Kisangani: Les religieux accusent le RCD et le gouvernement de Kigali


MISNA
RD Congo
12.02.02


Les religieux de l'archidiocèse de Kisangani (nord-est de la République Démocratique du Congo) s'insurgent contre le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) et le gouvernement de Kigali. Ils partent de l'affaire Pierre Komba, journaliste de la RTA, Radio Télévision Amani, de propriété de l'Eglise Catholique, pour dénoncer les exactions dont sont quotidiennement victimes les civils de l'ex-Zaïre. Dans une lettre de "vives protestations", dirigée à Mr Le Vice-Gouverneur de la Province Orientale, ils ont voulu manifester leur "indignation au sujet des sévices que les forces de sécurité du parti armé RCD sont en train de perpétrer sur la personne de Komba, "objet de trois tentatives d'enlèvement : l'une au mois d'octobre, les deux autres pendant le mois de janvier". "Ce journaliste est traqué parce qu'il - en faisant son travail d'information- a fait état de l'inhospitalité à laquelle était confrontée la population de Goma", sinitrée à cause de l'éruption du volcan Nyaragongo, "lors de sa fuite vers le Rwanda". "Cette information - poursuivent les religieux - ternit évidemment l'image du Gouvernement de Kigali et dénonce implicitement la manipulation de l'aide internationale que Kigali et le même RCD entend perpétrer, surtout en demandant 'un double stock stratégique de vivres' un du côté Rwandais de la frontière et l'autre du côté congolais. Les gens savent très bien que le dépôt situé sur l'axe Gisenyi-Ruhengeri sera exclusivement au service de l'armée rwandaise qui poursuit quotidiennement les Hutus réfugiés au Congo en les accusant arbitrairement de Interhamwe", à savoir les miliciens liés à l'ancien régime rwandais du président Juvenal Habyarimana. "Mais ce qui nous a touché davantage - continue la lettre - c'est l'action ignoble que des agents non identifiés, dont l'un en uniforme, ont réalisée à l'endroit de la famille du journaliste : une femme et un enfant, enlevés le dimanche 27 janvier dans une voiture, menacés de mort avec une mitrailleuse, puis abandonnés. La famille en est restée traumatisée. C'est révoltant qu'on s'en prenne à des êtres innocents et sans défense, comme c'est devenu de plus en plus le cas dans la ville de Kisangani "."Chaque jour - constatent les religieux - les droits fondamentaux de chaque individu sont violés par le parti armé en place qui s'auto-définit hypocritement 'Rassemblement congolais pour la Démocratie', mais qui dans les faits répète fâcheusement les habitudes les plus répressives de l'époque Mobutu". "Nous exigeons - termine la lettre - la sécurité pour Pierre Komba et pour sa famille et nous vous rendons responsable devant l'opinion publique tant nationale qu'internationale du sort que des agents pourraient infliger au journaliste en question ou à sa famille". (CO)