Campagne en faveur de la candidature de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de la Paix pour l'année 2000


Comité pour le Prix Nobel de la Paix de l'année 2000 pour Juan Carrero Saralegui
Majorque (Espagne)
Juin 1999

Chères amies, chers amis,

Nous souhaitons vous informer de la candidature d’un Majorquin au Prix Nobel de la paix de l’an 2000 et solliciter votre soutien. Œuvrant en faveur de la non-violence depuis vingt-cinq ans, Juan Carrero a réalisé dernièrement diverses actions pour dénoncer l’injustice et les événements tragiques qui affligent la Région des Grands Lacs africains, plus particulièrement depuis 1990.

Sa trajectoire personnelle commence lorsque, jeune homme, il se déclare troisième objecteur de conscience de l’Etat espagnol (exception faite des témoins de Jéhovah) et elle aboutit aux marches de 1000 km à pied sur Genève en 1996 (depuis Barcelone en début d’année et depuis Assise en fin d’année) et au jeûne de 42 jours devant la porte du Conseil des ministres de l’Union européenne début 1997, cette dernière mesure de pression extrême pour dénoncer le génocide dans la Région des Grands Lacs qui est de plus en plus passé sous silence et oublié .

Cette dernière démarche a recueilli le soutien de 19 Prix Nobel, de la commissaire Emma Bonino, des différents groupes politiques du Parlement européen, de José María Gil Robles, président de cette institution, de dizaines de personnalités connues sur le plan international et de centaines d’ONG.

Pour beaucoup des plus lucides connaisseurs de la situation de l´Afrique des Grands lacs, Juan Carrero est un visage de la souffrance des victimes de l´Afrique des Grands Lacs et la voix de milliers de frères et de sœurs africains qui souffrent de la convoitise et de la soif de puissance d´une minorité dans cette région et de ses alliés non africains.

Juan Carrero a déjà reçu, entre autres, le prix «Le Courage de la Conscience» des mains du fondateur de l’Abbaye de la Paix (Massachusetts, février 1999), devenant ainsi le premier espagnol à recevoir cette distinction et le prix « Mémorial pour la Paix et la Solidarité entre les peuples » décerné par la Fondation SERPAJ (Buenos Aires, novembre 1996).

Dans la Région africaine des Grands Lacs, la vérité, la justice, la démocratie et la réconciliation se trouvent dans une telle impasse que seuls des appuis de la taille d’un Prix Nobel pourront y faire briller une lueur d’espoir.

Au début du mois de mai, le «Consell Insular de Mallorca» (pouvoir exécutif de Majorque) a approuvé, en séance plénière, son soutien à la candidature de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de la Paix 2000. Au moment de lancer cette campagne, nous avons également l’appui de Mgr Teodor Ubeda (évêque de Majorque) et de Vicenç Ferrer (Prix Príncipe de Asturias de la Concordia).

Veuillez trouver ci-joint les documents concernant la candidature, auxquels vous pouvez également accéder sur la Web de la Fondation S’Olivar, www.pangea.org/olivar et, pour plus d’information sur l’Afrique des Grands Lacs, vous pouvez consulter le site www2.minorisa.es/inshuti.

Le prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel a décidé de présenter en décembre 1999 la candidature de Juan Carrero, " connaissant depuis de nombreuses années- d´après ce qu´il affirme- son engagement, à côté de son épouse Susana Volosín, en Argentine du Nord en tant qu´instructeurs ruraux dans les communautés indigènes, son travail et compromis au service des peuples opprimés, et en particulier à ceux de l´Afrique des Grands Lacs, et sa constante action sociale et spirituelle auprès des plus défavorisés" .

Nous espérons aussi compter sur votre appui important pour cette Candidature. À cet effet nous vous prions de bien vouloir nous l´envoyer au moyen d´une Lettre d´Adhésion avant le 30 Juin 2000, (ci - joint un modèle que vous pouvez modifier).

Au nom de toutes les victimes de l’injustice et de la violence dans la région des Grands Lacs africains, nous vous remercions sincèrement.

Bernat Vicens, porte-parole du Comité de la Candidature

 

 

LA CAUSE

1. Le continent africain est certainement plus que tout autre, le grand laissé-pour-compte par toutes les forces progressistes de la communauté internationale qui prétendent effacer à tout jamais de la face du monde la barbarie, la faim et la misère. Mais il a cependant été également pendant des siècles, un point de mire et un objet de convoitise et de spoliation de la part des gouvernements et des grands intérêts économiques du nord civilisé, notamment des européens. Les dernières grandes transformations politiques globales, qui ont fait des Etats Unis la grande puissance hégémonique mondiale, ont eu, elles aussi, une répercussion sur ce continent. Depuis quelques années, il semble de plus en plus évident que rien ne s’y fera plus sans la bénédiction du gouvernement des Etats-Unis et des grandes multinationales qui gravitent autour.

2. Cette nouvelle étape n’a cependant pas signifié l’arrivée d’un «printemps» africain dans le cadre d’un hypothétique nouvel ordre international mais plutôt celle d’une sorte de néocolonisation. L’essentiel aujourd’hui est, semble-t-il, non pas de résoudre les problèmes cruciaux de l’Afrique mais d’en exploiter au maximum les ressources dans les conditions les plus favorables aux grandes multinationales. Il y a quelques années, Ronald Brown, Secrétaire d’Etat au Commerce, proclamait sans la moindre pudeur et en employant une image africaine des plus expressives : «Des années durant, les Européens ont dominé le monde des affaires en Afrique alors que l’Amérique du Nord ne contrôlait que 17% de ce marché. Maintenant, nous sommes décidés à retourner la situation et à nous emparer de la part du lion.»

3. Ce n’est pas par hasard que ce programme a été annoncé en Ouganda. En effet, ce pays représente «la tête de pont» où le géant nord-américain a «débarqué» en Afrique. Malheureusement, ce débarquement n’avait pas, dans ses intentions, la même noblesse que celui de Normandie. Ce petit pays à la situation stratégique, est limitrophe de cet autre géant qu’est l’ancien Zaïre, véritable prodige de ressources naturelles en tout genre, situé au centre même de ce grand continent. D’abord, nous avons assisté à la chute du Rwanda, puis à celle de la démocratie au Burundi et enfin à celle du Zaïre lui même. Les importants contrats miniers déjà conclus commencent à produire les premiers bénéfices qui permettront d’augmenter ces pauvres 17% dont se plaignait M. Brown.

