuple zaïrois cohabitait entre eux sans difficulté  malgré cette diversité ethnique qui peuple le Zaïre.

 

Aujourd’hui  l’intronisation du peuple nilotique au pouvoir fait que nous assistons à ce que nous appellerons une première guerre mondiale de l’Afrique où le Congo devient le champ de bataille et où des acteurs économiques, souvent de nature mafieuse, poursuivent des intérêts qui souvent relèvent davantage du pillage que de l’entreprenariat et où certains individus financent leur propre destruction.

 

Croyances religieuses du peuple des grands lacs.

 

De génération en génération le peuple bantou croit en être supérieur, le tout puissant communément appelé Dieu en français et en Kinyarwanda Imana. Plusieurs noms rwandais empruntent ce radical pour signifier la puissance de Dieu. Plusieurs Rwandais s’appellent Habimana (Dieu existe), Hakizimana (Dieu qui guérit), Hatangimana (Dieu qui donne), Harelimana (Dieu qui éduque), Habyarimana (Dieu qui donne la vie.) Parmi les Tutsi on trouve très rarement ce genre d’appellation. Il est important de souligner qu’une minorité  des Hutu adhère à d’autres sectes, comme Imandwa du mot kubandwa, une tradition qui consiste à vénérer des esprits invisibles de certains héros qui sont morts. Mais force est de constater que dans les esprits de ces deux peuples Dieu s’avère-le tout puissant et quand les malheurs s’abattent à l’un de ces peuples ils n’hésitent pas à implorer la bénédiction du Dieu tout puissant.

 

Au Congo, les Vilis considéraient que le Zambi est un Dieu parmi d’autres dieux. En effet on distingue le Zambi n’bi (dieu du mal) représentant le mal, la méchanceté  à l’opposé du dieu du bien, placé au dessus des autres dieux et qu’ils nomment Zambi a mpungu comme dans le royaume Congo. (5) Ici on voit que en langue des Vilis n’bi signifie le mal et prend le terme kibi en langue kinyarwanda.

 

Les Singanga (prêtre devin) et les Bithomi (devins) au moyen des idoles, entretiennent les liens sacrés (bibilo) où l’on invoque les nkisi si (cultures des ancêtres). Cependant il faut signaler que certaines traditions ancestrales   disparurent peu à peu  avec l’arrivée des missionnaires. Les hutus et tutsi se confièrent  en majorité en l’église catholique, d’autres minorités devinrent protestantes. Actuellement avec l’avenue de Kagame et sa clique  au pouvoir, bon nombre de tutsi a adhéré à l’islam. Une religion que l’on trouve rarement en République démocratique du Congo.

 

Si tout homme est mortel, il ne faudrait pas que quelqu’un se prenne pour un immortel. Kanjogera est morte malgré les honneurs d’ici–bas dont elle s’attribuait. John Garang vient de mourir dans des circonstances jusqu’alors obscures, Savimbi également malgré le soutien dont il bénéficiait du côté des pays super puissants. La mort est inévitable et  au moment même où j’écris ces lignes le milliardaire, le roi de l’Arabie Saoudite vient de rendre son âme. Il est félicité de bonnes actions qu’il a accomplies au cours de son règne. Que Dieu bénisse tous ceux qui meurent sans que leurs mains ne soient pas souillées du sang de ce peuple innocent !

 

D’ores et déjà il faut lutter contre la force du mal, les usurpateurs du pouvoir populaire, mettre fin à l’occupant car le Rwanda actuel est peuplé par les éthiopiens et somaliens confondus morphologiquement aux Tutsi, les hutu en général et certains tutsi sont marginalisés sur la terre de leurs ancêtres.

 

Conclusion et remerciements

 

L’on se demanderait, en guise de conclusion comment un autre Kayibanda ou Habyarimana pourra renaître pour tirer le peuple rwandais de cette oppression. Peut être qui vivra verra. Je crois en Dieu, le tout puissant, seul capable de nous donner de vrais leaders pour mener ces peuples des grands lacs à la liberté. Dieu ne toléra pas longtemps ce mal qui détruit tout un peuple paisible, sage, tolérant et patient.

 

Puissent nos témoignages un jour réveiller l’esprit de ceux qui nous ont aidé à recouvrer notre indépendance et nous appuyer dans cette lutte contre les forces du mal. L’Afrique nous appartient tous, l’opinion internationale devrait se méprendre de ceux qui au 21è siècle font la chasse à l’homme. Pourquoi chasser les exilés sur le sol de leurs ancêtres si l’histoire prouve que le peuple bantou partage les mêmes origines.

