Conférence-débat autour du livre
« Rwanda : les virages ratés »
du Professeur
Bruxelles, 15 mars 2008
Helmut Strizek
L'historien
I. Introduction
Nous nous sommes réunis ici à Bruxelles pour un colloque
consacré au livre « Rwanda. Les virages ratés » de l'historien
rwandais Ferdinand Nahimana. Le colloque a lieu sur
l'initiative de la famille de
En effet, ce livre vaut la peine d'être analysé en
profondeur. Malgré les circonstances difficiles d'une prison
« internationale » à Arusha,
Tout en sachant que
Les deux côtés de son existence étaient et sont gênants
pour le FPR. Pour cette raison, il est où il se trouve actuellement. Il l'a dit
d'une clairvoyance étonnante déjà dans le bouquin qu'il a publié à Yaoundé en
1995 : « Qu'un auteur comme celui de « Le Blanc est
arrivé, le Roi est parti » soit né et existe encore, voilà ce qui
gêne et qui pousse à le pourchasser pour l'éliminer ou à défaut, pour le salir
en faisant de lui l'auteur des massacres et de génocide au Rwanda».
Et que cet auteur était nommé pour appartenir au
gouvernement transitoire décidé à Arusha le 4 août 1993 mit davantage en rage
les vainqueurs de 1994.
Il fut victime de ce que Peter Erlinder
a appelé tout récemment dans un article(2), consacré à
la visite du Président Bush à Kigali, « the cover-up » (la dissimulation) de
- Kofi Annan,
alors Chef du département des opérations pour le maintien de la paix,
- Brian Atwood et
- Shyariar Khan, le représentant
des Nations Unies à Kigali.
L'objectif de l'entrevue : Les Nations Unies et les
Américains ont offert de dissimuler les révélations du rapport Gersony si le nouveau régime de Kigali serait prêt à
terminer ses massacres systématiques contre la population hutu.
On connaît la suite : Ndagijimana a décliné l'offerte et a pris le chemin
de l'exile. Kofi Annan n'a
jamais publié le rapport Gersony, est devenu en
concertation avec ses « american sponsors »
le „grand chef" du TPIR et a utilisé ce tribunal pour dissimuler la vérité
du drame rwandais. En conformité avec cet objectif, il fallait donc emprisonner
toute personne qui aurait pu déranger l'imposition de la « lecture
officielle » de la catastrophe de la region des
Grands Lacs.
*
***
Avant de clore cette introduction je voudrais aborder les
erreurs dans l'appréciation de l'action de
Bernard Lugan a dû faire un
chemin plus long que moi pour comprendre. Dans son « Histoire du
Rwanda » publié en 1997 il lui a consacré un chapitre désagréable intitulé
«
Ce devoir d'honneur accompli, je veux me mettre à parler
de l'historien Ferdinand Nahimana.
II. Émergence d'un État
A
En 1986, quand Ferdinandn Nahimana a soutenu à Paris sa thèse de doctorat(6)
ce destin n'était pas encore prévisible. Pourtant les nostalgiques du pouvoir nyiginya se trouvant en Ouganda se sont préparés à ce
moment à mettre en œuvre leurs plans de reconquête du pouvoir à Kigali après
avoir aidé Museveni à prendre le pouvoir à Kampala en
1986 après une guerre atroce où ils ont utilisé pour la première fois à grande
échelle des enfants-soldats.
Encouragés par le soutien inattendu que l'ancien marxiste
Museveni a trouvé de la part de la conservatrice
britannique Baroness Lynda Chalker, devenu ministre de la coopération internationale
sous Lady Thatcher la même année, « les jeunes loups » de Museveni ont créé en 1987 la formation politico-militaire
FPR susceptible de les porter à Kigali au bout des armes.
Dans le livre Les virages ratés Nahimana nous enseigne que le comité central du MRND leur a
offert un prétexte inestimable en refusant aux exilés tutsi en 1986 d'une façon
plus ou moins catégorique même un retour pacifique. Je dis bien prétexte, parce
que le Président Habyarimana a déjà, dans son discours prononcé à Semuto en Uganda le 5 février 1988, corrigé cette décision
prise contre son avis. Mais les dégâts étaient faits et le FPR en a profité à outrance.
