GROUPE LOTUS

O.N.G. DES DROITS DE L’HOMME ET DE DEVELOPPEMENT

Membre de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (F.I.D.H.)

B.P. 505

KISANGANI

République Démocratique du Congo

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COMMUNIQUE DE PRESSE n° 05/GRAL/KIS/02

« Kisangani : les droits à la vérité et à la justice confisqués à la population »

 

Le Groupe LOTUS, association congolaise de défense des Droits de l’Homme basée à Kisangani, est vivement préoccupé par les obstructions à la vérité et à la justice sur la « mutinerie » du 14 mai 2002, les menaces et les intimidations menées par les autorités du Rassemblement Congolais pour la Démocratie, R.C.D./Goma à l’égard de la population et des défenseurs des Droits de l’Homme et des acteurs de la Société Civile de Kisangani.

En effet, le 17 mai 2002 aux environs de 16 heures locales, huit cadavres sont apparus sur les eaux de la rivière Tshopo, près du pont jeté sur cette rivière, à environ 3 kilomètres du centre-ville. Les habitants des quartiers environnants des communes Tshopo et Mangobo ont accouru pour venir identifier ces corps. Un atroupement d’hommes, de femmes et d’enfants curieux estimés à plus de 100 personnes ont vu plusieurs cadavres flottaient sur les eaux, nus dans l’ensemble, quelques uns d’entre eux ventres déchiquetés et d’autres têtes amputées ou bras ligotés.

Au moment ou la population commençait à s’organiser pour tirer ces cadavres de l’eau afin de les identifier, en présence de certains observateurs de la MONUC, des soldats de l’armée du R.C.D. conduits par le Commandant de la 7ème brigade, Laurent MIHIGO NKUNDA, tirèrent plusieurs coups de balles en l’air pour disperser cette foule, empêchant ainsi même à quelques éléments de la Croix Rouge se trouvant sur les lieux de dégager ces corps. Ces soldats du R.C.D. se chargèrent eux-mêmes de ces opérations et emportèrent vers une destination inconnue tous cses corps.

Le 18 mai 2002, vers 13 heures, d’autres cadavres apparurent sur les eaux de la rivière Tshopo, portant les mêmes signes que ceux du 17 mai 2002. Cette fois-ci, les autorités militaires du R.C.D. autorisèrent les éléments de la Croix Rouge locale à dégager ces corps et à les enterrer au cimetière de la Croix Rouge de la Commune Makiso ou furent inhumés quelques victimes de la guerre de juin 2000.La population civile de Kisangani a été interdite d’assister à l’inhumation de ces corps en décomposition et tout le quartier du cimetière fut bouclé par les soldats.

Les familles des disparus dont les proches parents d’un bon nombre d’officiers de la police et de l’armée estiment que ces cadavres sont de leurs proches même si le R.C.D. s’en tient à la thèse de victimes des affrontements armés alors que plus d’un témoin à Kisangani n’a vécu des échanges nourris des tirs entre les deux camps ni au centre-ville, moins encore aux environs de la rivière Tshopo. Les « mutins » tiraient en l’air dans le quartier de la station de la radio locale.

Les autorités du R.C.D. continuent à menacer d’arrestation et à filer les défenseurs des Droits Humains à travers les émissions spécialisées de propagande du R.C.D. à la radio officielle locale et à tous leurs déplacements. M. KITENGE SENGA Dismas, Président du Groupe LOTUS, est toujours ciblé par le pouvoir en place. Pour avoir le prénom de Dismas, M. KAKULE, Directeur Financier de la compagnie aérienne Air Boyoma a été confondu à M. KITENGE SENGA Dismas. Il fut interpellé, déchaussé et giflé par les éléments du Bureau de Renseignement Militaire. Il fut libéré après avoir démontré avec sa carte d’dentité, que son nom était KAKULE Dismas et qu’il n’avait aucun lien de parenté avec KITENGE SENGA Dismas, recherché par leur service.

Le 18 mai à 12 heures locales, une convocation de service de sécurité (D.S.R.) du R.C.D., sans motif et signée par le Directeur Provincial a.i., demandant à M. Dismas KITENGE SENGA, Président du Groupe LOTUS,s à se présenter dès réception de ce document à ce service.

Le Groupe LOTUS constate que les autorités du R.C.D. font obstruction à l’éclatement de la vérité sur les événements violents du 14 mai 2002 à Kisangani, manquent de volonté de recourir à la justice et sont décidées à réprimer les défenseurs des Droits Humains et les Acteurs de la Société Civile afin qu’elles opèrent en dehors de toute légalité et en toute impunité.

Eu égard à la gravité de la situation qui prévaut actuellement dans la ville de Kisangani et pour éviter le pire, le Groupe LOTUS appelle toute la communauté internationale à exercer des pressions sur le R.C.D. et son allié, le Rwanda pour qu’une enquête internationale soit menée sur les événements du 14 mai 2002 à Kisangani, que les Droits de l’Homme et le Droit Humanitaire International soient respectés et que le Conseil de Sécurité de l’O.N.U. décide d’intégrer la protection des populations civiles dans le mandat de la MONUC.

Fait à Kisangani, le 18 mai 2002

Pour le Groupe LOTUS,

Bertin KAMASONO MWANZA

Chercheur