Le programme d'occupation du territoire du RCD-K/ML par le RCD/Goma commence à se vivre


Source locale
Butembo, RD Congo
18.06.03


Depuis le 8 juin 2003, différentes attaques ont été perpétrées par le RCD/GOMA appuyé par l'APR/RWANDA au Territoire sous contrôle du RCD-K/ML( LUBERO).

Plusieurs localités au sud du Territoire de Lubero ont été attaquées à la fois : Kanyabayonga, Miriki, Alimbongo, Bingi, Bunyatenge,... et trois hélicoptères lance-flamme avaient été même utilisés.

Qu'en est-il de la situation après dix jours après lancement des hostilités ?

1) Plusieurs localités sont occupées par le RCD/GOMA : KANYABAYONGA, KAYNA, KIRUMBA, KASEGHE, LUOFU, MIRIKI,etc...

2) Ayant déjà pris une partie importante, la progression du RCD/GOMA a semblé évoluer au ralentie.

Néanmoins, les infiltrations sont intensifiées dans le territoire du RCD-K / ML et continuent.

3) Les attaques à ALIMBONGO par le RCD/GOMA viennent de reprendre ce matin 18/06/03 à partir de 4heures du matin. Le changement des dirigeants du RCD/GOMA sont en faveur de l'intensification de la guerre (AZARIAS, SERUFULI, KATEBE). KATEBE y est beaucoup pour l'appui financier. Le sabotage des négociations en cours est planifié. A suivre.

4) Le renforcement des troupes dans les positions du RCD/GOMA continue ; 19 gros véhicules chargés des militaires venus du RWANDA ont été apperçus à GOMA ce 16 juin 2003.

5) Il est probable que des effectifs du RWANDA dans cette occupation se retrouvent des militaires d'autres pays d'Afrique amis du RWANDA. Analyse à faire.

6) L'installation de l'Administration publique du RCD/GOMA a commencé :

- un meeting populaire a été tenu à Kanyabayonga

- 2 chefs de cité sont déjà installés : Mr MAMBO pour la cité de Kanyabayonga et KALENGE pour les cités de KAYNA-KIRUMBA.

7) La population cachée en brousse est obligée de revenir dans leurs villages respectifs sous prétexte que ceux qui continuent à se cacher seront considérés comme ennemis. La population est dispersée, beaucoup de déplacés sans aucune assistance humanitaire.

8) Interdiction formelle à la population de se diriger vers le Nord (Butembo, BENI) car les attaques pour la conquête se préparent. Disent les nouveaux maîtres.

9) La route Butembo-GOMA reste totalement coupée et pas de communication avec le sud du Territoire de Lubero. Ceci a comme conséquences :

- approvisionnement de la ville de Butembo en vivres à partir du sud de Lubero (coupé et occupé par le RCD/GOMA) est interrompu et aussi une grande partie agricole du territoire RCD-K/ML (non encore occupé par le RCD/GOMA) reste inhabitée car fortes positions militaires du RCD-K/ML. D'où les denrées alimentaires haussent de prix.

- Difficulté d'approvisionnement en produits manufacturés du sud de Lubero car coupé de Butembo (unique centre d'approvisionnement). L'approvisionnement de la ville de GOMA en ces produits est aussi interrompu. D'où leur hausse de prix est prévisible au détriment de la population locale.

- Contrainte de la partie occupée à se rallier à Goma; la population interdite à se rendre à Butembo, BENI est autorisée à se rendre à GOMA.

- Certaines personnes commencent à atteindre Butembo (± 200 km) en pied par de chemins en brousse serieusement abattues.

10) Le RCD-K/ML renforce aussi ses positions au front et semble déterminé à frapper si le RCD/GOMA persiste à se retirer (cfr les négociations en cours).

11) La population est fatiguée, le traumatisme est généralisé et persiste avec cette guerre inutile et surtout aussi la balkanisation du territoire par le RWANDA qui reste une grande préoccupation.

12) La population se pose la question si la MONUC s'investit, qui reste une grande observation pour constater cette occupation et ses effets sur terrain mais aussi relater la situation que traverse la population dispersée en brousse. Est-ce que la MONUC se rend sur terrain et en produit rapport?

13) Le Conseil de sécurité des Nations Unies se démène et est prié de jouer très sérieusement son rôle pour sauver des milliers des vies humaines dans cette guerre où l'hypocrisie se fait prévaloir malgré les dires, les démentis et les diverses signatures.