GROUPE LOTUS
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KISANGANI
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COMMUNIQUE DE PRESSE N° 011/GRAL/KIS/03

Kisangani : Des actes réfractaires au processus de réunification en cours

Le Groupe LOTUS, organisation congolaise de défense des Droits de l'Homme basée à Kisangani, salue le décollage de la transition en RDCongo. Cette transition, faut-il le rappeler, est le fruit des efforts consentis par la population, les acteurs politiques et la communauté internationale. Plusieurs signaux viennent matérialiser la réunification du territoire national congolais, l'un des acquis de la Transition c'est notamment la prestation de serment de quatre vice-présidents, des ministres et vice-ministres, l'échange commercial entre l'Est et l'Ouest et la visite à Bunia des ministres du gouvernement de transition.

Cependant, le Groupe Lotus s'inquiète des actes consciemment posés par des acteurs politiques et gestionnaires de la sphère publique au mépris des efforts déployés dans le sens de la réunification et de la réconciliation.

En effet, en dépit des autorisations et de la convergence de vues de toutes les composantes, les bateaux commerciaux venus de Kinshasa ont été arraisonnés à Isangi (125 Kms de Kisangani) en date du 31.07.2003 au motif de contrôle administratif. Ils ont été fouillés de fond en comble par les services de sécurité et de l'armée du RCD/Goma sous la conduite de M. J.B. KITOKO (Redoca) et du Commandant BOLINGO venu de Goma pour la circonstance. Dans leurs mailles, sont tombées 11 personnes déléguées par les différentes composantes. Parmi elles, 7 sont déjà libérées et il en reste 4 jusque-là privées de leur liberté. La hiérarchie militaire du RCD/Goma les reproche de détenir des Ordres de Mission les reconnaissant comme des civils alors que les informations en sa possession révèlent qu'elles sont agents de sécurité. Pour toute fin utile, elle promet de les mettre à la disposition de la MONUC.

Comme si cela ne suffisait pas, un nombre impressionnant d'agents de sécurité a été lancé au port le 03.08.2003 pour suivre de près les mouvements des personnes.

Depuis le 04 août 2003, il règne un climat d'insécurité au sein de la station de la RTNC Kisangani. A l'origine, il est reproché à la RTNC d'avoir supprimé de la grille des programmes des émissions à caractère propagandiste du RCD. Le Directeur M. ALIMASI était reproché par M. J.B. KITOKO, Redoca DSR. Il lui a recommandé de présenter au Gouverneur de Province ses excuses et de remettre immédiatement sur la grille des programmes ces émissions. Le mardi 05 août 2003, M. ALIMASI a été convoqué par le Vice-Gouverneur ASIANE au sujet de cette affaire. Sur ordre du Secrétaire National adjoint du RCD, M. Francis Bedy MABELE, M. ALIMASI a suspendu M. BWANDE Bwana Pua, Chef des Programmes Radio-Télé pour une durée indéterminée. Les agents de la RTNC qui avaient travaillé le lundi 04 août 2003, étaient recherchés par les services de sécurité (DSR). En rapport avec cette affaire, M. ALIMASI a été sommé de fournir des explications endéans 48 heures par la lettre n° 01/JPBBB/924/CAB/PROGOU/ P.O/2003 du 06 août 2003.

Chassé le naturel, il revient au galop. Les officiers militaires quoique actuellement apolitiques n'ont pas manqué de descendre le mercredi 06.08.2003 se rendre compte de la suppression à la Radio des émissions du RCD et surtout de sa motivation profonde.

La réunification nationale et la réconciliation permettent la circulation des personnes et de leurs biens. L'exercice de la liberté de circulation se heurte aux barrières jadis érigées pour des raisons sécuritaires. La population éprouve d'énormes difficultés pour franchir le pont Tshopo sur l'axe routier Kisangani-Buta. Ainsi, chaque « Tolekiste » (vélo-taxi) paie 100 FC. Au point kilométrique 15, tous les vendeurs des produits agricoles sont soumis au paiement d'une taxe d'évacuation de leurs produits fixée à 40 FC. Il en est de même sur l'axe routier Kisangani-Opala où les barrières sont érigées notamment sur la rivière Lobaie. Les militaires font payer aux passants un montant de 200FC.

Economiquement, l'enclavement de la ville de Kisangani a eu des conséquences néfastes non seulement sur le vécu quotidien de la population, mais aussi sur les activités économiques. La reprise du trafic commercial entre l'Est et l'Ouest commence déjà à porter ses fruits. Mais au demeurant, cette reprise est soumise à rude épreuve par les autorités du RCD à Kisangani. La taxe conjoncturelle née de l'arrangement des opérateurs économiques et les autorités rebelles avant la réunification est imposée de nos jours sur les marchandises venues de Kinshasa. Les commerçants dont les marchandises sont venues par bateaux payent 7,5 $ la tonne, tandis que le fret coûte 50 $ la tonne.

Le Gouverneur de Province, M. J.P. BILUSA a, dans son discours du 03 août 2003 à l'arrivée des bateaux commerciaux, conditionné l'utilisation de certains signes monétaires ayant cours légal en RDCongo. Il s'agit des coupures de 100 et 50 FC non encore utilisées dans les anciens territoires du RCD. Pour lui, l'utilisation de ces signes monétaires nécessite un travail en commun entre les experts du Gouvernorat, de la Banque Centrale et du Gouvernement en vue de dégager les mécanismes de consommation.

Nombreuses sont les personnes qui ont émis leurs opinions sur ces signes monétaires parmi lesquelles M. Raymond MOKENI, Président de la FEC (Chambre de Commerce). Celui-ci a reçu au lendemain de sa déclaration radiodiffusée du 24.07.2003, une visite impromptue, tardive et placée sous le signe de courtoisie du Commandant de la 3ème Région Militaire, du Commandant de la 7è Brigade et du Directeur Provincial des Services de Sécurité.

Fort de tous ces éléments, le Groupe LOTUS recommande :

Fait à Kisangani, le 07 août 2003

POUR LE GROUPE LOTUS,

 

Bertin KAMASONO MWANZA

Chargé de Mission