Le Président rwandais en visite en Belgique: Pas de détournement d'objectifs du Tribunal international pour le Rwanda


Akagera-Rhein e.V.
Nürnberg, Deutschland
06.12.02


La visite de Paul Kagame en Belgique du 8 au 10 décembre 2002, s'inscrit dans une démarche de reconquête de la crédibilité internationale au moment où il se retrouve de plus en plus isolé suite à sa mauvaise politique au Rwanda et dans la Région des Grands Lacs.

La Belgique est un bel exemple de la démocratie contemporaine où coexistent pacifiquement trois communautés, dans les institutions nationales. Cette harmonie interne devrait inspirer les gouvernements qui font de l'exclusion leur cheval de bataille en l'occurrence le gouvernement dictatorial de Paul Kagame.

Paul Kagame a montré son incapacité à cohabiter pacifiquement avec d'autres communautés qui ne sont pas siennes et aussi à anéantir toute idée contraire à son opinion. Au moment où ce Monsieur s'apprête à visiter la Belgique, il devra se rendre compte qu'il se rend dans un pays où les différences culturelles n'ont pas d'incidence sur la conduite des affaires de l'Etat. Sa conscience doit l'interpeller pour qu'il se rende à l'évidence d'une cohabitation pacifique entre les communautés ethniques au Rwanda et de l'importance du débat d'idée.

C'est ainsi que j'en appelle à la conscience des autorités belges, en particulier au Premier ministre Guy Verhofstadt, le chef de la diplomatie belge le ministre Louis Michel et le secrétaire d'Etat à la coopération M.Eddy Bout Mans de peser de tout leur poids pour que Paul Kagame retrouve la voie de la démocratie afin que la paix revienne au Rwanda et dans les grands Lacs.

Pour le peuple rwandais réuni au sein de la société civile et des partis politiques, une manifestation pacifique mérite d'être organisé pour exprimer le mécontentement au gouvernement de Paul Kagame au moment de sa visite en Belgique.

Cette visite représente un enjeu important pour la survie du régime dictatoriale de Kagame. Celui-ci se rend en Belgique pour négocier la révocation de Madame Carla Del Ponte, la procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Derrière cette révocation Paul Kagame espère mettre fin au processus de justice entrepris par la communauté internationale, de façon à se mettre lui même et ses complices à l'abri de la justice internationale. Cela veut dire que Kagame en évitant le déroulement normal de la justice, se reproche de quelque chose. En effet, il ne fait l'ombre d'aucun doute que Kagame est largement impliqué dans les crimes contre l'humanité et le «génocide» au Rwanda comme le démontrent plusieurs ouvrages: le document élaboré par Monsieur Michael Hourigan, et le rapport fait par M. Gersony ainsi que les résultats d'enquête effectuée par Monsieur James R. Lyons, ancien agent du FBI et qui fut aussi chef d'enquêtes au TPIR; le témoignage de Déogratias MUSHAYIDI et Charles ONANA, journaliste camerounais et intitulé "Les secrets du Génocide rwandais, les mystères d'un Président".

On ne peut qu'être que surpris de constater que Paul Kagame se montre subitement hostile au tribunal pénal international alors qu'il était le premier à en réclamer la justice contre l'impunité. Pourquoi, ce Monsieur qui hier plaidait pour la justice s'oppose aujourd'hui à son déroulement? La réponse est claire, Kagame n'avait pas envisagé que ce jugement s'étendrait jusque dans sa clique. Il le réclamait juste pour anéantir ses opposants. Si la justice doit être l'un des éléments pour la réconciliation au Rwanda, la communauté internationale doit se réserver de soutenir les arguments échappatoires de Paul Kagame contre la Procureur du TPIR Madame Carla Del Ponte.

Ainsi ne pas venir manifester notre mécontentement serait soutenir la dictature au pays des milles collines et ça serait manquer à nos responsabilités devant les générations à venir. Le général Paul Kagame et ses complices ne doivent pas échapper á la justice.

Dr. Ngiruwonsanga Tharcisse

Président de l'Association culturelle germano rwandaise, Akagera-Rhein e.V.