Ce 19/10/1999, à partir de 6h 30 du matin, les militaires ont rassemblé des jeunes hommes et jeunes femmes valides à KIZINGWE non loin de la Zone RUZIBA située dans la mairie de Bujumbura. Environ 80 civils surtout des ouvriers et des marchands avaient été rassemblés et la moitié d'entre eux étaient ligotés. Il semble que les militaires auraient aussi enfilé des fausses tenues militaires à certains d'entre eux.
Vers 10 heures, les militaires de la position militaire de Nkenga, commune Kanyosha, province Bujumbura rural ont tiré en l'air d'une façon désordonnée pour faire semblant qu'ils étaient attaqués. En réalité ces tirs servaient de couverture aux militaires de KIZINGWE qui aussitôt se sont mis à tuer leurs "prisonniers". Un témoin a dénombré 18 cadavres, mais il semble que le nombre de morts serait beaucoup plus élevé. Un planton du Ministère du Développement Communal, "projet moulin", qui habite Ruziba est porté disparu. La rumeur courait cet après-midi à Bujumbura qu'il serait l'une des victimes de ce matin.
L'armée semble avoir adopté une nouvelle formule de faire passer les civils tués pour des "assaillants" avec l'appui de la Radio Télévision Nationale du Burundi et de quelques autres médias qui lui sont favorables. Entre temps, tout journal qui s'écarte, même de peu, de la ligne stricte du gouvernement, est muselé. C'est ainsi que "la vérité", un journal privé édité au Burundi vient d'être suspendu. Un observateur sur place à Bujumbura a confié que c'est malheureux si les civils doivent continuer à payer les défaites des militaires, affirmant que tous ces Hutu auraient été tués par vengeance. Samedi le 17 octobre, un camion plein de militaires aurait été anéanti alors qu'il partait ravitailler les militaires basés à Nyamaboko, commune Kanyosha et province Bujumbura rural.