Les amis du FPR dans le monde entier ont pu faire croire à l'opinion
internationale qu'il ne faudrait pas prendre au sérieux l'offre de Semuto.
Quand Nahimana a publié en 1993
son livre Émergence d'un état qui se base sur sa thèse de doctorat, le
Rwanda se trouvait déjà depuis presque trois ans dans la guerre déclenchée par
le FPR le 1er octobre 1990. Ayant été chef de l'ORINFOR
entre 1990 et 1992 il se trouvait déjà dans la machine de propagande du FPR
comme « ami du dictateur Habyarimana ». A cela s'ajoutait le
qualificatif de « l'idéologue du nordisme »
déjà évoqué.
Est-il justifié de le qualifier ainsi sur base de ce
livre ? La réponse doit être non, bien évidemment.(7)
Nahimana a dressé un bilan
perspicace de la formation de l'état rwandais sur base des trois grandes
composantes à savoir : le royaume dominé par la dynastie tutsi nyiginya, les royaumes hutu autonomes situés au nord de
l'état actuel et le rétablissement de la souveraineté en 1962 après la
dominance coloniale allemande entre 1898 et 1916 et belge ensuite. Nahimana a tout à fait raison quand il écrit que
l'intégration des royaumes du nord dans l'état nyiginya
était le résultat de l'ingérence militaire allemande notamment en 1911/12 et
belge jusqu'à 1931. Quand j'ai écrit mon livre sur la phase coloniale
allemande, j'ai pu constater que Nahimana était un
des premiers historiens à décrire clairement la brutalité de cette guerre. Les
Allemands préfèrent présenter l'ère du résident Richard Kandt
comme une première phase de développement pacifique du Rwanda. Ce n'est pas
tout à fait faux, mais ce n'est pas la vérité complète non plus. Il est vrai
que Kandt était absent pendant l'incursion des
Allemands à côté des guerriers royaux et la soi-disant
« pacification » du nord en 1911/1912 mais Kandt
a également dirigé plusieurs actions punitives en faveur de l'allié Musinga. Les Belges ont accompli ce travail et c'est
seulement en 1962 que la composante hutu de la
population rwandaise a pu recouvrir son rôle de formateur étatique perdu en
1912.
Il est, donc, tout à fait justifié d'insister sur les
trois volets historiques qui ont formé l'état rwandais. Nahimana
a refusé d'attribuer le mérite de la création de l'état rwandais uniquement à
l'aristocratie tutsi comme le FPR le veut faire croire
aujourd'hui. Il est absolument faux de dire que Nahimana
prêchait la domination absolue des hutu quand il a publié son livre en pleine
guerre en 1993. Bien au contraire, il a appelé à l'entente des groupes sociaux
tutsi, hutu et twa et à la coopération démocratique de leurs dirigeants pour un
meilleur avenir de son pays. Pendant la guerre, sa position fut claire et
justifiée : il fallait mobiliser la population pour résister à la
tentative des nostalgiques du pouvoir féodal de revendiquer le pouvoir absolu
pour eux seuls.
III. Nahimana dans la tourmente
de la reconquête du pouvoir par les „féodaux"
En tant que Directeur de l'ORINFOR
entre 1990 et 1992 Nahimana devient partie prenante
dans la lutte politique déclenchée notamment par le discours de Mitterrand
prononcé à La Baule en juin 1990. Mais ce n'était pas uniquement cet événement
qui fait bousculer la politique africaine des Occidentaux appliquée pendant la
guerre froide. On a seulement appris plus tard, que la visite du ministre des
affaires étrangères américain James Baker chez Mobutu en mars 1990 était plus
décisive encore.(8) Déjà avant le sommet de
C'est un ouragan qui sévit en Afrique Centrale et au
Rwanda à partir de ce moment et Nahimana se trouve
presque dans son oeil. Étant considéré comme l'homme de confiance de
Habyarimana, il n'est pas étonnant qu'il devienne la cible de tous les
adversaires du chef de l'état et
de
Il est très important qu'il décrive dans Les virages
ratés minutieusement l'arrière-fond politique de ce qui est devenu
« l'affaire du Bugesera » puisque jusqu'à
présent même des gens intellectuellement honnêtes n'ont souvent pas de doutes à
prendre à la lettre la publication d'un soit-disant
«Communiqué de
Qu'en est-il ?
