Burundi: Alors que la rebellion Hutu converge vers la capitale, l'armee burundaise eprouverait de serieuses difficultes dans le sud du pays

Une source vraisemblablement proche de l'armee burundaise crie au mensonge et a la partisannerie


Great Lakes Press
Bujumbura
27.04.98


En date du 22 et 23 avril, GLP a recu des temoignages concordants des citoyens Burundais et expatries qui ont affirme avoir observe de forts mouvements des rebelles vers la capitale, et ce depuis quelques semaines. Selon ces memes sources, "des combats meurtriers" dans le sud du pays, opposant des unites de l'armee burundaise avec des rebelles hutu, auraient eu lieu principalement dans la corne delimitee par Rumonge, Nyanza-Lac et Kayogoro.

Les memes sources ont confie a GLP que l'armee burundaise aurait subi "d'importantes pertes" alors qu'elle cherchait a repousser ce qu'elle croyait etre une "infiltration des rebelles a partir de la Tanzanie". Une compagnie d'environ 400 soldats se serait d'abord battu avec un groupe de rebelles qui etait deja positionne dans Rumonge et qui aurait apparemment servi d'appat. Les troupes gouvernementales se seraient alors trouvees doublement encerclees avec deux autres colonnes de rebelles qui les auraient pris en sandwich a partir de Nyanza-Lac et Kibago, en province Makamba au sud du pays.

Plus de 300 soldats de l'armee gouvernementale auraient peri au cours de ces combats.

+ Bujumbura cependant, l'armee burundaise etait restee categoriquement fermee a tout commentaire sur cette affaire. Seul le ministre burundais de l'Interieur et de la Securite publique, le colonel Epitace Bayaganakandi, avait reconnu dans la semaine du 18 avril lors d'une session parlementaire, que l'armee burundaise avait des "difficultes" au sud dans les provinces de Bururi (Rumonge) et Makamba (Nyanza-Lac, Mabanda, Kayogoro), ainsi qu'au Nord-ouest dans les provinces de Cibitoke et Bubanza.

Il n'a pas ete possible de determiner a quel groupe appartiennent ces mouvements rebelles mais un analyste militaire a Nairobi specialiste de "la mobilite des groupes rebelles" dans la region des Grands Lacs, est tout a fait categorique: le sud du pays est le fief du FROLINA (Front pour la Liberation Nationale). Les rebelles du PALIPEHUTU (Parti pour la Liberation du Peuple Hutu) se battent dans le nord-ouest (Cibitoke et Bubanza). La majorite des FDD (Forces de Defense de la Democratie, branche armee du CNDD) seraient basees dans Bujumbura rural et dans la capitale.

Apres la publication de notre depeche du 24 avril sur cette affaire, une source a Bujumbura qui a refuse de s'identifier a envoye un message de protestation a GLP. Dans un style qui cachait mal une certaine nervosite, notre source a jure que "jamais l'armee burundaise [n'] a eprouve de serieuses difficultes au sud du pays et meme ailleurs et la rebellion hutu ne pourra en aucun cas entrer dans la capitale".

La meme source a invite GLP a se rendre sur les lieux "pour constater que le Sud n'a jamais ete le fief du FROLINA et que les rebelles meurent actuellement en grand nombre, d'autres decus, se desolidarisent de leurs groupes et se rendent aux cotes de l'armee burundaise et la guident dans ses operations afin de leur montrer les sanctuaires de ces terroristes-genocidaires; ce qui permet de recuperer beaucoup de materiel de guerre sur ces derniers".

Notre correspondant nous a assure "que les petits groupes de terroriste-genocidaires (appellation officielle pour designer les rebelles Hutu) qui s'observent encore sur le terrain au Sud du pays et dans Bujumbura Rural seront combattus avec la plus grande determination par les vaillants fils de l'armee burundaise".

La direction de GLP tient a s'excuser pour les torts et inconvenients que l'exercice de son devoir d'informer pourrait avoir cause a certains de son aimable clientele.