FONDATION CONGOLAISE POUR LA PROMOTION
DES DROITS HUMAINS ET LA PAIX
KISANGANI DANS LE TRAUMATISME D'UNE EVENTUELLE INSECURITE GENERALISEE
La ville de Kisangani a été depuis lors victime et martyre de tous les événements tragiques qui marquent l'histoire de la R.D.C.
De la rébellion Muleliste de 1964 à l'avènement de Monsieur MOBUTU(1965) puis celui de l'AFDL (1996), Kisangani a été un bain de sang flottant. Des milliers de populations civiles avaient été massacrés, pendus, égorgés ou simplement tués. Les statistiques sont de plus dramatiques avec l'actuelle guerre d'agression ougando - rwando - burundaise ajustement imposée aux Congolais depuis 1998. Plus de sept batailles rarement vécues depuis la création de l'univers se sont déroulées pleinement dans cette ville martyre de tradition. Aujourd'hui encore, la population BOYOMAISE est traumatisée. Elle craint une éventuelle explosion d'insécurité généralisée qui occasionnerait d'autres bains de sang graves.
En effet, depuis une semaine passée, des enjeux politiques xénophobes et des discours des autorités tant politiques que militaires paniquent et influencent les milieux sociaux actifs.
D'une part, la population enregistre les réactions d'élites ressortissants du district de la Tshopo regroupées au sein du Club de la Tshopo. Celles-ci réclament l'érection de fait de leur district en province autonome de trois autres districts de la province orientale, d'autant plus que le R.C.D. / GOMA ne contrôle pas ces derniers dont le Haut-Uélé, le Bas- Uélé et l'ITURI. Cette revendication a comme corollaire l'investiture d'office de seuls natifs du District de la Tshopo à la direction politique et administrative de la province. Dans cette configuration, le district de la Tshopo se réduit en quatre territoires (UBUNDU, OPALA, ISANGI et BASOKO) plus la ville de Kisangani.
Le R.C.D. / GOMA n'obtempère pas à cette revendication qui trouverait aussi son soubassement dans les changements opérés dans la magistrature, et qui ont fait partir le magistrat MOLISHO NENDOLO de son poste du Procureur de la République pour assumer les fonctions de Substitut du Procureur Général, mais aussi aux rumeurs d'éventuel remplacement du Professeur LABAMA LOKWA, Recteur de l'Université de Kisangani par le Professeur OLEKO traité de frère du Président du RCD / Goma.
D'autre part, le commandant de la 7ème brigade infanterie, le colonel Elie, lors de la parade du lundi 3 mars 2003 au camp Ketele, déclarait l'infiltration à Kisangani de certains éléments armés. Il continuait en attirant la vigilance des soldats et leur demandait d'être à tout moment prêts à se défendre. Il a indexé particulièrement le colonel BULANKUFU, coopté par le RCD dans la commission militaire mixte (JMC), d'intoxiquer les militaires et d'assurer le relaie avec le gouvernement de Kinshasa.
La résidence du commandant BULANKUFU a été pillée sous coups des balles par les militaires du RCD la nuit du samedi 8 mars 2003 vers 20heures et demi. Son frère cadet qui s'y trouvait a été copieusement battu.
Pour sa part, le gouverneur J.P. BILUSA BAILA BOINGAOLI, s'adressant à la population sur la télévision locale, au cours de l'émission INFORMONS-NOUS du vendredi 7 mars 2003, a déclaré que la ville de Kisangani se trouvait en insécurité ; qu'il y aurait des groupes armés qui cernent la ville sur trois axes principaux : OPIENGE, LUBUTU et UBUNDU. Au cours de cette même adresse, il a en outre suspendu la tenu de toutes rencontres mutuelles et les travaux de l'Atelier organisé depuis le 3 mars courant par l'Assemblée provinciale pour concilier les divergences qui secouent les ressortissants de tous les quatre districts de la province orientale. Cet Atelier, placé sous la modération des personnes jugées neutres qui sont l'Abbé Marcien BABIKANGA, curé de la paroisse catholique Notre - Dame et l'Evêque Anglican MEHUMA, regroupait 35 personnes désignées dans les principales mutualités de districts, à savoir :
Du samedi 8 au lundi 10 mars 2003 une importante délégation du RCD/GOMA conduite par monsieur Emile ILUNGA, président honoraire du mouvement séjournait à Kisangani aux fins de pacifier les inquiétudes des uns et des autres. Après le retour de la délégation, soit le mardi 11 mars 2003, des suspensions verbales au motif de manquements graves seront enregistrées en charge des messieurs Michel LIETE TUTA WA TUTA et SEMELI, respectivement chef de division des mines et géologie et chef de division de la fonction publique chargé du personnel passif. Ces deux chefs de division seraient suspectés par le RCD comme étant des meneurs de rang et font partie active d'un autre sous regroupement de la Tshopo appelé Visa en Province Orientale créé depuis 1999.
Le même mardi 11 mars 2003, la presse locale annonce la dissolution de l'assemblée provinciale sur décision des autorités de Goma.
Il importe de rappeler que cette pseudo-assemblée était instituée par l'arrêté du chef de département de l'administration du territoire, sécurité et renseignements, monsieur BIZIMA KARAHA et porte le n°051/RCD/DATSR/BK/2001 du 19 septembre 2001.
Les membres, tous cooptés par Goma , étaient notifiés par le Gouverneur de province le 3 octobre 2001 et leur installation intervenait le 10 octobre de la même année. De 56 membres retenus pour l'assemblée de Kisangani, 13 avaient désisté.
Le jeudi 13 mars 2003, la population a curieusement observé des véhicules d'artillerie actionnés au camp Ketele pour une destination inconnue.
Par ailleurs, les patrouilles militaires se renforcent le jour comme la nuit sans toutefois épargner la population des tracasseries.
La Fondation Congolaise pour la Promotion des Droits humains et la Paix , comme toute la population de Kisangani, se trouve fort préoccupée par ces situations qui seraient en train d'être montées pour aggraver l'insécurité dans cette ville martyre.
Elle en appelle à la conscience et à l'Amour de tous, autorités du RCD, Boyomaises et Boyomais à être artisans de paix en se débarrassant de tout sentiment cruel ou xénophobe.
SOYONS TOUS UNIS POUR AMENER A BON PORT LA PAIX DURABLE DANS NOTRE PAYS.
La FOCDP exhorte également la MONUC à veiller à la protection de la population et prévenir le pire.
Fait à Kisangani, le 15 mars 2003
LE SECRETAIRE LE PRESIDENT EXECUTIF
Marien
MWAMBA NGWABI André KITO MASIMANGO