G.A.D.HO.P./Beni-Lubero
Butembo,
RD Congo
17.10.02
Les troupes Ougandaises se sont retirées des villes et cités de Beni-Lubero, notre rayon d'action mais elles se sont repliées sur les Monts Rwenzori à la frontière Ougando-Congolaise du côté Congolais. Une partie est donc bel et bien rentrée en Ouganda tandis que le seconde renforce la présence HIMA dans le Parc National de Virunga, ces éleveurs qui ont profité de l'occupation Ougandaise du Congo pour entrer, armes au dos, avec leurs troupeaux de vaches en R.D.Congo prétextant qu'ils sont des réfugiés congolais de 1964 (première rébellion congolaise) en Ouganda.
Le Secrétaire Permanent du GADHOP/Beni-Lubero est témoin oculaire de cette présence au parc lors de son récent voyage en Ouganda (10 et 13/10/02). Les services de sécurité rencontrés à Kasindi (poste frontalier d'immigration) ont confirmé le renforcement de cette occupation du parc depuis le début des retraits des troupes Ougandaises. Ils sont estimés actuellement à plus de trois mille hommes. La forte présence militaire inhabituelle à l'est de l'Ouganda (Mpondwe, Bwera) est également suggestive.
La réalité ci-dessus permet de croire à une nouvelle version de la guerre en préparation, toujours par l'Ouganda et le Rwanda. Et voici d'autres faits concordants dans ce sens.
Dans les journées du 16 et 17/10/02, le Secrétaire du GADHOP/Beni-Lubero a enquêté sur la présence d'une cinquantaine d'officiers Hutu et Tutsi dans la maison du commerçant MAGHULINGA au quartier Rughenda abritant le petit aérodrome de Butembo. Selon une confidence, ce groupe prépare l'occupation de l'Est de la R.D.Congo dont la guerre de l'Ituri est déjà le début. En effet, des soldats Hutu et Tutsi quittent le Rwanda en passant par l'Ouganda pour rejoindre le Hema de l'Ituri. L'échec de l'A.P.C.(Armée du Peuple Congolais-RCD/ML) est dû à la complicité des officiers et politiciens du R.C.D-ML. Des mêmes enquêtes nous avons appris l'expédition d'un autre groupe de Hutu, Kasaïens et autres Congolais à Kinshasa pour les préparatifs d'un coup d'Etat.
L'objectif poursuivi par les maîtres de Kigali et de Kampala est de donner cette fois-ci un visage plus congolais à leur guerre au Congo. Ainsi, ce sont les Hema de l'Ituri, les Hutu de Ruthsuru et les Tutsi du Congo qui forment le noyau dur de la nouvelle équipe de marionnettes.
- L'état de guerre en Ituri ne fait qu'aggraver la situation humanitaire dans la région avec ses multiples déplacés de guerre, morts et orphelins (statistiques au réseau WIMA, Agro-Action-Allemande et MAD).
- Les violations des droits humains n'ont pas cessé avec le départ des Ougandais. Elles sont le résultat des comportements machiavéliques des membres du R.C.D.-ML.
Pour limiter ces violations, il faudra:
Permettre le déploiement rapide des troupes gouvernementales dans les territoires libérés pour mettre fin aux troubles de leadership se traduisant en enlèvements, tortures, ...
Mettre fin à la culture de l'impunité en instaurant un Tribunal International pour juger les criminels de guerre et violateurs des droits humains en R.D.C.
Et pour sécuriser toutes les populations, il faudrait :
Rétablir rapidement le contrôle des territoires libérés par le Gouvernement Central.
Changer rapidement le mandat de la MONUC en mandat d'imposition de la paix. Pour ce faire, les troupes mélangées (gouvernementales et rebelles) seront désarmées par la MONUC qui aura en charge la sécurité en attendant la formation d'une Armée Nationale.
La prémière recommandation est valable dans les régions de l'Ituri et de Beni-Lubero où se fomente déjà une nouvelle guerre. On ne saurait se taire devant l'enfermement des populations de l'Ituri où il n'y a ni entrée ni sortie. Ainsi, des populations entières sont massacrées sans témoins au vu et au su de la Communauté Internationale.
- Les éléments de la MONUC présents dans Beni-Lubero n'ont été efficaces que pour le monitoring des infiltrations A.P.R. au sud Lubero. Mais ils n'ont pas empêché à ce que les commandants militaires et les agents des services de renseignements multiplient les prisons illégales où humiliation et tortures diverses se pratiquent impunément.
- Pour sécuriser les populations dans les territoires de Beni-Lubero, il en faudrait au moins 5000 hommes étant donné que nous sommes à la frontière avec l'Ouganda qui infiltre encore des militaires en R.D.C. Pour inciter des guerres inter-ethniques.