Philippe Niyongabo
Belgique
20.02.03
Les pays francophones sont fiers de se retrouver en famille lors du sommet France-Afrique. Les pays d'Afrique les plus pauvres sont aussi représentés mais il faudrait voir le débat qui se rapporte à la paix et la tranquillité des peuples surtout si quelques pays sont pauvres et sans ressources.
Pour ce qui concerne le Burundi, nous les lecteurs qui s'intéressent à l'actualité de ce pays meurtri par une guerre fratricide depuis 1962, la situation dans ce pays est de plus de 40 ans de troubles dans un pays le plus pauvre du monde. Pourquoi ne pas commencer à terminer les problèmes d'un pays meurtri par une guerre civile de plus de 40 ans ?
Personne n'ignore que la population qui se trouve au Burundi continue à espérer malgré tout, cette population est considéré comme miraculeuse car ayant survécu à la maladie, à la famine, à la guerre et au bombardement aveugle d'une armée, à la pauvreté etc.
Le Président du Burundi qui rencontre ses paires d'Afrique n'a ni complexe ni regret malgré qu'il à été porté à la tête du pays par un coup d'Etat militaire tandis que ses amis Président d'Afrique ont été élus démocratiquement par leur population.
Pour ce qui concerne ce Burundi moribond, la parole qui sortira peut-être de ce sommet sera l'encouragement au Président putschiste qui a su jouer le jeu de la malignité en associant à sa cause pas mal de cadres Hutus assoiffés du pouvoir. Il est si malheureux pour le peuple burundais de constater que le mensonge fait porter des gens au sommet de la gloire même si on prépare le pire.
Le pire au Burundi c'est que malgré l'accord de cessez-le-feu entre les belligérants, malgré la pauvreté, malgré les maladies sans traitement, la population burundaise si courageuse va bientôt disparaître tandis que le Président Buyoya n'arrive pas à autoriser ses militaires pour faire respecter ses engagements. Il sait qu'il a signé l'impossible surtout le ravitaillement des rebelles, le retour à la paix et à la légalité institutionnelle, la création d'une unité de défense commune par une fusion de tous les belligérants. Quant aux officiers stratèges de Bujumbura, ils avaient minutieusement préparé une tactique d'affamer les rebelles pendant le cantonnement. De rendre le cessez-le feu impraticable par des violences de tous les jours, car pour eux la paix et la tranquillité est en dehors de leurs acquis dans le brevet militaire.
Depuis que la formation militaire au Burundi est orientée à une ethnie minoritaire Tutsi pour dominer une majorité Hutu, le militaire au Burundi est formé pour tuer uniquement et pour mater une insurrection. Le Ministre de la défense nationale Feu Firmin SINZOYIHEBA l'avait bien expliqué au militaires Tutsi de Bujumbura. Il avait dit je cite « Vous les militaires, votre formation n'est pas destinée à aller pacifier une population mais vous êtes formés pour tirer et tuer ». Aujourd'hui au Burundi, on a la peine de réconcilier une machine prête à tuer et un ouvrier de la paix qui ne connaît pas l'utilisation de cette machine. Chaque fois que l'ouvrier se présentera en face de cette machine, il sera tué. Il faut que ceux qui connaissent mieux cette machine s'interposent entre les deux dans le but de modifier la machine en outil de paix. Que la force d'interposition et de surveillance de cessez-le-feu arrive vite à Bujumbura si non elle trouvera les ruines et les cadavres.
Au Burundi, les gens assoiffés de paix et de tranquillité trouvent qu'il fallait une forte pression au Gouvernement de Bujumbura présidé par le major Buyoya pour arrêter cette guerre. Il est si facile d'arrêter la guerre si la France ou la communauté européenne y attache une grande importance car l'argent envoyé au Burundi sert à acheter des armes de destruction massive. Tout le monde le sait quand les combats se font ici et là, les militaires ont de quoi brûler les collines et les maisons, sans oublier les plantations. Celui qui a commencé la guerre au Burundi, il est connu et c'est les militaires de Buyoya. Buyoya seul est capable de stopper cette sale guerre en donnant des ordres strictes à ses militaires.
Si pour le moment la guerre continue au Burundi dans tous les coins du pays, c'est un simple prétexte des officiers de Buyoya pour semer la confusion. Le simple fait que les militaires constatent une présence des rebelles ici ou là et qu'ils procèdent à les chasser par force, la guerre ne s'arrêtera jamais au Burundi.
Si les militaires ont accepté le cantonnement des rebelles dans différents coins au Burundi, il faut qu'ils respectent aussi leur présence. Cette haine d'ignorer l'existence de l'autre , c'est une façon de refuser une fusion des belligérants. Les morts au Burundi sont entrain de réclamer justice, les Tutsi et les Hutus confondus.
Les innocents qui meurent au Burundi, implorent une réaction rapide de la part de la communauté internationale et de la communauté européenne pour obliger les belligérants à respecter ce qu'ils ont signé.
Si le cessez-le-feu réussit à être instauré au Burundi, il sera possible aussi de le faire en Côte d'Ivoire, en RDC, en Somalie car se sont des fractions qui rivalisent pour se porter au pouvoir tandis qu'au Burundi c'est une minorité qui impose sa loi etc.
Si la communauté internationale et la communauté européenne ignorent ce qui se passe chaque jour au Burundi, si ces victimes de la guerre, si ces orphelins ne leur disent rien du tout c'est inutile de s'acharner à réunir des Chefs d'Etats si on est incapable de leur imposer le respect de la vie humaine dans leurs pays respectifs.