Solidarité Shirika la Kivu
P.O BOX 9355 STN "T"
Ottawa, Ontario, K1G 3V1, Canada
Courriel: shirikalakivu@hotmail.com
29.12.00
Bientôt déjà cinq ans (1996-2001) de l'agression dont est victime la RDCongo par des institutions économiques et leurs pays dit developpés sous la houlette de RCD (Rassemblement Congolais pour la Démocratie). Ils instrumentalisent une idéologie hégémonique chez des voisins qui n'attendaient qu'argent, armes, coopération militaire, mercenaires et parapluie diplomatique pour se réaliser pleinement chez des voisins longtemps mis à genoux par les mêmes puissances. Ce qui paraît simple, c'est-à-dire l'agression de la RDCongo, est décrite comme complexe par certains média de service pour garder le flou et permettre des opérations sans condamnation aucune des régimes monoethniques et extrémistes des pays agresseurs.
La première période, soit d'octobre 1996 à mai 1997 a connu la fin du "mobutisme", une philosophie de gestion qui consistait au pillage systématique du pays, au clientélisme et au népotisme comme système de gouvernement.
La seconde, soit du 17 mai 1997 à nos jours, n'a réellement connu qu'un Congo balkanisé. L'observateur de la région depuis cette période se rappellera que le nouveau pouvoir à Kinshasa était représenté par ce dragon appelé l'AFDL. Au moment où les congolais tergiversaient dans les querelles et les discours politiques à la recherche d'une équipe gouvernante parmi la multitude, Ugandais et Rwandais (Burundais) se positionnaient dans l'exploitation des ressources naturelles à l'Est du pays. Le projet de réhabilitation des routes du Kivu ne fut-il même pas accordé au Rwanda avec un budget équivalent? Consigne: on ne pose aucune question. Les "victorieux" -à l'exclusion du peuple congolais- se partageaient la "carcasse" du Congo. Et tant du côté appelé "territoires occupés" et celui appelé "territoires libérés", on signait des contrats d'exploitation avec des compagnies étrangères. Ce qui a permis une accalmie relative de mai 1997-août 1998; près d'un an.
Tous étaient neutralisés, mais tous n'accepterent pas l'état des faits. Plusieurs questions et suggestions vinrent tant de la Société civile, des Eglises et des partis politiques auxquels on imposa le silence. La conscience du peuple restait toutefois allumée avec l'insurgence de la résistance populaire dite "May-May". Ceci precipitait le dernier affrontement au sein de l'AFDL, qui voit grâce à la maturité et à la malignité de son leader, sorti miraculeusement gagnant. Ce qui déclenchait automatiquement le doute et la suspicion sur le pouvoir à Kinshasa de la part des agents de services (leaders des pays voisins) et de leurs souteneurs internationaux qui craignaient de perdre des investissements dans cette guerre décidée dans des pays du Nord et exécutée dans ceux du Sud. D'où les débuts du déclenchement de la seconde agression du Congo dès le 2 août 1998 à nos jours avec son bilan provisoire de plus de 2.000.000 de victimes directes. Une guerre d'agression à laquelle on veut donner l'image d'une "rebellion" avec les multiples paravant d'aujourd'hui: le RCD miné par des défections quotidiennes ainsi que des rivalités internes, et le Mouvement de libération du Congo (MLC) etc. En fait, l'image de La "rébellion" est voulue parce que la Charte des Nations Unies condamne toute guerre d'agression et exige que le conseil de sécurité de l'ONU prenne des mesures adéquates pour y mettre fin. C'est là l'importance de la couverture diplomatique donnée aux pays instrumentalisés qui violent le droit international au mépris de droits humanitaires et de la justice. D'où également l'importance de la part de la RDCongo et de ses alliés de mettre bouchée double sur la diplomatie et la campagne médiatique contre le flou et les mensonges des agresseurs.
