GROUPE JEREMIE, a.s.b.l.
Association Chrétienne de promotion et de défense des
Droits humains et d'éducation civique
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RAPPORT DES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS

SUD-KIVU/RDCONGO

Janvier – Juin 2001

 

Juin 2001

 

I. CONTEXTE

Malgré l'annonce du dialogue intercongolais et l'ouverture politique sur le plan international par le jeune président Kabila Junior, les cas de violations des droits humains ne cessent d'augmenter et leurs auteurs se déploient impunément sous la couverture des forces en place au Sud-Kivu.

Nombreux pensaient que la ruée vers le Coltan dont s'enrichissent scandaleusement les tenants du pouvoir et leurs alliés allait épargner la pauvre population des extorsions et du pillage car l'exploitation de ce minerai rare sans contrepartie pour l'Etat venait réduire, pensions-nous la pauvreté dans le milieu et surtout chez les hommes en armes.

Malheureusement, les bandes armées, les Interhamwe et les militaires de la rébellion continuent à extorquer, à tuer, à assassiner, à voler et à violer des femmes et jeunes filles tant en ville que dans les villages.

A l'annonce du retrait des troupes étrangères au mois de mai 2001, un triste événement s'est produit dans la commune de Bagira où un enfant de 3 ans a été fusillé et poignardé par un militaire de l'APR.

Même des frères congolais se comportent depuis un certain temps comme des éclaireurs des bourreaux de leurs frères par sadisme et par jalousie alors qu'à notre sens, l'esprit de solidarité devait régner entre eux pour traquer ces hommes avec des sifflets, des jets de pierre, un tam-tam...

Pire encore : ces bandes armées (loyalistes et autres) ne laissent rien à leur irruption dans un logis : poule, cochon, chèvre, cobayes, farine,...sont systématiquement pillés et leurs propriétaires tués et en cas de pitié simplement torturés.

Même les bénéficiaires des assistances du CICR et autres organismes humanitaires sont chassés par ces hommes armés qui veulent récupérer auprès d'eux des vivres et non vivres reçus.

Tant que les forces en présence agiront à la solde de leurs propres comptes et ne considéreront que leurs propres intérêts au détriment de la population, l'insécurité persistera et le confusion entre faux et vrai Interhamwe ne fera qu'exacerber l'insécurité.

La situation des droits de l'homme au Sud-Kivu est loin de s'améliorer et ne peut rien contre la détermination de ces tueurs sans scrupule. Nos concitoyens désignés pour aller discuter de la cause congolaise à Gaborone doivent réaffirmer la volonté des populations prises en otage dans les territoires occupés : à la fin des hostilités, la paix devra être concrétisée par un retrait véritable des troupes d'agression loin de nos frontières. Et ce n'est qu'après que les congolais peuvent franchement et librement se parler. 

II. CAS DE VIOLATION DES DROITS HUMAINS

1. ATTEINTES AU DROIT A LA VIE

JANVIER

- La nuit du 11 au 12 janvier 2001 quelques 100 hommes en armes et vêtus d'uniformes militaires sont descendus des montagnes surplombant le village de Bushushu (kabushungu) et ont pris d'assaut le sous village, situé à 80 Km sur la route Bukavu -Goma.

Faisant irruption dans la maison de Monsieur LUMETO BISURO, un cultivateur-transporteur, ils le trouvent absent de chez lui et s'en prennent à son épouse et ses fils . La mère est fusillée à la hanche, ses deux fils SUKISA et BAHATI sont déportés et leur jeune frère, grièvement blessé à la poitrine. Le voisin de la famille LUMETO ne sont pas épargnés : KASISI TULINABO, un homme d'une soixantaine d'années est abattu par balle dans sa cachette sous son lit, Mme Isabelle M'CIRINGA, épouse de Monsieur NYAMUHONDO (PONDO) est violée. Toutes les maisons des environs sont dépouillées sur un rayon de 800 mètres.

- Le mercredi 17 janvier 2001 au marché de Musiru, en territoire de Walungu, les gens en uniforme ont envahi le marché où plusieurs personnes ont été blessées, portées disparues et 3 personnes mortes. Les victimes sont :

  1. Birindwa kasaliro, domicilié à Ludhuha Musinga, âgé de 30 ans mort d'une balle n° 273 à la tête.
  2. Biranga Nabuguju, domicilié à Luduha, adulte, blessé avec ses 7 enfants.
  3. Gubanja Toto, domicilié à Murhaza/ Burhale, adulte, blessé par 2 balles, une à la cuisse et une autre à l'épaule.
  4. Mapatano Mpombo, domicilié à Nkanga/Lubone, adulte, blessé.
  5. Batenda Mulolo, domicilié à Mufa/Rubimbi, âgé de 27 ans, blessé aux 2 jambes par balles.
  6. Byamungu Nyiringabo, domicilié à kadutu/Lubona, âgée de 27 ans; blessé par balle à la joue.
  7. Ntakwinja Nkwale, domicilié à Karhambama/Lubona, adulte, enceinte, piétinée par la foule.

Mercredi 17 janvier 2001 à 13h00', un groupe de 25 militaires difficilement identifiable par leur tenue militaire et parlant la même langue, est arrivé au marché de Kashunju en champ groupement de Lubone à 3 Km du Groupement Munshinga. Ils ont commencé à tirer en l'air et sur le Monsieur Mushinga kasaliro fut tué par 3 balles. Il y eut aussi des blessés tels que :

- Monsieur Rhugendabanga Donatien

- Shababirhi de Murhaza

- Nabaguju fils de Luduha

- Mulolo fils de Mugono

Le samedi 27 janvier 2001 à 20h00', à Ciriri, Mesdames CEBWERU et Chantal MUJIJIMA sont froidement assassinées, fusillées par des hommes en uniforme et armés. Mme CEBWERU est morte sur le coup. Elle était enceinte de 8 mois. Mme MUJIJIMA Chantal est morte eu centre hospitalier de Kadutu un jour après, le 28/01.

Quatre balles ont été extraites de son abdomen avant sa mort. Et dire que cela suscite des interrogations sérieuses sur la sécurité des personnes et de leurs biens dans la ville de Bukavu et dans les zones périphériques.

FEVRIER

Plus de 15 personnes ont trouvé la mort le vendredi 03 février 2001 aux environs de 14h00' à Nyamirera dans le territoire de Bunyakiri au Nord de la province du Sud-Kivu au cours d'une embuscade tendue par des hommes en uniforme et armés de fusils. Parmi les morts; il a été identifié 9 cadavres dont 3 femmes et 6 hommes. En voici quelques références :

  1. Monsieur MULUMEODERHWA, du groupement d'Izege en territoire de Walungu,
  2. Monsieur MUPENDA BUHENDWA, du village Bwambali, dans le groupement d'Ikoma en territoire de Walungu,
  3. Monsieur TIKISELA KASAMUKULI (sic), du groupement d'Ikoma en territoire de Walungu,
  4. Mme ZIRIRANE CHAMBO, du groupement d'Ikoma en territoire de Walungu,
  5. Mme LARHAKULONZA LUNU, de la localité de Mizinzi dans le groupement de Burhale en territoire de Walungu,
  6. Mme SARA TENGETENGE, habitant sur major Vangu dans le quartier Panzi en commune d'Ibanda à Bukavu,
  7. Monsieur AKILI NTUBURA, habitant à Nyamarhege dans le groupement de Kaniola en territoire de Walungu,
  8. Monsieur BUSIGARE MUSOLE,...

Quelques cadavres acheminés à Bukavu n'ont pas été immédiatement identifiés.

Par ailleurs, selon des sources fiables, d'autres cadavres des passagers évalués au nombre de 4 dont 2 autre femmes auraient été remis aux leurs en cours de chemin pour faciliter les enterrements.

Certains blessés ont pu également être identifiés parmi les victimes par des services compétents. Il s'agit entre autre de :

  1. Mme AISHA MUNYANGI, du quartier Nyamugo à Bukavu.
  2. Monsieur BASHIMBE LWABOSHI, originaire de Nyamarhege dans le groupement de Kaniola en territoire de Walungu.
  3. Monsieur BASHIMBE NAMUGANDA (sic) âgé de 27 ans, originaire du groupement d'Izege en territoire de Walungu.
  4. Monsieur Michel BARHAFUMWA (25 ans), habitant du village Luhango dans le groupement de Mulamba en territoire de Walungu.
  5. Monsieur BISIMWA MONGANE.

Le dimanche 18 février 2001, deux personnes civiles ont été tuées, l'une par des balles, et l'autre à coup de poignard lors des attaques perpétrées contre des véhicules à Kanganiro, près de Luvungi, une des localités de la collectivité chefferie de Bafuliro en territoire d'Uvira. Ces victimes sont : Monsieur Ndume Munanire Claude, 31 ans, fils de Munanire Chichire et de Marthe M'kelembe, convoyeur d'un des camions de son oncle, Monsieur Chishamwa changaboba, et Monsieur Didier Rangiboyi, Munyamulenge d'origine, est né et a grandi à Sange, avant sa nomination en qualité de chef de poste de renseignement et de sécurité dans la plaine de Ruzizi en territoire d'Uvira. Toutes ces attaques auraient été opérées par des hommes armés parlant Kirundi, en tenue militaire et armés que l'on suppose être des éléments burundais du FDD (Front pour la Défense de la Démocratie).