4. Les objectifs économiques sont donc évidents. Mais ce qui est vraiment pénible, c’est que les méthodes employées pour les atteindre ne diffèrent en rien de celles appliquées pendant des dizaines d’années en Amérique Latine. Les indices qui le prouvent sont vraiment trop nombreux. Il semble qu’il soit encore possible, en Afrique, de s’allier avec des dictateurs coupables de génocide plus féroces qu’un Pinochet, un Videla, etc. sans que les sociétés nord-américaine ni européenne n’arrivent à savoir ce qui s’y passe vraiment. Des alliances inconfessables ont dû être conclues avec des lobbies petits mais puissants au sein de l’ethnie tutsi déjà minoritaire. Ces lobbies sont constitués d’êtres sans scrupules qui savent que, pour conserver leur pouvoir dans la région, il est nécessaire d’éliminer tout dirigeant de l’ethnie hutu et de maintenir la population globale de cette ethnie majoritaire à un niveau «maniable». Il a fallu également mener des campagnes médiatiques considérables afin de cacher à l’opinion publique internationale, derrière le génocide en 1994 de plusieurs centaines de milliers de tutsis et de hutus modérés, un génocide beaucoup plus atroce encore, celui de plusieurs millions de hutus, et de justifier l’apartheid brutal auquel sont soumis les survivants de cette ethnie majoritaire.

Monseigneur Munzihirwa, évêque jésuite de Bukabu, trois jours avant d’être assassiné tout comme Monseigneur Romero, s’était écrié «Nous demandons aux lobbies tutsis qui dirigent le Rwanda et le Burundi de cesser d’organiser la désinformation afin de tromper l’opinion internationale». Son sacrifice n’aura certainement pas été inutile mais, jusqu’à présent, ces lobbies tutsis extrémistes ont réussi à faire passer pour des assassins les vraies victimes de cette tragédie, à savoir la grande majorité de la population du Rwanda et du Burundi. Il s’agit d’une minorité réduite qui arrive, une fois de plus et au moyen des méthodes les plus perverses, à réduire tout un peuple à l’esclavage, trompant pour ainsi dire le monde entier grâce au contrôle absolu de toute investigation indépendante sur les territoires qu’elle domine.

5. Ce projet tout entier de conquête des ressources et des marchés africains a été définitivement scellé en 1997 lors du sommet du G7 à Denver. Le Congressional Black Caucus, un groupe de représentants noirs au congrès nord-américain, a qualifié ce sommet de «deuxième Conférence de Berlin». A l’occasion de ce sommet, les gouvernements des grandes puissances, notamment ceux des Etats-Unis et de la France, sont convenus, semble-t-il, d’une politique commune, laissant leurs différends de côté.

6. L’Afrique ne peut plus attendre. Les événements tragiques qui se sont succédés et se succèdent dans la région des Grands Lacs, en particulier depuis 1990, date à laquelle le Rwanda fut envahi par le FPR depuis l’Ouganda, ne peuvent être interprétés uniquement ni essentiellement comme un problème d’origine ethnique, mais plutôt comme des conflits de pouvoir s’inscrivant dans le cadre de cette néocolonisation. Nous ne pouvons pas permettre que la destruction et la mort poursuivent leurs ravages. C’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les institutions, toutes les organisations, toutes les personnes qui savent ou pressentent la vérité de tout ce que nous venons d’exposer pour qu’elles nous soutiennent dans notre tentative d’obtenir, pour cette cause, le prix Nobel de la Paix de l’an 2000. Les moyens consacrés à ce macroprojet de néocolonisation sont énormes et les blessures ouvertes dans cette région sont telles que faire surgir la vérité, la justice, la démocratie et la réconciliation relève aujourd’hui pratiquement du domaine de l’impossible. Seul un appui comme celui du prix Nobel nous permettrait peut-être d’entrevoir une étincelle d’espoir.

 

LE VISAGE

«Toute cause nécessite un visage», furent les paroles de Lewis Randa, fondateur et directeur de l’Abbaye de la Paix lorsque, le 2 février dernier, il remit à Juan Carrero Saralegui le prix «Le Courage de la Conscience». Il est le premier espagnol à avoir reçu ce prix décerné par cette organisation dont le siège se trouve à Sherborn (Massachusetts). Il avait précédemment été décernée, entre autres à: Ernesto Cardenal, la Mère Thérèse de Calcuta, le Dalaï Lama, Thich Nhat Hanh, Mgr. Desmond Tutu, Daniel Berrigan, Paul Winter Consort, Helen Caldicott, Brian Wilson, Rosa Parks, Ramsey Clark, Maya Angelou, Muhammad Ali, Rigoberta Menchu, Harry Wu, Mikhail Gorbachev, Patch Adams, Hugh Thomson, Sting, Jimmy Carter, Joan Baez et Greenpeace. Il a également été attribué, à titre posthume, à Anwar Sadat, Alva Myrdal, au Mahatma Gandhi, à John Ono Lennon, Oscar Romero, Dorothy Day, Robert Francis Kennedy et Martin Luther King. Ces distinctions posthumes ont été remises, à l’Abbaye de la Paix, aux personnes les plus proches possible des lauréats: au petit-fils de Ghandi, aux enfants de John Lennon et de Martin Luther King, etc.

Notre lauréat, durant son discours, s’est exclamé «J’ose vous supplier, au nom de la vérité et de tout ce qu’il y a de plus noble et sacré dans cette vie, au nom des ces ancêtres qui ont permis l’existence de cette grande et chère nation qui me reçoit aujourd’hui et me fait l’honneur de me décerner ce prix, au nom de tous ces héros que j’admire énormément pour avoir lutté tout au long de l’histoire de cette nation en faveur de la justice et la fraternité, dont certains ont reçu avant moi ce prix qui m’est aujourd’hui concédé, au nom de l’immense douleur de millions de nos frères africains, et finalement, au nom de ce Dieu que j’aime et que je sers de mon mieux, malgré mes limitations et mes misères, au nom de tous, je vous supplie de nous aider dans notre tentative audacieuse d’obtenir du gouvernement de cette nation qu’il modifie sa politique dans la région des Grands Lacs d’Afrique. Je vous supplie de nous aider à faire en sorte que votre gouvernement ne continue pas, pas un jour de plus, à prêter son appui à des alliés responsables de grands crimes contre l’humanité et même de génocide; je vous supplie de nous aider de façon à permettre que notre petite voix atteigne la grande masse de la société d’Amérique du Nord par l’intermédiaire des médias.

