1. Kagame
a attisé la haine contre ceux réputés tutsis par des massacres de masses
et systématiques contre la population majoritairement hutue. En 2001,
dans une lettre ouverte à Kagame, Alphonse Furuma, ancien cadre du FPR, a
confirmé caractère délibéré de ces massacres en ces termes « Depuis
le début des négociations des Accords de Paix d’Arusha, jusque fin 1996, vous
(Kagame, ndlr) avez institué une politique délibérée d’extermination, par tous
les moyens, de la population hutue des régions de l’Umutara, Kibungo et
Bugesera ». Les crimes de l’armée de Kagame sont documentés de façon
très détaillée par le Lieutenant Abdul Ruzibiza, ancien membre des
escadrons de la mort de Kagame. (Voir son livre «Rwanda : histoire
secrète», Éditions du Panama 2005). Comme cela arriverait dans toute
société dans des circonstances similaires, ces massacres de masses et
systématiques par les hommes de Kagame, réputés tutsis, contre la population
majoritairement hutue, ont attisé la haine contre ceux réputés tutsis et
affaibli les forces modérées, lesquelles étaient dominantes au début la guerre
(Octobre 1990-Février 1993). Le fait de gens réputés tutsis commettant des
massacres systématiques contre d’autres groupes de populations, n’est-ce pas la
pire propagande haineuse contre ceux réputés tutsis? Kagame, a pris de
gros moyens pour détruire la paix sociale patiemment réalisée sous le régime de
Habyarimana pendant 17 ans au cours desquels il n’y a pas eu de conflit à
caractère ethnique hutu/tutsi.
2.
Kagame a détruit la coalition entre les
partis d’opposition de l’intérieur avec le FPR, laquelle coalition empêchait
que la guerre ne dégénère en conflit ethnique. En 1992, les partis d’opposition
intérieure : le MDR (majoritairement hutu), le PL (majoritairement tutsi)
et PSD avaient formé une coalition avec le FPR (majoritairement tutsi). Avec
cette coalition en place, le conflit était formellement une lutte non-ethnique
pour le partage du pouvoir. Des négociations déjà engagées à Arusha en Tanzanie
suscitaient beaucoup d’espoir de paix. Mais, pour Kagame que la réussite des
négociations aurait empêché d’accéder au pouvoir sans partage, tous les prétextes
étaient bons pour détruire cette coalition et ainsi faire échouer les
négociations de paix. En date du 08 février 1993, prétextant que le massacre de
Bagogwe, groupe réputé tutsi, avait été commis par les forces gouvernementales,
Kagame ordonna une attaque massive dans la préfecture de Ruhengeri. Le bilan
fut très lourd: plus 40,000 civils hutus furent massacrés par l’armée de
Kagame. En conséquence, la pression sur les partis d’opposition intérieure
devint intenable : Il n’était plus défendable de faire coalition avec un
parti qui massacrait des civils innocents, massivement et au grand jour.
La coalition des partis intérieurs avec le FPR éclata. De plus, chacun de
ces partis éclata en deux factions, l’une dénommée « Hutu Power »,
pro-hutu, pro-gouvernemental et anti-FPR, l’autre pro-tutsi, pro-FPR et
anti-gouvernemental. La confrontation sur base ethnique était désormais
difficile à éviter, la moindre étincelle pouvait l’allumer.
3.
Dans son témoignage (http://www.inshuti.org/ruzibiza.htm), Ruzibiza
nous apprend que bien avant 1994 Kagame avait instruit ses infiltrés à
l’intérieur du Rwanda, notamment au sein des « Interahamwe »
(la milice réputée hutue qui participa au génocide de ceux réputés tutsis de
l’intérieur), de massacrer les tutsis de l’intérieur pourvu que les crimes
soient imputables à la partie gouvernementale. Voici, selon Ruzibiza, une
partie de la liste de ceux que Kagame avait donné instruction
d’éliminer : «Tout tutsi de l’intérieur (sacrifier les Tutsi de
l’intérieur); les intellectuels tutsis réfractaires à l’idéologie du FPR, par
exemple Lando qui l’a échappé plusieurs fois; Les Tutsis habitant regroupés
dans des endroits retirés». Dans le même témoignage, Ruzibiza révèle
que «c’était la stratégie habituelle de Kagame, pour justifier la
reprise des hostilités, de démontrer que le gouvernement viole les droits
de la personne en ordonnant l’assassinat de personnalités politiques de
l’opposition ou de personnalités d’ethnie Tutsi.» Au passage
« Lando » c’est M. Landoald Ndasingwa, intellectuel réputé tutsi et
leader fondateur du Parti Libéral, qui était marié avec
4.
