Centre des droits de l'Homme et du droit humanitaire - C.D.H.
Communiqué de presse n° 018/CDH/02
Lubumbashi, RD Congo
08.11.02
Des patrouilleurs à la recherche des hutu rwandais et des armes créent une forte insécurité à la Commune de Kenya à Lubumbashi.
Le Centre des Droits de l'Homme et du droit humanitaire (CDH) basé à Lubumbashi dans la Province du Katanga exprime sa profonde préoccupation face à une forte insécurité créée par une équipe mixte des patrouilleurs à la Commune de la Kenya à Lubumbashi entraînant un pillage au marché, des casses et des décès ainsi que plusieurs dizaines des blessés.
En effet, ce samedi 9 novembre 2002 vers 8 heures locales à Lubumbashi, une équipe des patrouilleurs composée des éléments de la Police Militaire (PM), de la Police Nationale Congolaise (PNC) et des Forces d'Autodéfense Populaire (FAP) qui revenaient d'une opération de bouclage couvrant l'avenue Moba jusqu'au fond de l'avenue Circulaire vers le Quartier dit "Brondo" (quartier des vieilles maisons) à la Commune de Kenya, se sont livrés au pillage des biens des commerçants du Marché Central de la Kenya sous prétexte qu'ils s'attaquaient aux vendeurs ambulants (marchés-pirates).
Le pillage de plusieurs biens de valeur (valises, vêtements, parapluies...) dans les kiosques, étalages et boutiques situés sur l'avenue Basilique, par ces éléments armés a provoqué la réaction des vendeurs et des habitants de la commune qui ont pourchassé les pilleurs pour récupérer leurs biens.
Pour bloquer l'attaque de la population qui tenait à neutraliser les pilleurs, certains militaires ont commencé à tirer d'abord en l'air avant de viser les civils. Le bilan provisoire de ces échauffourées est de 4 décès dont 3 du côté des civils et un militaire dont on ignore encore les identités, en plus d'un autre militaire dont l'état reste critique.
En outre, l'on déplore plusieurs casses et plus ou moins 40 blessés évacués par les ambulances de la PNC, de l'Hôpital Sendwe et de CMC, ainsi que des voitures des particuliers vers la réanimation de l'Hôpital Sendwe.
Par ailleurs, la tension est encore à son comble car les éléments de la Police d'Intervention Rapide continuent à tirer en l'air dans la commune dans le but de récupérer une arme emportée par des civils non identifiés.
Il convient de relever que les civils ont scandé l'ancien hymne national "La Zaïroise" et ont souhaité le retour de Mobutu et l'arrivée de Katebe pour exprimer leur désolation.
De ce qui précède, le CDH qui déplore le comportement des agents de l'ordre supposés assurer la sécurité des biens et des personnes, et recommande aux autorités compétentes :
* de diligenter une enquête pour établir toutes les responsabilités en commençant par le Commandant de l'opération à l'effet de sanctionner conformément à la loi, tous les récalcitrants et de restituer les biens pillés;
* de mobiliser tous les moyens nécessaires pour apporter les soins urgents aux blessés, l'Hôpital Sendwe étant démunis;
* de veiller à donner des ordres précis à tous les services de l'ordre ou del'armée appelés à exécuter des missions d'ordre public au lieu de se rabattre sur la population en réclamant des reçus des biens ou de l'argent.