Rwanda - Quo Vadis

Réponse à Mme Colette BRAECKMAN (Le Soir du 15 Janvier 2001)

Retour de l'ex-roi Kigeli V, Jean Baptiste Ndahindurwa, au trone


KANYARWANDA Véritas
Kigali, Rwanda
18.02.01

Un pas en avant - Un pas en arrière - Marche à reculon

Jusqu'à quand le ballottement du peuple rwandais?

Les temps de la Monarchie sont révolus. Un leader politique ce n'est ni la naissance, ni la taille, ni la corpulence ou l'embonpoint, ni la démarche, ni le regard, mais plutôt c'est le savoir et le savoir-faire, le mérite, la compétence, la capacité, les idées ou les idéaux, le programme, la popularité; bref les qualités morales et intellectuelles.

Le Rwanda d'aujourd'hui n'a pas besoin d'un règne mais d'une bonne gouvernance; autrement dit pas d'un monarque mais d'un leader «Primus inter pares», éclairé, compétent et non nostalgique.

La réponse à Mme Colette BRAECKMAN est à la fois demande et contribution pour présenter l'ex-Roi KIGELI tel qu'il est sans déformation ni embellissement, car Mme Colette BRAECKMAN semble lui faire une propagande et des éloges qu'il ne mérite pas.

J'ai lu et relu le résumé de l'interview que Mme Colette BRAECKMAN a donnée à l'ex-Roi Kigeli, apparu dans le soir du 15 janvier 2001 et j'ai constaté que beaucoup de questions sur l'ex-Roi Kigeli n'ont pas été abordées.

1. Lorsqu'on présente une personnalité politique, on donne son CV pour que l'opinion puisse l'apprécier à sa juste valeur. Or, le CV de l'ex-Roi KIGELI V fait défaut dans le résumé. Mme Colette BRAECKMAN ne parle ni de l'éducation en général, ni de la formation, ni de la qualification de Kigeli, ni des fonctions exercées ou des postes occupés dans l'administration féodo-monarchique et coloniale avant d'être hissé au trône du RWANDA.

2. Mme Colette BRAECKMAN ne fait aucune comparaison entre Kigeli V et les autres monarques rwandais et les conditions qu'un prince devait remplir pour accéder au trône selon le code ésotérique de la dynastie Nyiginya. Or, on sait que Kigeli ne remplissait pas ces conditions, car il n'était pas né avec les semences (IMBUTO) dans la main. Il s'agissait notamment des semences de sorgho.

3. Mme BRAECKMAN ne dit rien du rôle joué par Kigeli V dans la gestion de la crise pendant la révolution sociale de 1959-1961.

4. Mme BRAECKMAN est experte de la crise rwandaise en plus belge, sachant bien que Kigeli a été déchu lors du référendum du 25 Sept 1961 qui a rejeté la monarchie et le Roi Kigeli V en personne. Mais elle reprend sans commentaire la version présentée par Kigeli qui prétend qu'il a été chassé par l'ONU et les Belges et non par les Hutu, autrement dit la majorité de la population.

5. Mme BRAECKMAN ne dit pas comment l'ex-Roi KIGELI V entend réconcilier le peuple rwandais et réaliser l'unité nationale étant donné qu'il n'a jamais récusé la déclaration des dignitaires Tutsi, d'ailleurs approuvée par son demi-frère Mutara III RUDAHIGWA selon laquelle les Hutu et les Tutsi ne sont pas des frères.

6. Mme Colette BRAECKMAN n'a rien dit du développement du Rwanda par rapport aux vestiges de la monarchie Tutsi qui a duré 400 ans selon les historiens et 900 ans selon les Tutsi eux-mêmes. Alors que les autres monarchies ou empires ont laissé des vestiges, la monarchie Tutsi n'a laissé aucune empreinte qui puisse inspirer la nostalgie et l'espoir pour le peuple rwandais.

7. Mme BRAECKMAN n'a rien dit des principes fondamentaux de la monarchie Tutsi contenus dans le poème qui a été publié en 1949 par l'Abbé Alexis KAGAME, l'un des «ABIRU» détenteurs des secrets du code ésotérique de la dynastie NYIGINYA, clan de l'ex-Roi KIGELI V.

