Lettre ouverte à Monsieur Louis MICHEL, Ministre belge des Affaires Etrangères


SOS Rwanda-Burundi
Buzet (Belgique)
09.03.00

Objet : Vos prises de position vis-à-vis des crises qui secouent l'Afrique des Grands Lacs.

« Lors de la création du TPIR, le plus urgent était de réprimer les auteurs du génocide. C'était, d'après ce que j'ai compris, le sens de la stratégie pénale du procureur. Mais celle-ci va, je l'espère, évoluer. Toutes les parties, y compris le FPR, qui ont commis des crimes contre l'humanité doivent être poursuivies. C'est une simple question d'équité. il en va de la crédibilité de la justice internationale. /.../ Les crimes commis contre les Hutu ne doivent pas demeurer impunis ». Laity KAMA, Président du TPIR, in Le Temps, 18/09/1998.

Monsieur le Ministre,

L'association SOS Rwanda-Burundi, tient avant tout à vous féliciter pour votre engagement en vue d'éradiquer les dictatures et les idéologies à caractère raciste et xénophobe. Vous l'avez prouvé en vous portant partie civile dans le procès contre le dictateur chilien Augusto Pinochet. Vous venez de le prouver encore une fois en vous insurgeant fermement contre les régimes totalitaires et contre la participation au gouvernement de l'extrême-droite autrichienne de la FPÖ de Jörg Haider. C'est parce qu'elle a la conviction que vous cherchez à tout prix à vous placer au dessus des mesquineries partisanes pour rechercher la vérité que l'association SOS Rwanda-Burundi s'unit à la communauté rwandaise réfugiée pour s'inquiéter de vos prises de position en faveur du pouvoir du FPR en place à Kigali. Votre attitude dépourvue de toute analyse critique va jusqu'à faire croire que vous seriez un de leur porte-parole en Belgique. Ces prises de position en faveur d'un pouvoir militaro-fasciste responsable de nombreux crimes contre l'humanité, voire de génocides, blessent gravement le peuple rwandais dans l'intégralité de ses diverses composantes et portent préjudice à la crédibilité du peuple belge et pas seulement de son gouvernement ainsi qu'à sa politique en Afrique centrale.

Le professeur Jean-Claude Willame a bien exprimé cette perplexité dans un texte intitulé "Chers, très diamants belgo-africains" en ces termes: "On connaît l'obsession de Louis Michel à vouloir améliorer l'image de marque (de la Belgique) à l'étranger. La relance d'une politique africaine digne de ce nom qui contrasterait avec les inerties du régime précédent avait été choisie par notre ministre des Affaires étrangères comme un des axes forts sur lequel les efforts diplomatiques allaient désormais porter.

Jusqu'ici, on a eu beaucoup à faire à un certain nombre d'effets d'annonce qui ne furent guère à la mesure de la "pro-activité" attendue. Il est évidemment facile de se gausser de maladresses ou de dérapages qui peuvent apparaître comme le fruit de l'inexpérience d'un homme et d'un parti qui n'ont jamais été aux "affaires". Force est toutefois de constater que ses maladresses, si elles sont amenées à se transformer en palinodies, pourraient bien aller à contre-courant de la restauration de notre "image de marque" sur le plan international" (LA LIBRE BELGIQUE, vendredi 11 février 2000, p.10).

La présente lettre se propose d'analyser vos actions et réactions sur la situation des Grands-Lacs africains et d'en dégager les conclusions qui semblent se profiler à l'horizon si ces tendances venaient à se confirmer.

I. Etat de la question

A l'issue du sommet de Moncton au Canada, vous vous êtes indigné contre l'empressement du Ministre-Président Hervé Hasquin à vouloir coopérer coûte que coûte avec le Congo de Laurent-Désiré Kabila. Vous aviez alors annoncé ainsi vos couleurs : « Dans la mesure où je développe une nouvelle approche de la politique africaine, c'est évidemment un terrain extrêmement délicat. Je dois tenir compte de mes partenaires, de la réalité en Afrique centrale, des Accords de Lusaka et de beaucoup d'éléments. Cette politique est une politique de petits leviers et de petits pas et je ne voudrais pas qu'il y ait un malentendu. C'est donc bien strictement dans le cadre de ses compétences de ministre-président de la Communauté française, dans le cadre de la Coopération de la Communauté française en Afrique centrale que M. Hasquin a rencontré M. Kabila. /.../ Il m'appartient de définir le champ dans lequel on peut travailler. /.../ Car, si l'on veut se presser, si l'on veut improviser, nous prenons alors les plus grands risques que l'on n'ait pas de nouvelle politique africaine » (LE SOIR, Lundi 6 septembre 1999).

Parlant de la coopération envisagée par H. Hasquin, vous réagissez vigoureusement : « Quand il parle de coopération, je suppose que c'est entre le Congo et la Communauté française, mais je dois encore m'entretenir avec lui » La Libre Belgique, 6 septembre 1999, p.10).