Plus vite nous entamerons le débat sur les implications et les responsabilités du ce gouvernement, plus vite nous pourrons faire cesser ce génocide qui semble ne pas avoir de fin. Nous sommes nombreux à désirer, aussi bien ici qu’en Europe, que le prestige moral qu’il reste à cette chère nation ne soit pas dilapidé. Les grandes causes de la paix et de la justice attendent beaucoup de cette grande puissance que représentent les Etats-Unis. Par contre, comme le disait très justement le Mahatma Gandhi, tout ce qui est fondé sur l’injustice et le mensonge, même les plus grands empires, est appelé à s’écrouler.

La situation provoquée dans cette région par les lobbies que dirigent Museveni, Kagame et Buyoya ou Bagaza est, tant du point de vue moral que politique, insoutenable. Avec des extrémistes capables de telles exclusions, cette région africaine ne connaîtra jamais une stabilité qui puisse permettre des relations commerciales telles que le souhaitent le gouvernement de l’Amérique du Nord, la Banque mondiale et quelques grandes sociétés. Pour parvenir à une stabilité juste et nécessaire, à laquelle ont droit plus que quiconque les malheureuses populations civiles de ces pays, il faut que commence dans cette région et sans plus tarder, un processus semblable à celui de l’Afrique du Sud. L’apartheid ethnique est encore plus cruel que l’apartheid racial et la communauté internationale ne doit pas le permettre. La grande majorité hutu de cette région ne peut être exclue. Espérons qu’entre tous, nous pourrons enfin trouver le chemin d’une paix juste et stable».

Peu nombreux sont ceux qui ont eu la capacité d’analyse politique suffisante et la rapidité de réflexes nécessaire pour prendre conscience de tout ce qu’il y avait derrière ces conflits que l’on essaie de faire passer pour de simples affrontements ethniques; et encore moins nombreux sont ceux qui, mus par une bonté miséricordieuse et le sens des réalités, ont été capables de trouver les actions adéquates pour arriver, grâce à leurs accusations lucides, jusqu’aux plus hautes instances politiques internationales, pour attirer l’attention des médias sur une Afrique trop éloignée de nous et pour obtenir des appuis au plus haut niveau international. Notre candidat, conscient en outre, non seulement de la nature politique de ces tragédies, mais aussi de l’hégémonie des Etats-Unis, a été capable de faire entendre sa voix au sein même de cette nation et de gagner l’appui de certains secteurs lucides et engagés de sa société.

Juan Carrero n’est pas toutefois un nouveau venu. Il a reçu le prix «Le Courage de la Conscience» non seulement pour ces dernières années de lutte en faveur de la paix et de la justice dans la région des Grands Lacs mais aussi pour s’être engagé pendant 25 ans en faveur de la non-violence. Il est né à Arjona (province de Jaén en Andalousie) le 18 février 1951. A 19 ans, après avoir réussi le baccalauréat puis fait des études de philosophie pendant 3 ans, il s’est retiré avec trois amis dans la propriété S’Olivar, à Estellencs, village blotti dans les montagnes de la Tramuntana à Majorque. Pendant quatre ans, il va se consacrer à la méditation et à la prière dans la solitude et aux études de théologie. En 1974, en pleine course aux armements de la fameuse guerre froide, il décide de se déclarer objecteur de conscience au service militaire obligatoire. Ce fut ainsi le troisième objecteur d’Espagne, à l’exception des Témoins de Jehova. Les deux premiers avaient été condamnés à 8 ans de prison par la dictature franquiste. Il fait à cette époque la connaissance de Susana Volosín à la Communauté non-violente de l’Arche, dans le sud de la France, et il l’épousera plus tard. Il fait également la connaissance de Lanza del Vasto, disciple européen de Gandhi, à qui celui-ci avait donné le nom de Santidhas, Serviteur de la Paix, lui donnant pour mission de divulguer la non-violence en Europe. Il décide de son plein gré de faire un service social de remplacement, non prévu par la loi, en travaillant pendant trois ans (le double du service militaire) avec les indigènes quechuas d’Argentine partageant leur vie et leur pauvreté. Il voulait ainsi dénoncer et s’opposer au service militaire obligatoire tout en réfutant les accusations de paresse et de manque de solidarité dont faisaient l’objet les premiers objecteurs.

Quand le triumvirat militaire argentin, formé par les généraux Videla, Massera et Agostí, a donné son coup d’Etat et lorsqu’ils ont commencé à perpétrer leurs tortures, crimes, enlèvements et disparitions, lui et sa femme travaillaient déjà sur les contreforts des Andes argentines, à la frontière du Chili et de la Bolivie, à près de 4000 m d’altitude; ils étaient instituteurs dans une petite école fréquentée par plus de 50 enfants quechuas. Il avait fui la justice militaire espagnole et avait l’idée de revenir en Espagne après ces années de service cautionnées par la Délégation des Missions du Diocèse de Majorque. De même que son grand ami argentin, Adolfo Perez Esquivel, futur Prix Nobel de la Paix 1980, sa femme et lui-même sont des rescapés . Leur école se trouvait à quelques kilomètres seulement de Mina Aguilar, une mine énorme, d’où une entreprise américaine extrayait tous les jours des tonnes de minerais variés d’une grande valeur. Il y a quelques semaines, vingt-cinq ans plus tard, Madame Albright reconnaissait que le gouvernement nord-américain s’était trompé en donnant son appui aux dictatures de l’Amérique latine.

