L'ancien ministre de la Defense Francois Leotard
soupconne le Front Patriotique Rwandais (FPR) et l'Ouganda d'avoir fomente
l'attentat qui a declenche le genocide rwandais le 6 avril 1994.
M. Leotard, citant des sources des services de renseignement francais, a affirme mardi qu'un commando du FPR etait present dans le secteur d'ou ont ete tires les missiles qui ont abattu l'appareil et que le president ougandais Yoweri Museweni avait tout fait pour que l'avion se pose de nuit a Kigali.
"Beaucoup de circonstances qui entourent l'attentat peuvent laisser entendre que le FPR en est responsable", a dit l'ancien ministre.
M. Leotard, intervenant devant la mission d'information parlementaire sur le Rwanda, a dit: "Des communiques et des communications ont ete interceptes sur ce que disait le FPR a cette epoque, laissant entendre une forte satisfaction aussitot apres l'attentat. Les mots victoire ont ete saisis".
"Les services de renseignements ont intercepte un message ougandais qui annoncait +les trois tyrans seront presents+", a-t-il ajoute.
Le chef de l'Etat rwandais, Juvenal Habyarimana, et son homologue du Burundi, Cyprien Ntaryamira, revenaient de Dar-es-Salam (Tanzanie), ou ils avaient participe a des negociations de paix et leur appareil a ete abattu par deux tirs de missiles alors qu'il atterrissait a Kigali.
Selon Francois Leotard, le president zairois Mobutu Sese Seko devait egalement rentrer a bord de cet avion mis a la disposition du president rwandais par la France avec un equipage de trois militaires francais.
"Un commando du FPR se trouvait aux abords de l'aeroport depuis la conclusion des accords d'Arusha et controlait une partie de ses acces en obligeant les appareils a se poser selon un axe qui leur permettait de les toucher s'ils avaient voulu tirer", a souligne M. Leotard.
"C'est avec des vehicules de l'ONU, m'ont dit les services de renseignement, qu'ils se seraient rendus au lieu presume d'ou a ete tire le missile et cela a ete fait de nuit. Je rappelle que l'avion s'est pose a 20H30", a-t-il ajoute.
"Certains disent que M. Museweni (le president de l'Ouganda) est intervenu tard dans l'apres midi, comme s'il etait desireux de retarder le depart des deux chefs d'Etat" de Dar-Es-Salam, a-t-il indique.
Francois Leotard a par ailleurs dementi les informations selon lesquelles les missiles provenaient de stocks saisis par l'armee francaises en Irak.
"Il est peu credible d'imaginer que ces missiles, qui je le rappelle etaient en dotation dans l'armee ougandaise et au FPR, aient pu transiter entre des mains francaises", a-t-il assure.
"Des militaires du FPR ont ete envoyes aux Etats-Unis pour apprendre le maniement de certains missiles anti-aeriens a Phoenix (Arizona)", a-t-il en revanche indique.