Le Président Paul Kagame fait-il chanter la communauté
internationale ou tente-il de la réduire au silence pour se garantir
l’impunité?
Dans son discours prononcé à l’occasion de la 15ème
commémoration du génocide commis au Rwanda, le Président P. Kagame s’en est
encore pris à la communauté internationale qui, prétend-t-il , a abandonné le
Rwanda entrain de brûler en 1994. Comment ose-t-il prononcer ces propos
contradictoires devant les rwandais qui endurent encore la souffrance
qu’il leur a infligées? Croit-il mentir
aux rwandais ou aux étrangers qui n’étaient pas sur place au moment des
faits ?
Le président Kagame devrait cesser d’attribuer à la communauté
internationale sa propre responsabilité dans le génocide des tutsis pour des
raisons qu’il sied de rappeler comme il se doit. Sur sa demande, toutes les organisations
présentes sur le territoire rwandais ont été sommées de quitter le Rwanda. Il
menaçait d’ouvrir le feu sur elles si, endéans 24 heurs, elles ne s’étaient pas
exécutées. Quinze après, tout le monde s’en souvient toujours comme si c’était
hier.
En outre, il existe un lien logique simple entre cette injonction
de quitter le Rwanda et le drame rwandais. Pour rappel, l’assassinat du
Président rwandais, J. Habyarimana, était l’ultime but de la guerre provisoire
du 01 octobre 1990 au 06 avril 1994.
Celle-ci devait en effet céder place à la guerre totale et définitive
qui, depuis 1989, était toujours subordonnée à son assassinat qui surviendra
finalement le 06 avril 1994 à 20H35. Soit après une période de 5 années de
chasse au président rwandais dont la mort était pariée par son homologue
ougandais YK Museveni en ces termes :
«Le président Y.K Museveni accepte tous les
rapports et plans du comité chargé d’assassiner le président Habyarimana. Avant
que la guerre ne commence, Juvénal
Habyarimana doit avoir été assassiné. Cet
assassinat devra agir comme une force détonateur immédiate du désordre
politique. Beaucoup d’autres alternatives possibles sont permises pourvu
qu’elles permettent d’accomplir cette mission d’assassinat. Sous la supervision
du capitaine Kiyinyi, le 1er bataillon du camp militaire de Lubiri
(Ouganda) devra donner l’assaut sur le territoire du Rwanda avec une artillerie
spéciale et des machines guns. Sur son passage, aucune personne de l’ethnie des
hutus ne devrait rester en vie au fur et à mesure que les combats
perdurent. Les hutus sont des ennemis
régionaux comme précédemment évoqué par le leader de
P. Kagame et son mentor YK
Museveni n’auront aucune limite pour assassiner le président rwandais
J.Habyarimana et déclencher l’effondrement de l’ordre public programmé pour se produire au Rwanda. Avons-nous encore à douter du
lien entre la chute tragique de l’avion présidentiel du 6 avril et les sanglots qui s'en sont suivis? Est-ce
pour autant une raison d'effacer du revers de la main les responsabilités de
ceux qui ont massacrés les tutsis et leurs alliés Hutus? Non. Tout en portant
au cœur toutes les victimes de cette boucherie programmée, il nous parait, en
revanche, essentiel d’oser distinguer les actes positifs de conception des
actes positifs d’exécution du génocide des tutsis et de leurs alliés hutus. Ce
qui permet par la suite de distinguer toutes les victimes rwandaises de leurs
bourreaux tant tutsis que hutus radicaux. Toute personne éprise de vérité ne
doit pas se laisser intimider par le
régime du FPR et ses alliés. Face à ses intimidations et son chantage, la
valeur de vérité compte plus que la virulence accusatrice. Il faut continuer à
enquêter et chercher à en savoir plus sur cet
assassinat qui permettra au FPR de faire plusieurs coups d’une seule pierre. La
liste de ses forfaits est longue.
L’assassinat lui a d’abord permis
de mettre un terme à la guerre provisoire conçue pour dissimuler une contrainte
militaire sur le Rwanda et sur le représentant de l’Etat rwandais. Grâce à
cette contrainte militaire, le FPR et ses alliés ont pu organiser et imposer
toute une série de simulacres de négociations et d’accords de paix d’Arusha.
Pour être plus précis, ils n’aspiraient ni à la paix ni à la solution politique
négociée. En revanche, ces simulacres étaient pour eux un piège soigneusement
monté pour amener le président Rwandais
dans le collimateur de ses assassins.
Il résulte de ceci que son assassinat leur a permis de mettre un
terme aux simulacres de mise en application des accords d’Arusha. Les partisans
du FPR ont raison de dire que l’assassinat du président rwandais n’a pas été
l’élément déclencheur du génocide commis au Rwanda. Avant la guerre du 1er Octobre
1990, tout était planifié. Seules les tactiques de camouflages et d’exécution
ont évolué dans le temps et dans l’espace.