Aujourd'hui, c'est la désolation dans tout le pays. Les organisations humanitaires lancent un cri d'alarme et dressent un tableau sombre pour ces populations abandonnées et sinistrées. La coordonnatrice des secours d'urgence de la FAO parlait d'un désastre humanitaire... Pendant ce temps, le représentant américain au conseil de sécurité de l'ONU rejete la responsabilité de la dégradation de la situation humanitaire aux forces en présence: Rwanda, Ouganda et Burundi soutenant les "rebelles" et l'Angola, le Zimbabwe et la Namibie soutenant la RDCongo. Indistinctement. Comme s'il n'est pas connu que sans l'agression de la RDCongo le 2 août 1998, les trois derniers pays alliés de la RDCongo ne seraient pas intervenus. C'est la façon d'entretenir la confusion par un soutien implicite de l'agression.
Exploitant la naïveté de certains congolais, en quête du pouvoir sous le dos du sang de milliers d'innocents, les agresseurs pensent coloniser puis exploiter le pays sous l'ombre des traîtres qu'ils promettent hisser au sommet du pouvoir par tous les moyens y compris celui de la force. On l'appelle tantôt guerre absurde, tantôt première guerre africaine... Absurde, parce qu'elle ne semble pas avoir une raison claire. Du moins, pour les non-avisés. Pourtant, on sait qu'il existe une dizaine de compagnies minières (multinationales) du Nord et leurs filiales, qui exploitent des ressources naturelles dans les "territoires occupés". Cependant, les dirigeants des pays instrumentalisés en retirent un perdiem d'avantages et s'adonnent à la commercialisation du café et autres produits de ce pays. Plus, selon des sources diplomatiques rapportées par la voie médiatique, le Rwanda vient de mettre au point une Commission pour la révision de ses frontières héritées de la colonisation. C'est sa frontière avec la RDCongo qui est visée. Il veut s'ajouter des territoires. Sous la plume de Faustine Rwambali de "The East African" de décembre 2000, on peut lire: "The EastAfrican has since learnt that among the issues to be addressed by the committee is the impact of colonial boundaries, which are belived to have contributed to ethnic violence in Rwanda and Burundi, as well as the Banyamulenge citizenship controversy. The committee, chaired by the Minister for Foreign Affairs, Mr Andre Bomaya, could help to establish to which country the Banyamulenge belong".
Par cet acte, le Rwanda fausse non seulement l'histoire en sa qualité de bénéficiaire en terme d'extension territoriale des accords diplomatiques de 1910 divisant la région du Kivu entre l'Allemagne, la Belgique et le Royaume-Unie, mais aussi il s'affronte à plusieurs conventions internationales dont celle de Vienne sur les traités, celle de Montevideo portant sur les frontières des Etats et les Chartes tant de l'Onu que de l'Oua. En dehors de tous ceux ci-haut, le Rwanda s'expose au flamme des nationalistes congolais, en particulier à celui des May-May qui jurent mourir pour la terre de leurs ancêtres. Toujours pour créer la confusion, on l'appelle "première guerre africaine". Quelle ridicule perception. Qu'on dise un seul antécédent entre les Etats en conflit comme ce fut dans le conflit européen. Qu'on dise, lequel des Etats impliqués fabriquent des armes pour cette guerre? Tout ou presque tout, excepté la main exécutrice de nègre, vient des pays nantis décidés de soumettre la RDCongo. Y compris les tentatives de médiation tels que les accords de Lusaka concoctés de toute pièce dans le but de faire poids et de donner une certaine légitimité politique à ce groupe mafieux appelé "rébellion". Ces accords sont aujourd'hui, selon qu'on soit à Kinshasa ou à Kigali, sujet d'interprétation diverse. Kinshasa veut les rediscuter à la lumière de la résolution 1304 du conseil de sécurité de l'ONU, tandis que Kigali par la bouche du premier secrétaire de son ambassade à Tanzanie, Mr John Kabera, les lie (accords de Lusaka) maintenant à la rectification des frontières héritées de la colonisation.