Kigeli compte-t-il appliquer les mêmes principes à la reconquête du pouvoir?

En attendant que Mme Colette BRAECKMAN éclaire le public sur l'ex-Roi KIGELI sans faire sa propagande, je donne ma contribution dans les lignes qui suivent.

1) Portrait de l'ex-Roi Kigeli V Jean Baptiste Ndahindurwa

a. Naissance de Jean Baptiste Ndahindurwa

Selon le code ésotérique de la dynastie NYIGINYA, le ROI était le prince né avec des semences (IMBUTO) dans la main. KIGELI n'étant pas né dans ces conditions, il ne peut donc prétendre être l'héritier du trône. Même s'il a été désigné par les ABIRU, il ne méritait pas le trône. En effet, depuis la guerre de succession de RUCUNSHU de 1896 où les ancêtres de Paul KAGAME du clan ABEGA ont tué le prince héritier RUTALINDWA au profit de son demi-frère MUSINGA (leur neveu), la dynastie Nyiginya commençait son déclin et à perdre sa crédibilité, car le mythe du code ésotérique de naître avec les semences dans la main pour être prince héritier avait perdu son sens. Dès lors, ceux qui ont pris le pouvoir à commencer par MUSINGA, c'est la lignée des princes usurpateurs et non des héritiers. KIGELI ne devrait donc pas se réclamer roi du Rwanda parce qu'il ne méritait pas le trône depuis sa naissance. De plus, il avait été désigné non pas par mérite, compétence ou capacité mais pour boucher le trou, faute de mieux.

Le temps qu'il a passé au trône, il n'a pas su gérer la crise pour prouver ses qualités et ses capacités.

b. Personnalité de Kigeli V

Avant de donner ma description, je rappelle la présentation de Mme Colette BRAECKMAN de l'ex-Roi Kigeli V qui me paraît rigolo.

«Lorsqu'il déploie dans les rues enneigées de Washington une stature de plus de deux mètres, à peine alourdie par un léger embonpoint, il ne fait aucun doute que c'est un roi qu'il s'agit...»

«Outre la stature, le roi a aussi le visage de la fonction: une longue figure aux lourdes paupières, des yeux protubérants qui pétillent derrière ses lunettes,...»

Est-ce vraiment cela les qualités d'un homme politique dont le Rwanda a besoin?

Mme BRAECKMAN peut-elle à partir de ces qualités le proposer au trône de Belgique, comme elle semble le faire pour le RWANDA?

Voici ce que je sais de la personnalité de KIGELI V Jean Baptiste NDAHINDURWA.

Jean Baptiste NDAHINDURWA n'est pas né prince héritier. Comme les autres fils de l'aristocratie, il a fréquenté l'Ecole Secondaire INDATWA d'Astrida (actuellement Groupe Scolaire de BUTARE) alors réservée aux fils des dignitaires TUTSI.

Peu ou pas du tout brillant, NDAHINDURWA n'a pu suivre que le cours de dactylographie au sein de la section administrative. Il a effectivement travaillé dans l'administration à BUTARE comme dactylographe. Mais, Mme BRAECKMAN avait omis de préciser le genre de fonction qu'il avait exercée.

c. Désignation de Jean Baptiste NDAHINDURWA au trône pour succéder à MUTARA III RUDAHIGWA.

Le Roi MUTARA III RUDAHIGWA est mort à BUJUMBURA au BURUNDI le 25 juillet 1959, la veille de la Révolution Sociale Rwandaise, avant de résoudre la question d'injustices sociales dénoncées par les leaders Hutu dans le Manifeste des BAHUTU qui a été publié le 24 mars 1957, dont les idées maîtresses étaient les suivantes:

1. Protestation contre les discriminations politico-économiques relatives à l'accession aux fonctions publiques.

2. Protestation contre les discriminations judiciaires relatives à l'exercice de la justice.

3. Protestation contre les discriminations culturelles relatives au bénéfice de l'enseignement secondaire et supérieur.

4. Protestation contre les discriminations relatives à la contribution aux charges publiques.

5. Protestation contre les discriminations relatives à la possession et à l'exploitation des terres agricoles et pastorales.