Dans une interview accordée à la Libre Belgique du 19/10/1999, le général Paul Kagame indiquait que son armée devait encore rester au Congo pour assurer la sécurité du Rwanda sur un territoire 80 fois plus grand que la superficie de la Belgique, dont la superficie est semblable à celle du Rwanda. Cet acharnement de Kagame à porter la guerre au Congo ne fait qu'internationaliser la haine contre les Tutsi. Non seulement il s'est allié avec L'UNITA de Jonas Savimbi, mais encore « de nouvelles recrues arriveraient en outre par la Zambie, parmi lesquelles on trouverait d'anciens militaires de Mobutu ainsi que des Tutsis de nationalité non précisée » (LA LIBRE BELGIQUE, 7 novembre 1999, p.2). Cette guerre devient donc à proprement parler une guerre de Tutsi de diverses nationalités, ce qui accrédite la réalité de "l'Internationale Tutsi". Cette thèse avait déjà vu le jour dans les années 1980 avec les « Tutsi International Power » (TIP). L'internationale tutsi, née déjà avec les années 1950 en vue de s'opposer aux revendications socio-politiques légitimes des populations hutu, s'est consolidée et renforcée dans les années 1980 en vue d'attaquer le Rwanda. Les lobbies du FPR ont par la suite camouflé le projet du "TIP" en créant et en médiatisant le mythe du "Hutu Power". Il est important de relever que le Hutu Power n'est pas à confondre avec le slogan politique "Power" utilisé par le parti MDR (Mouvement Démocratique Républicain) après la relance multipartite et démocratique des années 1990 pour signifier que le pouvoir - sous-entendu des urnes - (Power en anglais) appartient au peuple et non aux forces militaro-autoritaires. La justification de la sécurité du Rwanda à partir de celle de l'Internationale Tutsi ne peut que faire passer le ministre qui l'applique à devenir le sponsor des SSF, « Soldats-Sans-Frontières » exclusivement tutsi. La démocratie peut-elle se contenter de laisser écraser la majorité par la minorité sous prétexte qu'il faut pouvoir assurer la sécurité de cette minorité ? La sécurité des minorités justifie-t-elle la violation des frontières héritées de la colonisation à l'encontre des Conventions de l'ONU et de l'OUA ? Le désarmement des génocidaires préconisé par les Accords de Lusaka est-il prévu aussi pour les « Tutsi International Power » (TIP)?

Que faire dès lors de la "majority rule" déjà préconisée par Herman Cohen par rapport à la politique des Etats-Unis en Afrique centrale? Lui-même s'exprimait sur ce sujet en ces termes:

« The three elements of my proposal are as follows :

Majority rule with entrenched minority rights and power sharing.

A regional refugee agreement under the auspices of the UN High Commission for Refugees.

A strong emphasis on preventive measures, with the OAU in the lead, and the UN in a supporting role. »

/.../

« Despite what happened last year in Rwanda, I believe US policy should vigorously seek to persuade both Tutsi and Hutu that the route to stability in both countries must be a democratic system which will result in majority rule, but which will provide maximum guarantees to minorities through constitutional rights for all citizens, entrenched constitutional safeguards for minorities, and real power sharing.

I believe the 1993 elections in Burundi, which brought FRODEBU to power, were on the right track. I also believe that the Arusha agreements of August, 1993, if correctly implemented, could have brought Rwanda to an appropriate transition that would have met the criteria I have described above. » (Herman J. COHEN (Senior Advisor, Global Coalition for Africa), Statement on Rwanda. To a joint hearing of Senate Subcommittee on African Affairs and the House Subcommittee on African Affairs, Wednesday, April 5, 1995).

Monsieur le Ministre, dans vos interventions répétées devant le Conseil de Sécurité de l'ONU et devant les médias à l'occasion de l'invitation des pays en guerre, dans l'Afrique des Grands-Lacs à New-York, vous avez donné l'impression manifeste de ne soutenir que les régimes de Bujumbura, Kigali et Kampala dans leur agression contre le Congo et le peuple congolais. Alors que vous n'avez rien dit contre cette agression du Congo par ses voisins de l'Est, vous avez réaffirmé, parlant du Président Kabila, « Tout ce que je souhaite lui dire n'est pas public, mais je souhaiterais avant tout le convaincre que la logique de la paix est plus prometteuse pour son pays que la logique de la guerre. Je lui parlerai aussi de la présence au Congo des Interahamwe et ex-Far [et pourquoi pas des INKOTANYI rwandais et des Sans-Echecs burundais], qui empêchent le respect de l'intégrité territorial du Congo. Le message de la communauté internationale est double : le Rwanda a droit à sa sécurité, tout comme le Congo au respect de son intégrité territoriale. Je lui parlerai aussi de certaines mesures prises par son gouvernement qui ne correspondent pas aux attentes de la communauté internationale, et des conditions posées à une véritable reprise des relations entre nos deux pays » (Louis MICHEL : « Le schéma génial pour l'Afrique n'existe pas» in Le SOIR du mardi 25 janvier 2000, p.7).