En date du 06 avril 1994, l’avion du
président Juvénal Habyarimana fut abattu par missile. Comme on pouvait s’y
attendre, cet acte terroriste déclencha un drame humain hors proportions :
le génocide rwandais. L’enquête du juge anti-terroriste français Jean-Louis
Bruguière a conclu que ce crime terroriste a été commandité par M. Kagame. Or,
suite à l’assassinat, en février 1994, de Gatabazi leader du parti PSD et
Martin Bucyana, leader du parti CDR de la mouvance présidentielle, M.
Habyarimana avait démontré qu’il était l’autorité ultime encore capable de
maintenir l’ordre dans le pays en arrêtant les troubles sociaux consécutifs à
ces assassinats. André Guichaoua, professeur à l’Université de Paris, affirme
que ces assassinats ont été également commandités par Kagame.
5.
En avril 1994, alors que ceux réputés
tutsis de l’intérieur étaient en train d’être massacrés, Kagame et ses
hommes se sont opposés à l’intervention des forces internationales. M. Charles
Muligande, actuel ministre des affaires étrangères, faisait partie de la
délégation qui fut dépêchée aux États-Unis pour demander l’appui de
Washington à cette opposition. De plus, Ruzibiza révèle dans son témoignage
que, durant le génocide, M. Kagame a ordonné à ses troupes régulières de ne pas
porter secours aux tutsis de l’intérieur. Dans une lettre ouverte adressée
à Kagame en 1999, Pierre Mugabe, ex-membre des services de renseignement
de Kagame, a dénoncé l’assassinat, par les troupes de Kagame, des jeunes tutsis
qui rejoignaient le FPR en provenance du Rwanda et du Burundi. Or, ces jeunes
tutsis rejoignaient le FPR dans le but de revenir en armes et en force et
défendre leurs parents. Ces actions de Kagame paraissent tout à fait
cohérentes : M. Kagame ne pouvait pas d’un côté instruire ses infiltrés au
sein des Interahamwe d’activer les massacres de ceux réputés Tutsis de
l’intérieur et de l’autre côté permettre aux jeunes tutsis du Rwanda de prendre
de plus en plus de responsabilités dans son armée et enfin permettre à ses
troupes régulières de se porter au secours des tutsis de l’intérieur.
6.
Parmi les fondateurs des Interahamwe, M.
Anastase Gasana, aujourd’hui réfugié aux Etats-Unis, a été récompensé d’un
poste de ministre alors que le nommé Désiré Murenzi a été placé à la tête d’une
grande société pétrolière. Autre fait troublant, Robert Kajuga, président des
Interahamwe, était le frère de l’homme d’affaire rwandais Husi (emporté par le
génocide rwandais) qui, d’après plusieurs sources a financé les études de
Janet, l’épouse de Kagame. Autant d’indices qui montrent que
Les observations
précédentes démontrent bien que Kagame a tout fait pour que ceux réputés
tutsis de l’intérieur soient exterminés. Il y a donc lieu de conclure, pour
reprendre les mots de Kagame lui-même, prononcés lors du 10ème
anniversaire du génocide rwandais, que: ‘Oui! Le génocide rwandais a été
prémédité, calculé et froidement exécuté’. Mais à la lumière des faits, il faut
désormais ajouter que le cerveau et l’exécuteur en chef du génocide des tutsis
de l’intérieur, c’est Kagame lui-même. Voilà la triste et terrible
réalité que la communauté internationale, qui a donné carte blanche à Kagame,
ne veut pas affronter. Et pourtant, si les actes criminels ci-haut rapportés
avaient été posés par un réputé hutu, il aurait depuis longtemps été
condamné, et avec raison, par le monde entier d’avoir orchestré le ‘génocide
des tutsis’. Mais au lieu de cela, Kagame, parce que réputé tutsi, se
fait dérouler le tapis rouge partout en Europe et en Amérique. Disons-le, ce
traitement différentiel des rwandais en fonction de l’ethnie, C’EST DU
RACISME en contradiction flagrante avec les valeurs universelles de notre
temps.
Guillaume Murere Ph.D.
Gatineau, Québec,
Canada
Octobre 2007