Pour Juan Carrero, l’histoire se répète cependant, 25 ans plus tard. Le désir d’être toujours du côté des laissés-pour-comptes et des plus défavorisés a conduit la Fondation S’Olivar, dont il est le président depuis sa constitution en 1992, à travailler durant ces cinq dernières années en faveur des populations civiles sans défense du Rwanda, du Burundi et de la R.D. du Congo. Il sait très bien ce qui se passe dans cette région. Au cours de ces dernières années, il a recueilli un trop grand nombre de témoignages sur des massacres terribles et d’autres actions d’une cruauté extrême. Lui et ses compagnons ont effectué près de 2 000 km de marche pour la paix. Ils sont arrivés à la limite de leurs forces lors d’un jeûne de 42 jours. Ils ont reçu le soutien de 19 prix Nobel (Adolfo Pérez Esquivel, Elie Wiesel, Joseph Rotblat, Oscar Arias, Mairead Corrigan Maguire, Rigoberta Menchu, Mgr Desmond Tutu, Mikhail Gorbatchev, H.H.Dalaï Lama, Int. Physicians for the Prevention of Nuclear War, Betty Williams, John Charles Polanyi, Rita Levi-Montalcini, Jean-Marie Lehn, Jean Dausset, Christian De Duve, Kenneth J. Arrow, François Jacob y Nadine Gordiner) et de la totalité pratiquement du Parlement Européen avec son président, l’espagnol José Maria Gil Robles, à la tête. Ils ont animé Madame Emma Bonino, commissaire européenne à l’aide humanitaire, à rencontrer en février 1997, au Zaïre, accompagnée des caméras de télévision, les réfugiés hutus rwandais que les satellites nord-américains à la technologie si sophistiquée ne voulaient pas voir et dont on niait donc l’existence. Rien qu’à Tingui Tingui, elle en trouva 300 000. En arrivant à Bruxelles, la commissaire a déclaré: «Je reviens de l’enfer». C’est certainement grâce à tout cela que des dizaines de milliers de réfugiés ont, sans doute, réussi à avoir la vie sauve. Mais les forces armées extrémistes tutsis en ont cruellement éliminé la grande majorité par les armes, la faim, les maladies et les blessures. Juan Carrero, dans son discours à l’Abbaye de la Paix, dénonçait clairement: «De même que ce que l’on a appelé génocide de 1994 ne peut pas être un alibi pour éliminer de façon sélective et massive l’ethnie hutu, les graves responsabilités historiques de certains gouvernements européens dans cette région n’excusent pas non plus celles du gouvernement des Etats Unis actuellement. C’est pourquoi je dénonce ici, aujourd’hui, ce gouvernement qui a instruit ces armées coupables de génocide, je dénonce la participation du gouvernement nord-américain à l’élaboration des projets d’invasion du Rwanda en 1990 et du Zaïre en 1996, je dénonce le soutien qu’il a apporté à l’exécution de ces invasions».

Cette lutte pour la fin du génocide et le rétablissement de la vérité et la justice dans la région des Grands Lacs, dans laquelle Juan Carrero est engagé en tant que président de la Fondation S’Olivar et conjointement avec d’autres organisations européennes et africaines (notamment avec l’organisation catalane Inshuti) constitue sa tâche principale. Mais ce n’est pas la seule. Le 0’7% du budget déjà alloué par de nombreuses institutions publiques de Majorque aux pays les moins favorisés, ne serait jamais devenu une réalité si sa Fondation avec d’autres ONG n’avait entrepris une campagne déterminée pour l’obtenir. En trois ans seulement, cette aide institutionnelle s’est vue multipliée par plus de dix. Depuis 1997, il a aussi participé à l’effort de pacification en Euskadi (Pays Basque) avec Adolfo Pérez Esquivel, médiateur entre ETA et le gouvernement socialiste de Felipe González pendant presque deux ans. Pour toutes ces raisons, notre candidat a reçu différents prix au cours de ces dernières années. Outre le prix «Le Courage de la Conscience», cité précédemment, il y a un autre prix qui mérite une mention spéciale qui est le "Mémorial pour la Paix et la Solidarité entre les peuples» décerné par la Fondation SERPAJ avec statut consultatif devant les Nations Unies et l’UNESCO en 1996.

Cependant, toute cette solidarité lucide ne vient pas du néant mais d’une expérience spirituelle profonde et authentique. Comme notre candidat a l’habitude de le dire: «Si nous ne sommes pas capables de ressentir dans notre propre chair la douleur des victimes, l’analyse politique indispensable sera faussée; elle apparaîtra débordante de théorie et dépourvue de réalité». Dans l’harmonie de cette montagne de S’Olivar, l’estime et le respect déférent envers tout ce qui existe devient palpable. C’est du silence et de la prière, œcuménique dans la mesure du possible, que naît cette expérience que Gandhi a su exprimer de façon absolument admirable: «Je me sens le frère de tous et pour être heureux, j’ai besoin de voir que le plus petit de mes semblables est heureux ". Quiconque se rend à S’Olivar, revient à la "civilisation" avec un courage et un espoir renouvelés. Juan Carrero essaie aussi, principalement par l’intermédiaire d’articles parus dans divers types de presse, de projeter cette expérience hors des étroites limites de S’Olivar, une expérience ineffable mais réelle, celle de la relation profonde et de l’interdépendance entre tous les êtres vivants. Sans cette expérience, comme a l’habitude de le dire le président de cette fondation culturelle, nos modèles culturels seront toujours réductionnistes.

Des «rêveurs» comme Gandhi et Luther King sourient certainement, heureux de contempler cette petite fondation non confessionnelle dont la devise est «Rêver et construire un monde plus fraternel dans un environnement plus vivable».

(Pour une plus ample information de type générale, s’adresser à www.pangea.org/olivar, et sur la région des Grands Lacs en particulier, voir www2.minoria.es/inshuti)

Adolfo Perez Esquivel. (29/04/99)

 

(MODÈLE DE LETTRE D´ADHÉSION que vous pouvez modifier)

envoyer avant le 30 Juin 2000

 

AU COMITÉ EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE DE JUAN CARRERO SARALEGUI AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L'AN 2000

Avda. Metge Josep Darder, 14, 3º B

07008 PALMA (Espagne)

Tel/Fax 34 - 971 24 18 98

nobel2000@pangea.org

 

Je soussigné(e)

reconnais l'effort de M. Juan Carrero Saralegui en défense de la paix, des droits de l'homme, de la justice et de la liberté des plus défavorisés, à partir de son option de non-violence et tout au long de sa vie.