Nahimana précise qu'il n'a
jamais fait un communiqué et ce qui est plus important encore, dans l'éditorial
du journal de Radio Rwanda du 3 mars 1992 on ne mentionne pas le Bugesera où le lendemain des exactions contre des tutsi ont
eu lieu. Mais il ne peut pas y avoir un lien de cause à effet puisque personne
n'a fait une incitation aux attaques contre la population tutsi
au Bugesera. Il y avait un appel général à la
vigilance contre les « agresseurs » qui seraient prêts à des actes
terroristes pour déstabiliser le pays. Ce n'est vraiment pas la même chose. Et
le fait que le FPR a appliqué une telle stratégie n'est plus à démontrer. Le
Parti Libéral avait attaqué le bourgmestre Fidèle Rwambuka(11) et a demandé à la
population de le remplacer par François Gahima, le
chef régional du PL qui lui-même a fait distribuer des tracts contre Rwambuka. Justin Mugenzi, le chef
national du PL a rapidement essayé d'attribuer la responsabilité pour les
massacres à des incitations racistes par Radio Rwanda. Tandis que le procureur
général Nsanzuwera a procédé à l'arrestation de Gahima pour incitation à la haine raciale, Mugenzi a fait dénigrer instamment l'ORINFOR
et Nahimana en personne par ses hommes de confiance
auprès du Premier Ministre Nzanzimana. Quand celui-ci
lui a voulu attribuer la responsabilité pour les massacres au Bugesera, Nahimana l'a surpris de
sa connaissance des activités du PL pour divertir le Premier Ministre de
l'arrière-fond des événements. Mais les ONG pro-FPR(12) ont lancé une
campagne très efficace pour rendre Nahimana
responsable des presque 300 victimes tutsi des massacres du début mars 1992.
Malheureusement Justin Mugenzi qui se trouve
cyniquement accusé à Arusha pour avoir préparé un génocide à l'encontre de la
population tutsi a seulement compris plus d'une année plus tard quel mauvais
jeu son allié FPR était en train de jouer. Jusqu'à cette date Justin Mugenzi a encore joué un rôle primordial pour déstabiliser
le Rwanda et de l'ouvrir aux rebelles armés du FPR. Dans les annales de
l'histoire du Rwanda Justin Mugenzi a joué un rôle
néfaste pour avoir cosigné le communiqué de Bujumbura du 2 mars 1993. Ce
communiqué a préparé la victoire du FPR par un acte que je qualifie de haute
trahison de la part de Dismas Nsengiyaremye.
Car en négociant avec le FPR le 7 mars 1993 à Dar-es-Salaam
au nom des signataires du communiqué de Bujumbura, sans la participation du
parti gouvernemental MRND, le retrait immédiat du contingent militaire
français, il a voulu ouvrir la porte à la victoire de l'ennemi qui avait
rompu le cessez-le-feu en vigueur par son attaque du 8 février 1993. Je suis
convaincu que Justin Mugenzi n'a jamais incité à
commettre un génocide anti-tutsi et qu'il est accusé sans raison d'un tel
crime. Il se trouve à Arusha comme acte de vengeance pour avoir causé des
difficultés au FPR en contrecarrant ses plans de prendre le pouvoir en cavalier
seul.
Nahimana a fourni beaucoup de
détails sur la composition de la « Commission internationale
d'enquête » composée d'une série de « blancs menteurs » (Pierre
Péan) autour de Jean Carbonare, William Shabas, Eric Gillet, Alison Des
Forges, Philippe Dahinden et de quelques Africains
« de service » - avec Filip Reyntjens comme une sorte de conseiller.
