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Bruxelles
18.01.02
Un représentant de la société civile originaire de l'est du Congo a accusé, vendredi, la MONUC (Mission d'observation des nations unies au Congo) d'être impliquée dans le trafic d'or et de diamant organisé dans la région. Il s'en est également pris aux autorités rwandaises, accusées par le témoin de massacrer la population civile de l'est du Congo. Ce trafic auquel participent les observateurs de l'ONU "n'est pas officiel mais se fait par commissionnaires interposés", a-t-il précisé devant les sénateurs de la commission Grands Lacs. Le professeur Bernard-Gustave Tabezi Pene-Magu, premier vice-président de la société civile du Manigma, voulait apporter des preuves de ce trafic à la Belgique mais il a déclaré vendredi que celles-ci lui ont été confisquées par les rebelles du RCD alors qu'il s'apprêtait à quitter le Congo. M. Pene-Magu dit avoir été arrêté avant son départ, enfermé et battu pendant 48 heures. "Je dois ma libération à une intervention de mes collègues de l'extérieur, sans quoi je ne serais peut-être pas ici", a dit le professeur devant les sénateurs. "Avant de partir, j'ai dû vendre 20 grammes d'or à la MONUC", a-t-il ajouté. Il a invité la commission sénatoriale à contacter la MONUC à Kindu de sorte qu'il puisse leur transmettre les preuves de ce qu'il avance, à charge pour les observateurs des Nations-Unies de les renvoyer en Belgique.
Concernant le rôle des autorités rwandaises dans l'est du Congo, M. Pene-Magu a réfuté la thèse du représentant de l'UE dans les Grands Lacs, Aldo Ajello, selon laquelle résoudre la problématique des ex-Interhamwe dans la région pourrait mettre fin à la présence de forces rwandaises au Congo. "Nous savons qu'il n'y a pas d'Interhamwes chez nous. Or, le Rwanda y a déployé ses forces". Le professeur a accusé les forces rwandaises de massacrer la population civile, violer les femmes et brûler les maisons, suspectant ces citoyens de collaborer avec les forces armées maï-maï. "Dans ces conditions, comment voulez-vous que nous puissions parler avec les rebelles", a-t-il ajouté en substance. "Je ne sais pas quel est le sort qui m'attend à mon retour", a conclu le professeur. La Commission a décidé, à la demande du sénateur Michiel Maertens (Agalev), d'écrire au ministre des Affaires étrangères, Louis Michel, afin que la Belgique se porte garante de la sécurité du témoin.