Derrière les affrontements militaires et diplomatiques se retrouve la nouvelle idéologie que le nouveau président élu des Etats Unis dit être prêt à exporter au monde entier. Elle caresse tant d'oreilles surtout celles qui comme celles des congolais qui viennent de passer près d'un demi-siècle sous le chaos et le totalitarisme. Il s'agit de la liberté et de ses facteurs. Sous les credo de la "démocratie", de la "mondialisation" et du "libéralisme", ces puissants du monde veulent faire croire aux congolais qu'ils vont, par l'entremise des régimes fascistes et monoethniques qu'ils soutiennent, instaurer une démocratie au Congo-Kin. Quelle démagogie: s'appuyer sur de la crasse (le fascisme hima-tutsi) pour établir de la propreté au Congo-Kin (la démocratie). Même si le régime congolais ne joue pas un jeu clair pour rassurer ses citoyens fatigués d'autant d'années de souffrance, rien en provenance de l'Est, même pas des marionnettes-démocrates, n'est aussi plus rassurant.
Le journal l'ECHO" de Brazzaville, citant les propos de l'ex-président et co-fondateur du RCD, Mr Arthur Z'Ahidi Ngoma, affirme qu'"il n'y a pas de rebelles dans l'est du Congo, il y a que des prédateurs, des mafieux (...). Il n'y a pas de RCD sur le terrain. Il y a qu'un rassemblement de mafieux pour le brigandage du territoire national, car le RCD n'a pas de projet de démocratie. Les rebelles sont un mercenariat congolais au service de pays tiers". Ces groupes-façades à l'agression du Congo appelés rebelles sont depuis sources de rivalité et de compétition interne qui minent d'ailleurs leur crédibilité. Plus le fait qu'ils soient visiblement soit sous la coupe de Kagame soit de Museveni illustre bien leur rôle réel d'écran qu'on voudrait bien opaque, mais...
L'usage des seules armes n'ayant pas conduit droit à la réalisation des agendas cachés qui semblent être nombreux à être couverts par cette guerre, on a fait, sans abandonner la violence faite au peuple congolais, recours à la voie diplomatique qui a abouti aux accords dits de Lusaka. Ces accords, eux-mêmes très obscurs, sous-tendent une administration directe du Congo-Kin par l'Onu pendant que les leaders congolais seraient en train de recevoir des leçons de bonne gouvernance à la table de "dialogue intercongolais", table de laquelle sortira un gouvernement acceptable pour les agresseurs selon mesdames S.Rice et M. Albright. Bref, ce dialogue produirait des marionnettes. En plus, l'armée si nous en avons une, sera soumise à la reforme avec les "rebelles". D'où, une possibilité d'avoir au Congo-Kin une armée rwandaise fusionnée à quelques congolais. Pire, à la table dite de "dialogue intercongolais", tout sera discutable y compris les frontières et la nationalité. C'est dire qu'en pratique, les congolais iront s'asseoir ensemble avec leurs assassins non pas pour discuter des problèmes internes comme nombreux le croient, mais plutôt des problemes exportés du Rwanda, du Burundi et de l'Uganda. RIEN POUR et TOUT CONTRE LA RDCONGO dans ces accords tant appreciés par certains sans jamais avoir eu l'opportunité de les analyser.
Au delà de l'agression militaire, diplomatique, politique, humaine... il y a plusieurs autres combines. Pendant que la RDCongo est systématiquement détruite par la main invisible de l'occident, les pays acteurs eux reçoivent des fonds pour la reconstruction, le rééchelonnement de leurs dettes par des institutions issues des Ententes de Breton Woods. Les alliés de la RDCongo sont empêchés d'avoir accès aux mêmes fonds pour la raison qu'ils sont impliqués dans la guerre du Congo-Kin. Tandis que les enfants congolais sont forcés à prendre les armes pour défendre leur nation, ceux des pays agresseurs étudient dans les meilleurs conditions pour préparer l'avenir de la nation.
Pire, face à leur échec militaire immédiat, les bourreaux mettent en application d'autres stratégies pour arriver à leurs fins. Autant d'alternatives sont en chantier pour contourner ces obstacles majeurs qui sont le nationalisme congolais et l'appui militaire des pays alliés. Comme stratégies, ils asphyxient lentement mais sûrement les économies des alliés et celle de la RDCongo. En même temps, autant de millions de dollars sont octroyés aux régimes dictatoriaux et sanguinaires du Rwanda, du Burundi et de l'Ouganda sous forme d'aide au développement même quand tout le monde sait que cet argent ne sert qu'à financer la guerre.