Les deux principes inaliénables de la démocratie: "un homme-une voix" et "la règle de la majorité" au pouvoir viennent d'être réaffirmés par l'ancien Président sud-africain Nelson Mandela, nouveau médiateur de la crise burundaise, lors de la reprise des pourparlers de paix au Burundi tenus à Arusha le 16 janvier 2000. "Mandela dénonce le "monopole tutsi" du pouvoir" en ces termes: "L'un des sujets les plus critiques, c'est qu'une minorité de 15% de la population puisse continuer à monopoliser le pouvoir politique, économique et militaire. Aussi longtemps que perdurera cette situation, on ne pourra pas parvenir à la paix et à la stabilité" (LE MATIN, Mardi 22 février 2000, p.11). N'assiste-t-on pas aujourd'hui à des manœuvres de rejet de ce sage africain par les autorités burundaises dont les lobbies commencent à qualifier le médiateur "d'Interahamwe extrémiste" et de vendu à la cause des Hutu?

L'insécurité au Rwanda n'est-elle pas plutôt l'œuvre des militaires désœuvrés et mal payés se livrant au vol, au viol, au pillage, au meurtre..., activités dont ils avaient acquis l'habitude depuis plus de 15 ans déjà dans le maquis de Museveni en Uganda. Il est fort étonnant de voir un petit pays aussi pauvre que le Rwanda monter une armée de plus de 150.000 hommes, et que vous ne vous en émeuviez pas. Il est surprenant, monsieur le ministre, que vous ne parlez pas d'agression, ni de la présence des diverses armées du FPR de Kagame, de Museveni et de Buyoya sur le sol congolais. Il est étonnant et désagréable de voir que, selon vous, il n'y a que les Interahamwe et les ex-FAR qui troublent l'intégrité territoriale congolaise, au moment où ce sont les diverses armées non invitées qui sillonnent le territoire congolais et le pillent au bénéfice de financiers occidentaux. N'a-t-on pas encore en mémoire les attaques des armées rwandaises, ugandaises et burundaises à Kitona au large du Congo-Brazzaville? Quelle sécurité des frontières défendaient-elles à plus de 4.000 km des leurs ?

Au moment même où Laity Kama, Président du TPIR, « affirme de fait que les crimes contre l'humanité commis en 1994 par le Front Patriotique Rwandais (FPR) - aujourd'hui au pouvoir à Kigali - doivent être également jugés » (LE TEMPS, 18/09/1998), vous évoluez toujours dans la perspective que seuls les Hutu ont commis des crimes et doivent être poursuivis TOUS sans discernement, ce qui revient à admettre qu'ils soient tout simplement poursuivis parce que Hutu.

Monsieur le Ministre, vous dites avec justesse que le Rwanda a raison de craindre pour sa sécurité et celle de ses frontières. Mais cette crainte peut-elle justifier l'agression contre un pays tiers ? Croyez-vous que le peuple rwandais soit en sécurité sous la domination du régime Kagame? N'avez-vous pas dit vous-même que vous ne savez pas pour qui roule ce seigneur de la guerre? Parlant de l'accord de paix de Lusaka, Marie-France Cros trouve avec pertinence que « l'accord ne s'adresse d'aucune manière à la deuxième guerre en cours au Congo : celle du Kivu. Il s'agit à la fois d'une lutte de résistants congolais à l'occupation rwandaise de la région, d'un conflit ethnique entre rwandophones locaux et non-rwandophones et, sous certains aspects, d'une jacquerie de paysans tentés par un retour aux traditions après l'échec de tant d'espoirs de développement » (LA LIBRE BELGIQUE, vendredi 9 juillet 1999, p.4). L'opinion publique s'attendait à ce que vous condamniez ces attaques. Ces attentes ont été déçues. Déçues parce que dans vos discours et vos prises de position politiques, vous n'avez jamais condamné les crimes graves du régime de Kigali et de ses brigades internationales dans leur recherche machiavélique de la conquête de l'Afrique.

Monsieur le ministre, cette lettre ouverte tient lieu d'avertissement pour que vous ne disiez pas à l'avenir et à l'histoire: "Wir haben es nicht gewust". Si, vous savez !