Je reconnais, en particulier, son engagement dans la lutte pour la défense de ces valeurs dans la région des Grands Lacs africains, où une tragédie immense, bien que passée sous silence, se poursuit actuellement.

PAR CE DOCUMENT, JE SOUHAITE APPUYER LA CANDIDATURE DE JUAN CARRERO SARALEGUI AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L'AN 2000.

 

 

Signé à . le 2000.

 

 

 

Signature

 

 

 

 

Nom et prénoms:

 

Fonction

DIFFUSEZ LE PLUS LARGEMENT POSSIBLE CETTE INFORMATION

aux institutions, aux entités, aux ONG , aux personnalités et aux particuliers

AFIN D'OPTIMISER NOTRE ACTION POUR LA PAIX ET LES DROITS DE L'HOMME ET D'AGRANDIR LA CHAINE HUMAINE EN FAVEUR DE LA PAIX

DANS L'AFRIQUE DES GRANDS LACS

où se développe jour après jour une grande tragédie cachée.

(www.pangea.org/olivar)

Nous vous en remercions au nom des populations des Grands Lacs.

Les soussignés reconnaissent l´effort de Juan Carrero Saralegui pour la défense de la paix, des droits de l´homme, de la justice et de la liberté des plus démunis, depuis son option de la non violence tout au long de la trajectoire de sa vie.

Ils reconnaissent spécialement son engagement dans la lutte pour faire triompher ces valeurs dans l´Afrique des Grands Lacs, dans laquelle continue, bien que silencieuse, une grande tragédie.

Ils manifestent avec leur signature leur adhésion personnelle à la candidature de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de la Paix de l´an 2000.

 

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Adresse

Signature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Institutions, organisations et personalités qui donnent l'appui à la candidature

Cadre africain, 14 appuis parmi lesquels nous trouvons:

Cadre des missionnaires des Grands Lacs africains, 17 appuis, parmi lesquels nous trouvons.

Cadre de la coopération, droits de l´homme, paix et humanitaire, 23 appuis, entre lesquels nous trouvons:

Cadre politique et institutionnel, 71 appuis, entre lesquels nous trouvons:

Cadre de la magistrature, 9 appuis.

Cadre ecclésiastique et spirituel, 44 appuis, entre lesquels nous trouvons:

Cadre académique et intellectuel, 37 appuis, entre lesquels nous trouvons:

 

Cadre de l´action sociale et écologique, 19 appuis, entre lesquels nous trouvons:

Cadre culturel, éducatif et de la société civile, plus de 70 appuis, parmi lesquels nous trouvons:

Plus de 4.500 adhésions populaires

CE DOCUMENT CONTIENT LA TRANSCRIPTION OU TRADUCTION DE QUELQUES UNES, PARMI LES PLUS REMARQUABLES, DES LETTRES D'ADHÉSION REÇUES

 

Traduction de la lettre du Consell Insular de Mallorca

CONSEIL INSULAIRE DE MAJORQUE

Secrétariat de la Présidence

Monsieur,

Le Conseil Insulaire de Majorque, en séance plénière ordinaire tenue le 3 mai 1999, a adopté l'agrément qui suit:

"Ayant examiné la pétition de la ‘Campagne en faveur de la candidature de Juan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix de l'an 2000’, accréditée par la documentation ci-jointe, notre corporation se félicite du fait qu'un citoyen majorquin soit proposé pour une mention honorifique.

Le Conseil Insulaire de Majorque, en représentation du peuple majorquin, est fier d'appuyer la candidature de Juan Carrero et lui est reconnaissant de la remarquable tâche solidaire mise en oeuvre toute au long de sa vie, et tout particulièrement, de sa contribution personnelle à la prise de conscience de l'opinion publique et des institutions européennes à l’égard de la situation dans la région des Grands Lacs africains.

Pour toutes ces raisons, les groupes de consellers signataires présentent la motion suivante:

1.- Le Conseil Insulaire de Majorque adhère à la proposition de nomination de Juan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix de l'an 2000.

 

Afin que vous en ayez connaissance et pour valoir et servir ce que de droit.

Palma, le 1er juillet 1999

LA PRÉSIDENTE:

Signé: Maria Antònia Munar i Riutort

M. Bernat Vicenç Vich, porte-parole du Comité pour la Campagne en faveur de la Candidature de Juan Carrero au Prix Nobel de la Paix de l'an 2000.

 

Traduction de la lettre de Vicenç Ferrer

DE M. VICENÇ FERRER

PRIX PRINCIPE DE ASTURIAS DE LA CONCORDE

AU COMITÉ D'APPUI EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE DE JUAN CARRERO

SARALEGUI POUR LE PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L'AN 2000

Palma, le 3 Mai 1999.

Connaissant la trajectoire de Juan Carrero Saralegui tout au long de ces années entièrement consacrées à la défense inconditionnelle de la justice, de la liberté et des droits de l’homme, et reconnaissant son implication directe dans la dénonciation publique de la douleur qui afflige les hommes et les femmes de la région africaine des Grands Lacs, je suis convaincu du bien-fondé de cette nomination au Prix Nobel de la Paix.

La concession de ce prix constituerait un appui important aux actuelles dénonciations minoritaires concernant les massacres et la violence continuelle qui ne cessent d’accabler la zone des Grands Lacs africains, et ouvrirait les portes vers l'espoir d'une intervention humanitaire dans les régions touchées.

Vicenç Ferrer

 

Traduction de la lettre de l'Évêque de Majorque

L'Évêque de Majorque

AU COMITÉ DE SOUTIEN DE LA CANDIDATURE DE JUAN CARRERO SARALEGUI

AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L'AN 2000

Par ces mots, je tiens à manifester mon adhésion à la candidature de M. JUAN CARRERO SARALEGUI au prix Nobel de la paix de l'an 2000. Et je le fais d'après la connaissance directe de la personne et le grand intérêt porté à ses initiatives en faveur de la paix, tout particulièrement en ce qui concerne les graves conflits qui affligent la région africaine des Grands Lacs.

