L'agression dont la RDC est victime de la part de la coalition rwando-ougandaise entre dans une phase marquée à la fois par les efforts des uns en faveur de la restauration de la paix et par le renforcement de la capacité militaire des pays agresseurs.
Les dépêches des agences internationales dans leur livraison du week-end dernier relèvent en effet l'engagement du numéro zambien pour le rétablissement de la paix en RDC. Mais en même temps, les pays d'agression, dont les délégués ont claqué la porte des pré-négociations de Lusaka IV en Zambie, agissent exactement comme s'ils se préparaient à une nouvelle attaque de grande envergue. Ainsi soulignent les mêmes sources, Kampala venait de renforcer son dispositif militaire dans la Province Orientale du Congo démocratique alors que le président Museveni s'est récemment engagé dans la voie tracée par son homologue zambien au nom de la SADC. Des troupes ougandaises ont, ces dernières semaines, vu leurs effectifs augmenter notamment dans le district de Bunia "sans aucune explication apparente" selon le quotidien gouvernemental ougandais "New Vision" cité par les agences de presse. Que cela soit observé au moment où Washington condamne le pillage des richesses congolaises, les observateurs ont du mal à comprendre ce qui se passe réellement entre Washington et Kampala au sujet de la RDC.
Du côté de l'autre agresseur, la formation militaire accélérée des jeunes rwandais et l'arrivée à Kigali d'experts israéliens constituent des signes qui ne trompent pas. La nouvelle, qui a été également reprise par la RFI, dans ses éditions d'hier dimanche, prouve que le Rwanda n'accorde aucun intérêt aux efforts du médiateur officiel de la SADC. Alors va-t-on vivre à nouveau une escalade de la violence, laquelle torpillera les efforts menés et les résultats plus ou moins significatifs du chef de l'Etat zambien? Il serait difficile de répondre par l'affirmative à cette interrogation à l'heure où les émissaires de Washington parcourent la région des grands lacs sans tambour ni trompette. Seulement, ces envoyés spéciaux de la Maison Blanche ont tort d'écouter davantage les arguments avancés par les agresseurs que par l'agressé.
Le fait le plus probant est notamment celui de contraindre le chef de l'Etat congolais à composer avec les rebelles congolais pour le retour de la paix en RDC alors que les deux pays sont également confrontés à des mouvements rebelles. Tout comme les pressions auxquelles sont actuellement l'objet les alliés congolais contrairement aux agresseurs dont la première vraie condamnation, toute récente bien sûr, ne concerne que le vol des matières précieuses. S'agissant de l'entrée sur scène d'une grande puissance militaire qu'est l'Etat hébreu, d'aucuns se demandent où le petit Rwanda peut trouver des fonds pour mobiliser les spécialistes de la guerre de cet acabit.
A.K.