L'attente du retour de Mgr Emmanuel Kataliko se poursuit dans
l'archidiocèse de Bukavu (chef-lieu du Kivu méridional, est de la
République Démocratique du Congo), alors que la tension monte. Au
cours des deux dernières semaines, en effet, deux pillages ont eu
lieu dans les structures ecclésiales déjà endommagées, situées dans
la périphérie du chef-lieu congolais et non loin de postes
militaires du Rcd-Goma (faction de la Coalition Démocratique
Congolaise reliée à Kigali) commandés par les Ruandais. Des
incursions dénoncées dans un document rédigé le 29 mars par le
Collège des Consulteurs nommé par l'Eglise de Bukavu pour pallier à
l'absence de l'Archevêque, et intitulé "Pourquoi Mgr Kataliko
n'est-il pas encore de retour à Bukavu?" . La première incursion,
précisent les Consulteurs, a visé le Couvent des Soeurs de la Sainte
Famille de Nyakavogo, en commune de Bagira. De 21 h 00 à 02 h 00 du
matin (heure locale), 14 hommes armés, dont 12 en uniforme ont
investi et pillé le couvent. Certains d'entre eux parlaient en
swahili (une des 5 langues officielle du Congo Kinshasa) et d'autres
en kinyarwanda (la langue ruandaise). Un groupe de 12 hommes armés
en uniforme est ensuite entré, le 26 mars, à 01 h 00 du matin, dans
le presbytère de la Paroisse Catholique de Ciriri, en commune de
Kasha, après avoir pillé la maison voisine. Les Consulteurs ne
parlent pas d'éventuels blessés parmi le personnel religieux et
ecclésial victimes des raids. Ils font par contre remarquer le
manque d'informations relatives au déroulement d'enquêtes sérieuses
sur de telles incursions et l'état d'insécurité qui plane sur le
chef-lieu. Tout cela pendant que le Rcd affirme être en train de
préparer les conditions de sécurité qui permettraient le retour de
Mgr Kataliko, confiné dans son ancien diocèse de Butembo (Nord Kivu)
depuis de 12 février dernier. L'Archevêque effectuait son retour
d'une réunion de la Conférence Episcopale à Kinshasa, quand les
militaires l'ont intercepté et contraint à quitter le territoire
contrôlé par le Rcd-Goma. Le traitement réservé à Mgr Kataliko,
accusé sans fondement de fomenter la haine inter ethnique, a suscité
de fortes protestations de la part du Vatican, des Etats Unis et de
l'Union Européenne, entre autres.