6. Protestation contre les discriminations civiles et sociales issues de l'élasticité d'une coutume non codifiée.

7. Protestation contre l'absence d'une présentation valable dans les conseils indigènes et l'administration centrale du pays.

Le Manifeste des BAHUTU réclamait:

- l'élimination des autorités trop ancrées dans l'esprit d'une coutume désuète, imprégnée d'impératifs anti-progressistes;

- l'instauration d'un régime démocratique de nature à mettre au premier rang le mérite et à garantir au maximum, à tous les citoyens, une égalité de fait devant les droits, les obligations, les honneurs ou les charges;

- une structure politique et administrative où les privilèges de caste soient bannis de façon à assurer à tous les citoyens, indistinctement, l'égalité de chances devant l'accession à tous les emplois publics et notamment aux postes de direction;

- une administration efficace, contrôlée par la population gouvernée;

- une organisation sociale apte à supprimer les barrières de fait et les impératifs traditionnels qui séparent les races, les clans et les familles au lieu de les unir;

- un système où l'autorité soit obéie et respectée, où l'égalité effective de tous les citoyens tienne davantage compte des mérites individuels que de leurs appartenances raciale, clanique ou familiale.

De répondre au Manifeste des BAHUTU, les dignitaires TUTSI de la cour rédigèrent le 17 mai 1958 un écrit dont les extraits ci-après:

«L'ancêtre des BANYIGINYA est KIGWA arrivée à RWANDA (rwa GASABO) avec son frère nommé MUTUTSI et leur sœur NYAMPUNDU....»

«Le pays était occupé par les BAZIGABA qui avaient pour roi le nommé KABEJA...»

«Les relations entre les sujets de KABEJA et la famille KIGWA furent tellement fortes que ces derniers abandonnèrent leur premier maître et se firent serviteurs de KIGWA.»

«L'affaire en étant ainsi jusqu'alors, l'on peut se demander comment les Bahutu réclament maintenant leurs droits au partage du patrimoine commun. Ceux qui réclament le partage du patrimoine commun sont ceux qui ont entre eux des liens de fraternité. Or les relations entre nous (Batutsi et eux (Bahutu) ont été de tous temps jusqu'à présent basées sur le servage; il n'y a donc entre eux et nous aucun fondement de fraternité. En effet, quelles relations existent entre Batutsi, Bahutu et Batwa?»

«Les Bahutu prétendent que Batutsi, Bahutu et Batwa sont fils de KANYARWANDA, leur père commun. Peuvent-ils dire avec qui Kanyarwanda les a engendrés; quel est le nom de leur mère et de quelle famille elle est?»

«Les Bahutu ont prétendu que Kanyarwanda est notre père commun, le «Ralliant» de toutes les familles, Batutsi, Bahutu et Batwa: or Kanyarwanda est fils de Gihanga, de Kazi, de Merano, de Randa, de Kobo, de Gisa, de Kijuru, de Kimanuka, de Kigwa. Ce Kigwa a trouvé les Bahutu dans le Rwanda. Constatez donc, s'il vous plaît, de quelle façon nous, Batutsi, pouvons être frères des Bahutu au sein de Kanyarwanda, notre grand-père.»

«L'histoire dit que RUGANZU a tué beaucoup de «Bahinza» (roitelets). Lui et les autres de nos rois ont tué des Bahinza et ont ainsi conquis les pays des Bahutu dont ces Bahinza étaient rois. On en trouve le détail dans «l'Inganji Kalinga». Puisque donc nos rois ont conquis les pays des Bahutu en tuant leurs roitelets et ont ainsi asservi les Bahutu, comment maintenant ceux-ci peuvent-ils prétendre être nos frères?»

