Vingt-deux detenus du Tribunal penal
international pour le Rwanda (TPIR) poursuivaient mardi a 14h.00 locales
(11h.00 GMT) une greve de la faim pour protester contre le mode
d'assignation de leurs avocats commis d'office, a-t-on appris de source
officielle.
"Quatre des grevistes de la faim ont pris leur petit-dejeuner" mardi matin, a indique a 14h.00 locales le porte-parole du greffier a l'agence independante de presse Hirondelle.
Le porte-parole, le Nigerian Kingsley Moghalu, a expressement demande aux medias de ne pas reproduire les noms des detenus qui ont repris leur alimentation, afin de ne pas les exposer a des pressions de la part de leurs codetenus.
Trente accuses et un condamne en instance d'appel sont detenus a Arusha.
La greve de la faim a ete entamee jeudi par l'ancien maire de Taba, Jean-Paul Akayesu, condamne pour genocide et crimes contre l'humanite, puis s'est etendue lundi a vingt-cinq accuses.
Condamne a la prison a vie pour genocide, l'ancien maire de Taba, Jean-Paul Akayesu, reclame du greffe la nomination de l'avocat canadien John Philpot pour le defendre en appel.
Les autres grevistes de la faim demandent "que soit rapidement mis fin a la discrimination appliquee aux avocats francais et canadiens dans la commission d'office" et denoncent les manquements d'avocats "imposes" par le greffe.
Dans un communique publie mardi matin, le greffe estime que cette greve de la faim "est injustifiee" au regard de la politique du tribunal a l'egard des avocats.
Conformement aux statuts du tribunal, chaque detenu n'ayant pas les moyens de remunerer lui-meme son defenseur, se voit proposer par le greffe une liste de six avocats, precise le communique.
Le porte-parole du greffe avait d'abord affirme par erreur que Me Philpot ne figurait pas sur la liste des avocats agrees par le Tribunal, ce qui est en fait le cas depuis le 22 septembre. Il a en revanche confirme que l'avocat canadien ne figurait pas parmi les six noms soumis a Jean-Paul Akayesu.
Jusqu'a present, quarante-et-un avocats de quatorze nationalites ont ete proposes aux detenus.