Sud Kivu: De violents assauts font trois morts à Bukavu et ensanglantent la zone rurale


MISNA
RD Congo
11.04.02


La vague de violence qui déferle sur Bukavu (chef-lieu du Sud-Kivu, est de la République démocratique du Congo) ces jours-ci fait de nouvelles victimes. Des sources de l'agence MISNA informent que la nuit dernière, des hommes armés portant l'uniforme militaire ont semé la panique dans deux zones de la ville, faisant trois morts. Les violences ont eu lieu à Nyantende (première périphérie rurale de la ville) où un homme a été tué et une femme a été blessée, et dans le quartier populaire de Cahi, où deux personnes, mari et femme, ont été assassinées et où une quinzaine de maisons ont été pillées. Mais la situation est encore très tendue dans toute la région rurale du Sud-Kivu. Les combats se sont produits à Kitutu (230 kilomètres au sud-ouest de Bukavu), la localité occupée par les militaires de l'armée rwandaise (APR) et du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD), théâtre de violents combats ces dernières semaines. D'après des informations communiquées à l'agence MISNA hier matin, des Maï-Maï (partisans nationalistes congolais), lors d'une actions conjointe avec des formations Interahamwe (miliciens de l'ancien régime du défunt président rwandais Juvenal Habyarimana), ont attaqué la zone de Kazuzwa, où se trouve la piste du petit aéroport de Kitutu. L'échange de tirs entre l'APR et les Maï-Maï a fait plusieurs victimes parmi les civils pris au piège entre les deux formations. Les conséquences des attaques survenues dans la zone de Lulingu (400 kilomètres au nord-ouest de Bukavu, en zone Urega) sont extrêmement graves. Là encore, les Maï-Maï ont été les protagonistes de la bataille et sont parvenus à prendre le village et l'aéroport. Les habitants ont pris la fuite dès les premiers tirs et un grand nombre d'entre eux se sont jetés dans les eaux du fleuve Lugulu pour éviter les balles. Certains d'entre eux auraient péri noyés. Les troupes armées des Maï-Maï ont poursuivi leur route vers les villages voisins, semant la mort et la terreur parmi la population. Des représentants de premier plan de la société civile pensent que ces épisodes de violence dans la région sont orchestrés volontairement pour justifier la présence de contingents étrangers en territoire congolais. (CC)