II. Le problème congolais se trouve au Rwanda, au Burundi et en Uganda.

Monsieur le Ministre, à la réunion du Conseil de sécurité consacré au Congo auquel vous avez assisté, vous avez soutenu que le Rwanda avait besoin de sa sécurité, et que pour cela il fallait combattre les génocidaires, les Interahamwe et les FAR. Pourquoi parler de la sécurité du Rwanda en dehors des frontières alors que pour la majorité de la population, la sécurité à l'intérieur des frontières n'existe pas par le fait même du gouvernement auto-proclamé, des envahisseurs minoritaires tutsi? Comme le soulignent de nombreux observateurs, l'origine du problème ne se trouve-t-il pas plutôt au Rwanda, au Burundi et en Uganda et non au Congo? En effet, l'agression du Congo par les armées de ces pays est prétendument justifiée par la poursuite des interahamwe, des ex-FAR, des hutus burundais et autres rébellions contre le pouvoir de Museveni. De quel droit comdamnez-vous toutes ces populations sans même vouloir entendre leurs points de vue ? N'êtes-vous pas en train d'agir comme un vrai émule du FPR ethniste et militaro-autoritaire? Le jour où l'histoire et la justice daigneront enfin juger leurs crimes, ne risquez-vous pas de vous retrouver sur la liste des inconditionnels de ces régimes, des opportunistes coupables de les soutenir, alors qu'ils sont responsables de tant de crimes, d'assassinats et ont des millions de morts sur la conscience? Comptez-vous rejoindre la liste des aveuglés tels Léon DELCROIX, Willy CLAES, Alain DESTEXHE, Colette BRAECKMAN, Anne-Marie LIZIN, Laurette ONKELINCKX, Els de TEMMERMANN, Pierre GALAND, Koen VIDAL et autres PTB...?

Que signifie d'ailleurs aujourd'hui "Interahamwe ex-FAR, génocidaires" prêts à attaquer ces régimes si on se rapelle que depuis octobre 1996, l'armée de Kagame se livre à des massacres génocidaires sur les réfugiés hutu rwandais au Zaïre. L'ONU a reconnu 200.000 morts pendant que d'autres sources les estiment à 500.000 victimes. Pensez-vous que ces populations particulièrement visées par les armées de Kagame de Buyoya et de Museveni puissent avoir survécu aux massacres génocidaires pour constituer aujourd'hui une menace sérieuse contre ces régimes ?

Ne pensez-vous pas plutôt que cette prétendue menace est un mirage ayant pour objectif de justifer :

Nous saluons la proposition de loi introduite récemment au parlement belge visant à réprimer le trafic d'armes aussi bien en Belgique qu'à l'étranger.

III. Le rôle du PRL et du VLD dans la crise des Grands-Lacs africains

Nous savons qu'à l'intérieur du PRL (VLD), les membres ne souscrivent pas individuellement à une même opinion vis-à-vis de la Région des Grands Lacs. Cependant, il est clair que le rôle du PRL dans la crise des Grands-Lacs africains et spécialement dans la guerre du Rwanda est historique.

  1. Plusieurs membres du PRL-VLD et leurs sympathisants ont milité pour la prise du pouvoir par les armes aux côtés de la frange militaro-ethniste du FPR à majorité tutsi alors que cette ethnie est de loin minoritaire dans la Région. Pourtant dans sa vision politique la branche libérale (PRL et VLD), soutient les fondements de la démocratie. Quelle démocratie ? Pour qui ? Pour tous ?
  2. Plusieurs membres du PRL-VLD et leurs sympathisants ont pris place dans des instances d'enquête comme la Commission d'enquête parlementaire belge pour le Rwanda. Certains y ont même joué au juge en comdamnant avant tout procès. Par ailleurs a-t-on oublié le zèle d'un sénateur-rapporteur qui a été jusqu'à effectuer lui même une saisie chez un confrère avocat ? A votre avis, ces membres sympathisants du PRL-VLD n'entachent-ils pas de partialité les travaux de cette Commission dans laquelle ils ont joué un rôle prépondérant?
  3. Des membres du VLD-PRL manipulent sciemment des conclusions aussi bien de la commission belge que de la Mission française à des fins politiciennes. Les seuls points qui les intéressent se rapportent uniquement à la politique mesquine de petites querelles belges. Ils passent pourtant sous silence la résolution 52 (rédigée aussi par Guy Verhofstadt et Alain Destexhe) recommandant une enquête judiciaire en bonne et due forme sur l'attentat contre l'avion des présidents rwandais et burundais en avril 1994. Cet attentat est l'élément-clé pouvant expliquer la mort de nos Casques bleus et l'élimination de tant de populations civiles innocentes. Les récentes révélations du journal canadien "National Post" du 1 mars 2000 intitulé "Explosive leak on Rwanda genocide, Informants told UN investigators they were on squad that killed Rwanda's president - and a foreign government helped." ? impliquent explicitement le FPR dans cet attentat. Suivrez-vous cette piste ?
  4. Plusieurs membres du PRL et leurs sympathisants ont été décoré par le FPR comme pour couvrir les massacres auxquels l'armée du FPR se livrait dans les camps des réfugiés. Savent-ils encore faire la part des choses entre le PRL et le FPR?
  5. Plusieurs membres du PRL et leurs sympathisants ont financé activement les actes et la propagande du FPR, soit directement, soit à travers les lobbies. Aujourd'hui, des fonds destinés à la Coopération financent le FPR et la guerre au Congo et passent par le PRL-VLD. Comptez-vous encore continuer à financer à travers les régimes de Kagame, Museveni et Buyoya l'agression et l'occupation au Congo et les épurations ethniques dans la Région?
  6. Plusieurs membres du PRL-VLD et leurs sympathisants ont encouragé la formation de magistrats formés sur le tas pour donner un faux crédit à des jugements inhumains et dégradants, voire des condamnations à mort, en contradiction avec la charte des Nations Unies et les lois belges... C'est pourtant de votre parti qu'est issue la réorganisation de la justice belge pour lui donner un visage plus humain.