Les signataires de cet écrit étaient:

KAYIJUKA
SERUKAMBA
RUKEMAMPUNZI
MAZINA
RWESA
SEBAGANJI
RUZAGIRIZA
NDAMAGE
SEZIBERA
SEKABWA
NKERAMIHETO
SHAMUKIGA

KIGELI V a été désigné au moment des funérailles de MUTARA III RUDAHIGWA, le 29 Juillet 1959, par les conseillers de la cour (ABIRU) parmi lesquels se trouvaient les signataires de l'écrit susmentionné, qui voulaient l'utiliser pour étouffer les revendications des HUTU par la réclamation de l'indépendance immédiate qui devait consacrer la domination du Hutu par le Tutsi avec la bénédiction de l'ONU.

Le Roi KIGELI a abondé dans le sens des ABIRU qui venaient de le hisser au trône sans le mériter.

Il n'a pas dénoncé ni contredit l'écrit de ses congénères du 17 mai 1958, tout comme son demi-frère RUDAHIGWA l'avait approuvé.

Donc pour l'ex-Roi KIGELI, les Hutu et les Tutsi ne sont pas des frères. C'est ce qu'il vit dans son fort intérieur, tandis que ses paroles sont de la supercherie. Il le reconnaît lui-même en ces termes cités par Colette Braeckman.

«Dès que j'ai remplacé mon frère, j'ai poursuivi son projet et réclamé l'indépendance».

d. Partialité de Kigeli V pendant la Révolution Sociale de 1959.

Pendant les troubles sociaux de 1959, l'ex-Roi Kigeli V s'est montré plus Tutsi que Roi. La preuve en est que les réunions de planification des assassinats des leaders Hutu se tenaient dans son palais et les expéditions meurtrières partaient de là.

A titre d'exemple, les leaders Hutu assassinés par les expéditions parties du Palais royal sont POLEPOLE, MUKWIYE, SINDIBONA, SECYUGU etc...

Croit-il que le peuple a si vite oublié ce comportement?

2) Retour de l'ex-Roi KIGELI V sur le trône

Quelle est son idéologie politique? Pourra-t-il se défaire de la doctrine de la monarchie Nyiginya pour réaliser l'unité du Peuple rwandais selon les principes universels des droits fondamentaux de la personne humaine et spécialement l'égalité de tous. Cette idéologie était fondée sur la culture du sang et de la vache et sur le principe «Divide et impera».

Elle était contenue dans un poème qu'on enseignait à la jeunesse de l'aristocratie Tutsi. En voici des extraits.

«Le pays dont j'ai hérité pour le créer, l'unifier et le dominer, en dictant ma loi à ses maîtres actuels et continuer à les asservir en leur donnant des vaches...

«Les vaches sont le fondement de notre pouvoir. Qui n'en reçoit qu'une en devient comme cousu au donateur? Il se comporte comme un enfant et le lait trait le ligote. Ils le boivent et c'est un lien d'alliance. Les vaches vous augmentent le nombre de sujets... Quand vous alléchez un prince autochtone, qu'il vienne et accepte les vaches que vous donnez, c'est lui qui vous amène ses sujets».

«En accordant des vaches aux meilleurs d'entre eux, vous diminuez l'autorité du prince».

«Vous les faites venir et faites chanter vos exploits...

Vous incitez leur voisin à les attaquer à son tour...»

«S'il en est encore un qui est plus fort, que vous ne puissiez engager une lutte contre lui, vous cherchez son alliance en lui donnant une vache en cadeau»

«Si une mésentente survient entre vous, vous incitez contre lui ceux qu'il a vaincus. Vous devenez propriétaire de son habitation...»

Quelle garantie KIGELI V peut-il donner qu'il ne va pas appliquer cette idéologie une fois revenu au trône?

3) Déclarations mensongères de KIGELI V

a. «Ce sont les Belges qui m'ont exilé, pas les Hutu»

«Il est donc faux de dire que j'ai été chassé du pouvoir par les Hutu. Ceux qui m'ont exilé, ce sont les Belges en 1961, une année avant l'indépendance».

«Ce qui s'est passé, c'est le coup d'Etat de GITARAMA, où les Belges Harroy et Logiest, en collaboration avec les pères blancs, ont mis Grégoire KAYIBANDA au pouvoir».

Cette déclaration de Kigeli est tendancieuse car cela veut dire que les Hutu n'étaient pas capables de s'organiser et qu'ils ont été poussés par les Belges et les missionnaires.

