Mons. Emmanuel Kataliko, archevêque de Bukavu, ne pourra pas participer demain, 18 mai, aux célébrations organisées en l'honneur du 3ème anniversaire de son entrée dans le diocèse. En effet, depuis le 12 février passé, le prélat est relégé dans le diocèse de Butembo car - après son séjour à Kinshasa - la faction rebelle du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) ne lui a pas permis de rentrer à Bukavu, le déclarant "persona non grata" pour ses prises de position contre la guerre en cours et sa défense de la population civile.
Les fidèles de son diocèse, qui pendant une semaine ont organisé une "chaîne de prière" pour le retour de l'archevêque, ont décidé de célébrer malgré tout l'anniversaire, cueillant l'occasion pour manifester leur protestation. Demain, toutes les activités sociales et scolaires gérées par l'Eglise locale seront suspendues. A l'aube, de toutes les paroisses de Bukavu, partiront des processions en direction de la cathédrale. A 9h30, toute la population de l'archidiocèse se rencontrera sur l'esplanade de la cathédrale où à 10h se tiendra une célébration liturgique.
Depuis vendredi 12 mai, à tour de rôle, les principales paroisses ont tenu des veillées de prière ininterrompues pour le retour de mons. Kataliko. Pendant une semaine, tous les jours à 12h, les catholiques, où qu'ils se trouvent, ont protesté en faisant du bruit, en frappant n'importe quel objet sonore (sauf les cloches et les tambours) et en criant tout haut: "Libérez mons. Kataliko, respectez votre parole!" . Les autorités du RCD avaient en effet manifesté l'intention de permettre le retour de l'archevêque. Devant toutes les églises, du 12 au 17 mai, on a récolté des milliers de signatures pour demander la fin immédiate de la relégation de l'archevêque. A la fin de la célébration, une délégation remettra les signatures au gouverneur de la ville.
Au début du mois de mai, les autres évêques du Kivu (est du Congo) ont envoyé un message aux responsables du Rassemblement Congolais pour la Démocratie et à tous les fidèles de la région. Les évêques de Goma, Kindu et Kasongo ont dénoncé le non-fondement des accusations pesant contre mons. Kataliko. Les évêques ont également déclaré que, suite à diverses rencontres avec le RCD, ils avaient obtenu l'assurance que les mesures prises contre mons. Kataliko seraient suspendues.
"Malheureusement -écrivent les prélats- nous sommes forcés de constater que l'exil se prolonge". "La situation de mons. Kataliko -peut-on lire dans le document- est le symbole de toutes les souffrances imposées à notre peuple pour des conflits armés pour lesquels nous n'entrevoyons pas de solution". Dans le message, les évêques ont demandé le "retrait de toutes les forces étrangères présentes sur le territoire congolais", réaffirmant que "le retour de l'archevêque est un acte de justice et sera un des signes clairs d'une réelle volonté de paix".