  1. Aujourd'hui encore, le Gouvernement belge soutient les soit-disant tribunaux populaires dits "gacaca" à l'image d'un tribunal des "Hôpitaux de campagne" préconisés à Waterloo le 20/1/1998 par le Sénateur A. Destexhe. Quelle garantie d'une justice équitable peut on attendre de ces gacaca, justice que l'on ne trouve même pas dans les tribunaux tenus par des magistrats?
  2. Plusieurs sympathisants et membres de la famille libérale ont participé activement à malmener les Rwandais exilés en Belgique en les qualifiant globalement de génocidaires, du seul fait qu'ils sont d'origine ethnique hutu. Le Libre-examen inscrit dans les règles de conduite de vos sympathisants est-il encore garantie après pareille globalisation ?
  3. Plusieurs sympathisants et membres de la famille libérale ont manipulé les dossiers des para belges à des fins politiques internes et non pour connaître la vérité. Sont-ils prêts à ouvrir ces dossiers pour faire toute la vérité sur cette situation?
  4. Plusieurs sympathisants et membres de la famille libérale ont milité pour le dessaisissement de dossiers instruits en Belgique de personnalités rwandaises susceptibles de témoigner ici tels Ntuyahaga, Bagosora, Ndindiliyimana.... La législation précédente n'a pas voulu entendre le Major Ntuyahaga dans le dossier des para belges. Les gens du PRL-VLD préfèrent son extradition vers le Rwanda. Elle n'a pas voulu entendre le colonel Théoneste Bagosora et a préféré le confiner à Arusha. Elle n'a pas voulu entendre J.B. Barayagwiza: vous avez exprimé votre souci de le voir rester en prison alors que le TPIR avait jugé de le relâcher. Elle n'a pas voulu entendre le Général Augustin Ndindiliyimana, spécialement lorsqu'il a demandé à être entendu par la Commission parlementaire belge pour le Rwanda, notamment sur le sort des paras belges tués au Rwanda. Que cherche à camoufler la famille libérale lorsqu'elle fait obstruction à toutes ces initiatives pourtant louables? Pourquoi la vérité ne peut-elle être dite, ni même, semble-t-il, approchée ?

Que conclure de ce soutien?

Enfin, après 6 ans, un ministre des Affaires étrangères belge a eu le courage de chercher une solution au problème des Grands Lacs d'Afrique en organisant une rencontre de haut niveau. Cette initiative belge, louable en soi, a-t-elle tenu compte de toutes les composantes des sociétés burundaises, ugandaises et rwandaises ? A-t-elle tenu compte des diverses oppositions politiques du Burundi, du Rwanda, de l'Uganda, du Congo ?

Mais quel peut-être l'espoir de réussite d'une telle rencontre, si aucun des représentants des majorités des populations n'est entendu ? Les ambassadeurs que vous avez réunis ne représentent-ils pas que des dictatures minoritaires imposées militairement dans leurs pays respectifs?

SOS Rwanda-Burundi est à même de vous mettre en contact avec les diverses oppositions rwandaises, ugandaises et burundaises.

Monsieur le ministre, « On n'accuse pas un peuple de génocide sans avoir le courage d'aller jusqu'au bout dans la recherche de la vérité » (Cf. SOS RWANDA-BURUNDI, Lettre ouverte à la Mission [française] d'Information sur le Rwanda, 23/10/1998).

IV. Harcèlement des milieux réfugiés hutu en Belgique comme ailleurs

« Je refuse de prendre parti dans le conflit Tutsis et Hutus. Je ne suis pas suffisamment informée pour en parler. Tout ce que je peux dire, c'est que je me sens burundaise, que, moi, aussi, une partie de ma famille a été massacrée parce qu'elle était tutsi. Dans ce genre de conflits ethniques, c'est une machine qui s'emballe, tout le monde y est entraîné. Tout le monde a peur, tout le monde fuit. C'est très confus ».KADJA NIN in Le SOIR du lundi 23/11/1998).

