Catastrophe à Goma: La responsabilité du RCD / Goma


Comité provincial du MRC / Nord Kivu
Gisenyi, Rwanda
19.01.02


La ville de Goma, capitale du Rassemblement Congolais pour le Démocratie, RCD / Goma, avec ses 700.000 habitants dont 450.000 déplacés des guerres, reste aujourd'hui une ruine d'elle même, désertée par sa population fuyant la coulée des laves du volcan Nyiragongo qui est entré en éruption dans la matinée du 16.01.2002.

Les cinq chercheurs de l'IRSAC LWIRO avait début 2001 donné le signal d'alarme que les autorités du RCD / Goma avaient balayé de revers de mains narguant le problème des fonds malgré des sommes faramineux qu'elles sont contraintes de verser chaque mois au Gouvernement Rwandais soit disant comme effort de guerre.

Trois mois avant l'éruption, les mêmes chercheurs ont encore lancé leur cri sans espoir aucun. Même les organismes humanitaires ont gardé sourd d'oreille et non pas voulu appuyer leur programme de surveillance, d'alerte et d'évacuation de la population en cas de besoin.

Abandonné à lui même, l'Observatoire du Centre de Recherche de IRSAC situé à Lwiro au Sud Kivu en face du volcan Nyiragongo, donne depuis longtemps l'image d'un parent pauvre:

* Pas de prise en charge de l'équipe de chercheurs.

* Matériels de surveillance détruits par l'arrivée des réfugiés rwandais de 1994. Les chercheurs sont souvent contraints de descendre sur le cratère pour observer directement au lieu d'utiliser du matériel moderne dont les coûts n'étaient excessif au RCD / Goma.

Créé en 1995 par la Société civile du Nord Kivu, le Comité de Prévention des Calamités Naturelles, CPCN, avait eu dans le temps et ceci en collaboration avec le IRSAC/ Lwiro, à éduquer la population sur les attitudes à prendre en cas d'un tremblement de terre et d'une éruption volcanique, mais ses activités ont été sensiblement réduites fautes des moyens.

Le Comité mis sur pied par le gouvernorat de Province du Nord-Kivu, il y a de cela deux ans, prétendait toujours n'être pas en mesure d'accompagner ou appuyer l'Observatoire arguant les difficultés des moyens financiers.

Malgré le tremblement de terre d'une plus forte magnitude qui avait secoué la ville de Goma en date du 05.01.2002 et l'alerte encore une fois des chercheurs de l'Observatoire, les autorités du RCD / Goma sont restés de marbre à toutes leurs propositions. Conséquencés:

* Le volcan Nyiragongo est entré en éruption dans la matinée du 16.01.2002.

* La situation humanitaire est devenue alarmante avec plus de 700.000 réfugiés au Rwanda et à Masisi

* L'enclavement de tous les territoires occupés par le RCD et leurs alliés avec comme conséquences des pénuries de première nécessité (médicaments, nourriture, etc.).

* La tension risque d'augmenter dans le territoire de Masisi où les conflits de terre s'observent avec les éleveurs qui viennent chaque jour du Rwanda avec leur bétail et prennent de force les champs des paisibles citoyens. Quand on sait que cette partie de la province du Nord-Kivu connaît plusieurs villages abandonnés à cause des guerres qui le déchirent depuis plus de dix ans. La population ayant fui Goma vers ce territoire risque surtout d'être oublié par les humanitaires.

* Les règlements de comptes entre le RCD / Goma et la population de Goma.

* La remise en cause des résolutions du Conseil des Nations Unies par le RCD / Goma, notamment la démilitarisation de Kisangani et Kindu.

Raison pour laquelle, la fin de la guerre passe pour la seule condition à toutes les crises qui déchirent la République Démocratique du Congo et surtout la fin des calvaires des populations des territoires occupés par les mouvements rebelles et leurs alliés.