Exploitant l'adage populaire qui affirme que "ventre affamé n'a point d'oreilles", les américains ferment tous les robinets aux gouvernements de Kinshasa, de Luanda et de Harare, pour enfin inciter le peuple aigris à descendre dans la rue contre leurs gouvernements. En créant les conditions favorables à la colère des administrés contre leurs gouvernants, les américains espèrent récupérer politiquement ce genre d'insatisfaction à leur crédit de saveur de peuple. Chez alliés de la RDCongo, les mêmes scénarios sont montés contre les gouvernements. En Angola, soutenir sous table le mouvement de Savimbi; ce qu'on appelle la politique de la carotte et du baton. Au Zimbabwe, un problème mineur, toute comparaison faite, de reforme agraire est montée à son paroxysme en vue de justifier le financement des partis d'opposition, des sanctions économiques etc. Cette politique du cancer qui, selon plusieurs, n'a pas cassé la résistance de la Libye, de l'Irak, de l'Iran, de la Yougoslavie, du Cuba etc. Va-t-elle réussir au Congo-Kin ou chez les alliés? C'est tôt de répondre. Pour l'acculer au mur, les agresseurs procréent d'autres pseudo-mouvements tel que le "Mouvement de Résitance des Onze", qui se réclame aussi nationaliste et est alimenté par les géants de la SADC: Afrique du Sud et la Zambie.
Le blocage pour une solution de la crise congolaise est réel. Aussi, faut-il le souligner, est-il étranger au Congo? En effet, toutes les solutions proposées sont à l'avantage des agresseurs et, souvent, n'ont rien à faire ni avec la RDCongo ni avec la recherche de la paix. L'application, par exemple des Accords de Lusaka, avec à son coeur le dialogue intercongolais, n'ouvrira qu'à des nouvelles hostilites qui pourraient même ensanglanter à nouveau le Rwanda. De toutes les facons, les pays signataires, surtout le Rwanda s'oppose à tout amendement des accords de Lusaka car cela va au contre courant de ses intérêts et ceux de ses patrons. Les agresseurs les utilisent pour camoufler leur nouvelle stratégie et paraître avoir les mains propres. C'est la raison pour laquelle au moment où Maputo II annonce un désengagement des troupes et que l'espoir d'une solution politique renait, sur terrain, les agresseurs renforcent leurs positions militaires.
Pour l'opposition dite non-armée, les nouvelles formations politiques naissent (Forces politiques et sociales de l'opposition démocratique du Congo-Kinshasa etc), sans parler des alliances d'intérêt entre elles (vieilles et/ou nouvelles). Museveni exerce une forte pression sur Wamba dia Wamba et Mbusa Nyamusi (RDC/Bunia) de se réconcilier et de fusionner avec MLC de J.P Bemba; les américains font pression pour que RCD (Goma et Bunia) revienne à la structure initiale et fusionné avec MLC/Bemba. En général, elle n'a jamais servi qu'à une certaine manipulation pour les intérêts étrangers. Voila pourquoi elle n'arrive pas à réaliser son unité face au régime de Kabila.
La guerre contre le Congo-Kin, on le voit, est une guerre totale et multiforme. Tous les moyens militaires, stratégiques, diplomatiques, politiques, idéologiques et médiatiques sont en marche. Ceci peut porter à s'interroger sur le(s) motif(s) réel(s) du retour impressionnant des mobutistes au pays. Loin de nier leur lien naturel (citoyenneté) avec la RDCongo leur pays, toutefois, leur retour suscite autant d'inquiétudes que d'enthousiasmes. Des sources digne de foi, confirment qu'ils ont la chance de gagner leur combat s'ils sont à l'intérieur qu'à l'extérieur. Vraisemblablement, ils sont l'oeil et la bouche des ennemis de la RDCongo à Kinshasa. Les rumeurs persistantes font état d'ailleurs de la présence de Nzimbi et de Baramoto au Congo-Brazzaville. Il y a aussi le voeu confirmé de l'Afrique du Sud de vouloir voir un changement à Kinshasa à tout prix et son lien avec ces derniers. Mais il pourrait être malhonnête de ne pas reconnaître que parmi ces mobutistes, il y a des nombreux nationalistes qui n'ont eu que pour malheur le fait de travailler avec des traîtres de la RDCongo sans y avoir participé personnellement. En attendant, il faut se méfier de tout mélanger avant d'avoir des outils appropriés capables d'établir la part d'un chacun. Ce serait même sage pour eux d'attendre un peu. Il en va de leur propre sécurité. Une question se pose. Qu'adviendrait-il au gouvernement de Kabila si les effets pervers de la réalité décrite ci-haut aboutissent à la faveur des auteurs réels de la crise au Congo-Kin, c'est-à-dire, que face à des difficultés tant économiques que sociales caressées par des promesses de reconstruction, les alliés décident de se retirer de la RDCongo avant celui des agresseurs?