Les lobbies du FPR font partie de la milice qui harcèle activement les milieux hutus rwandais réfugiés en Belgique. Ce harcèlement est d'autant plus grave qu'il est dirigé globalement contre les Hutu en tant que tels et non en fonction d'une éventuelle culpabilité. Ce sont ces mêmes milieux qui répandent que tous les Hutu sont des génocidaires, des « Ibipinga », même avant tout jugement. Selon le sens de ce nom-même « ibipinga », ils ne sont génocidaires que du fait qu'ils défient le régime de Kigali et lui sont opposés. Vous avez été longtemps dans l'opposition. Vos partisans sont-ils à considérer comme criminels pour autant ?

La loi et la jurisprudence disent en tout temps et en tout lieu que « tout homme est innocent jusqu'à preuve du jugement ». Or il suffit de parcourir les médias pour constater l'inverse au mépris de toute justice. Le langage vous est-il inconnu ou étranger ? « Kofi Annan a dit récemment que quand quelqu'un est torturé, déplacé ou disparaît, qu'il soit africain, asiatique ou européen, c'est pareil : les droits de l'hommes peuvent donc être reconnus par les populations du monde entier comme étant une revendication fondamentale, même si les dirigeants - qui sont souvent ceux qui bafouent ces droits - les considèrent comme de l'ingérence » (LA LIBRE BELGIQUE, 10/12/1998).

Que dire de l'universalité des grands principes humanistes ?

Monsieur le ministre, les atteintes aux droits de l'homme par le régime de Kigali ne se comptent plus :

Au vu, de ces quelques faits parmi tant d'autres, comment pouvez-vous vous opposer à l'entrée du parti de Haider au gouvernement d'Autriche à cause de ses visées néo-nazies et soutenir en même temps des gouvernements qui pratiquent les méthodes nazies tels le Rwanda et le Burundi ? Pourquoi ne condamnez-vous pas les camps de concentration en Afrique centrale ? Comment osez-vous porter plainte contre Pinochet pour des crimes commis il y a plus de 20 ans quand vous encouragez et soutenez, en leur rendant visite, des régimes cent fois plus sanguinaires ?

V. Le FPR n'est-il pas votre protégé ?

Monsieur le ministre votre premier discours sur les Grands Lacs était prometteur. Il faisait croire que, pour au moins un membre du PRL-VLD, les grands principes humanistes étaient encore vivants et défendus. Aujourd'hui, nous sommes réellement préoccupés par vos prises de position en faveur du FPR comme si vous ignoriez ses crimes et ses victimes en termes de millions. Nous sommes sans cesse surpris de vous entendre toujours justifier l'inexplicable (comme le faisait béatement votre prédécesseur), et ce à plusieurs étapes de cette crise des Grands-Lacs. Ainsi, vous avez déclaré comprendre les mouvements rebelles et impérialistes lorsque :

Le FPR a attaqué le Rwanda : vous l'avez justifié par le fait que les réfugiés avaient le droit de rentrer chez eux dans la dignité. N'y a-t-il plus de réfugiés rwandais ? Ceux qui sont rentrés de force l'ont-ils fait dans la dignité ? Vous avez admis en son temps que des réfugiés tutsi puissent prendre les armes et attaquer leur pays envers et contre les conventions internationales. Comment se fait-il que vous n'ayez plus la même réaction quand ces réfugiés sont Hutu ? Parlez-vous pour la vérité, la justice et le droit, ou pour le FPR, Monsieur le Ministre ?

Le FPR a éliminé les populations de Byumba et de Ruhengeri au Rwanda et dès 1990, cela est prouvé. Vous savez sans doute que la préfecture de Byumba était habitée par plus 800.000 habitants recensés en 1991 ? Connaissez-vous le sort de ces habitants, Monsieur le ministre ? Savez-vous que déjà en 1993, cette préfecture et celle de Ruhengeri comptaient plus d'un million de déplacés dans les camps de fortune de Nyacyonga aux portes de Kigali suite aux massacres sélectifs et aux attaques meurtrières du FPR ? Savez-vous qu'en avril 1994 la population recensée de cette préfecture était évaluée entre 130.000 et 150.000 habitants ? Avant de vous porter comme garant de l'honnêteté du FPR, savez-vous que tous les militants du MRND qui étaient au moins chefs de cellule dans la préfecture de Ruhengeri ont été passés à l'arme blanche pour avoir voté contre les attentes du FPR dans la zone alors sous son contrôle ? Avez-vous jamais fait une enquête ? Un de vos agents, l'ambassadeur Swinnen, était à Kigali. Il vous aura donc informé des victimes de Kirambo. Pourquoi ne condamnez-vous pas ces massacres ? L'histoire actuelle du Rwanda ne commence pas en 94 mais en 90 !

