Bukavu: Mgr Kataliko toujours exilé alors que la tension monte en periphérie


MISNA
RD Congo
31.03.00


L'attente du retour de Mgr Emmanuel Kataliko se poursuit dans l'archidiocèse de Bukavu (chef-lieu du Kivu méridional, est de la République Démocratique du Congo), alors que la tension monte. Au cours des deux dernières semaines, en effet, deux pillages ont eu lieu dans les structures ecclésiales déjà endommagées, situées dans la périphérie du chef-lieu congolais et non loin de postes militaires du Rcd-Goma (faction de la Coalition Démocratique Congolaise reliée à Kigali) commandés par les Ruandais. Des incursions dénoncées dans un document rédigé le 29 mars par le Collège des Consulteurs nommé par l'Eglise de Bukavu pour pallier à l'absence de l'Archevêque, et intitulé "Pourquoi Mgr Kataliko n'est-il pas encore de retour à Bukavu?" . La première incursion, précisent les Consulteurs, a visé le Couvent des Soeurs de la Sainte Famille de Nyakavogo, en commune de Bagira. De 21 h 00 à 02 h 00 du matin (heure locale), 14 hommes armés, dont 12 en uniforme ont investi et pillé le couvent. Certains d'entre eux parlaient en swahili (une des 5 langues officielle du Congo Kinshasa) et d'autres en kinyarwanda (la langue ruandaise). Un groupe de 12 hommes armés en uniforme est ensuite entré, le 26 mars, à 01 h 00 du matin, dans le presbytère de la Paroisse Catholique de Ciriri, en commune de Kasha, après avoir pillé la maison voisine. Les Consulteurs ne parlent pas d'éventuels blessés parmi le personnel religieux et ecclésial victimes des raids. Ils font par contre remarquer le manque d'informations relatives au déroulement d'enquêtes sérieuses sur de telles incursions et l'état d'insécurité qui plane sur le chef-lieu. Tout cela pendant que le Rcd affirme être en train de préparer les conditions de sécurité qui permettraient le retour de Mgr Kataliko, confiné dans son ancien diocèse de Butembo (Nord Kivu) depuis de 12 février dernier. L'Archevêque effectuait son retour d'une réunion de la Conférence Episcopale à Kinshasa, quand les militaires l'ont intercepté et contraint à quitter le territoire contrôlé par le Rcd-Goma. Le traitement réservé à Mgr Kataliko, accusé sans fondement de fomenter la haine inter ethnique, a suscité de fortes protestations de la part du Vatican, des Etats Unis et de l'Union Européenne, entre autres.