MARS

En date du 1er mars 2001, Monsieur Cimondeko Cigalu, un élément de la Local Défense de Kaniola Birehe a été abattu par la population . il a été l'un des voleurs à mains armées venus attaquer les villages Birehe et Kehya dans me groupement de Kaniola, chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu.

En date du 2 mars 2001 Monsieur BIRIGANINA KARAHUSA de la localité de Kakumba en groupement Irongo a été tué par des bandits à mains armées qui ont été bien identifiés, il s'agit des Messieurs MUKELETI BIGOSI et BYONGO qui ont été arrêtés à Chiherano par les militaires du RCD et leur sort n'est pas connu jusqu'à ce jour, en territoire de Walungu.

En date du 4 mars 2001, une bande de criminels armés fait irruption dans le quartier appelé BURHEZI dans le groupement de Lurhala dans le territoire de Walungu; l'opération commence à 20h00' et se termine à 1h00' du matin et coûte la vie à une personne, fils de MURUNGWE et trois autres blessés par les coups des balles, pille deux vaches et tant d'autres.

Vu la distance qui est entre le camp militaire de Mugogo et le dit quartier, la population se demande comment une opération de coups de balles peut durer toutes ces heures à une distance de 2 Km du camp sans aucune intervention menée par le militaires. La population se demande en outre, à quoi sert l'argent qu'elle cotise chaque mois aux militaires qui ne parviennent pas à les protéger.

En date du 7 mars 2001 à partir de 20h00', deux personnes furent assassinées par des hommes en uniforme et armés non autrement identifiés, il s'agit de Monsieur NAMUJABI, un papa âgé de 55 à 60 ans et le fils de Monsieur MUSIRWA. Un de ces hommes a été attrapé et mis à mort par la population qui patrouillait pendant la nuit; trois personnes parmi la population furent blessées par coups de balles dont le nommé Kata Mwandazo.

En date du 9 mars 2001, dans les villages Chirhagabwa II et Luhoko, les assaillants ont pénétré dans le maisons des villageois où ils ont extorqué de l'argent, une caisse de bière Primus, un appareil photographique avant d'assassiner un jeune homme d'environ 20 ans, nommé Tungwa Kafuliro. Cette brave victime, en compagnie d'autres gens dont certains ont été plus tard appréhendés et maltraités par les agresseurs, volait au secours de Monsieur Munkengere qui était en train d'être battu avec sa femme et sa fille par ces inciviques.

A la suite des cris des gens, les bruits de la quincaillerie nourris des sifflements, et pris en étau par la population des alentours déjà sur le qui-vive, ces malfaiteurs ont utilisé une astuce pour se sauver ; la femme qui faisait partie de leur clique s'est mise à crier comme quoi les habitants attaqués venaient de mettre la main sur l'un des agresseurs.

Tout le village y serait alors accouru. Les assaillants ont tiré plusieurs coups de balles en l'air pour paniquer la population et la disperser afin de se frayer une voie de fuite.

A la faveur de la débandade ainsi créée par cette fusillade, la bande des malfaiteurs a pu s'échapper. Elle est allée à quelques distances où elle a investi le domicile de Monsieur Banyanga. Celui-ci a reçu des balles dans les jambes tandis que sa femme a été rossée de manière à la blesser au niveau de la tête. Ce qui est surprenant dans tout ceci, c'est que les militaires affectés au poste le plus proche ou ceux qui habitent dans les milieux ne surviennent que longtemps après le départ des assaillants.

En date du 15 mars 2001 , dans le groupement de Tubimbi (Territoire de Walungu) quelques hommes armés, parlant le Kinyarwanda ont envahi les environs de Tubimbi au motif de piller après avoir massacrer la population bilan : 8 vaches volées, 4 chèvres emportées et 500 dollars soutirés de la poche du chef de localité Namulanga Mwinangize. 4 hommes tués :

Le 17 mars 2001, à Kadutu dans le groupement Izenge en territoire de Walungu, Monsieur MONGANE CIBALAMA fut assassiné au pâturage à Ngoma Bishi-Biru.

En date du 23 mars 2001, à Kavumu en territoire de Kabare, Monsieur WILFRID Imani, fils de Musologa et de Nyamachuka, âgé de 27 ans, marié et gardien de l'équipe football Espoir de Kavumu, est tué par un policier répondant au nom de MASUMBUKO MUHINI.

Le policier Masumbuko venait d'arrêter arbitrairement un certain Maombi Cigoro à Kavumu et l'escortait déshabillé. Le regretté Wilfrid Amani, voulant intervenir pour couvrir la nudité du prévenu Cigoro, sera littéralement abattu à bout portant par cet agent de l'ordre".

En date du 28 mars 2001, Monsieur MUSIRWA KALUMUNA, de la localité Ciburhi en groupement de Lurhala en territoire de Walungu a trouvé la mort par tirs de balles par des bandes armées, les villageois voisins s'étant solidarisés , ont tué un de ces assaillants. Ces bandes armées ont grièvement blessé son enfant et ont pillé une importante sonne d'argent, poules et chèvres.

En date du 30 mars 2001, des éclaireurs bien identifiés par la population, ont tué Monsieur Buhendwa de la localité Cihonga à Bikoma en groupement de Mushinga, ils ont pillé une vache et un mouton après avoir passé la nuit à Mubanda. Il s'agit de CISIRIKA et BUHEMBE qui conduisaient cette bande armée.

Dans la nuit du 30 au 31 mars 2001, à Moga, groupement de Cirunga à 200 m du réservoir de la Régideso à Bagira, commune urbaine de Bukavu, un enfant de 3 ans répondant au nom de BISIMWA, fils de Jean-Marie Muderhwa a été fusillé par un militaire ruandais qui venait de Bagira, après le fusillade, la victime a été poignardée.

AVRIL

En date du 6 avril 2001, un groupe des inciviques venant des montagnes de Burhinyi arrive chez Monsieur MUFAYO et lui demande de l'argent car il avait vendu son cochon ce jour même, malheureusement pour lui, son fils était déjà parti avec cette somme. Vu qu'il n'avait rien pour sonner, il a été tué sur place. Sa femme qui voulut se défendre fut aussi blessée dans les deux jambes par balles.

Une semaine ne passe sans qu'on retrouve des fœtus avortés ou des bébés nés et étranglés par leurs mères (ou leurs pères) et jetés dans des trous creusés par les multiples érosions partout sur la ville de Bukavu. Dans le quartier de Cimpunda, cette fois-ci, ce sont des fœtus jumeaux qui ont été retrouvés jetés dans la grande poubelle du marché "Soko ya ba-chomeurs" (petit marché aux pauvres). Dans le quartier Morte, en commune de Kadutu, un bébé d'environ 7 mois a été retrouvé mort, jeté dans une centrale de canalisation des déchets des latrines. Cette situation dramatique serait due à la pauvreté aiguë des jeunes filles qui ne trouvent leur survie actuelle que dans la prostitution, mais également aux cas fréquents de viol des femmes par des hommes armés en uniforme.

En date du 28 avril 2001, dans la localité de Nyangombe à CINDA, territoire de Walungu, 6 militaire du RCD accompagnés d'un civil bloquent le passage à tout le monde en direction de ...., il eut assassinat d'une personne non autrement identifiée.

Le samedi 28 avril 2001, à Burhale, chefferie de Ngweshe (Walungu) il y a eu assassinat de Monsieur BISIMWA MURHEGA par des militaires de RCD en provenance de Tumbimbi et conduit par un certain jean de Tubimbi même. La victime était avec son ami KANYARHI KATUMBU de Ciherano-Madaka, ils partent tous deux vers les carrières des mines (Coltan) arrivés à Nangombe, dans le sous groupement de Muzinzi en groupement de Mulamba, ils sont tombés dans une embuscade des militaires du RCD en provenance de Tumbimbi . C'est en voulant fuir devant le danger que BISIMWA a reçu trois balles dans le dos et il est mort sur place. Il a été inhumé le même jour dans la localité de Muzinsi après constat de Monsieur RUDAHIGWA MUSALE, chef de localité Muzinzi, quant au survivant, Monsieur Kanyurhi Katumbu, les mêmes assaillants le laisseront libre après lui avoir ravi le sac qui contenait une importante somme d'argent en devises et en monnaie locale.

MAI

En date du 3 mai 2001 dans la localité de Kijaga à Tubimbi, Monsieur Katibita est assassiné par des bandes armées.

En date du 5 mai 2001, Monsieur Paul Cihungu du groupement d'Izege à Ngweshe (Walungu) fut assassiné par des hommes en uniforme, son grand frère fut grièvement blessé.

