Au Sud-Kivu, le Gouverneur RCD promet de neutraliser les ONG


J.P. Mwanza
La Référence Plus
Kinshasa
21.04.99


Une correspondance d'un groupe d'organisation de la société civile du Sud-Kivu adressée au Conseil des Organisations non gouvernementales de développement (CONGD), datée du 19 avril 1999, fait état des rumeurs et tracts qui annonceraient des troubles devant engendrer très prochainement massacres et emprisonnements par le mouvement au pouvoir dans cette partie du pays, à savoir le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD).

A en croire la même correspondance déposée à "La Référence Plus" par le CNONGD, le Gouverneur RCD du Sud-Kivu s'est attaqué, dimanche 18 avril dernier à Radio Maendeleo, l'accusant d'avoir diffusé des messages anti-RCD. Les mêmes attaques ont été portées contre les ONG NCOS et REC qui, d'après le nº 1 contre le RCD. Les organisations qui publient les journaux et des tracts contre lui et son mouvement et transmettent en Europe des informations sont aussi dans le collimateur du Gouverneur. L'agence missionnaire italienne, MISNA n'est pas épargnée.

Le Gouverneur du Sud-Kivu occupée par les envahisseurs dit avoir des preuves que certaines organisations dépensent chaque année 10 millions de Francs belges pour faire la politique au lieu du développement. Et le Gouverneur a promis de les mettre hors d'état de nuire. La correspondance des organisations de la Société civile du Sud-Kivu parle en outre du désarmement des militaires congolais dans la province voisine du Nord-Kivu par les Rwandais. Ceux qui ont osé refuser ont été tués, peut-on encore lire dans ce document. Les auteurs de la correspondance indiquent que les militaires congolais de Bukavu et d'Uvira subiront ce même sort de désarmement. Ce qui laisse courir, dit-on, des bruits d'affrontements avec comme cibles des personnes bien identifiées dans les organisations locales.

Citant un autre message dont la source n'a pas été identifiée, le document adressée au CNONGD parle d'une situation explosive au Kivu, notamment à Bukavu où de nombreuses personnalités commencent à quitter la ville.