LE PRESIDENT RWANDAIS PLUS QUE JAMAIS ISOLE.
UN PROCES QUI CAMOUFLE UN COUP D'ETAT LATENT ?
SOS RWANDA-BURUNDI
Christiaan DE BEULE
Martine SYOEN
Buzet, le 27 avril 2002
L'on assiste actuellement à l'isolement total de l'homme fort de Kigali. Paul Kagame est manifestement boudé par d'autres présidents africains, y compris son parrain Kaguta Museveni, chef de l'Etat Ugandais. Beaucoup de ses amis étrangers sont énervés par son intransigeance et son manque de vision pour la société rwandaise. Plusieurs de ses anciens compagnons du temps du maquis le quittent et beaucoup empruntent le chemin de l'exil.
Ceux qui n'osent pas encore, imaginent-ils d'autres solutions ? Conscients du danger que Kagame représente pour la société rwandaise et les peuples des Grands Lacs, ils veulent peut-être étaler au grand jour son incompétence. En effet, on s’étonne que certains l’aient poussé à intenter une action en justice contre le journaliste camerounais Charles Onana.
Le 08 avril 2002 à Paris, a débuté un procès qui sera sans doute qualifié d’historique. Selon l'accusation, ce procès vise essentiellement à disculper Paul Kagame dans la planification de l'attentat du 06 avril 1994 contre l'avion du président Habyalimana. Cet attentat fut l'élément déclencheur des massacres qui se poursuivent encore aujourd’hui.
Ces conseillers, dont l'Ambassadeur Jacques Bihozagara et le ministre de la Justice M. Jean-de-Dieu Mucyo, semblent épouser la cause, l'ont persuadé de voir en cette démarche une pression exercée sur la justice française pour contrer et torpiller les enquêtes en cours afin de se blanchir.
Mais pourquoi éviter le canal diplomatique, voie classique dans les relations inter-étatiques ? Cette procédure plus longue, sans doute, aurait été plus discrète ; donc plus appropriée quand on connaît le nombre de rapports et déclarations qui soulignent bel et bien la participation du FPR dans l’attentat ! Ces conseils peu judicieux sont-ils voulus ? Et dans ce cas, pourquoi ?
De plus, les avocats choisis n’étaient manifestement pas à la hauteur. Ces novices ne font que répéter ce que l'Ambassadeur Jacques Bihozagara leur a dicté. Lors de l’audience du 8 avril 2002 ils se sont même trompés en évoquant certaines jurisprudences et n'arrivaient pas à formuler correctement la plainte.
Mr. Onana lui ne semble pas s'avancer au hasard ! Il a derrière lui les rapports cités en haut et ses propres investigations lui en ont beaucoup appris.
De cette analyse il ressort une impression de sabordage au sein de l'équipe Kagame. Qui donc a intérêt à le discréditer ainsi publiquement ? Son entourage se désagrége-t-il ? Jusqu'où iront ceux qui le soutiennent encore ? La situation en RDC commence à remuer des consciences alors …
En tant qu'observateurs extérieurs nous ne pouvons qu'être vigilants car toute alliance avec l'une ou l'autre partie serait sans doute tomber de Charybde en Scylla ! Rendez-vous donc au 29 de ce mois avant d'émettre une quelconque hypothèse.