Depuis ces événements la population d'Izege se sent tellement insécurisée qu'elle a décidé de prendre pour le Nième fois le chemin de l'exil vers Mwendo, Bwambali, Nkumba, Kalungu,...

On dit que les assaillants sont des Interhamwe guidés par les éclaireurs Ruvuna Bisimwa et d'un certain Nyabu voleur à mains armées plusieurs fois arrêté et évadé.

Dans la nuit du 09 mai 2001, à Ciherano (Walungu), les bandits à mains armées sont venus dans la ferme de Monsieur Mudwanga et y ont tué Monsieur Masumbuko après l'avoir supplicié. Parmi les meurtriers, il y a Monsieur BULEZE d'Ibanda, Monsieur RHUHUNE MUNGU, ce dernier est l'auteur du meurtre du chef de localité Murhandikire et KUKOMA.

En date du 10 mai 2001, dans le groupement d'Izege une bande armée a tiré sur CHIHUNGU J. après avoir tué son Père Paul CHIHUNGU par balle le même jour. La population a été paniqué et objet de pillage des vaches, chèvres et poules.

Le samedi 19 mai 2001 Monsieur NTALAZIKA est assassiné par un groupe de militaires venu piller à Ciherano.

JUIN

En date du mercredi 06 juin 2001, un groupe des Interhamwe arrive chez Monsieur NKIZO MUDASA, de la localité de Cishendo en territoire de Walungu à; 21h00', ce Monsieur faisait la sentinelle au cours du séjour de l'armée du RCD; il fut abattu à coup de hache pour avoir collaborer souvent avec l'armée du RCD.

Dans la nuit du 05 juin 2001 de 20 heures à 1 heure du matin dans la localité de Nkumba à 3 Km du chef lieu du territoire de Walungu et du camp bataillon RCD, des hommes en uniforme parlant la langue ruandaise ont organisé des tirs de fusil, des pillages, des tortures et des violations multiples. Bilan humain ; 2 personnes ont trouvé la mort par balle, il s'agit de MBENKALEMBE fils de Rwegema, Mlle NYOTA fille de RWANZO Babunga, élève au Lycée Mulezi w'abana en 3ème des humanités. Mme M'MUTABESHA, épouse de CIHIMBI a été gravement blessée aux jambes par balles et a été conduite directement à l'hôpital FSKI de Walungu.

INSECURITE GENERALISEE

JANVIER

Dans la nuit du 1er au 2 janvier 2001, un groupe d'hommes armés ont organisé un pillage au dépôt des matériels d'adduction d'eau potable appartenant à l'ONG solidarité paysanne. Ce matériel pillé à Kigunwe dans la plaine de la Ruzizi était destiné à desservir la population de 13 villages, celui de Nduda notamment.

Selon des informations en notre possession aucune intervention urgente n'a été faite par le commandant burundais du poste situé à une centaine de mètres du dépôt. Des sources locales, des populations auraient été mobilisées en pleine journée pour faciliter le transport de ce matériel jusqu'au poste frontalier de Namoma en vue de la traversée du butin au Burundi.

Dans la nuit du mercredi 10 janvier 2001,un groupe de voleurs à mains armées a pillé le village MUSHUGULA en groupement IRONGO (Walungu) chez CHIKULA où sa fille et son fils ont été blessés par des coups de couteaux, chez BISHURHA ils ont pris 8 gr d'or et 50.000.000 NZ, chez NAMUSIKA, CHAMIKUNGU, BITUNDWA et KASIMWA. Il descendaient à Mushugula avec 2 jeunes enfants de Monsieur MARHEGEKO Alphonse qui était très collaborateur du Cuius - défunt Burhakatwa, heureusement ces jeunes furent libérés vers Nyabangere dans les montagnes.

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2001 ,à Chiherano, la famille du chef de localité, Monsieur MACARA, et treize autres familles furent pillées, heureusement que l'on a pas encaissé des pertes en vies humaines à part les cas multiples de blessés suite aux tortures de tout genre. Cela s'est passé plus précisément dans la communauté ecclésiale vivante de Kalirhizi. Par ailleurs, à Karhumba, non loin de là, deux autres habitations étaient victimes des pillages et des tortures en date du 18 janvier 2001.

Dans la nuit du mardi 16 janvier 2001, un groupe des gens en uniforme et bien armés à pillé la localité de KALIRHEZI EN GROUPEMENT Irongo. Les victimes de ce pillage sont : Birindwa Badesire, Kanyamanyula Berchmas, Bagalwa Kajibwami, Nenywijwi Buhendwa, Bashige Augustin, Tyoge Mugaruka Murhula et son fils a été blessé par couteau, Mugaruka , Kajangwa Nakubulagaye, Kazindu, Bafakulera kahuzi (une radio, un appareil photo, 50 $ et sa femme et sa fille tabassées.

En date du 26 janvier 2001, dans la localité d'Irongo, en pleine journée, quatre maisons furent pillées à Nfunwa. La population alertée n'a pas réussi à chasser ces assaillants armés jusqu'aux dents. Un homme et sa femme furent horriblement blessés, (l'œil troué pour la femme). Le Centre de Santé de Kalole ne pouvant pas les soigner, ces blessés ont été acheminés à l'hôpital de Walungu pour des soins appropriés.

Vendredi 26 janvier 2001, en localité de Kasheke (Kalehe) 4 militaires ruandais sollicitent un lift à bord du véhicule d'un jeune homme du village , ils demandent d'être conduits chez le chef de groupement, Monsieur Lushombo Jules, cela leur est accordé. Arrivé sur le lieu, ils demandent au chef de groupement de leur livrer 4 sujets Hutu, réfugiés ruandais qu'il gardait chez lui comme serviteurs. Monsieur Jules Kamirongosa, malade, dit ne rien connaître sur cette affaire. Il s'en suit une perquisition de la maison, puis les militaires n'ayant trouvé personne, se retirent. Le lendemain, samedi vers 10h00', ils sont chez Monsieur Mastaki Zamu Oswald, chef de localité de Tchifi, voisine de Kasheke. Le chef de localité apprenant qu'on était à ses trousses, il se sauve.

Le dimanche 28 janvier 2001, il se présente à l'Etat-major de la Local Défense Force (LDF) à Kasheke où il sera arrêté et détenu pendant une journée, temps pendant lequel les militaires opèrent dans son domaine à Tchifi et d'où ils attrapent 18 réfugiés ruandais qu'ils emportent avec eux pour "les rapatrier", a-t-on appris. Ces réfugiés seraient comme employés chez Monsieur Mastaki pour l'entretien de ses champs. Ils seraient sous la protection de l'art. 14 (D.U.D.H) Mastaki sera libéré après l'intervention de l'Administrateur du territoire de Kalehe.

La nuit du 30 eu 31 janvier 2001, ce fut le tour de Cirimbo, un village de Mushinga (Walungu), plusieurs habitations, maisons par maison, furent pillées systématiquement. Deux personnes furent blessées à coups de machettes : une maman et un jeune garçon, élève aussi à l'E.P. Mubumbano et fils d'un enseignant intendant de la prime des enseignants à la même école, chez qui l'on pilla toute la prime des enseignants destinée au mois de janvier en plus de ses biens propres. Les pauvres enseignants de l'E.P. Mubumbano ne savent à qui recourir. En cette même nuit, ils se sont passés des pillages similaires à Kaginja et à Cihala, groupement Lubona, Ngweshe.

Dans la nuit du 30 janvier au 1er février 2001, de 23 heures à 3 heures du matin les localités de Mususu I et II, Nkenga et Ishunga; groupement de Lubone, ont reçu la visite indésirable des hommes en uniforme et bien armés. Comme à Cirimbo, plusieurs maisons furent pillées systématiquement et détruites. Six filles au total ont été violées et un garçon enlevé.

FEVRIER

En date du 02 février 2001, les habitants de Kalungu, chefferie de Ngweshe, n'ont pas quitté leurs maisons de peur de se faire embrigader pour transporter les provisions des individus, escortés par des militaires ruandais. Prisonniers ou mineurs volontaires ? Difficile à dire. Colonie d'exploitation ou de peuplement ? L'avenir nous fixera. Tout de même le premier peut conduire au second.

En date du 03 février 2001, les militaires du RCD se sont rendus à Chiherano, au marché de Musiru et à Mushinga où ils ont tiré en l'air pour terrifier les Interhamwe qu'ils n'ont même pas vus. La population n'étant pas informée a fui et les commerçants ont perdu leurs objets et argent au marché de Musiru (Mususu).

Samedi 17 février 2001, une équipe de militaire du RCD basée à Chiherano pour garder la population est descendue au marché de Musiru, où ils ont bien rançonné la population toujours en insécurité. En arrivant au marché : leur taxateur civil demandait 1/2 mesure de farine de manioc à chaque vendeuse : 3 maniocs, 5 FC pour les articles et un petit morceau de viande.