Je connais parfaitement la pensée du candidat à propos de l'urgence de travailler pour la justice, la liberté et les droits humains comme la meilleure voie menant à la la paix, ainsi que son admirable et généreux dévouement à cette noble cause depuis de longues années et son comportement sans tache, parfaitement cohérent avec l'esprit des grands maîtres du pacifisme de tous les temps et tous les peuples.

Je voudrais aussi souligner que la présence, depuis longtemps, des missionnaires majorquins dans les pays des Grands Lacs et les voyages fréquents que j'y ai réalisés, m'ont permis de connaître directement la tragédie qui affligent ces peuples et le besoin urgent d’une intervention humanitaire de la communauté internationale en faveur de la justice, la réconciliation, le respect des droits de l’homme, la coexistence démocratique et la paix dans cette région. Toutes ces raisons me portent à apprécier énormément la tâche du candidat en faveur de la cause des pays africains des Grands Lacs.

L'octroi du prix Nobel de la paix à JUAN CARRERO SARALEGUI, outre la reconnaissance de ses mérites dans la lutte pacifique pour la paix, à mon avis dignes de cette distinction, permettrait d’ouvrir une nouvelle porte vers l’espoir de trouver une solution aux graves conflits qui affligent cette région .

Palma de Majorque, le 15 Juin 1999.

Teodoro Úbeda, Évêque de Majorque

 

Traduction de la lettre de Dolores Aleixandre Parra

C’est par hasard que j’ai fait la connaissance de Joan Carrero: je suis allée à Palma de Majorque pour prononcer une conférence et j'ai prolongé mon voyage d’un jour pour rendre visite à une soeur de ma congrégation qui vit à S'Olivar; éblouie par la beauté et la tranquillité du site, j’ai décidé de venir me retirer en juin pour une semaine de prière, dans un de ses ermitages. C'est alors que j'ai eu l'occasion de rencontrer Joan, de parler avec lui et de rejoindre, par son intermédiaire, la cause de la pacification des Grands Lacs africains.

Comme tant d'autres personnes de ma génération, j'admire Gandhi, Lanza del Vasto, que j'ai connu personnellement, et Luther King; mais leur condition de personnalités gigantesques voire mythiques empêchait, logiquement, une approche autre que celle de la "dévotion admirative". Et, soudain, à S'Olivar j'ai rencontré quelqu'un qui incarne de la façon la plus simple, proche, cordiale et humble, le projet utopique de la non-violence active, et tout cela, dans son cas, à partir d’une expérience mystique.

Je dois dire que je n'avais pas trouvé jusqu’à présent de confirmation aussi évidente de ma conviction, née de l'étude du prophétisme biblique, dans le fait que ce sont les hommes et les femmes les plus fortement séduits par Dieu qui s’engagent avec le plus de force dans la défense des causes humaines, gagnés par cette passion de Dieu pour son monde.

C'est pourquoi je déclare mon appui inconditionnel à la nomination de Joan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix, ainsi que mon désir de faire connaître, par tous les moyens à ma portée, la cause à laquelle il se consacre.

Dolores Aleixandre, le 17 juin 1999.

Dolores Aleixandre Parra est religieuse du "Sacré-Coeur" et professeur d’ "Ecriture sainte" à la Faculté de Théologie de l'Université de Comillas, à Madrid.

 

Traduction de la lettre des Soeurs de la Charité de Saint Vincent de Paul

SOEURS DE LA CHARITÉ DE SAINT VINCENT DE PAUL

AU COMITÉ D’APPUI EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE

DE JOAN CARRERO SARALEGUI

AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L’AN 2000

Il y a très longtemps que je connais personnellement Joan Carrero et toute sa trajectoire en faveur de la paix , dans les pays des Grands Lacs en particulier. Son travail humble et constant et son honnêteté personnelle admirable en font un véritable maître de la défense des droits de l’homme, de la justice et de la paix.

En tant que Supérieure générale des Soeurs de la Charité, j’ai visité le Burundi à plusieurs reprises, car un groupe de soeurs de ma Congrégation y travaille et j’ai pu constater personnellement la situation de souffrance et de misère dans laquelle se trouvent les gens de cette région des Grands Lacs.

Juan Carrero a travaillé et travaille sans relâche pour que les droits de l’homme soient respectés dans ces pays, pour que règnent enfin la justice et la coexistence pacifique.

J’ai étudié avec mon Conseil général l’appui inconditionnel à la candidature de Joan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix de l’an 2000, lequel a adhéré à l’unanimité à ladite pétition.

A Palma de Majorque, le 22 juin 1999.

Maria del Pilar Bosch Cladera

Supérieure Générale.

 

Traduction de la lettre de Carmel Bonnín i Cortes

CARMEL BONNIN I CORTÉS

Avocat

AU COMITÉ EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE

DE JUAN CARRERO SARALEGUI

AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L’AN 2000

Messieurs,

Cela fait de nombreuses années que j’ai le privilège d’avoir été choisi par Juan Carrero, je ne sais toujours pas très bien pourquoi, comme confident et interlocuteur dans ses projets et investigations.

Depuis son option de contemplation et non-violenece, il a su écouter et deviner les lamentations des pauvres de ce monde, se convertissant ainsi en un facteur de changement et d’interpellation.

Je pense que depuis la guerre de Bosnie, il y a maintenant plus de cinq ans, Juan Carrero a fait un pas décisif dans la matérialisation de son témoignage interpellateur. Et il continue, fidèle à ses principes et obstiné, à nous faire découvrir le côté sanglant de la douleur humaine en Bosnie, dans la région des Grands Lacs africains ou au Kosovo.

Juan Carrero sait être solidaire et inviter les autres à l’être aussi, à partir de la simplicité, de l’indépendance la plus profonde et dans l’intérêt des victimes, en se mettant tout simplement à leur place.

C’est pourquoi Juan Carrero est pour moi, et certainement pour beaucoup d’autres, un symbole de ce qu’il faut faire ici et aujourd’hui, et c’est avec un grand plaisir que j’apporte mon soutien à sa candidature au prix Nobel de la paix de l’an 2000.

Carmel Bonnin Cortés

Avocat

Président en fonction de ‘Justice et Paix’

Secrétaire du ‘Fond Majorquin de Solidarité et de Coopération’

Palma, 29 juin 1999.

