Secrétariat du Réseau Européen pour le Congo (REC)
Bruxelles, Belgique
01.10.02
Nous vous écrivons pour demander, chacun a son niveau de faire quelque chose pour dénoncer et arrêter le drame que vivent en ce moment les populations civiles du Maniema à l'Est de la RD Congo.
La situation est grave, raison pour laquelle nous vous demandons vivement de taire nos identités, c'est à dire la source, si non nous subirons, nous et nos familles, des represailes graves de la part du RCD dont la répression devient une arme pour faire taire toute forme d'opposition, actes devant lesquels la communauté internationale garde un silence complice, comme le cas des massacres de Kisangani! On est même tenté de croire que le RCD a reçu de quelque part une mission d'éxterminer les populations civiles.
Au Maniema et plus particulièrement à Kindu, chef-lieu de cette province, depuis le retrait des troupes rwandaises, le RCD-Goma, représenté par deux de ses officiers militaires: Bernard Biamungu (commandant 8ème brigade) et Gabriel AMISI Tango-Fort (Chef Etat Major général adjoint), les mêmes qui ont massacré des civils à Kisangani, tuent au quotidien à Kindu et sa périphérie et des milliers des familles sont endeuillées et certaines familles entières sont décimées soupçonnées de collaborer avec les mai-mai.
Des leur arrivée à Kindu avec comme mission de taquer les mai-mai, les deux officiers rebelles ont installé une terreur sans nom. Durant trois jours (29-30-31 août) Gabriel Amisi, dit Tango-Fort, va déclarer à la radio locale de Kindu que toute la population de Kindu est mai-mai et par conséquent à traiter comme tel. Ces propos ont ainsi ouvert la voie au dérapage car il suffit seulement d'être soupçonné pour être carrement exécuté. Il suffit d'être dans une famille ou avoir un ancien ami qui aujourd'hui est mai-mai pour être exécuté. Il suffit d'avoir un litige banal avec quelqu'un du RCD, pour recevoir l'étiquette de mai-mai pour être exécuté par la suite.
L'échec des négociations RCD/Mai-mai du 19/9/2002 inaugure l'intensification de la répression. La mort d'un militaire du RCD est la goutte qui va s'ajouter au vase plein des rebelles et le fameux TANGO-FORT va résolument porter les gants contre la population civile de Kindu. Il passera à la radio locale pour déverser toute sa colère en vantant publiquement ses exploits de Kisangani et sur les antennes de cette radio dont les émetteurs FM ont été offerts par le RCD, il demande à la population civile de bien s'informer sur ce qu'il a réalisé à Kisangani et malgré les bruits de la communauté internationale rien ne lui est arrivé, a-t-il martélé.
Des villages périphériques vont être incendiés par les troupes rebelles: Shoko, Lokala, Kulu. 7-8-9 km route Kasongo... Des civils sont arrêtés et lachément abattus:
- Mr Rashidi Kalindi, 17 ans fils du feu Kalindi, ancien agent de la SNCC, lui-même abattu par l'APR le 12/10/1998. Rashidi a été enterré à côté du bureau de l'Assemblée Provinciale.
- Mme Fatuma abattue dans le quartier Lokole par le soldat du RCD.
- Un prétendu mai-mai capturé par le RCD sur l'avenue Okenge, commune de Kasuku, sera lachément abattu.
- Le 21/9 prenant tout le monde pour mai-mai, l'armée du RCD a tué sur ordre de TANGO-FORT plusieurs personnes civiles qui revenaient des champs dans les quartiers Tokolote et Brazza: Mme Seraphine Tcheusi avec grossesse a terme (av Carrière nš 43), Mr Mbilizi Musema, Directeur de l'école primaire Lubinga (av. Carrière nš 20) et son fils Ngolombe Mazambi, âgé de 17ans, Mr Wenga Vincent pasteur de l'église Celpa, Mr Diongo ancien Directeur d'école..... Ce sont ces corps qui ont été retrouvés sur le lieu avant le bouclage du lieu par les militaires du RCD. Certaines sources affirment que d'autres corps ont été enterrés précipitament par ces militaires.
- Le 22/9 dans les quartiers Brazza et Tokolote, trois membres du RCD local (Cyrille Ngandu, Okoko Wenendja et Longamba) et le policier MENDA AMANI conduisent une expédition punitive et tuent plusieurs personnes notamment: Mme Henriette Kepoke mère de 4 enfants, épouse de Mr Bala Lobilo, elle était une vendeuse des gibiers, groupe accusé par le RCD de vendre des produits provenant de milieux sous contrôle des mai-mai, par conséquent collaborateurs des ces derniers; Mr Lambert OKOKO, enseignant à l'école primaire Ndjiapanda, marié et père de trois enfants; Mr Tokoko Wale, marié et père de trois enfants et vendeurs au marché de Kindu, un autre groupe accusé d'approvisionner les mai-mai; Mr KONGOLO, 17ans, jeune frère de TOKOKO Wale; les deux ont été tués à domicile et rapidement enterrés par les militaires; Mrs UNGANDA MUSA Emile, UNGANDA NUMBI et YUWAKALI Longema tous trois tués dans la même maison et enterrés par les militaires.
- Mr Selemani âgé de 17 ans est tué le 22/9 au quartier Matapa par les militaires du RCD. Mr Tchinegha Batalingana, agent de la SNCC est arrêté et améné vers une destination inconnu a cause l'appartenance de son fils au groupe mai-mai. Des cas analogues sont signalés dans tous les quartiers de la ville de Kindu. Le 22/9 le fameux TANGO-FORT ordonne l'exécution de trois de ces militaires et cela sera accompli devant la résidence de Mr Mwakas, av. Kithima, quartier 3z
Sont là quelques cas pour vous donner une idée sur la situation de répression dans la ville de Kindu réalisée par les tétus et recidivistes (à cause de l'impunité) par le duo Gabriel Amisi et Bernard BIAMUNGU, acteurs des massacres de Kisangani. Il suffit de faire quelques 10 km en déhors de Kindu pour constater le nombre des deuils organisés suite à la répression du RCD.
Décidés à décimer la population civile de Kindu, ces deux officiers viennent d'interdire aux paysans de Kindu d'alimenter une ville coupée des villages depuis plusieurs mois.
Nous vous demandons de diffuser ce papier tout en prenant soin de taire nos identites.
Votre dénonciation va alléger les souffrances des populations civiles de Kindu victimes de la folie qui leur a été imposée par les belligérants et plus particulièrement le RCD qui vient d'exécuter environ 46 personnes dans l'île de NYONGA comme répresaille à la mort des gardes de corps de TANGO-FORT, éléments tombés dans une embuscade des mai-mai.
Merci pour la diffusion de ce papier.
Secrétariat du Réseau Européen pour le Congo (REC)
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