Quand le commandant a eu ce rapport, il fut énervé et directement autorisa ses militaires de repasser et soutirer par force à chaque personne :

Dans la nuit du samedi 24 au dimanche 25 février 2001, Monsieur Balisier Mahazi de lubondo-Ciganda, élément du DSR a été appréhendé parmi les voleurs à mains armées venus attaquer le village Kanampanzi en groupement de Burhale. La population des localités Nyakakobe, Njove, Karhende, Buha et Kinampanzi dans le groupement de Burhale sont aujourd'hui sérieusement prises en otage par des éléments du DSR/Walungu qui organisent contre elles des arrestations arbitraires renforcées par de multiples tracasseries.

MARS

En date du 04 mars 2001, Messieurs Cikomola Ntizala et Popatiya Buhendwa ont violé une fille de 15 ans répondant au nom de Mukazi Arhakengwa de la localité Chishumba en groupement de Nduba. Ces inciviques ont été appréhendé par les agents du DSR de Walungu. Toutes les filles de Kalole et Nduba, ... ont déserté leurs toits paternels par crainte d'être violées.

En date du 05 mars 2001 à 21h00', à Ngweshe, des voleurs à mains armées sont descendus à Lurhala à Buhesi, ont pillé deux vaches et ont tiré et blessé gravement Monsieur Bisimwa Raphaël âgé de 48 ans et père de 9 enfants.

En date du 05 mars 2001, le CICR/Sud-Kivu est parti distribuer des vivres aux vulnérables déplacés de Mushinga, il a distribuer par ménage 3 couvertures, 2 casseroles, 4 gobelets, 1 houe, 1 colis des semences haricots-maïs et des potagers, 3 tiges savons de lessive. Malheureusement pour eux les chefs des localités de Mushinga se sont arrangés pour saisir par forces quelques objets à ces vulnérables surtout des veuves : les victimes sont :

1. Dans la localité de Chiburhi : Chef MAGALA

2. Dans la localité Kabumba : Chef KATERHA

3. Dans la localité Kagingjia : Chef OBWIROYUMWA TITO

Toutes les femmes veuves ont remis chacune : 1couverture, 1 casserole, 1 tige savon et des semences divisées en 2 au chef.

En mars 2001, à Muhongwa Lurhala dans le territoire de Walungu, Mme Mujishamba Musaka M'Ishema est victime de pillage et de viol, sa petite sœur aussi d'une dizaine d'année est violée par un militaire du RCD du nom de Irenge Safari.

En date du 08 mars 2001, des hommes en uniforme sont arrivés chez Monsieur Kasongo Bashwere qui était, alors en voyage. Ils ont blessé par balles sa femme, Mme Domitile Bahati Bayubasire. Son bébé de 11 mois est tombé du dos maternel dans une eau bouillante lors de la bousculade qui s'est engagée entre la femme et un assaillant. Une des filles de la maison, âgée de 15 ans, a réussi a ravir le fusil de cet agresseur avant la fuite de ce dernier, qui a également laissé son uniforme militaire.

En date du 09 mars 2001, entre 20h00' et 23h00, un groupe d'hommes armés, en tenue militaire, parlant Kiswahili avec un accent Ruandais et accompagné d'une femme, a investi Chahikabuye.

Lors de cette attaque, Monsieur Mirindi Bafunyembaka ainsi que les membres de sa famille ont été tabassée et ont perdu leurs biens pendant que Messieurs Maendeleo et Babunga Ngabo ont été atteints par des balles tirées à bout portant les assaillants. Ce dernier, touché à l'épaule gauche et aux jambes, a été conduit et interné à l'Hôpital général de référence de Bukavu. Une demi-heure après le départ des agresseurs, une équipe de militaire basée au camp Panzi, en patrouille, est arrivée sur les lieux en vue de mener une "enquête sur ce qui s'est passé".

En date du 14 mars 2001, une équipe de 50 militaires s'est installée à Chiherano centre (Walungu) et est prise en charge par la population d'où les commerçants et marchands souffrent en payant régulièrement les taxes suivants :

- 17.500.000 NZ par vache abattue (taxe territoire)

- 30.000.000 NZ par vache abattue (taxe collectivité)

- 17.500.000 NZ par vache abattue (taxe vétérinaire)

- 10.000.000 NZ par vache abattue (taxe comité militaire)

- 10.000.000 NZ par vache abattue (taxe comité marché)

Un morceau de viande d'une valeur approximative de 5.000.000 NZ ( police nationale). Il est à noter que tout homme valide paye aussi 1.000.000 NZ par groupement pour les militaires. La population crie au secours.

Autre fait marquent est que les déserteurs Mayi mayi, ceux du RCD et les Bahutu se regroupent dans les montagnes de Birhinyi - Rubimbi (Ngweshe) et viennent régulièrement piller dans les localités Mukungwe et Mugono pendant le nuit. Ces derniers emportent tout ce qu'ils rencontrent à leur passage, même des bambous. Les attaques ont déjà durer plus de deux semaines les maisons sont quasiment inhabitées.

En date du 14 mars 2001 de 21 heures à 23 heures sur les collines de Cirhala à Izamba, dans le territoire de Walungu, 48 vaches et autres biens ont été pillés dans les familles de Monsieur Musakamba Kasi, Monsieur Bashizi Deo, Monsieur Kabi Zirimwabagabo, Monsieur kalingina et ensuite 38 autres vaches de Messieurs Paulo Cihungu, Mushepe Machumu et de Rudahindwa.

Le 24 mars 2001, Monsieur Amuli Birego, chef d'antennes DRS supervisant Burhale et Mulamba, aidé par la Société Civille, sous-noyau de Burhakle est venu perquisitionner la chambre de son agent Paul dans laquelle une tenue militaire a été découverte cachée sous son lit. Quelques jours auparavant, les éléments du DSR/Walungu venaient de saisir une arme à feu que détenait le même DSR Paul. Alors une question se pose : que faisait-il de cette tenue et de cette arme ? Et aujourd'hui, le même agent vient d'ouvrir son bureau au centre commercial de Butuza avec pour mission spéciale arrêter le Coltan en provenance de Kamituga ou de Shabunda.

Monsieur Biremwa, infirmier de la croix rouge à Isingo, groupement d'Irongo/Chiherano a été visité par des bandes à mains armées en date du 27 mars 2001, ces inciviques ont pillé tous les effets se trouvant dans la maison après l'avoir ligoté et jeté, la nuit, dans le boisement de Namasehe, le pauvre citoyen a été relâché de la corde ^par la population tôt le matin.

En date du 27 mars 2001, Monsieur Pierre Mushosheke de la localité Mwimbi, groupement d'Irongo a été l'objet de pillage de 3 poules par des bandes armées.

A la même date, Monsieur Basheke, de la localité Mwembo en groupement Irongo a été tabassé par des bandes armées qui lui ont ravi tous le objets de la maison (habits et ustensiles de cuisine, 4 poules et 2 chèvres).

Le vendredi 30 mars 2001, le commandant militaire de l'armée du RCD basée à Kaziba, Monsieur Olivier, à la tête d'un groupe de 12 militaires , a mené une opération contre les Mayi-mayi dans le groupement de Ntagereka situé sur les montagnes qui surplombent la collectivité chefferie de Kaziba vers l'Est en territoire de Walungu. D'après des sources concordantes, les affrontements ont tourné à la défaveur des troupes du RCD qui ont perdu des armes et des minutions en plus de la capture du commandant Olivier et de ses 4 militaires. Ces événements ont provoqué une panique générale au sein de la population. Il s'en est suivi des déplacements des populations, des pillages perpétrés par des militaires du RCD venus en renfort, la paralysie des activités dans les écoles, à l'hôpital de la CELPA à Kaziba-centre et des exactions de tout genre. Cette situation a duré du vendredi 30 mars au mardi 03 avril 2001.

Des informations en notre possession retraçant la chronologie des événements, indiquent que :

- Le vendredi 30 mars 2001, 12 militaires du RCD conduits par le commandant Olivier ont attaqué les Maï-maï à Ntagereka, groupement situé à l'Est de la collectivité chefferie de Kaziba.

Les Maï-maï s'étant repliés pour tendre une embuscade aux militaires, ces derniers se sont mis à brûler le campement de leurs adversaires en repli. L'attaque surprise montée par les Maï-maï qui les épiaient a aboutit à la capture du commandant Olivier, de ses 4 militaires ainsi que des armes et minutions récupérées par les bandes armées précitées.

- Le samedi 31 mars 2001, toute la collectivité-chefferie était en effervescence à l'annonce de l'enlèvement du commandant Olivier par les Maï-maï . La population craignant d'être prise en étau dans les affrontements entre les antagonistes, a eu peur en souvenir des événements malheureux qui ont endeuillé cette contrée dans les mêmes circonstances. L'inquiétude de la population était justifiée d'autant plus que le chef de poste d'encadrement administratif, Monsieur Joseph Muhaya était descendu à Bukavu à bord d'un véhicule de l'Hôpital de Kaziba pour tenir informée la hiérarchie du revers subi par les troupes du RCD et demander des renforts.