Le FPR s'est rendu coupable de crimes de guerre depuis son agression le 1/10/1990. En voici quelques exemples à titre purement illustratif :

« Les droits de l'homme, c'est comme le sang. Qu'un homme soit jaune, blanc, rouge ou noir, son sang est toujours le même, et quelqu'un qui est en manque peut être transfusé et avoir la vie sauve par quelqu'un d'une autre race. Je ne crois pas que certains droits soient réservés aux occidentaux et d'autres aux habitants d'autres continents ». En ce qui concerne le Congo et le Rwanda, « A la limite, on devrait s'en prendre à certains états pour non-assistance à peuple en danger. /.../ Dans le domaine des Droits de l'homme, l'Europe nous a montré une voie salutaire pour tout le monde et elle devra assumer ses responsabilités dans son application ». André ILUNGA, in LA LIBRE BELGIQUE, Jeudi 10/12/1998, page c). Doit-on encore parler des droits de l'homme ou plutôt des droits du FPR ?

Malgré toutes ces violations, votre gouvernement n'accorde de visa qu'aux seuls Tutsi, tout en se refusant de considérer leurs responsabilités dans les crimes qui endeuillent l'Afrique Centrale.

Si vous voulez en savoir plus sur les responsabilités des membres du FPR, l'association SOS Rwanda-Burundi se fera un plaisir de vous envoyez, en complément de la présente, le travail d'enquête qu'elle a mené à ce sujet. Vous vous rendrez ainsi compte que parmi vos hôtes de marque se dissimulent de grands criminels sous divers sobriquets officiels. Vous vous rendrez compte aussi que la culpabilité n'est pas génétiquement hutu, ainsi que l'a affirmé Yolande Mukagasana, la redoutable rwandaise des milieux du FPR et de leurs sponsors, la plus écoutée, malgré les nombreux mensonges que recouvrent ses témoignages.

Des pistes de solution ?

Ces éléments prouvent, Monsieur le Ministre, que vous êtes le porte-parole d'un gouvernement qui alimente la guerre du Congo. Les données sont là également qui prouvent que de nombreux partenaires de votre majorité ont alimenté et soutenu la guerre du Rwanda qui n'était rien d'autre qu'un prélude pour attaquer et piller le Congo. L'histoire retiendra que cette guerre insensée aura fait, non pas entre 500 et 800.000 morts comme les mêmes milieux, notamment libéraux, veulent l'accréditer, mais plus de 4.000.000 à ce jour : votre gouvernement se refuse à le reconnaître, malgré les évidences.

Vous avez en mémoire, Monsieur le ministre, la résolution des Nations Unies condamnant les massacres des réfugiés rwandais commis par l'armée de KAGAME en 1996-1997 lors de sa première campagne au Congo. Aurez-vous le courrage, à l'occasion de votre prochaine visite au Rwanda, d'exiger la publication des résultats de l'enquête demandée par les Nations Unies à ce sujet ainsi que la publication du rapport Gersony qui met en cause la FPR dans les massacres du Nord en 1994 ?

Monsieur le Ministre, vous vous rappelez que le journal Osservatore Romano du 25 mai 1999, après examen minutieux, n'avait pas hésité à qualifier ce qui s'est passé au Rwanda de double génocide

«En réalité, il faut constamment préciser qu'il y a eu un double génocide au Rwanda : celui contre les Tutsis (et certains hutus modérés), perpetré après le 6 avril 1994, qui a fait plus de 500.000 victimes, et celui envers les hutus, à partir d'octobre 1990 jusqu'à la prise de pouvoir par le Front Patriotique Rwandais (FPR) tutsi en juillet 1994. Ce génocide des hutus s'est poursuivi ensuite dans la forêt zairoise où les fugitifs hutus ont été massacrés durant des mois, sans même bénéficier de la protection de la communauté internationale. Le nombre des victimes hutus s'élève à environ un million. Les deux génocides ont été horribles et doivent être tous deux rappelés, sous peine de risquer une propagande unilatérale. »

Les accords de Lusaka ont raison de dire qu'il faut désarmer les génocidaires. Marie-France CROS a raison lorsqu'elle se fait une fois de plus l'avocat de Kigali et qu'elle parle des excuses dues par l'ONU au Rwanda en ces termes : « Plus encore que de présenter des excuses, l'ONU et les Etats membres sont surtout moralement obligés de s'impliquer bien plus qu'ils ne le font aujourd'hui dans le processus de paix au Congo, où la guerre dérive en partie de la tragédie rwandaise ». Partagez-vous son analyse lorsqu'elle affirme : « Kigali a signé l'accord de paix de Lusaka qui prévoit son retrait du territoire congolais, mais a souligné à maintes reprises qu'elle n'en ferait rien si la communauté internationale refusait d'exécuter son devoir face à un crime contre l'humanité : désarmer les combattants extrémistes hutus qui ont exécuté le génocide et prêtent aujourd'hui main forte au régime Kabila. /.../ Si la paix n'est pas bientôt ramenée au Congo, les génocidaires désarmés et les armées étrangères rentrées dans leurs casernes, présentera-t-on à nouveau les excuses collectives de l'ONU aux survivants du désastre prévisible ? »

