Détenus du TPIR
UNDF - Arusha, Tanzanie
17.01.01
Les Détenus de l'UNDF ont été surpris et indignés de retrouver, au bas d'un tract diffusé sur INTERNET intitulé «Protocole des 27 prisonniers d'Arusha. Déclaration solennelle», leurs signatures utilisées illégalement pour fabriquer de fausses informations avec pour objectif de tromper la bonne foi d'une opinion déjà sensiblement manipulée par les médias au sujet du drame rwandais de 1994. Les signatures subtilisées sont, en réalité, celles apposées au bas de la lettre du 15 décembre 2000 (dont copie ci-jointe) adressée à Mme Navanethem Pillay, Présidente du TPIR pour dénoncer les déclarations scandaleuses de Mme Carla Del Ponte, Procureur du TPIR, faites lors de sa conférence de presse du 13 décembre 2000.
La présente lettre ouverte ne tient pas lieu de démenti puisque le contenu du tract trahit lui-même son auteur. Elle vise plutôt à attirer l'attention du public sur le haut niveau de manipulation de l'information qui est devenu la seconde nature du régime dictatorial de Kigali. Ce dernier a disséminé partout dans le monde des agents avec pour mission de mener une propagande musclée contre les leaders Hutu avec comme arme la manipulation, la fabrication de faux et l'usage de faux. Telle est la mission de M. Martin Ngoga, «Représentant» du régime FPR au Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) à Arusha. Le tract en cause est de son cru.
Ce tract met à nu le travail sournois de M. Ngoga qui était jusqu'ici resté plutôt souterrain mais se faisait ressentir dans certaines décisions des juges de ce Tribunal ; dans les comportements qui révèlent la dépendance du Procureur à l'endroit de Kigali comme par exemple la mise au point de la stratégie d'accusation en consultation avec M. Paul Kagame et la détermination de la liste de personnes à accuser et à faire condamner ; et, dans des actions illégales ou arbitraires de certains agents du Greffe dirigées contre les détenus et leur défense. Toutes ces irrégularités, notamment la mission de subversion assignée à M. Ngoga par le régime du FPR auprès du Tribunal, ont été dénoncées dans plusieurs de nos correspondances envoyées aux dirigeants du TPIR mais qui n'ont, généralement pas, suscité de réaction adéquate de leur part.
La désinformation se retrouve en fait dans tout le système de coopération établi entre le TPIR et le régime de Kigali notamment au travers de la manipulation des investigations faites par les agents du Procureur, l'admission de faux témoins fabriqués par les services de sécurité de l'Etat rwandais et par les agents de l'organisation IBUKA. La fabrication du faux et l'usage de faux est la méthode privilégiée par le FPR dans sa lutte contre les Hutu, mais aussi, depuis récemment, contre des Tutsi opposés à la dictature exclusionniste de Kagame.
Les signataires de la présente invitent le public à ne pas se laisser abuser par des manipulations qui falsifient les faits et dénaturent ainsi l' histoire immédiate de notre pays en vue de faire perdurer la dictature ethniste et sanguinaire du FPR.
Les Détenus signataires de la lettre du 15 décembre 2000.
Annexe: Lettre du 15 décembre 2000 adressée à Mme Navanethem Pillay, Présidente du TPIR.