Conçu pour mettre la lumière sur les massacres tragiques
survenus au Bugesera en mars 1992, les manoeuvres
sordides du network international du FPR via ses ONG alliés rwandais ont pu
transformer cette initiative louable en une action de camouflage des
préparatifs de l'attaque du 8 février 1993. En même temps cette commission a
procédé à la préparation d'un document de référence qui devrait être utilisé
plus tard comme base de « la lecture officielle » pour les massacres
qui résulteraient forcément de l'assassinat du Président Habyarimana par le FPR
et de la reprise de
Nahimana a été accusé d'être
extrémiste pour sa participation à la création de la station radiophonique
RTLM, mais on oublie qu'il était prêt à coopérer avec « les tutsi »
comme ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche dans le
gouvernement de transition qui n'a pas vu le jour à cause de l'obstruction du
FPR.
IV. Nahimana après la victoire
du FPR et le contexte international du TPIR
Après le rapport Bruguière(13)
et le rapport Merelles(14) et tant de livres
consacrés à la catastrophe rwandaise, le caractère criminel du régime FPR n'est
plus à prouver. Il reste bien sûr un grand travail pour les historiens –
américains notamment – à accomplir pour éclaircir les motifs du Pentagone, de
l'administration Clinton en général et des alliés du FPR comme les différents
gouvernements anglais, belges, scandinaves et allemands dans le soutien d'un
des grands criminels de l'histoire contemporaine. J'avoue que j'ai des
difficultés à accepter les explications économiques, mais j'éprouve des
difficultés à prouver, sur base de documents, mon hypothèse du syndrome
soudanais et ses liens avec le problème palestinien. J'ai développé cette
hypothèse à plusieurs reprises et je dois renoncer à cause du temps limité de
l'étaler devant vous ici.
Pour simplifier un peu, je constate simplement que le
TPIR a été installé dans l'intérêt et selon les idées directrices américains.
Le FPR et certains milieux anglophones auraient préféré l'établissement du
tribunal à Kigali. Mais ils ont dû s'apercevoir que cela n'était pas faisable
avec Boutros-Ghali. C'est une des raisons d'ailleurs pourquoi les USA
s'opposaient au renouvellement de son mandat. Madeleine Albright a monté en
liaison avec Richard Clarke « l'Opération Orient Express »(15) pour imposer finalement
à
Dans le cas précis de
On connaît de rôle qu'Alison
Des Forges et Jean Carbonare ont joué pour la
justification du TPIR. Leur action a eu un effet supplémentaire souvent
sous-estimé. Ils ont pu anesthésier la conscience de la gauche mondiale -
Cynthia McKinney est une exception louable - qui
aurait dû s'élever directement contre l'établissement d'un gouvernement
militaire minoritaire à Kigali en 1994.
Plus tard cette même gauche aurait dû lutter contre les
crimes de guerre qu'elle connaissait au moins depuis le départ en exil de
Faustin Twagiramungu et Seth Sendashonga
en 1995. Ces deux hommes que la gauche avait considéré comme « de bons
hutu modérés » ont accusé le FPR de crimes horribles après sa prise du
pouvoir en juillet 1994. Twagiramungu a parlé de
250.000 victimes à partir de juillet 1994 lors d'une conférence à Bonn le 30
novembre 1995. La gauche mondiale n'aurait pas dû accepter deux poids
différents en condamnant Guantanamo et en se taisant sur les geôles de Kigali
où des dizaines de milliers de prisonniers sont morts et où des milliers
croupissent depuis 1994 sans procès équitables.(17)
Le fait que des prisonniers se trouvent à Arusha depuis
plus de 10 ans ne semble pas non plus déranger nos défenseurs des droits de
l'homme de Human Rights Watch et autres.
Je me demande toujours comment les militaires occidentaux
peuvent accepter qu'on dénonce la défense légitime d'un état agressé contre ses
ennemis comme des actes racistes. Pour éviter tout malentendu : la
réaction des masses hutu face à la décapitation des états rwandais et burundais
et de l'armée rwandaise ne justifie pas les massacres contre les tutsi. Mais il
ne faut pas oublier que ceux qui ont mis en place le TPIR auraient pu les stopper(18) à temps.