Naturellement, la question posée va droit au peuple congolais et plus particulierement au Président Kabila qui tient les rennes de commande. Sera-t-il si vulnérable qu'il ne saura sur quel pied danser? Les difficultés internes des agresseurs, faut-il encore qu'il les connaisse suffisamment selon le spécialiste belge Reytjens, pourraient-elles l'aider à renverser la vapeur et pouvoir mettre immédiatement en place des mécanismes pour faire échec aux ennemis de la nation? Si oui, pourquoi ne le fait-il pas dès maintenant? Si non, est-il prêt a regagner le maquis et avec qui (aura-t-il le peuple avec lui comme c'est le cas aujourd'hui) partir? Devant cet inconnu et la peur de perdre notre identité ou de sombrer notre cher beau pays dans la somalisation, que le gouvernement nationaliste du salut public n'a qu'une seule possibilité: maintenir la flamme nationaliste et la confiance populaire. Par sa décision de se débarrasser des étrangers, le Président Kabila s'était forgé une popularité inégalée. Aux yeux des patriotes, le président Kabila est l'avocat des intérêts congolais, garant de la souveraineté et de l'intégrité territoriale. Pour consolider cette confiance du peuple et faire échec aux ennemis de la nation, le président doit immédiatement tenir compte de certains éléments essentiels à savoir:
1) La victoire militaire face à cette guerre imposée doit être sa priorité. Deux ans de guerre sans issue et les congolais ont le sentiment d'être sur la défensive qu'à l'offensive. Les difficultés de récupérer les villes ou villages perdus aux mains des agresseurs, font que sa popularité dégringole du jour au jour. Les congolais ont le sentiment qu'une victoire militaire n'est ni sa priorité ni à son agenda. En d'autres termes, le vieux maquisard n'a ni la volonté ni le courage de libérer les territoires occupés. Plus loin, certains même disent qu'il serait confortable dans cette situation de partition du pays. Son attitude passive face aux agresseurs fournit aux négativistes et aux impatients autant de frustrations et réveille même les fameux inexistants accords de Lemera. Les nationalistes congolais, en particulier les Kivutiens, ont le sentiment d'être trahis par leur chef et abandonnés par leur propre gouvernement.
2) Les multiples problèmes auxquels est confrontée la FAC (corruption, trahison, démotivation, non-paiement de salaire, clivage tribal etc), sa restructuration devient une nécessité absolue. Vu l'incertitude et la peur de ses concitoyens, le chef de l'Etat doit maintenant organiser les mouvements de résistance existant au pays comme l'avait compris Charles de Gaule contre les occupants nazie.
3) Les luttes inter-cabales observées autour du président doivent disparaître au profit d'un entourage propre, compétent et non complaisant. La traîtrise dont a été victime le vieux "Aigle de Kawele" devrait servir d'expérience au président Kabila.
4) Le choix des dirigeants doit se faire sur base de leur compétence et de leur patriotisme.
5) Les critères de dévouement, du héroïsme, d'altruisme, de l'équilibre linguistique et régional doivent être la règle d'or dans toutes les nominations au sein des Forces armées congolaises (FAC). Le monopole d'une région (province) ou tribu au sein de l'armée n'est ni acceptable ni tolérable, surtout dans le contexte actuel.
6) La culture d'impunité doit céder sa place à la correction, l'égoïsme doit faire place à l'esprit communautaire.
JUSTIN MATERANIA