Non, ce n'est pas vrai! KIGELI a bel et bien été destitué par la population à majorité Hutu.

Voici ce qui s'est passé au juste.

Le Coup d'Etat de GITARAMA du 28 Janvier 1961 au cours duquel la monarchie a été abolie et la République proclamée a été réalisée grâce à l'ingéniosité des pionniers Hutu de la Révolution de 1959 qui ont su tromper plutôt la vigilance de l'administration belge. Ils ont pu convaincre Harroy et Logiest qu'il fallait convoquer la réunion des bourgmestres, des conseillers communaux et d'autres délégués pour leur donner des directives sur les mesures de sécurité et de pacification du pays.

Au moins 3500 délégués ont participé à cette réunion. A la grande surprise de l'administration belge, la réunion de sécurité s'est transformée en un meeting politique. Les délégués se sont prononcés sur la déchéance du Mwami Kigeli V, sur l'abolition de la Monarchie et ont proclamé la République. Ils ont élu le Président intérimaire de la République en la personne de Dominique MBONYUMUTWA. Ils ont élu également une Assemblée Nationale, ont adopté la Constitution de la République et hissé le Drapeau de la République Rwandaise. Le Mwami KIGELI V n'ayant pas accepté le nouvel ordre républicain a déposé sa plainte aux Nations Unies. Par sa Résolution N° 1605/XV, l'Assemblée Générale a décidé de trancher par référendum.

Le référendum a eu lieu le 25 septembre 1961 et s'est soldé par le rejet de la Royauté et du Mwami KIGELI V par 79,80 % des voix.

Le Mwami KIGELI et les dignitaires de la cour qui ont refusé de se soumettre au verdict des urnes quittèrent le pays et allèrent en exil.

Que KIGELI V ne continue donc pas à tromper l'opinion. Il n'est pas démocrate. Sinon, il reconnaîtrait les résultats de ce Référendum du 25 sept 1961.

Réclamer un autre Référendum sur la restauration de la monarchie c'est être révisionniste et faire reculer le Peuple rwandais.

b. «Les Hutu à l'époque, n'étaient pas contre le Roi, c'est pourquoi certains d'entre eux réclament aujourd'hui mon retour».

«Certains»: ça dit peu comme ça dit beaucoup. Même deux parmi des millions c'est certains!

Aujourd'hui tous les Rwandais se reconnaissent dans des partis, organisations ou associations politiques que ce soit à l'intérieur du Rwanda ou dans la diaspora. Kigeli peut-il produire des documents émanant des organes des partis ou des organisation politiques qui lui font allégeance? Peut-il dire le pourcentage ou le nombre de Rwandais qui réclament son retour?

4) Agenda caché de Kigeli V

Kigeli V veut restaurer la monarchie pour:

Immortaliser la mémoire de ses ancêtres.

Consacrer le règne de son clan Tutsi NYIGINYA sur les autres.

Consacrer la domination du Tutsi sur les autres ethnies Hutu et Twa.

Se venger des Hutu, des Belges et de l'Eglise Catholique.

5) Conclusion

Si la monarchie était la seule solution pour restaurer la paix au Rwanda, on pourrait prendre même un autre Tutsi, un Hutu ou un étranger comme en Belgique (pour plus de neutralité) et pas nécessairement Kigeli V NDAHINDURWA.

En effet, que se passerait-il si Kigeli mourait avant de rentrer au Rwanda? Le retour à la monarchie serait-il abandonné? S'il est la seule voie de recours pour résoudre la crise rwandaise, même s'il mourait au trône avant d'avoir un enfant, que ce passerait-il pour sa succession? Qui d'autre réclamerait le trône puisqu'il n'y a pas de prince héritier?

Quoiqu'il en soit, l'ex-Roi Kigeli V est de la lignée des princes usurpateurs de la couronne. Il ne mérite pas le trône. Il n'a pas les qualités morales et intellectuelles requises pour gouverner le Rwanda indépendant. Il a été destitué par le peuple en 1961. Le retour à la monarchie est une marche en arrière non indiquée pour le peuple rwandais.

Je passe la plume à Mme Colette Braeckman.