AVRIL

Le dimanche 1er avril 2001, le commandant de la 6ème brigade, Monsieur Jonathan Chuma Balumisa est monté à Kaziba pour s'enquérir de la situation. En route, un des gardes de corps s'était tué accidentellement par une balle sortie de son arme déréglée, non loin de la localité de Chibanda dans la collectivité-chefferie de Kaziba.

Le commandant olivier, échappé miraculeusement à l'emprise de ses ravisseurs était revenu aussi le même dimanche dans la matinée. Il a été dépêché une fois de plus au front en compagnie de quelques militaires venus en renfort de Bukavu. L'objectif était de faire libérer les militaires capturés lors des affrontements du 30 mars 2001.

Dans l'entre-temps, le commandant Chuma avait pris soin d'amener 3 combattants Maï-maï, arrêtée un mois auparavant à l'Hôpital de Kaziba par les militaires du RCD, pour lui servir de possibilité d'échange contre les militaires retenus en otage dans les montagnes. Selon les témoignages recueillis, ces nouveaux affrontements auraient été catastrophiques pour les troupes du RCD. Un militaire aurait été capturé et plusieurs autres tués. Les trois combattants Maï-maï ont payé de leur vie, cette nouvelle défaite du RCD. Ils furent exécutés dans autre forme de procès.

A 15 heures, 3 véhicules dont un appartement à l'Hôpital de Kaziba et deux au Mwami Naluhwinja de la collectivité-chefferie de luhwindja en territoire de Mwenga ont été réquisitionnées. Celui de l'Hôpital devrait transporter la dépouille mortelle du garde de corps, mort accidentellement tandis que les 2 autres à bord desquelles se trouvaient le petit frère du Mwami Naluhwindja, Monsieur Justin Naluhwinja et son beau-frère Rongorongo, devaient ramener les militaires revenus du front.

Le lundi 02 avril 2001, les Maï-maï ont fait irruption aux environs de Kaziba-centre, tirant des rafales en l'air pour narguer les militaires du RCD en position; les quelques militaires présents ont pris fuite. Dans les écoles, comme à l'hôpital et partout ailleurs, la panique était générale.

Les élèves ont fui, les malades ont déserté l'hôpital, la population, les renforts du RCD sont arrivés sur Kaziba. Un contingent de plus ou moins 250 militaires, constitués essentiellement des éléments de l'armée patriotique Ruandaise (APR) alliés au RCD est venu contrecarrer les Maï-maï . Les témoins rapportent que les affrontements dont on ne connaît pas très bien l'issue ont été d'une rare violence. Certaines sources indiquent qu'en dépit de ce déploiement en force, des militaires du RCD, les combattants Maï-maï n'ont pas du tout abandonné leur position dans les montagnes. Ca même mardi, vers 18h30', le 1er groupe de militaires partis au combat est revenu au centre de Kaziba. Leur butin a révélé le désastre qu'ils auraient commis au sein de la population civile : 8 vaches, des chèvres, des porcs, des ustensiles de cuisine et des houes. Le marché n'a pas eu lieu ce jour là.

Le mercredi 4 avril 2001, les militaires du RCD ont commis d'autres exactions avant leur départ. Ils ont :

Dans la nuit du mercredi 04 avril 2001, vers 21h00', il y a eu pillage dans la boutique de Monsieur Jacques Mwilarhe par des voleurs venus du groupement voisin d'Ikoma et Izege. La population alertée par la situation est partie à la poursuite des voleurs qui ont lancé des balles en l'air pour disperser la foule et se sont échappé.

En date du 06 avril 2001, les déserteurs Maï-maï, des Interhamwe et les militaire du RCD se regroupent dans les montagnes de Burhinyi-Rubimbi, viennent piller dans les localités Mukungwe et Mugono pendant la nuit. Ils pillent toute chose rencontrée, même des bambous.

Ces localités restent déjà inhabitées.

Le samedi 7 avril 2001, à Mbiza, dans la chefferie de Kabare, les policiers sous le commandement d'un nommé Kalugurha ont menacé de viol les femmes Nzigire et M'Rubuga.

Au mois d'avril 2001, à l'Ouest de la paroisse de Burhale, dans le sous-secteur BOLOLE Ier, chez le sous-notable Mufanzala, secteur Muyirhi en groupement de Kaniola, la population espérait jouir de la protection des éléments de la "local défense" installée dans Kaniola, mais au contraire, si les habitants de cette localité peuvent aujourd'hui déserter leur localité, c'est suite aux tracasseries des mêmes éléments dont ils sont victimes du jour au jour. En effet, pour leur survie, ces éléments imposent à chacun des habitants de Bolole 1er une cotisation de 110 FC.

Toute personne ne s'en étant pas acquittée se voit imposer sur convocation émise par les mêmes agents, l'amende d'une chèvre à déposer sans délai. A titre d'exemple, voici les noms de ceux qui ont déjà été victimes de cette amende :

1. Madame Nyeruke

2. L'épouse du frère de Nyaruke

3. Madame Mbirizi Bujimbi

4. Monsieur Ntambala

5. Monsieur Safari Bakulikire

Cette liste n'est pas exhaustive.

En date du 10 avril 2001, à 4 heures du matin, le commandant de la police nationale, Monsieur Bideko a lancé des mandats contre :

1. Badosanya Comongabo

2. Zihalirwa Bakalira

3. Nyunvisa mpusi

Motif : ramassage de bois (destruction méchante) dans les plantations de Gombo (Walungu). Les détenus ci-haut précités ont été torturés et ont signé un document de payer 25 dollars chacun sans enquête ou procès verbal et les menaçant de transfert au parquet de Kavamu.

A toute visite à ces détenus, devait être payée une somme de 5.000.000 NZ par assiette (repas) aux policiers qui montaient la garde. Entre-temps, le jour de leur arrestation; ils ont remis des poules et de l'argent aux policiers "makolo ya leta". Tous ces détenus ont été libérés le 30/04/2001 après avoir payé chacun une rançon de 25 $ par détenu.

Le jeudi 12 avril 2001 vers 5h30' du matin, une quinzaine de militaires du RCD ont envahi le camp des agents de l'ex-Société Minière et Industrielle du Kivu (SOMINKI) située sur l'avenue de la Montagne à Nguba dans le quartier Nyalukembe en commune d'Ibanda à Bukavu.

Sitôt arrivés sur les lieux, à bord de deux minibus communément appelés "chamukwale", ces militaires se sont déployés et se sont pris à l'annexe n°14 habité par la famille de Monsieur Mbavu Shabani, originaire de Pangi dans la province de Maniema. La femme de Monsieur Mbavu nommée Madame Kabesha a été brutalisée par deux de ces hommes en uniforme. Elle a été blessé à la main par le couteau incorporé sur l'arme d'un des soldats.

Venus en grand renfort sur ordre de Monsieur Apollinaire Bulindi, inspecteur de gestion de la Société Minière et industrielle du Kivu, ces hommes de troupe auraient pour mission primordiale de faire déguerpir de leurs maisons certains travailleurs de cette société. Monsieur Bulindi aurait déjà octroyé un certain nombre des maisons de la SOMINKI à des militaires.

L'opinion se souviendra qu'à la suite de la succession des guerres qui sévissaient dans la province du Sud-Kivu, les installations et les infrastructures de la SOMINKI ont été pillées. Ce qui avant conduit à la suspension des contrats de certains agents et la mutation d'autres à Bukavu.

Fort de ce constat, au niveau de la division de la SOMINKI à Kamituga, une réunion entre les responsables de cette société et les représentants du personnel avait eu lieu en date du 11 juillet 1997. Au point 2 du compte rendu de cette rencontre, il a été entendu que tout le personnel même licencié devait continuer à habiter les maisons de la société. Par ailleurs, un litige de travail oppose au niveau de la Cour d'appel de Bukavu certains agents de la société à celle-ci

dont Monsieur Mbavu Shabani. En effet, celui-ci est apposé dans la RCA 3217 à la SOMINKI et le dossier est pris en délibéré. La victime attend l'arrêt. Selon des informations à notre possession, "l'inspecteur de Gestion" Apollinaire Bulindi ne cesse de menacer ces familles.

Le dimanche 15 avril 2001, un policier en tenue civil arrête des voyageurs en provenance de Mwenga. C'était au marché de Mubumbano vers 14h00' en territoire de Walungu. La pauvre population se fâche et comme il possédait un large couteau en mains, il a blessé deux garçons dans le dos. A ce moment là, tout le monde se lève et son arme (couteau) lui est ravi. Le policier s'enfuit.

Le lendemain, le même policier revient armé et intimide la sentinelle de la plantation de Karambi Mushinga qui signe un reçu de 40 $ à lui remettre pour ne pas être arrêté. Entre-temps les blessés se font soigner et mettent leur affaire entre les mains du chef de poste de Mushinga.

