Missionnaire italien stigmatise: que font les agences humanitaires pour les réfugiés?


MISNA
Central African Republic
28.05.99


''C'est triste à admettre mais, les grandes agences humanitaires ont bel et bien démissionné en Centrafrique'' dénonce le directeur de la radio catholique 'Notre Dame' de Bangui, père Antonio Falaguasta, 59 ans, originaire de Padoue (Italie), depuis 21 ans en Afrique. Pour le missionnaire, aucun doute n'est permis: ''L'on pourrait faire beaucoup plus, compte tenu surtout de la précarité dans laquelle vivent les réfugiés''. Il précise que ces derniers proviennent du Soudan, Congo Kinshasa, Rwanda et Burundi. Le directeur de la station émettrice catholique pointe un doigt accusateur sur: le HRC (Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies), le PAM (Programme Alimentaire Mondial) et la Croix Rouge Internationale. ''Le personnel des ces agences traite les réfugiés comme des 'personnes non grata' et les oblige à vivre dans des camps qui sont tout sauf 'humanitaires'. Le premier qui s'avise à refuser ce 'dictat' doit s'en aller et, est automatiquement étiqueté clandestin. Seuls ceux acceptant de vivre dans ces camps de réclusion obtiennent du HCR le 'statut de réfugiés'. Ce qui n'est ni plus ni moins qu'une flagrante violation du droit international et entraîne de sérieux désagréments pour les jeunes avides d'études. En effet, tous ceux voulant s'inscrire au Lycée ou à l'Université doivent être munis d'une carte d'identité délivrée par le HCR, ce qui, en réalité, n'est pas leur cas. Document qui leur aurait permis de dormir dans les camps qui leur ont été assignés, généralement très loin des centres urbains.'' Lorsque, en quête d'explications, père Falaguasta s'est adressé aux responsables du HCR à Bangui, il lui a été affirmé: ''Vous avez parfaitement raison, certains problèmes ne devraient pas se poser...''.