 

Traduction -du catalan- de la lettre du Parlement des Îles Baléares

AU BUREAU DU PARLEMENT DES îLES BALÉARES

Le Groupe Parlementaire Socialiste, le Groupe Parlementaire PSM-Entesa ( Entente) Nacionalista (Nationaliste), le Groupe Parlementaire d´Esquerra Unida i Ecologista (d´Union de la Gauche Écologiste), le Groupe Parlementaire Mixto (Mixte) et le Groupe Parlementaire Popular (Populaire),[...] présentent la PROPOSITION NON DE LOI suivante pour qu´elle soit transmise à la Séance Plénière de la Chambre:

TITRE: Nomination de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de la Paix.

Une fois assurée la pétition de la "Campagne en faveur de la candidature de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de l´an 2000", cette chambre se félicite du fait qu´un citoyen de Majorque soit proposé pour une nomination honorifique.

Le Parlement des îles Baléares, en représentation du peuple des îles Baléares, donne son appui à la candidature de Juan Carrero et est reconnaissant de son travail solidaire réalisé tout au long de sa vie et, tout spécialement, de sa contribution personnelle pour rendre l´opinion publique consciente et les institutions européennes en rapport avec la problématique humanitaire de la zone des Grands Lacs Africains.

Pour tout cela, Le Groupe Parlementaire Socialiste présente à la Séance Plénière la PROPOSITION NON DE LOI suivante:

  1. Le Parlement des îles Baléares adhère à la proposition de nomination de Juan Carrero Saralegui pour le Prix Nobel de la Paix de l´an 2000.
  2. Le Parlement des îles Baléares prie instamment le Govern(Gouvernement) de se ranger à la proposition de nomination de Juan Carrero Saralegui pour le Prix Nobel de la Paix de l´an 2000.

Au siège du parlement, le 29 Septembre 1999

Andreu Crespí Joan Bosbo Gomila Miquel Ramon

Pour le groupe Parlementaire Socialiste Pour le Groupe Parlementaire PSM-Entesa Nacionalista Pour le Groupe Parlementaire D´Esquerra Unida i Ecologista

Mª Antonia Munar José Mª González

Pour le Groupe Parlementaire Socialiste Pour le Groupe Parlementaire Popular

 

Traduction du bulletin Officiel du Parlement Général- Chambre des Députés

Au Siège de la Chambre des députés

[…]

Motivation

En satisfaisant à la demande du Comité de soutien de la candidature de Juan Carrero Saralegui au Prix Nobel de la Paix pour l´an 2000, la Chambre des Députés donne son appui à la candidature de Juan Carrero et tient à le remercier de consacrer son temps au travail solidaire et de sa contribution personnelle pour que l´opinion publique et les institutions européennes prennent conscience par rapport aux événements tragiques et aux situations d´injustice qui, en particulier depuis 1990, se succèdent dans la région des Grands Lacs d´Afrique.

Pour tout cela, nous présentons le Proposition suivante:

Proposition de non Loi

  1. La Chambre des Députés adhère à la proposition de nomination de Juan Carrero Saralegui pour le Prix Nobel de la Paix de l´an 2000.
  2. La Chambre des Députés prie instamment le Govern(Gouvernement) d´inciter et de promouvoir la proposition de nomination de Juan Carrero Saralegui pour le Prix Nobel de la Paix de l´an 2000.

Palais du Congrès des Députés, le 16 novembre 1999

 

Traduction de la lettre de la Delegation des Missions - Diocese de Majorque

DÉLÉGATION DIOCÉSAINE DES MISSIONS

AU COMITÉ EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE

DE JUAN CARRERO SARALEGUI AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L’AN 2000

Messieurs,

J’ai l’honneur de m’adresser à vous pour appuyer la candidature de Juan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix de l’an 2000, en reconnaissance des efforts réalisés durant sa longue trajectoire en faveur de la paix, des droits de l’homme, de la justice et de la liberté des plus défavorisés, depuis son option pour la non-violence.

En tant que missionnaire au Burundi, de 1976 à 1997, j’ai été témoin des efforts, des réalisations et du dévouement de Juan en faveur de la paix dans la région des Grands Lacs d’Afrique centrale [...]

C’est avec grand intérêt que je suis en ce moment, en tant que délégué de missions du diocèse de Majorque, la situation problématique de ces pays, notamment celle du Rwanda et du Burundi, puisque nos missionnaires y travaillent et n’ont à aucun moment abandonné leur mission malgré les problèmes énormes auxquels ils ont dû faire face ces dernières années.

L’un des mérites de Joan Carrero Saralegui a été d’être la "voix de ceux qui n’ont pas de voix". Il a éveillé la conscience des pays d’Europe à l’égard des droits des hommes et des femmes déshérités et si peu connus de ces pays, et il l’a toujours fait sous le drapeau de la paix et de la non-violence.

Dans les circonstances actuelles et connaissant la mentalité de ces peuples d’Afrique, polarisés sur le problème Hutu-Tutsi, le fait de décerner le prix Nobel de la paix à un homme de l’extérieur, un "mushingantahe" (mot kirundi plein de sens dans la mentalité du peuple burundais) pourrait aider dans une grande mesure à ce que ces peuples retrouvent la paix, la coexistence dans un monde de justice et de liberté, des valeurs qui existent dans leur tradition culturelle mais qui leur ont malheureusement été arrachées.

En mon nom personnel et au nom de la délégation des Missions du Diocèse de Majorque, j’offre mon appui à la candidature de Juan Carrero Saralegui au prix Nobel de la paix de l’an 2000.

Signé à Palma de Majorque, le 14 juillet 1999.

Jaume Mas Julià

Traduction de la lettre de Miquel Parets i Serra

AU COMITÉ D´APPUI EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE

DE JUAN CARRERO SARALEGUI AU PRIX NOBEL DE LA PAIX 2000

Je m´appelle Miquel Parets i Serra, numéro de D.N.I (Carte Nationale d´Identité) 43098463-D, missionnaire depuis 1961 au Burundi, Rwanda, au Congo et en Tanzanie. J´ai vécu toutes les guerres de la Religion, en fuyant d´un pays à l´autre avec les réfugiés hutus, jusqu ´en 1997: date à laquelle un infarctus m´a amené à Majorque

J´ai vécu le JEÛNE de Juan Carrero dans les Camps de Tanzanie. Dans chacun des quatre camps que je visitais-une semaine chaque mois- je commentais même avec des photographies le jeûne de Juan et de ses compagnons.Le commentaire des réfugiés était unanime. Je cite textuellement leurs propos […] "Tel que nous le disons au Kirundi, nul n´est aimé ou haï par tous… Juan nous aime".