Le mercredi 18 avril 2001, on apprend, par les collaborateurs de ces policiers qu'ils possède déjà une liste et que le nuit il viendra avec du renfort pour arrêter les personnes concernées. La nuit à 3 heures, à leur passage, il ne trouveront personne car les concernés, alertés, se sont échappés. Pour ne pas rentrer bredouilles, ils arrêtent 2 innocents : Déogratias Mpusi et Ndalagala Cuma. Après les avoir torturés. Il leur est demandé de payer : Mpusi : 15 $ et Ndalagala : 30 $.

Ceux qui veulent voir ces prisonniers n'en ont pas le droit et ceux qui leur apportent à manger payent obligatoirement : 50 FC, l'épouse de Cuma avait déjà payé 15 $ mais on lui exige encore de payer 45$ .

Le mardi 24 avril 2001, une camionnette de marque TOYOTA Hilux double cabine de couleur blanche immatriculée au Burundi 03 BA 05 05 conduite par un militaire du RCD et garde du corps de Monsieur Kayonga Abbas, chef de division de mises et géologie, nommé Hakizimana Katabana, a percuté à plus de 10 mètres de la chaussée six personnes, toutes de sexe féminin, qui ont ainsi été grièvement blessées. La scène s'est passée vers 13h20' sur l'avenue P.E. Lumumba dans le quartier Nyawera en commune d'Ibanda devant la station service du lac à Bukavu. L'accident s'est produit comme suit : le militaire Katabana, sujet Munyamulenge, conduisait ledit véhicule à une vitesse si effrayante qu'il a perdu le contrôle du celui-ci au moment où il amorçait le virage en pente douce devant la polyclinique "la sagesse". Il est ainsi parti échouer derrière l'immeuble abritant le couvent des Frères serviteurs après avoir écrasé sur le trottoir 6 infortunées et détruit au passage un champ de haricots. Les six victimes de cet accident qui ont été conduites sitôt par des hommes de bonne volonté à l'Hôpital Général de Référence de Bukavu sont :

Toutes trois élèves au lycée Chirezi à Bukavu en 1ère année secondaire à l'école primaire Ibanda III, blessée à la tête où elle a, par ailleurs, des douleurs atroces,

Une maison démolie et tous les matériaux et effets personnels emportés sur autorisation du parquet. Cela s'était passé à Kamunege en date du 26 avril 2001 sur autorisation du secrétaire administratif de la collectivité chefferie de Ngweshe... L'ordre avait été exécuté par les sieurs, les chef de groupement d'Ikoma, l'O.P.J. Butega et le juge du tribunal principal chambre 1 Camoka de la localité Kadutu. Les victimes, une pauvre maman répondant au nom de Ventiane Mwa Cuzingu et ses cinq enfants. Cette dernière commence à passer la nuit à la belle étoile, son mari Matabaro Kagole est absent depuis à peu près une année.

Aux mois d'avril et mai 2001, les militaires du RCD section du camp de Mugogo, ont organisé des arrestations nocturnes et des tortures dans deux villages, à Kashungula dans le sous-groupement d'Ibona en groupement de Walungu.

Les civils étaient enlevés de 23h00' à 1h00' du matin et au lendemain il se retrouvaient dans la maison de détention de Mugogo où ils devaient payer chacun 20 $ de liberté provisoire minimum. Monsieur Cisezera Babesha, Badari Babesha, Madame M'banywesize en étaient victimes.

MAI

Mercredi 02 mai 2001, pillage chez Monsieur Buhinge Boniface à Chiherano par 3 militaires du RCD, Messieurs Ngoyi Bukenge, Adrien et Lusiano.

Le 05 mai 2001, Monsieur Kwigomba de lulonge dans le groupement Luchinga, territoire de Walungu, a été victime d'un pillage organisé par un groupe des inciviques en tenus militaires tous armés, heureusement pour lui il n'avait pas passé la nuit chez lui, en revanche sa femme et ses enfants furent traités d'une façon inhumaine.

Dans la nuit du samedi 05 mai 2001, pillage chez Monsieur Bagwamu Muhigirwa Irongo, celui-ci était en refuge à Burhuza, 2 semaines de retour chez lui il est pillé.

En date du 05 mai 2001, monsieur Kalebo J. a été arrêté par les services de DSR/Walungu pour motif d'avoir mis au monde avec une femme abandonnée pendant 3 ans et non dotée. Celui-ci payé 10.000.000 NZ et une poule aux informateurs du DSR, le ramenant au bureau du DSR il a été administré des coups de fouet et exigé de payer une rançon de 70 $ pour sa mise en liberté.

Heureusement que ce détenu leur a promis d'aller vendre son porc pour payer cette somme et profitant de cette occasion, Monsieur Kalebo J. s'est rendu au bureau du DSR/Bukavu où il a déposé plaine contre Monsieur Bashesha, Chef de poste DSR en territoire de Walungu.

Le Mercredi 09 mai 2001, le commandant de l'armée basée à Ciherano a failli étrangler Monsieur Rugamika de la localité Katudu. Ce dernier n'avait eu la vie sauve qu'après avoir accepté de laisser audit commandant ses 17 poules et sa mallette... La corde autour du cou et tenue par des militaires en armes tout son fond de commerce a été emporté. Dans le marché de Kashunju toute personne ayant sur elle une mallette ou un colis quelconque est sujet de tracasseries et exactions de la part des militaires du RCD.

Depuis le Mercredi 09 mai 2001, Monsieur Gérard Muziringa est en état d'arrestation. Selon les membres de sa famille, il est arrêté car il écrit une lettre aux ruandais dans laquelle il leur a demandé un cadeau afin de les aider à dénicher le Mwami dans sa cachette.

Depuis le 10 mai 2001, le président de l'Asbl ADIPEM, Association œuvrant pour le Développement et la Défense des Droits et Intérêts des paysans expropriés (par SINELAC) dans le poste de l'Etat de Mumosho (groupement Mumosho et Mudasa), et préfet de l'Institut Mumosho, Monsieur Kajibwami Njovu Evariste fait l'objet des menaces de mort et d'arrestation arbitraire de la part des autorités locales agissant par le truchement d'une "Commission" mise en place par le chef de poste d'Etat de Mumusho le 5 mai 2001.

En date du 18 mai 2001, un groupe de militaires arrive à Mudhugula groupement Irongo (Walungu) et prirent 3 localités Chirimbo et Musa. En cours de route ils trouvaient presque personne, car toute la population passe la nuit dans la brousse. Arrivé sur le pont Chibangu où ils voulaient exécuter les victimes, une d'elle se sauva et se jeta dans la rivière, les militaires croyant qu'elle était morte, partirent avec les deux autres jusqu'au village Mushagula où ils commencèrent le pillage.

Samedi 19 mai 2001, Monsieur Lugamba Kazibwa, chef de localité et conseiller du comité des autorités a menacé directement le président de l'Asbl ADIPEM qu'il a rencontré au centre commercial de Mumosho : "Pourquoi ne voulez-vous pas travailler avec nous dans la commission ? Cette fois-ci, celui qui osera développer des opinions contraires à la commission dirigée par le chef de collectivité et Mwami devra être tué au moyen d'une lance".

Dans la nuit du samedi 19 mais 2001, des sons de tambour sont entendu au niveau de Cirunga. Ces tambours annoncent le retour du Mwami. Au même moment, tout Mushwira est arrosé par des tirs d'armes de la part des milices appuyées par les militaires du RCD. Toute la population de Bushwira est obligée de prendre fuite dans la brousse.

Le samedi 19 mai 2001, Monsieur Masumbuko Kabambi de la localité Mulambi de Burhinyi, territoire de Walungu, fur arrêté sans motif et conduit au camp militaire de Chiherano, il paye 40 $ pour sa libération le matin.

Monsieur Babyebwinja du groupement Rubimbi, Walungu, fut également arrêtée le même jour et paya aussi une chèvre pour sa libération.

Enfin, une fille du nom de Nabintu M'Buhendwa de la localité de Mulambi à Burhinyi (Walungu) fut aussi conduite au camp et violée toute la nuit par les militaires, le matin elle fut relâchée après avoir payer une somme de 48.000.000 NZ.

Le lundi 21 mai 2001, le mwami se dirige à Kagabi vers 17h00' en compagnie de mwami Nakalonge. Il est escorté par des militaires ruandais tutsi armés de lance roquette (au moins une vingtaine). Dans la soirée, une rumeur circule dans le milieu; une dispute est apparue entre les policiers et les militaires au sujet de la sécurité du Mwami. Un policier qui n'a pas voulu qu'on cite son nom a dit qu'un coup serait en préparation pour déstabiliser Kabare-centre à l'exemple de ce qui s'était passé à Kasika.

Le mardi 22 mai 2001, toute la cour de la collectivité de Kabare est prise d'assaut par des centaines de militaires ruandais tous armées.

JUIN

Dans la nuit du mercredi 06 juin, un groupe d'hommes est venu chez Monsieur Masonga, chef de la localité de Mwimbi, groupement Chiherano en territoire de Walungu où il a été torturé par ces inciviques et fut gravement blessé. Il a été conduit dans un centre de santé pour les soins appropriés. A la même date, ces inciviques ont incendié des maisons et torturer plusieurs personnes dans la localité Luciga à Walungu.