On pourrait parler des heures et des heures des
injustices qui dominent le cas rwandais et du silence gardé par les milieux
académiques devant les crimes de guerres commis par le FPR à la demande du
Président Clinton et de sa ministre des affaires étrangères Madeleine Albright
dans toute la région des Grands Lacs en Afrique centrale. Ces milieux
refusent d'admettre que leurs héros étaient capables de couvrir de tels crimes.
Peter Erlinder en fait exception et reste un grand
espoir.
Avant de m'arrêter, permettez-moi juste quelques phrases
concernant l'avenir de la région des Grands Lacs.
V. L'avenir du Rwanda
Le Président Fédéral allemand a rendu visite à Paul Kagame juste cent ans après l'installation de Richard Kandt comme premier – et dernier - résident civil colonial
allemand à Kigali.
Les Allemands ont permis – comme déjà évoqué - au Mwami Musinga de s'imposer sur la
plus grande partie du territoire du Rwanda actuel. Pas mal de gens ont averti
Horst Köhler du danger d'une consécration d'un agresseur militaire vu que la
condamnation de la guerre d'agression est une des réussites juridiques du
Tribunal de Nuremberg 1946/1947. On ne sait pas qui l'a poussé(19)
à entreprendre ce voyage malheureux en Ouganda – autre pays agresseur- et au
Rwanda. Il a eu la malchance d'arriver à Kigali le jour même du lancement des
mandats d'arrêts contre la direction militaire du Rwanda par le juge Andreu Merelles.
Le 24 février 2008 le journal de dimanche FRANKFURTER
ALLGEMEINE SONNTAGSZEITUNG a consacré un long article de son correspondant à
Johannesburg. Thomas Scheen, intitulé « Das große Morden »
(traduction approximative : Le grand carnage) à l'action du juge Merelles. C'est la première fois que le groupe du Frankfurter Allgemeine Zeitung
apprend à ses lecteurs qu'il n'est pas exclu que la présentation classique du
génocide rwandais soit fausse. A mon avis c'est une sensation.
Est-ce le début d'un changement de la politique allemande
et au-delà envers les régimes militaires minoritaires ? On ne le sait pas
encore. Ce n'est pas exclu malgré les efforts de la justice allemande de
transférer le plus vite possible l'ancien ministre du plan Augustin Ngirabatware, emprisonné près de Francfort-sur-
le-Main, au TPIR à Arusha Mais ceux qui ont pu
voir le Président Bush exigeant à Kigali des élections démocratiques et
équitables à Cuba ont le droit de se demander si ce n'est pas seulement un
lapsus maladroit.
[1] Eugène Shimamungu a commencé son métier
d'éditeur avec une biographie de Juvénal Habyarimana en 2004 et a édité en 2006
les livres d'Augustin Ngirabatware, Rwanda. Le
faîte du mensonge et de l'injustice et d'Edouard Karemera
Le drame rwandais: les aveux accablants des chefs de la MINUAR.
[2] « The "Inconvenient Truth" Behind
the Cover-up : Pentagon Complicity in the 1994
[3] La citation complète se lit: „: « Je trouverai toujours des
excuses pour tous ceux qui, face aux premières images de l'horreur de la
guerre, des massacres et de la catastrophe humaine dont le peuple rwandais a
souffert jusqu'à ce jour ont cru que tout ce que les journalistes racontaient
correspondaient à
[4] Dans son livre de 2005 intitulé «François Mitterrand. L'armée française et
le Rwanda » Lugan a écrit: « Dans ce
livre, je corrige en partie ce que j'ai écrit en 1997 (…) au sujet du rôle de
la France au Rwanda. (…) L'historien doit savoir se remettre en cause, surtout
quand il travaille dans le périlleux domaine de l'histoire
immédiate. » Puisque les mots désobligeants à l'encontre de
[5] Concernant l'histoire récente du Rwanda il faudrait également mentionner
les livres de Gaspard Musabyimana, parus chez
L'Harmattan, La vraie nature du FPR. D'Ouganda en Rwanda (2003) et
L'APR et les réfugiés rwandais au Zaïre 1996-1997. Un génocide nié
(2004).