En effet, la planification du génocide des hutus a préexisté à la
planification du génocide des tutsis. Ces deux planifications ne sont pas
mutuellement exclusives. Elles sont en revanche complémentaires l’une de
l’autre. L’article 14 de la constitution
rwandaise est claire, précis et inconditionnelle à ce propos en ces
termes : « L'Etat, dans les limites de ses capacités, prend des mesures
spéciales pour le bien-être des rescapés démunis à cause du génocide commis au
Rwanda du 1er Octobre 1990 au
31 Décembre 1994, des personnes handicapées, des personnes sans ressources,
des personnes âgées ainsi que d'autres personnes vulnérables».
Enraciné dans l’inavouable, l’article 14 de
En
conséquence, les groupes de pression du FPR ont beau crier et faire voter les
lois réprimant des négationnistes et révisionnistes, les rwandais qui ont le
sens de la nation, eux, sont fatigués
d’un tel marché politique. Ils savent désormais qu’aucune planification du génocide des
tutsis par les hutus n’a jusqu’aujourd’hui été démontré. Parmi d’autres
documents récents, le mémorandum adressé à l’ONU par le Bureau du
Partenariat-Intwari a établi qu’aucun chercheur rigoureux et impartial ne peut
examiner le dossier de la planification du génocide commis au Rwanda sans
rechercher des dates précises, des témoignages précis et des preuves
irréfutables. Pour être plus précis,
sans rechercher en Ouganda les preuves
irréfutables et les planificateurs du génocide des tutsis et de leurs alliés
que le FPR/NRA a fait massacrer par la main d’autrui en raison de leur appartenance
au front commun des forces démocratiques pour le changement et favorables à la
solution politique négociée, à la paix et au partage du pouvoir.
Rattrapé par son passé criminel et
terroriste, le Président P. Kagame doit cesser de prendre les Rwandais en
otage. Sa solution militaire inévitable et sa volonté d’accéder au pouvoir sans
partage l’ont poussé à concevoir un plan génocidaire global dont
l’exécution complète nécessitait de passer par un plan génocidaire transitoire
conçu, in extremis, pour se débarrasser des forces démocratiques défavorables à
son option militaire et avoir de quoi justifier son offensive définitive qui
était toujours subordonnée à l’assassinant du Président Juvénal Habyarimana.
En les faisant
massacrer par la main des hutus décapités de leurs chefs, le FPR/NRA entendait
par la suite se retrouver face à face avec son premier adversaire diabolisé et
isolé. Ce dernier n’a pas résisté à tomber dans le panneau après la mort de
Habyarimana. Cette
stratégie d’inverser les rôles visait par ailleurs à contourner et
rendre caduc le traité de paix d’Arusha.
Et puis de poursuivre et parachever l’extermination des hutus qui étaient en
réalité la cible initiale car qualifiés très tôt en 1989 d’ennemis régionaux et
d’obstacles majeurs à la poursuite inévitable de la guerre de libération
régionale du Rwanda à l’actuelle République Démocratique du Congo.
Tout était
planifié. Tout se tient. Tous les
indices sont graves, sincères et concordants. C’est pour cette raison que, face à de multiples contradictions
et controverses qui résultent de la constitution rwandaise contraire à la
résolution de l’ONU, nombreux sont rwandais qui se posent beaucoup de questions
auxquelles le FPR devrait répondre avant de qualifier tout individu épris de
vérité de négationniste et de révisionniste s’il ne véhicule pas l’idéologie
génocidaire. Au regard de la situation actuelle légale, peut-on parler du
génocide rwandais ou du génocide des tutsis ? Peut-on devenir
révisionniste d’un génocide qui n’a pas
été démontré. Peut-on célébrer « la
19ème commémoration du génocide commis au Rwanda du 1er
octobre 1990 au 31 décembre 1994 »
ou la 15ème commémoration du génocide des tutsis ?
Peut-on choisir entre le génocide rwandais qui « nous tient ensemble en tant que
nation » ou le génocide des tutsis qui, jusqu’aujourd’hui, « nous divise et nous dresse les uns contre
les autres au profit de celui qui en est l’auteur et des intérêts
sordides?
Il appartient
aux rwandais seuls de trouver les réponses à toutes ces questions.
L’histoire du plus large génocide rwandais ne peut jamais se réduire aux seuls
tutsis, encore moins à la dictature et aux intérêts des majorités des membres du Conseil de sécurité de l’ONU. La mémoire pour toutes les
victimes rwandaises et congolaises doit être plutôt la norme de référence par
rapport à cette norme de majorité de l’ONU qui est une contrainte et non une
évidence absolue ou une réalité immuable.
Ndanyuzwe Noël
Conseil principal
en Documentation et Communication du Partenariat-Intwari.