En date du 03 juin 2001 de 19h00' à 3h00' du matin, dans le groupement d'Izege en territoire de Walungu, il y a eu tortures, pillages, sous armes à feu dans plusieurs localités de ce groupement .

Le commandant de la police nationale compagnie de Burhale basée à Mashango torture exagérément les prévenus pour leur faire cracher de l'argent. Ces agissements ont été plusieurs fois décriés mais en vain. Sa Nième victime Monsieur Chuma Matheo de la localité Kabumba Ntabunge dans le groupement de Mushinga a failli avaler sa carte de naissance lors d'une séance de torture avec une corde de sisal qui lui a coincé une testicule au niveau du scrotum... le pauvre Chuma pisse du sang actuellement.

Il y a des éclaireurs des Maï-maï, des Interhamwe et maintenant des éclaireurs militaires et policiers du RCD qui entourent les marchés ou les villages pour repérer les cibles éventuel de gens qu'ils vont visiter la nuit. Ces gens se font passer pour des "Interhamwe" parlant mieux le Kinyarwanda ou un swahili approximatif. A Mofa, un certain Birhalira de la localité de Mugono, groupement Mushinga serait passé maître éclaireur. On signale également qu'il est en mesure de repérer des vaches enterrées pour les faire piller la nuit par ses amis et il se promène librement sans aucune inquiétude.

PILLAGES

JANVIER

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2001, la famille du chef de localité, Monsieur Macara, et 13 autre familles furent pillées, heureusement que l'on n'a pas déploré des pertes en vies humaines à part les cas des multiples blessés suite aux tortures de tout genre. Cela s'est passé plus précisément dans la communauté ecclésiale vivante de Kalirhizi. Par ailleurs, à Karhumba, non loin de là, deux autres habitations étaient victimes des pillages et des tortures en date du 18 janvier 2001.

En date du 26 janvier 2001, en pleine journée, quatre maisons furent pillées à Nfunwa. La population alertée n'a pas réussi à chasser ces assaillants armés jusqu'aux dents. Un homme et sa femme furent horriblement blessés, (l'œil troué pour la femme). Le Centre de Santé de Kalole ne pouvant pas les soigner, ces blessés ont été acheminés à l'hôpital de Walungu pour des soins appropriés.

En date du 30 janvier vers 21h00', un groupe de 25 militaires tous armés, pillent le village Chirimbo en groupement de Mushinga (Ngweshe) :

1. Chez Ngerenza Nkaneka, 3.000 FC

2. Chez Shamaba Rwizibuka, 1.000 FC et une radio d'une valeur de 50$

3. Chez Mweze K.M., 3 wax de son épouse et toutes la marchandise qu'il possédait.

4. Chez Munganga lukobera, 2.000 FC et une radio.

5. Chez Musheru Badesire, 5 chèvres

6. Chez Masheka Ntashangira, une caisse de Primus qu'il vendait

7. Chez Machini Nakarhawera, 2.000 FC et torturé

8. Chez Barume Karongo, 850 FC

9. Chez Barhe wa Karhabira, 2.000 FC

10. Chez Murerushwa, un matelas et autres choses.

FEVRIER

En date du 1er février 2001, il y a eu pillage à Kahumba FRANCO, plusieurs maisons furent pillées et les gens étaient blessé par des balles et des couteaux.

Consécutivement, du jeudi 8 février, jusqu'au dimanche 11 février 2001, les groupement de Lubona, Mushinga, Irongo et Lurhala ont été cibles de violation des droits de l'homme par les Hutu "Interhamwe".

Jeudi 8 février 2001, les bandes armées sont entrées chez Monsieur Shamamba Cirimbi, boucher à Kashunju et père de 7 enfants, groupement Lubona. Les assaillants l'on tabassé et pillé ses effets (argent, parapluie, habits et un poste radiocassette, etc. En outre, ces bandes armées sont également entrées chez Monsieur Tembo Cilabarha et ils l'ont grièvement blessé par des couteaux et ils ont pillé quelques dollars américains, chèvres, ... à son domicile.

Vendredi 9 février, dans la localité Cirimbo, groupement de Mushinga, voici les noms des personnes qui ont été victimes d'agressions et de vol dans le nuit de la date précitée :

  1. Rumanya Bagira : pillage d'une chèvre
  2. Mukuye Rugenge : pillage de ses habits, une importante somme et des produits pharmaceutiques
  3. Mwenze Mubange : pillage des articles divers destinés à la vente au marché et les frais de minerval de ses enfants
  4. Kangabo Namuhangarhana : boucher de Kashanju, il a été tabassé et blessé après avoir cédé une importante somme et les objets de la maison
  5. Musheru : les assaillants ont violé son épouse répondant au nom de Mwa Lukanga en présence de ses enfants. Par ailleurs, ils ont pillé chez lui 5 chèvres et une importante somme d'argent
  6. Chikala Basaka : ils l'ont pillé deux chèvres, des poules et une importante somme d'argent
  7. Ntashangira : ils l'ont pillé de l'argent et une caisse de bière primus
  8. Ngerenya Nkanika : il a été pris en otage et obligé de transporter les objets pillés et les assaillants l'ont également pillé une somme et ses objets
  9. Samedi 10 et dimanche 11 février 2001 : en groupement d'Irongo et Lurhala (Chiherano), les bandes armées ont tabassé le boucher Gahwinja de la localité Kakumba et lui ont ravi une somme d'une valeur d'une vache. Monsieur Shagala Kalihira a été victime du pillage des articles divers de commerce et ustensiles de cuisine. Tandis que Monsieur Kaka a été l'objet de pillage de son cochon d'élevage.

Dans le groupement d'Irongo, (chefferie Ngweshe) les assaillants ont violé 2 filles de Monsieur Namusika et par contre ils lui ont pillé de l'argent appartenant à Monsieur Cizungu Cushurha en provenance de Fizi. Monsieur Mango Kalunga a été l'objet de pillage d'une somme de 150$ puis blessé et tabassé, ils l'ont pillé des pièces de pagnes que son épouse devait vendre au marché.

Dans la localité de Kaginja à Mushinga, Monsieur Ndagano a été tabassé et blessé par couteaux et hospitalisé au FSKI/Walungu après le pillage de sa vache et autres effets de sa maison.

MARS

En date du 10 au 15 mars 2001 à Lurhala entre 16h00 et 19h00, un groupe des inciviques se tenait sur la rue entre Busheke II et Chiburhi (deux quartiers voisins) et qui menaçaient ceux qui venaient du marché de Mugogo et les extorquaient tous ceux qu'ils apportaient comme vivres et argent. Et dans cette même soirée, ils se sont rendus chez un nommé Mushobe de Cuburhi qui possédait ses 3 moutons et un bélier, lui ont ravi les 3 moutons et lui obligent de leur réserver le bélier qu'ils viendraient prendre prochainement, et que, s'il osait le faire déplacer il subirait la mort.

Dans la même nuit, on ne sait pas si c'est le même groupe ou un autre qui est allé piller chez un homme Kozibwa, un vieux qui a un pâturage à Kabigohwa à Busunzu et chez qui ils ont pillé 7 chèvres, un mouton et tout ce qui se trouvait dans ses maisons. Et ils ont tabassé son épouse et ses enfants car Monsieur Kozibwa n'a pas été retrouvé. Plusieurs personnes (hommes et femmes) ceux qui font le petit commerce n'ont pas regagné leurs familles ce jour par crainte de ces coups de balles qui se faisaient entendre dans les quartiers Ciburhi et Kaburhi, d'autant plus que la population ne connaissait pas la raison de ces coups de balles croyant que ce sont les voleurs.

AVRIL

En date du 14 avril 2001, un groupe des inciviques pille dans la localité de Nfunu-Ibanda en groupement Luchiga, conduit par Monsieur Kajanda Zagabe du village Bubuga en groupement Igoke/Bukavu. Ils ont pillé :

1. Chez Monsieur Bugabo kirhero : 5 poules; 3 moutons et des habits de femmes

2. Chez Monsieur Bagula Nachihanda : du lait et un wax

3. Chez Mulimbanya : une vache

4. Chez Mulengezi : une vache

27 avril 2001, un groupe de 18 militaires de la brigade de Kaziba, se dirige à Ngweshe dans la localité de Burhende, groupement Luchoga où ils pillent maison par maison, des chèvres, poules, lapins et beaucoup d'autres biens de maison. Le lendemain on les trouva cachés dans les montagnes de Mwingamba avec les butins. Le commandant militaire de Chiherano ayant appris cette nouvelle, envoya un mandat d'amener au chef de cette localité Monsieur Nyantende qui lui paya aussi une amande de 200 $ pour motif de n'avoir pas attaqué ces bandits. Mais avec quelle arme ?