Personnellement jugé et expulsé par mes frères extrémistes batutsi , j´ai trouvé chez Juan Carrero l´homme européen - LE SEUL ! à qui je n´ai pas dû expliquer le problème HUTU-TUTSI-TWA. Il l´avait capté tout aussi bien que moi après avoir passé 30 ans sur ces territoires. Les batutsi veulent être la chose pour laquelle ils ont des dispositions "BAKIVUKIYEMWO" qui est, selon eux, GOUVERNER. Déjà en 1972 le père NGEZA avant de mourir criblé de balles a pu ôter à ses frères tutsis. " VOUS AVEZ ORGANISÉ VOUS-MÊMES UNE RÉBELLION POUR JUSTIFIER CETTE RÉPRESSION" (C´était ses frères hutus qui déchargeaient sur lui leur arme. Les soldats tutsis tuaient les soldats hutus qui venaient d´assassiner les hutus comme eux).

Juan Carrero a compris mieux que personne le problème hutu-tutsi-twa il se l´est approprié, il continue de le vivre. Les deux génocides de tutsi et hutu déshonorent notre fin de millénaire…Le premier - Les premiers- mondes se taisent devant une si grande misère, tandis que les hutus continuent d´être réduits en esclavage, tués. Dieu veuille que le PRIX NOBEL soit accordé à Juan- et ce serait -un fort cri d´espérance pour ces personners oubliées de la terre.

Votre très dévoué dans le Christ

MIQUEL PARETS I SERRA

DIOC.DE CHIOSICA

LIMA-PÉROU

 

Traduction-du catalan- de la lettre des Missionnaires des Sacrés Cœurs

MISSIONNAIRES DES SACRES CŒURS DE JESUS ET DE MARIE (MAJORQUE)

Maison Mère

Cher ami:

En tant que connaisseur des activités de Monsieur Juan Carrero Saralegui en faveur de la paix et de la cohabitation, lacérées violemment dans beaucoup d´endroits du monde et particulièrement sensible devant la situation de violence institutée dans la région des Grands Lacs de l´Afrique Centrale, je me rallie à la proposition pour que le Prix Nobel de la Paix de l´an 2000 lui soit concédé.

Nous, Les missionnaires des Sacrés Coeurs, étions et sommes présents dans cette région africaine, avant et après les actes violents qui ont éclaté de façon très agressive en 1994. Je suis le témoin direct, bien que très modeste, parce que j´ai visité cet endroit chaque année et j´ai donc pu connaître la situation de détresse de centaines de mille de personnes réfugiées, en particulier à l´Ouest de la Tanzanie, jusqu´à ce qu´elles soient expulsées par les pouvoirs publiques néoimpérialistes - veuillez excuser le mot plus connoté de solidarité que d´idéologie -, sans qu´aucune cause ne nous soit invoquée, hormis celle d´être aux côtés des réfugiés, pour le simple fait de le faire.

Je confesse que les voies normales de pacification, comme le serait celle des entretiens entre les gouvernements, ont apporté de bien maigres résultats. Nous avons essayé depuis des institutions très reconnues.

Je sais, de façon directe, que quelques commissaires des Nations Unies des camps de réfugiés se sentaient instrumentés par les gouvernements des grands pays qui sont entrés récemment en Afrique Centrale, ainsi que de la part des anciennes puissances colonisatrices.

À l´intérieur de notre Communauté, nous avons des frères de diverses ethnies, qui cohabitent non seulement avec la tolérance, mais aussi avec un style de fraternité excellent. Ce qui fait qu´à la Congrégation on croit que la réconciliation est possible. Non seulement nous le croyons en vertu du Crédo Catholique, mais aussi avec la force que cette fraternité inébranlable nous donne dans la maison, et qui, Je le sais d´une façon certaine, maintient le Rwanda en position de martyres- dans l´acception étymologique du terme- dans les diverses etniies, confessions, religions et façons de penser. Je sais que le fait d´être une personne compte beaucoup plus de ce que cela émerge dans l´information que l´on diffuse.

C´est pour cela qu´il me semble approprié de proposer Monsieur Carrero au Prix Nobel de la paix de l´an 2000.Je ne fais que ratifier, si cela est possible ce qu´un certain frère de la Congrégation a exprimé, après son retour des camps de réfugiés.

Pour cela, mon bon ami, reçois notre appui et mon témoignage personnel de solidarité pour cette cause.

Sanctuaire de la vierge de Luc (Lluc), le 24 août 1999

Josep Amengual i Batle, Luc, M.SS.CC,.(Missionnaires des Sacrés Coeurs )

Supérieur Général

Traduction de la lettre de José María Mendiluce

AU COMITÉ EN FAVEUR DE LA CANDIDATURE DE

JUAN CARRERO SARALEGUI

AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L´AN 2000

Je soussigné José María Mendiluce,

Je reconnais l´effort de Juan Carrero Saralegui pour la défense de la Paix, des droits de l´homme, de la justice et de la liberté des plus défavorisés, depuis son choix pour la non violence tout au long de la trajectoire de sa vie.

Je reconnais en particulier son engagement dans la lutte pour faire triompher ces valeurs dans la région des Grands Lacs africains, où se poursuit , bien que silencieuse, une grande tragédie.

J´ai connu tout spécialement Juan et sa détermination et son honnêteté, son engagement généreux et son travail ardu sans conditions m´ont impressionné vivement.

AVEC CE DOCUMENT, JE DÉSIRE DONNER MON APPUI À LA CANDIDATURE DE JUAN CARRERO SARALEGUI AU PRIX NOBEL DE LA PAIX DE L´AN 2000

Signé à Strasbourg le 16 décembre 1999.

Nom José María Mendiluce

Charge Député du Parlement Européen