Le matin du 6.4.1999, une messe de requiem a été célébrée à la catédrale Régina Mundi en mémoire du Président Cyprien Ntaryamira abattu au dessus de Kigali le 6 Avril 1994 en même temps que son homologue rwandais Juvénal Habyarimana.
Les hautes autorités du pouvoir de Bujumbura issu du "partenariat politique" de juin 1998, étaient toutes présentes à l'exception du Président de l'Assemblée Nationale qui est en voyage en Europe. Le major Buyoya, son premier Vice-Président, plusieurs de ses ministres et des députés du "parlement élargi" avaient pris part à ces cérémonies.
La présence de tout ce monde était inattendue, car la préparation de la célébration de cet anniversaire avait été en toute discrétion. Bon nombre de militants du Frodebu se sont déclarés déçus par l'attitude du pouvoir qui n'a même pas réservé une minute d'extrait d'un de ses discours qu'il aurait prononcé de son vivant.
La plus grande question reste aussi de savoir quand la communauté internationale va se décider à ouvrir une enquête sérieuse sur les assassinats des présidents burundais Melchior Ndadaye et Cyprien Ntaryamira et le rwandais Juvénal Habyarimana survenus en moins de 6 mois et qui constituent le détonateur des massacres à caractère génocidaire qui ont coûté la vie à au moins 800.000 personnes dans ces deux pays, et lesquels massacres se poursuivent et se sont étendus sur la République Démocratique du Congo, avec des milliers de réfugiés Rwandais et Burundais disparus dans les forêts de Tingi-Tingi et Shabunda fin 1996.
La mort de ces 3 présidents, le génocide rwandais, les massacres interethniques au Burundi où les tutsi et les hutu se réclament tous victimes d'un génocide programmé sont devenus des faits banals qui permettent aux régimes actuels de la région de perpétrer l'impunité. Ces armées se sont données comme une liberté de tuer au nom de "la prévention contre le génocide" même quand ils commettent visiblement des massacres sélectifs pouvant être qualifiés de crime contre l'humanité ou de génocide.
Ces "génocides" dont les uns et les autres se réclament d'être victimes constituent une couverture à beaucoup de crimes contre l'humanité, et bien capitalisés par les régimes militaires de Bujumbura et de Kigali qui tuent sous le prétexte de prévenir le génocide. La communauté internationale devrait penser à constituer un tribunal international pénal à l'instar de celui du Rwanda pour le Burundi afin de mettre fin à l'impunité. Il est aussi anormal que ce soit seulement ceux qui ne sont pas au pouvoir et parfois victimes du système politique en place qui soient jugés alors que bon nombre de militaires et de civils accusés de crimes abominables se maintiennent au pouvoir et bénéficient du soutien de la "Communauté Internationale".