Le dimanche 29 avril 2001 au marche de Chiherano, le commandant militaire du RCD organise un meeting où il décide que chaque vendeur des articles divers doit payer 30 FC chaque jour pour la ration militaire, chaque vache vendue ou non 100 FC, chaque chèvre vendue ou non 50 FC, le cochon vendu ou non 50 FC, chaque boucher doit remettre un morceau de viande d'une valeur de 50 FC, les vendeurs de poissons ou fretins 50 FC, les vendeurs d'huile ou du pétrole, ne bouteille, les vendeurs du lait aussi une bouteille. Pour la population, chaque homme adulte ou chaque foyer doit payer 30 FC dont 20 pour l'achat d'un motorola du commandant et 10 pour la ration des militaires.

MAI

Dans la nuit du 10 au 11 mai 2001, les villages de Citugano, Bushwira, Cishozi, Ushonga, Muteke dans la collectivité chefferie de Kabare ont été pillés par des bandes armées.

En date du 12 mai 2001, un groupe d'hommes armés est arrivé chez Monsieur Biringanine Kahwarha qui est propriétaire d'un pâturage dans les montagnes Bisungu à Mubumbu, lui ont demandé de l'argent mais il n'avait aucun sou, c'est ainsi qu'il lui ont ravi deux moutons qu'il possédait et quelques poules.

En date du 12 mai 2001, dans le groupement d'Irongo, localité Kahanda il y eu vol par les bandits à mains armées, vol qui avait débuté vers 21h00 jusqu'à 5h00 du matin, 13 maisons ont été visitées, il s'agit de : Cirimwami, Laurent Bitundwa, Mukumbikanya, Chamukungu, Namusika, Bitundwa, Nyamutali, Ngwarhiri, Cirhagu, Kadende et Nkwetu, etc.

Dans la nuit du 12 mai 2001, Monsieur Namunesha Christophe, habitant Comondo dans le groupement de Mushinga a perdu tous les objets de sa maison et une somme de 400 $. Le pillage a été orchestré par des hommes en uniforme.

Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 mai 2001, le habitants de Mushinga ont été victime des troubles et vols ) mains armées qui ont successivement visité les familles de : Buloza, Namumesha, Mulungulungu, Bisimwa, Buhendwa et Burhesa Pierre. Ils ont tout pillé dans ces famille. Des sources concordantes en provenance de Mushinga même pointent du doigt accusateur les militaires du RCD en poste à Cidherano. En effet pendant cette nuit, les familles victimes ont bien identifier les assaillants des militaires qui étaient venus à Mushionga en mars 2001 pour arrêter Monsieur Cishi qui venait d'humilier sa femme dans sa maison.

Le mardi 15 mai 2001, trois policiers en poste à Walungu venaient de Burhale pour Walungu. Arrivé dans la cour de la paroisse catholique de Burhale, ils ont rencontré Monsieur Nshangalume, âgé de 25 ans, habitant Mwegerera en route pour Muzinzi. Ils l'on arrêté sans raison aucune, l'ont sérieusement tabassé jusqu'à perdre connaissance. C'est sur demande de l'Abbé Ndejeje Dieudonné que la victime a été conduite au CSR de Curhundu pour soins médicaux d'où il sortira après deux jours.

Le samedi 19 mai 2001, un groupe de militaires pille chez Monsieur Chibungiri qui venait d'arriver avec un véhicule et chez quelques jeunes gens qui venaient de Walikale acheter du Coltan. Ces militaires ont commencé par distraire la population en tirant des balles en l'air, ainsi ils ont pillé : chez Mbagira, le Directeur de l' Ecole Primaire Mwimbi, Ntalazikwa 300 $, Muganga, Jérémie, Bashimbe, Kanyogombo et autres.

En date du 28 mai 2001, un groupe de militaires du RCD, incendie des maisons dans la localité d'Ibanda-Luchiga en territoire de Walungu pour motif de n'avoir pas trouvé des gens dans leurs maisons.

JUIN

En date du 1er juin 2001, Monsieur Mayange Curhengamuzimu, chef de la localité de Chishenge, groupement Mushinga, en territoire de Walungu, érige une barrière chez lui et fait payer toute femme qui se rend au marché de Mugera 2 FC, et celle qui hésite paye le double soit 4 FC. Partout où ces femmes passaient, elles racontaient que ce sont les Maï maï qui ont érigé cette barrière alors que c'est Monsieur Mushinga.

En date du 04 juin, une équipe de militaires de RCD arrive à Museru-Mwimbi dans le groupement d'Irongo en Territoire de Walungu pour ériger un camp. Le lendemain au cours de la réunion de prise de contact avec le chef de la localité du groupement d'Irongo, le commandant de la troupe exige que chaque famille doit payer 10 FC par semaine soit 40 FC par mois et cela obligatoirement.

Dans la nuit du mardi 05 juin 2001, un groupe des gens en uniforme et bien armés envahissent le village Lulabo situé à la limite des groupements Rubimbi et Lubona-Mushinga vers Ntondo en territoire de Walungu et pillent chez Monsieur Ruhandira 9 vaches, chez Birego 4 vaches, et 7 autres vaches dont les propriétaires ne sont pas identifiés.

Dans la nuit du 09 juin 2001 à 0h00', des hommes armés et en uniforme militaire enlèvent trois personnes au quartier Essence chez Marie Kachelewa, le premier Monsieur Mwami serait frère à un commandant Maï maï à Ngandu qui est resté dans la forêt à Shabunda, les deux autres, Monsieur Makombo et un autre non identifié furent enlevés parce qu'ils sont de la tribu Rega de Shabunda. Ces trois personnes habitaient la même maison? Jusqu'à présent leur destination reste inconnue.

En date du 19 juin 2001, un groupe de militaires du RCD arrive très tôt le matin à Chihonga, dans le groupement d'Irongo pour motif d'aller à la poursuite de l'ennemi. A leur retour, ils pillent 2 vaches, 4 chèvres, 1 cochon et plusieurs autres effets; tout se trouve stocké chez le commandant à Chiherano. Le même commandant menace les chefs des localités de sa juridiction de s'attendre à des arrestations et des amendes pour motif de n'avoir pas avisé les militaires du RCD de la présence de leurs ennemis dans leurs localités respectives.

III. RECOMMANDATIONS

Eu égard à tout ce qui précède, Le Groupe JEREMIE du Sud-Kivu recommande :

A la Communauté Internationale

  1. L'élargissement du mandant/mission de la MONUC de l'observation au maintien de la Paix et son dépouillement au Sud-Kivu (Bukavu - Uvira).
  2. Envisager une aide humanitaire d'urgence et ponctuelle accessible à toutes les populations.
  3. La création d'une commission d'enquête sur tous les crimes, massacres, pillages commis en RDC pendant les guerres.
  4. La retrait sans condition de toutes les troupes d'agression et d'occupation.
  5. L'arrêt immédiat du pillage systématique de nos ressources naturelles (sous-sol, faune et flore).
  6. L'instauration, à l'instar des bateaux de la paix, des avions de la paix pour unir les familles et le pays de part et d'autre de la ligne de front.

Aux rebelles

D'avoir un souci de nationalisme et de patriotisme en déposant les armes, en arrêtant la guerre et en cessant de brader la souveraineté du pays (se désolidariser avec les agresseurs).

Au gouvernement de Kinshasa

Faire tout pour retrouver l'unité, la souveraineté et l'intégrité du territoire national.

Au peuple congolais

Cesser les querelles intestines et de positionnement t mettre en avant l'intérêt supérieur de la nation.

 

Le Groupe JEREMIE

 

Qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe de chrétiens, Hommes et femmes, laïcs et Prêtres religieux et Religieuses, épris de justice et de paix.

Nous sommes un groupe de réflexion qui veut analyser les événements présents pour orienter notre peuple dans son cheminement vers la liberté.

Que voulons-nous ?

Nous voulons promouvoir et propager une spiritualité de la justice. Nous voulons défendre les droits de l'homme dans la non-violence évangélique.

Nous voulons aider les hommes à lutter contre toute forme d'oppression, à respecter profondément la vie humaine, à voir et aimer l'autre comme un frère.

Nous voulons sortir de l'isolement en nous ouvrant aux autres en vue de promouvoir la solidarité entre les hommes.

Que faisons-nous ?

Nous nous sensibilisons nous-mêmes à la justice et à la non-violence évangélique. Nous dénonçons toute injustice avec les moyens non violents.

Nous essayons de maîtriser, de critiquer objectivement l'information et la transmettre au peuple, souvent mal informé.

Nous appuyons ceux qui luttent pour leurs droits et participons activement à leur combat pour plus de liberté, de paix et de bien-être.

Nous organisons des cessions, des séminaires, des conférences débats sur le justice, sur la non-violence, ouverts à tous ceux qui s'engagent pour un réel changement.

A quoi nous engageons-nous ?

Nous nous engageons à être solidaires entre nous à éclairer, quoiqu'il en coûte, notre peuple dans sa marche vers la démocratie à être non-violents dans notre action.