 

Le libérateur du côté du peuple congolais, ce sont ces Maï -Maï qui ont compris le vrai ennemi du pays et qui combat sans relâche cette force extérieure qui veut annexer leur territoire. Du côté du peuple hutu, c’est la détermination du FDLR rénové qui comprendra le jeu de ceux qui veulent les trahir ou vendre le peuple rwandais par leur complicité avec l’ennemi. Et enfin, le libérateur du Rwanda c’est ce tutsi modéré qui acceptera de collaborer  sans scrupule avec ces combattants pour mener à bout cette lutte contre l’occupant, cette force extérieure composée majoritairement des Ethiopiens et de quelques somaliens.

 

En Bref, le libérateur de l’Afrique des grands lacs, c’est cette coalition de ces hommes intègres, hutu, tutsi, Maï- Maï et d’autres congolais qui saisissent mieux l’enjeu majeur de ces conflits qui sévissent l’Afrique. C’est ce peuple du monde entier qui dit et écrit la vérité dans le but de faire entendre notre cause auprès de ces maîtres qui gouvernent ce monde.

 

Et enfin ce sont les Belges et Français qui connaissent mieux que quiconque le vrai ennemi de la masse populaire dans ces régions des grands lacs et qui aideront ces peuples libérateurs à déraciner cette injustice qui nuit aux âmes innocentes.

 

La sagesse populaire dit que cacher la vérité, c’est comme l’arbre qui cache la forêt et les Rwandais disent que « ukuli guca mu iziko ntigushe » pour dire que la vérité passe à travers le feu sans s’être brûlée. De tout ce que je viens d’avancer l’avenir me donnera tord ou raison et je souhaite que quiconque lira mes pensées  puisse en faire une large diffusion et si nécessaire traduire en d’autres langues cette vérité qui ne manquera pas de blesser certaines personnes mal intentionnées et de mauvaise foi. Qui vivra verra, luttons pour un dialogue franc entre ces peuples ennemis, pour la justice impartiale et pour la paix en Afrique et dans le monde entier.

 

Avant de mettre les points sur les i, je voudrais remercier dans l’ensemble tous les peuples de ce monde qui ont accueilli à bras ouverts ces brebis égarées et d’une manière particulière  je réitère mes  remerciements à la Belgique, la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande et l’Angleterre qui ont accordé l’exil à ce peuple des grands lacs (Hutu, Tutsi et congolais confondus.)

 

Je remercie également la Suisse, l’Italie, les pays scandinaves et les Etats-Unis d’Amérique ainsi que les pays de l’Ex- URSS qui hébergent nos compatriotes.

 

En Afrique, je porte ce sentiment de reconnaissance aux peuples du Kenya, de la Zambie, Zimbabwe, Angola, Swaziland, Malawi, Gabon et du Congo- Brazzaville, du Tchad et des pays du Nord à savoir le Togo, le Bénin, le Cameroun--- qui continuent d’accueillir ce même peuple bantou, leurs congénères, sur la terre de leurs ancêtres.

 

Mes hommages également à tout le monde épris de paix, qui lutte sans merci pour la justice et la démocratie en faveur de cette population meurtrie  par ces conflits ethniques. J’accorde une attention particulière aux livres de Charles Onana, le Camerounais, du Zaïrois- Ngbanda et sur l’enquête menée par Bruguière, le Français dont les révélations aideraient l’opinion internationale à mieux connaître le vrai responsable de ces massacres sans précédent déclenchés par ceux qui se trouvent actuellement au pouvoir à Kigali et qui prennent les hutus pour des bouc- émissaires.

 

Je loue également le courage et la personnalité forte du belge Reyntjens qui connaît mieux que quiconque le calvaire que vit le peuple des grands lacs et qui lutte pour que justice soit faite. Et enfin, je remercie Palou-Rognoni de l’association des avocats en Espagne qui également mène un combat pour que les exactions commises par ce même régime minoritaire de Kigali soient jugées et les commanditaires soient punis. Mes sincères remerciements à tous les avocats du peuple innocent et injustement opprimé.

 

A tous et à toutes que je n’ai pas cités et qui militent pour la démocratie en Afrique et dans le monde, mes hommages.

 

Sans hypocrisie à l’âme, je condamne ces pays à l’exemple du Burundi qui font la chasse aux hutus en leur refusant leurs droits de réfugiés. Ce même peuple, considéré comme des frères jumeaux a vite oublié le passé amer qu’ils ont vécu et a ignoré que ce même peuple leur a accordé de bon gré l’exil depuis les années 72 jusqu’en 1994.      

 

Documentation.

 

  1. Le  Grand Guide du Kenya/ Editions Gallimard, 2002, pour la tradition française.
  2. Célestin Goma Foutou dans l’histoire des civilisations du Congo/ Editions Antropos, 1981.
  3. Jean Paul Harroy : Rwanda- souvenirs d’un compagnon de la marche du Rwanda vers la démocratie et l’indépendance- 1984.
  4. Alexis Kagame : un abrégé de l’ethno- l’histoire du Rwanda.
  5. Abbé Proyart cité par Th. Obenga.Op.Cit. P.80 dans l’histoire des civilisations du Congo.