Ceux qui refusent de se reconnaître dans le régime de Kigali, ceux qui combatent ce régime qui ne leur convient pas avec comme seule arme la logique du dialogue et de la paix, ceux qui aspirent à un état de droit, doivent-ils être considérés comme génocidaires par le fait même ?Pourquoi n'utilise-t-on jamais l'appellation « résistants » en ce qui les concerne ? Ce terme si glorieux, en Europe, est-il uniquement réservé aux blancs ? Pour quels rwandais roulez-vous, monsieur le ministre ? Si « les bonnes intentions de Louis Michel ne font pas recette » et que « la situation est devenue tellement explosive dans l'Afrique des Grands Lacs qu'un plan d'action concret risque très vite d'être dépassé », il est alors compréhensible que les hommes de terrain que sont les ONG « se disent particulièrement déçus par le manque de cohérence et d'approche globale de la problématique en Afrique centrale » (C. BRAECKMAN in LE SOIR, Jeudi, 9 décembre 1999, p.8). Votre catalogue de bonnes intentions ne suffira pas si vous n'acceptez pas d'approcher les opposants, et les réfugiés rwandais, burundais et congolais pour recueillir leurs points de vue dans la recherche des solutions durables. Le problème est que le politicien belge se trompe aujourd'hui de partenaire lorsqu'il limite les peuples à quelques individus comme KABILA, KAGAME, MUSEVENI ou BUYOYA qui, à force de témérité et de cruauté en sont arrivés à s'emparer du pouvoir, au mépris de millions de vies humaines. En Afrique comme en Europe, le pouvoir devrait appartenir aux peuples, et non à des aventuriers sans foi ni loi.

Quand aurez-vous le courage de sortir du sentimentalisme qui tue pour vous régler à l'heure de la vérité objective que vous dites toujours prôner ?

"Of waartoe emotie, veeleer dan analyse, kan leiden." (Filip Reyntjens, Reis naar Rwanda zware vergissing, in De Standaard, 23/02/2000)

"L'humaniste libéral" Louis Michel défend l'honneur de la Belgique dans le cas de l'Affaire Pinochet: le même humaniste est-il déterminé à le défendre dans le contexte des sales guerres qui ravagent le continent africain?" (Jean-Claude Willame in La Libre Belgique, 11/02/2000, p.10).

SUGGESTIONS de SOS RWANDA-BURUNDI

Le moment d'appliquer les grandes principes humanistes, le retour vers le libre examen sans dogmes ni préjugés, principes cher à votre groupe politique est plus que jamais mis à l'épreuve.

Contrairement aux informations orientées et répandues par les médias internationaux, sur la crise des Pays des Grands Lacs Africains, il s'avère qu'il est absolument indispensable et urgent de prendre les mesures suivantes dans toute la région :

1. Rétablissement immédiat d'une surveillance sévère, objective et non soumise à l'approbation des régimes en place.

2. Vote par l'Assemblée Générale de l'ONU d'une résolution exigeant :

· L'embargo général économique, principalement sur la fourniture d'armes.

· Le désarmement complet de toutes les parties.

· Le recensement des populations dans le but de déterminer le nombre exact de victimes à ce jour. Ce recensement doit permettre d'évaluer exactement les responsabilités des auteurs de ces drames et tenter de protéger les survivants.

· Intervention militaire internationale en cas de refus de la part des régimes concernés.

· Extension de la compétence du Tribunal Pénal International pour le Rwanda dans le temps et dans l'espace.

· Interdiction à tout responsable national et international de développer des théories qui bafouent les principes fondamentaux de la démocratie et de l'égalité entre les hommes au profit de groupes minoritaires dictatoriaux.

· Enquêter sur l'implication de puissants groupes financiers internationaux dans la tragédie de l'Afrique Centrale.

  1. Prise en considération des points de vue de tous les acteurs oeuvrant pour le retour de la paix dans la région dans tous les pourparlers de paix.
  2. Instauration rapide de gouvernements représentatifs de l'ensemble des populations.
  3. Condamnation sans complaisance, ni parti pris, des crimes et des massacres indépendamment de l'appartenance ethnique, politique ou sociale de leurs auteurs.
  4. Le respect absolu des principes de conditionnalité avant toute aide au développement des pays concernés, conformément à l'esprit de "LA BAULE" ; ces principes étant :

Si rien n'est fait nous assisterons en spectateurs complices à la disparition de millions d'êtres humains. Avec eux disparaîtra aussi le respect que nous devrions avoir pour nous mêmes et l'espoir d'un avenir meilleur pour les générations futures.

Les mesures que vous prendrez, Monsieur le Ministre, doivent avant tout sauvegarder la vie et la dignité de chaque être humain plutôt que les intérêts mercantiles et égoïstes de quelques-uns.

Christiaan DE BEULE Martine SYOEN