[6] Titre: « Des lignages aux
royaumes et des royaumes aux chefferies. Histoire socio-politique
des régions périphériques du Rwanda actuel du 16ème siècle à 1931 ».
[7]
[8] Le mur de Berlin tombé, Baker n'a même pas attendu l'unification allemande
pour signifier à son interlocuteur à Kinshasa que la fin définitive de la
guerre froide demande des répercussions profondes sur les relations des
Américains vis-à-vis de leurs alliés de longue date. Mobutu a compris et s'est
résigné.
[9] C'est seulement plus tard qu'il a pu remonter sur la scène politique grâce
à la politique anti-démocratique désastreuse appliquée par l'administration
Clinton en faveur de nouveaux alliés militaires.
[10] Guichaoua, André, éd., Les cristes
politiques au Burundi et au Rwanda (1993-1994, Paris, Karthala,
1995, p. 611.
[11] Fidèle Rwambuka a été assassiné le 25 août 1993
par le FPR (vor p.ex. l'Ordonnance espagnole) tandis
que Human Rights Watch avait attribué ce meurtre aux „extrémistes
hutu".
[12] Comme par exemple ADL, ARDHO, LICHREDHOR, Kanyarwanda
et l'Association des Volontaires de la Paix.
[13] Il s'agit de l'Ordonnance de 60 pages pour la délivrance de mandats
d'arrêts internationaux que le juge d'instruction français Jean-Louis
Bruguière a issu, le 17 novembre 2006, contre 9 militaires de l'APR soupçonnés d'être responsable de l'attentat du 6 avril
1994.
[14] Il s'agit de l'Ordonnance de 182 pages par laquelle le juge d'instruction
espagnol Fernando Andreu Merelles
a issu, le 6 février 2008, des mandats d'arrêts internationaux contre 40
militaires de l'APR soupçonnés d'être coupables
notamment de crimes de guerres commis à partir de 1990. Jean-Paul Puts a fourni une traduction inofficielle
en français pour le Forum DHR.
[15] "Albright and I and a handful
of others (Michael Sheehan, Jamie Rubin) had entered into a pact together in
1996 to oust Boutros-Ghali as Secretary-General of the United Nations, a secret
plan we had called Operation Orient Express (…). The entire operation had
strengthened Albright's hand in the competition to be Secretary of State in the
second
[16] „The sheer number of errors in the
Trial Judgement indicates that remanding the case, rather than undertaking
piecemeal remedies, would have been the best course.
Although any one legal or factual error may not be enough to invalidate the
Judgement, a series of such errors, viewed in the aggregate, may no longer be
harmless, thus favoring a remand. Such is the case
here. Throughout the Appeals Judgement, the Appeals Chamber has identified
several errors in the Trial Chamber decision, some of which it deems
insufficient to invalidate the Judgement.1 At other times, the Appeals Chamber
has acted as a fact-finder in the first instance and substituted its own
findings in order to cure the errors when, in fact, the Trial Chamber is the
body best suited to this task."
[17] Comme exemple pour le cynisme de certains milieux j'aimerais évoquer une
émission de la télévision allemande où le député allemand Christian Ströbele a dit que les prisonniers ne semblent pas être
très malheureux puisqu'ils n'essaient pas de fuir quand ils travaillent à
l'extérieur de la prison dans leurs « uniformes » roses.
[18] Le titre du rapport Masire de 2000 en dit tout:
« Le génocide qu'on aurait pu stopper ».
[19] La presse allemande était très réticente vis-à-vis de ce voyage.
L'hebdomadaire FOCUS, pourtant très proche du gouvernement, s'est même moqué de
lui en titrant un reportage sur ce voyage : « Missionarstellung
im Bellevue ». (Bellevue est le siège du
Président Fédéral et le premier mot est vraiment ambivalent !)